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Liberté, égalité...diversité, féminité (article datant des élections législatives 2007) Ce n'est certes pas un raz-de-marée, mais c'est assurément plus que quelques vaguelettes. Dans toutes les régions de France et dans tous les partis politiques, des femmes dont les parents étaient des immigrés maghrébins prennent en mains leur citoyenneté pour défendre leur idée de l'intégration et de l'action politique. Elles ont toutes la gnaque et l'énergie que leur parcours de combat leur a permis de se construire. Elles sont le plus souvent encore très jeunes au regard de la moyenne d'âge du personnel politique français. Elles ont pour la plupart de 30 à 45 ans. Les plus âgées ont connu leur première expérience militante avec la Marche des Beurs de 1983. Les plus jeunes ont décidé d'agir là où d'autres se résignent, refusant d'être les victimes de déterminismes qu'elles s'engagent à combattre. Ce ne sont pas les "beurettes" de service que l'on a pu connaître il y a encore quelques années, que l'on parachutait en politique parce que cela faisait bien sur la photo et que l'on jetait aussi vite au premier remaniement. Ce sont toutes des personnalités fortes, quelles que soient leurs choix politiques. La campagne est lancée avec Lynda Asmani, Djemila Azrou, Rachida Dati, Tokia Saïfi et Myriam Salah-Eddine (UMP), Najat Azmy, Najat Belkacem (notre photo ci-dessous)  Fatima Benmehdi, Daouia Bezaz, Nadia Brahimi, Naïma Charaï, Kheira Drissi (voir La une de la pluralité, 21 mars), Samia Ghali, Bariza Khiari, Elyssa Kraiem, Salima Mami, Zoubida Naïli (voir notre portrait : Zou est d'avenir) et Mouna Viprey (PS), Saliha Ayadi (PRG), Yasmine Boudjenah et Malika Zediri (PCF), Alima Boumediene, Khadidja Bourcart et Djamila Sonzogni (Les Verts). Elles, parmi beaucoup d'autres... (les textes et photos de cet article sont, sauf mention contraire, extraits ou inspirés des sites et blogs des femmes politiques concernées ou des collectivités dans lesquelles elles sont élues) Lynda Asmani, 33 ans, UMP, candidate aux élections législatives à Paris 10ème : "Une génération qui refuse le renoncement" Lynda Asmani est originaire de la Loire où elle débute son engagement associatif et politique au début des années 90. Après avoir été journaliste au journal "Le Progrès", elle collabore auprès de Jean-Pierre Philibert, ancien député et secrétaire de la Commission des Lois à l'Assemblée nationale. En 1997, elle"monte à la capitale" pour s'installer dans une nouvelle vie professionnelle, notamment au Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et d'Environnement de Paris.  Parallèlement, elle poursuit son implication associative en militant pour la parité au sein de "Femmes en marche" qui fédérait l'ensemble des structures associatives féminines de droite. Elle s'attache à Paris, ses quartiers, ses habitants, la richesse historique et culturelle de la ville, son rayonnement international. Elle est Présidente de l'Association Laïque des Franco-Berbères et secrétaire générale de "Femmes pour la France". Elle portait déjà les couleurs de l'UMP en 2002, dans la 20ème circonscription de Paris. Elle les porte à nouveau en 2007 et installe sa permanence de campagne à proximité immédiate de la Gare de l'Est et surtout du Q.G. de campagne de Nicolas Sarkozy pour les élections présidentielles. Sur son site, elle se dit "une femme de son temps, d'une génération qui refuse le renoncement". Saliha Ayadi, 38 ans, PRG, candidate aux élections législatives dans l'Aube Née en 1969, Saliha Ayadi est bragarde (de Saint-Dizier) depuis l'âge de deux ans et demi. Elle est entrée en politique en devenant conseillère municipale de sa ville alors qu'elle était en congés parental de son emploi de secrétaire commercial. D'abord sympathisante du Parti Radical de Gauche et fervent soutien de Christiane Taubira, elle est aujourd'hui la Présidente régionale du Parti. Conseillère régionale de Champagne-Ardennes, elle est candidate (PRG, soutenue par le PS) aux élections législatives 2007 dans la 2ème circonscription de l'Aube. Djemila Azrou, 40 ans, UMP, adjointe au Maire de Strasbourg Portrait par le journal L'Alsace du 8 mars 2001 Djemila Azrou-Isghi apparaît au premier abord plutôt réservée. Mais, qu'on ne s'y trompe pas, cette fille de harki, qui a repris la présidence de la coordination "Les harkis d'Alsace et leurs enfants", en 1997, après la mort accidentelle de son frère, est également une passionnée. Elle a manifesté et fait signer des pétitions, avec les responsables des autres associations de Français musulmans, "pour une grande mosquée française" à Strasbourg et continue de militer "pour un islam républicain, s'opposant àtoute dérive intégriste". "La manière dont la mosquée a été attribuée a eu sur moi l'effet d'un déclic", confie-t-elle. A l'époque, par l'intermédiaire d'un responsable national des Français musulmans, elle entre en contact avec Robert Grossmann (RPR) pour lui demander de plaider leur cause au conseil municipal. "J'ai décidé de m'investir dans cette équipe", explique-t-elle, ravie de participar à la campagne avec l'équipe Grossmann. "Au moins, si je suis élue, je veillerai à ce que les deux projets de mosquée soient traités à égalité. Car les anciens, comme mon père, qui ont tout quitté pour la France, se sentent frustrés, trahis". Son père, M'hamed, ancien supplétif de l'armée française, arrivé en France après l'indépendance de l'Algérie, a d'abord travaillé à Paris, avant d'être embauché par la SNCF pour l'entretien des lignes à Strasbourg. Djemila grandit au Neudorf et fréquente un collège privé. "Nos parents nous ont poussés à faire des études pour avoir une situation". Responsable de l'unité Alzheimer d'une maison pour personnes âgées, elle continue de se battre pour la reconnaissance des harkis. Son père l'a encouragée à se lancer en politique. "C'est une fierté pour lui", observe-t-elle, soucieuse de défendre aussi "les jeunes de la 2e et de la 3e génération qui subissent les mêmes discriminations à l'embauche et lors de la recherche d'un logement que les enfants d'origine immigrée". L'association, située dans un local à l'Elsau, est ouverte à tous ceux qui rencontrent des difficultés. "Il faut agrandir le cercle et ne pas rester replié, s'ouvrir à toute la communauté", suggère Djemila, qui est passionnée par les questions liées à l'intégration et veut y travailler... Mais elle prévient: "Les causes qui me tiennent à coeur, je les défends avec mes tripes". Fatima Benmehdi, PS, Haute-Garonne, conseillère régionale déléguée à l'égalité hommes-femmes  Secrétaire de profession, Fatima Benmehdi a été élue en 2004 au Conseil régional de Midi-Pyrénées dans le département de Haute-Garonne (conseillère régionale déléguée à l'égalité hommes-femmes et à la parité, membre des commissions "politique de la ville" et "solidarité, affaires sociales, logement, thermalisme"). Elle anime le Comité consultatif régional de l'égalité hommes-femmes réunissant associations, élus, syndicats et personnalités de la société civile. Cette instance de concertaition et de dialogue est consultée pour tous les champs d'intervention de la Région et notamment en matière d'emploi et de formation. Daouia Bezaz, PS, conseillère régionale de Lorraine "Actionner les leviers de la prévention" Assistante socio-éducatrice, déléguée régionale de la S.F.P.S. (Société française de prévention du suicide), Daouia Bezaz a été élue en 2004 conseillère régionale de Lorraine (PS, vice-résidente de la commission "services publics et services d'aide à la personne", membre de la commission "formation professionnelle et insertion"). En Lorraine, elle est sur tous les fronts de la solidarité. Particulièrement sensible à la cause des femmes, elle a commencé par le MLF. Puis elle s'investit dans diverses associations touchant à la santé mentale et à la protection de l'adolescence. Elle considère la Région comme "un interlocuteur privilégié et incontournable si l'on veut actionner les leviers de la prévention que d'autres, résolument, abandonnent sans aucun scrupule". Yasmina Boudjenah, 36 ans, PCF  Yasmina Boudjenah est née à Paris en 1970. En 1994, elle obtient sa Maîtrise de mathématiques appliquées aux sciences sociales, option Economie et un doctorat d'économie en 2000 qu'elle consacre à la restructuration du secteur public algérien. Elle a été membre du Bureau national du Mouvement des jeunes communistes de France de 1990 à 1998, première secrétaire nationale de l'Union des Etudiants Communistes de 1994 à 1997. Elle est membre du Conseil national du Parti communiste français depuis mars 2000, conseillère municipale de Bagneux et Présidente de l'association Méditerranée solidaire(s). Alima Boumediene, Verts, sénatrice Alima Boumediene-Thiery est franco-marocaine. Ses parents sont arrivés en France avec la première vague d'immigration maghrébine, dans les années 1960, avec dans leurs bagages leur coeur et leurs racines venant de l'autre côté de la Méditerranée. Pour sa part, étant née ici, elle a commencé par refuser ses racines maghrébines qui ne lui semblaient pas vraiment être les siennes. Adolescente, c'est le militantisme anarchiste qui a incarné pour elle le refus de l'Islam, de l'arabité, du Maghreb. Cet engagement politique dans une mouvance qui cherche à libérer l'homme de toute contrainte sociale, familiale, religieuse ou économique lui a permis de ne pas se sentir déterminée par quelque chose d'extérieur. Et puis elle a compris...  Compris que ces racines multiples (arabo-berbère par son père, judéo-chrétienne par sa mère, française), si on ne les vivait pas comme une contrainte, comme une obligation qui s'imposerait à soi, sont une richesse fabuleuse. Alima Boumediene a toujours vécu en banlieue parisienne. Elle appartient à cette première vague de ceux que les sociologues, journalistes et intellectuels de tous bords ont appelé "la seconde génération". Elle ne se reconnaissait pas dans leurs discours stéréotypés : "choc entre deux cultures, ruptures familiales et échecs scolaires, probèmes d'intégration...", alors qu'elle était à l'Université. Elle milite dés 1979-80 dans diverses associations : pour le soutien scolaire des plus jeunes, pour le dialogue entre les générations, pour le droit des femmes maghrébines en France, pour une revalorisation culturelle, contre le racisme et les discriminations, pour l'égalité des droits notamment des droits politiques des étrangers... 1981 fut pour elle un grand espoir puis une déception aussi importante. 1983 puis 1985, ce fut la période des premières coordinations d'associations dont les marches à travers la France. Depuis sa "marche" ne s'est jamais terminée : manifestations, grève de la faim, rencontres, débats, actions diverses, privilégiant toujours l'action associative. En 1995, elle est élue pour la première fois dans sa ville natale, Argenteuil, à l'occasion des élections municipales en place d'ouverture, sans étiquette politique, sur une liste de gauche (plurielle avant l'heure). Elle fait alors l'expérience des responsabilités politiques locales. Elle fonctionne ainsi, sans parti politique mais comme apparentée pendant 3 ans. En 1998, elle décide de rejoindre le parti des Verts. C'est ce qui correspondait le mieux à ses idées: la parité hommes-femmes, la revendication du droit de vote pour les étrangers, la dépénalisation de certaines drogues et leur légalisation, les minima sociaux, la prise en compte des questions posées par les jeunes, le PACS, etc. Avec les Verts, elle devient députée européenne (elle tient au féminin). Elle, beurette de banlieue, représente la France au Parlement européen ! Pendant tout son mandat, elle impulsera des initiatives devant permettre un rôle accru du PE, le développement des droits des migrants en Europe et la lutte contre toutes les formes de discriminations. En septembre 2004, elle est élue sénatrice malgré les dénonciations calomnieuses d'antisémitisme pour lui reprocher son engagement de parlementaire européenne en faveur du peuple palestinien. (d'après le blog de Alima Boumediene) Khadija Bourcart, Verts, Paris Aujourd'hui adjointe au Maire de Paris en charge de l'intégration, Khadija Bourcart a beaucoup à dire sur la stigmatisation qu'elle n'a cessé de rencontrer tout au long de son enfance. Elle se souvient de cette enseignante qui devant elle et tous les élèves parlait de "ces Nord-Africains aux bleus de travail jamais lavés" et de "ces Nord-Africains qui ne sont pas bronzés et ont des yeux bleus. Ce sont des Kabyles", précisant aussitôt: "mais toi, Khadija, ce n'est pas pareil". Khadija Bourcart est candidate aux élections législatives dans la 7ème circonscription de Paris. Nadia Brahimi (née Moussaoui), 42 ans, PS, Val de Marne  Nadia Brahimi est née à Maisons-Alfort et a toujours vécu et milité dans le Val de Marne. Aujourd'hui, elle est maire-adjoint de Choisy-le-Roi et conseillère régionale d'Ile-de-France. Son marquage à gauche, sa manière à elle d'animer les débats et d'écouter tous les points de vue sont remarqués à Créteil où elle fait partie de la génération montante des femmes politiques de la banlieue parisienne. Naïma Charaï, 34 ans, PS, Aquitaine "Moins vous me donnerez d'espaces, plus j'en aurai" Björk, extrait de la chanson Alarm Call Naïma Charaï a quitté le Maroc à l'âge de 4 ans. Elle est née en 1972 à Douar Karia, un petit village situé près de Taounate. Sa famille a rejoint la France en 1976 grâce au regroupement familial. Issue d'une famille très modeste, originaire d'un village rural pauvre, fille d'immigrés... à la base rien ne la prédestinait à vivre ce qu'elle vit en 2007.  Qui est-elle aujourd'hui ? Elle écoute les Têtes Raides et la Rue Kétanou. C'est très loin d'Oum Khaltoum, de Cheikha Rimitti ou de Najat Aatabo. Elle éprouve tout de même toujours une certaine émotion et une certaine nostalgie lorsqu'elle entend les musiques orientales. Pour ses lectures, elle est plus souvent plongée dans l'histoire de la France que dans celle du Maroc. Elle adore le bouquin de Blanchard "Sud-Ouest, porte des outre-mers" (éd.Milan), un livre magnifiquement illustré qui retrace le passé colonial et de l'immigration de 1982 à 2006 dans le grand Sud-Ouest. Avec ce livre qui fait une large place à ses aïeux et à travers cette reconnaissance, elle a enfin le sentiment de faire partie de l'Histoire de France. Naïma Charaï est conseillère régionale d'Aquitaine. Elle y lutte contre les discriminations. Certaines catégories de population connaissent des taux d'échec scolaire et de chômage trois fois supérieurs à la moyenne. Lutter contre les discriminations qui conduisent à ces injustices sociales, rétablir l'égalité des chances, remettre l'ascenseur social en marche, voilà l'objectif que s'est fixé Naïma Charaï durant son mandat. Elle travaille à l'élaboration d'un programme régional de lutte contre les discriminations sociales en ciblant les efforts sur les jeunes de 16/25 ans avec un oeil particulièrement attentif aux jeunes issus des territoires les plus fragiles. Elle sensibilise les branches professionnelles à la lutte contre les discriminations, entend faciliter l'accès à l'apprentissage, veut définir une charte d'égalité des chances établissant un principe d'égalité dans le mode de recrutement des entreprises. (d'après le blog de Naïma Charaï) Rachida Dati, 42 ans, UMP, porte-parole de Nicolas Sarkozy "La politique sert à empêcher les déterminismes" Père maçon marocain, mère algérienne, deuxième d'une famille de douze enfants, Rachida Dati a grandi à la Cité du Bout du Lac, entre le silo et la déchetterie, à Chalon-sur-Saône. A 16 ans, elle travaille dans un supermarché puis comme aide-soignante tout en poursuivant ses études. A 21 ans, alors qu'elle est en fac d'économie à Dijon, elle se présente à Albin Chalandon lors d'une réception à l'Ambassade d'Algérie où elle a tout fait pour être invitée. A 24 ans, elle interpelle Jean-Luc Lagardère qui acceptera de lui financer son MBA. Puis elle rencontre Marceau Long et Simone Veil qui lui conseillent de s'orienter vers la magistrature. Elle réussit brillamment chaque expérience professionnelle (Matra, BERD, Lyonnaise des Eaux) avant d'accéder à la magistrature. En 2002, elle écrit à plusieurs reprises à Nicolas Sarkozy avant que celui-ci ne lui réponde. Il la fait entrer dans son cabinet ministériel. Aujourd'hui, elle est son porte-parole pour la campagne présidentielle. "Pour lui, je ne suis pas l'Arabe de service. J'ai une vraie place de conseillère", dit-elle. Portrait par Gaël Tchakaloff, le Nouvel Economiste (extrait) On ne peut lui refuser. Elle le sait. Structurellement, son intelligence et son tempérament la placent au-dessus de la mêlée. Conjoncturellement, son image de "beurette" et ses origines défavorisées arrivent à point nommé. Cerise sur le gâteau, elle vibre et sait faire vibrer. Son regard réveillerait un Sénat. Avec ses mots, tour à tour bruts et policés, avec ses manières, jamais familières mais toujours personnelles, elle force l'intimité des puissants. Dans les arcanes du pouvoir, elle est tous allée les voir. Et ils l'ont tous aidée. Rachida a toujours des choses à dire. A leur dire. D'abord, elle raconte son histoire, ensuite, elle interprète celle de ses interlocuteurs. Adolescente, elle a passé des nuits à feuilleter le Who's Who et à découper les journaux, s'inspirant des réussites de ceux qui ne venaient de rien, apprenant par coeur les chemins de ceux qu'elle prévoyait de rencontrer. Conseillère technique de Nicolas Sarkozy en charge du projet de loi "prévention de la délinquance", elle est parvenue à ce qu'elle voulait. "J'ai eu peur du déterminisme. Il fallait que j'accède à autre chose"... Samia Ghali, 37 ans, PS, Marseille  Conseillère municipale et communautaire chargée de l'éducation et de la petite enfance à la mairie du 8e secteur, conseillère régionale PACA cette militante a été, depuis son adolescence, de toutes les luttes. Adolescente, habitant dans les quartiers Nord (elle a grandi dans la cité Campagne Lévêque), elle se battait avec ses copains contre les ravages de la drogue ou encore pour dénoncer l'absence de structures pour les jeunes. Puis elle a adhéré au PS parce que la politique lui semblait la seule voie pour peser sur les décisions, changer les choses. Elle s'inquiète de la régression de l'intégration. "Je vois des gamines qui restent en te-shirt sur la plage, des jeunes qui veulent aller en pantalon à la piscine... On régresse !" (Le Nouvel Observateur, 2001). Elle est une fidèle supportrice de l'Olympique de Marseille. Chaque été, la région PACA permet à des jeunes de 8 à 14 ans, issus de quartiers difficiles ou de zones rurales, de participer à des stages Sports et découverte. Les jeunes (ils sont des milliers) partent pendant 5 jours s'initier à la pratique du sport tout en assimilant les règles de vie en collectivité, de respect de soi et de l'autre. L'Olympique de Marseille est un partenaire de ce dispositif : il accueille à ses côtés sur l'île des Embiez près de 1400 enfants. Samia Ghali continue à faire bouger les montagnes comme lorsqu'elle avait seize ans. (actualisation : Samia Ghali est entrée au Sénat lors des élections sénatoriales de septembre 2008) Bariza Khiari, 60 ans, sénatrice de Paris Bariza Khiari se définit comme un pur produit de l'école laïque. Elle reprend souvent la formule de Jaurés : "L'égalité des droits est un leurre tant qu'il n'y a pas égalité des chances". Née en Algérie avant l'indépendance et arrivée en France à moins d'un an, elle a été nourrie de la lutte anti-coloniale de ses parents. En 1980, elle s'engage au MRAP, fonde le magazine "Différences", se mobilise en 1983 pour accueillir à Paris la Marche pour l'égalité, milite à la CFDT puis, lorsqu'elle a des enfants, à la FCPE.  Elle y défend les valeurs de la laïcité. Son engagement politique ne peut être qu'au Parti Socialiste. En 2003, elle prononce au Congrès du Parti socialiste un discours remarqué engageant à lutter contre les discriminations. Elle milite pour que le Parti soit plus le reflet de la société française dans toutes ses composantes. (d'après le blog de Bariza Khiari) Elyssa Kraïem, 28 ans, PS, Rouen Elyssa Kraiem est juriste. Elle a une Maîtrise de Droit public des Affaires et un DEA Droit des Finances Publiques. Elle a été élue conseillère régionale de Haute-Normandie en 2004.  Salima Mami, PS, Lyon Mère de quatre enfants, travaillant dans le secteur de l'action sociale, Salima Mami est élue locale dans le 3e arrondissement de Lyon. Elle y habite depuis plus de quarante ans. Son ancrage personnel est donc très fort. Dans son action politique, elle veut casser les ghettos et prouver que l'on peut vivre ensemble dans les quartiers de Lyon. Elle s'intéresse particulièrement aux questions d'éducation, d'insertion, d'action sociale et d'environnement avec le souci permanent de privilégier la concertation avec les associations. Zoubida Naïli, 44 ans, PS, Strasbourg Que Zoubida Naïli soit aujourd'hui la candidate du Parti socialiste sur sa circonscrition qui compte tant de quartiers populaires à forte population d'origine étrangère est tout ce qu'il y a de plus logique ! C'est là qu'elle a grandi, à la Cité des Ecrivains (que l'on appelait alors Cité Erstein), quartier se partageant entre les villes de Bischheim et de Schiltigheim. A l'adolescence déjà, elle s'investissait auprès des plus jeunes au Centre social et dans les clubs de sport de son quartier. En 1983, elle accueille à Strasbourg la Marche pour l'égalité que les médias appellent "la marche des beurs". En 1985, elle s'investit dans la réussite de l'initiative "Strasbourg, ville en couleurs". Puis elle continue à s'engager au Parti socialiste et, dans sa commune, au sein de l'association interculturelle PasSages. Elle est sollicitée pour entrer au Conseil municipal de sa ville de Bischheim. Elue, elle s'engage totalement dans cette responsabilité. Elle s'investit également dans l'Observatoire régional de l'intégration et de la ville (ORIV). Professionnellement, elle travaille pour la politique de la ville de la Communauté urbaine de Strasbourg où sa proximité avec les acteurs locaux est remarquée. Sa candidature est pour elle une suite logique, une autre façon d'agir, où elle refuse de se laisser enfermer dans les questions d'intégration. Elle parle emploi, environnement. Elle parle Politique avec un grand P, au sens le plus noble du terme. A 44 ans, elle a déjà la légitimité de toute une vie d'engagement. Voir le portrait de Zoubida Naïli par Guy Didier sur ce site : Zou est d'avenir ainsi que son blog Tokia Saïfi, 47 ans, UMP, Nord Tokia Saïfi, née en 1959 à Hautmont (Nord), est la fille d'un ouvrier sidérurgiste algérien arrivé en France en 1945, décédé lorsqu'elle était adolescente, et d'une mère de famille nombreuse (elle a eu neuf frères et soeurs). Elle s'éveille à la politique au moment de la Marche des beurs pour l'Egalité en 1983. En 1987, avec Amo Ferhati, elle fonde et anime l'association Espace Intégration, alors proche de Pierre Mauroy, pour "tirer l'immigration par le haut". Animatrice d'une action nationale de coordination entre jeunes et policiers dans les quartiers sensibles, elle est également secrétaire d'un groupe local de l'association France Plus, présidée par Amo Ferhati. Aux élections régionales en 1998, Tokia Saïfi et Amo Ferhati sont candidats, dans le Nord, sur la liste de Génération Ecologie, qui n'obtient aucun siège. En 1999, elle coordonne une action d'aide à la création de micro-projets économiques dans les quartiers défavorisés. Membre fondatrice du Mouvement syndical pour 'égalité et la participation (MSEP) des Français issus de l'immigration, elle rejoint les rangs de Démocratie libérale, le parti d'Alain Madelin, parce qu'elle estime que "la gauche manipulait les immigrés pour faire monter le Front national". Elle est élue au Parlement européen en 1999 sur la lsite RPR-DL. En 2002, elle milite au sein du comité de campagne d'Alain Madelin, candidat à la Présidence de la République. Le 7 mai, elle est nommée Secrétaire d'Etat au développement durable dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Elle est la première descendante d'immigré algérien à siéger dans un gouvernement français depuis la décolonisation. Le 13 juin 2004, elle quitte le gouvernement pour son siège de député européen. Myriam Salah-Eddine, 33 ans, UMP, Marseille  Myriam Salah-Eddine a été conseillère municipale de Marseille dans l'équipe de Jacques Gaudin à 27 ans. Aujourd'hui, à 33 ans, elle est toujours "l'étoile de la droite" à Marseille, comme le titrait Le Point en 2003. A la tête de sa délégation à l'action familiale et aux droits de la femme à la Ville de Marseille, elle est à l'initiative de Génération Elles, manifestation qu'elle a lancée en 2002. "Son look de mannequin tranche avec l'image attendue d'une femme qui dit respecter la loi du Coran", a écrit Le Point. Elle est membre du Haut Conseil à l'Intégration mais n'aime pas le mot intégration. "Je préfère celui d'adéquation. Les deux parties doivent faire l'effort de vivre ensemble". Djamila Sonzogni, 47 ans, Verts, Mulhouse Portrait par le journal L'Alsace du 8 mars 2001 Les parents de Djamila sont arrivés à Paris au début des années cinquante, bien avant l'indépendance de l'Algérie. Leurs neuf enfants sont nés en France. "Notre chance a été le refus de mon père, qui était commerçant, de s'installer en banlieue. Nous avons vécu dans le 20e arrondissement avec des voisins français et espagnols", raconte-t-elle, en soulignant que cette mixité sociale facile à une époque de plein emploi, leur a permis d'échapper à toute tentation de repli identitaire. A l'époque, l'islam restait du domaine de la sphère privée. Chaque année, la famille retournait au pays, avec l'idée de s'y réinstaller définitivement. Un jour, lorsque la situation en Algérie se serait arrangée ? La politique, Djamila s'y est intéressée alors qu'elle n'était que lycéenne, avec la rencontre de militants parmi lesquels de nombreux universitaires engagés au sein du PRS, le parti de Mohamed Boudiaf qui prônait la démocratie en Algérie. "Mohamed Boudiaf a été assassiné, quelques mois à peine après son accession à la Présidence... Il y avait peu de femmes et peu de jeunes. Mais ce parti était très actif, il organisait de nombreuses réunions", se souvient-elle, consciente d'avoir délaissé alors ses études. Puis elle part travailler outre-mer. A Mayotte, elle rencontre son mari, un enseignant d'origine alsacienne. Durant quinze ans, ils séjourneront à La Réunion, puis à Madagascar, vivront un an sur un voilier, avant de revenir en France, en 1997. "Nous avons oublié la richesse de la vie culturelle et associative". Elle décide de s'impliquer dans la vie politique. "J'ai adhéré aux Verts parce qu'ils sont avec la gauche. Le discours ni droite, ni gauche, très peu pour moi" affirme-t-elle, tout en partageant la préoccupation de l'environnement, ancrée chez ses amis haut-rhinois. Educatrice spécialisée, elle connaît les difficultés des "jeunes issus de l'immigration". Cette formule la hérisse. "Ce sont d'abord des jeunes dont les parents sont souvent dépassés et l'adolescence est un âge difficile. Si je peux contribuer à trouver des solutions ! "  Djamila Sonzogni est élue au Conseil municipal de Mulhouse en 2001 et au Conseil régional d'Alsace en 2004. Elle met en place à Mulhouse un pôle de lutte contre les discriminations. Elle lance la campagne de la Médina. Elle invite Blandine Kriegel pour un débat sur les femmes dans l'immigration et dans les quartiers. Plus de 600 personnes y participent. Cette forte mobilisation la motive plus encore pour développer la mixité sociale sur sa ville et dans sa régon d'Alsace. Elle crée et préside l'association ALDA, association de lutte contre les discriminations en Alsace, fait campagne contre les discriminations légales trop nombreuses dans le droit français. Mouna Viprey, 38 ans, PS, Montreuil Mouna Viprey est née en mars 68 à Fés, au Maroc, dans une famille de classe moyenne, père fonctionnaire et mère au foyer. Elle a été élevée dans un esprit d'égalité entre filles et garçons et dans le culte de la réussite scolaire. Bilingue depuis son plus jeune âge, elle est allée à l'école française jusqu'au baccalauréat. Arrivée en France en 1989 pour suivre des études supérieures, elle plonge dans l'inconnu, même si elle ne s'est jamais sentie déracinée.  Bien que francophone, elle doit apprendre les codes et les habitudes de ce pays. Sa principale force est alors la présence de celui qui allait devenir son mari. A cette époque, il était professeur de philosophie à Montreuil, au Lycée Jean Jaurés. Ce fut son premier contact avec cette ville. En juin 2003, une petite fille est née, Lou. Après une thèse de doctorat en économie, elle est devenue chercheure à l'Institut de Recherches Economiques et Sociales (IRES), poste qu'elle occupe toujours aujourd'hui. Ses travaux l'ont amenée à s'intéresser particulièrement aux discriminations dans l'accès à l'emploi. Parce qu'elle est l'exemple même d'une école républicaine qui a fonctionné, elle est consciente que l'ascenseur social peut être en panne pour certains, que des inégalités et des discriminations sont à l'oeuvre. Et c'est ainsi que, de ce constat très concret ressenti au plus profond d'elle, est né son engagement politique. Etant une femme, jeune, d'origine étrangère, non issue d'un milieu politique ou engagé, elle croyait la politique inaccessible. Longtemps elle a pensé que ceux qui lui ressemblaient physiquement n'y avaient pas leur place. Mais le besoin de se battre était le plus fort et c'est pour cela qu'elle a adhéré au Parti socialiste. Elle est candidate aux élections législatives à Montreuil au prochain scrutin. d'après le blog de Mouna Viprey Malika Zediri, 45 ans, PCF, Val de Marne Article d'Amélie Baubeau, Le Monde du 4 avril 2004 "Ma première association, je l'ai créée à 12 ans. Elle s'appelait Joie de vivre: on faisait du porte-à-porte pour acheter de la nourriture aux chats de la cité". Trente et un ans plus tard, Malika Zediri fait son entrée au Conseil régional d'Ile-de-France dans la majorité de gauche. Au premier tour, elle figurait, dans le Val de Marne, sur la liste de Marie-Georges Buffet, constituée de communistes et militants associatifs. Malika Zediri est justement les deux. Au second tour, après de difficiles tractations pour former la liste d'union, elle a été "repêchée" dans l'Essonne, grâce à l'insistance de Mme Buffet. "Mon engagement s'enracine dans ce que je suis", explique-t-elle. De père algérien arrivé en France "je ne sais pas quand exactement, en 1955 je crois" et de mère française, Malika est l'aînée d 'une famille nombreuse. "J'ai toujours entendu mon père se faire tutoyer. On a accédé aux HLM, et j'ai alors découvert, à 8 ans, que de l'eau coulait du robinet. J'ai quitté l'école tôt, après un BEP sanitaire et social- option social", précise-t-elle. Petits boulots, galères... et engagement au PCF. Pas par idéologie, mais parce que "ce sont eux qui m'ont aidée, les cocos du coin".  "Dans le parti, j'ai mis du temps à trouver mes marques", reconnaît-elle, "je ne parlais pas comme eux, je n'avais pas les mêmes références culturelles: "congrès", "ligne", ça ne voulait rien dire pour moi. Mais c'était l'endroit où on défendait la classe ouvrière. Je suis communiste parce que je ne trouvais pas normal que des gens dorment dehors". Repérée au début des années 1980 par Marcel Trigon, qui était alors le maire (PCF) d'Arcueil, elle devient conseillère municipale, puis adjointe aux affaires sociales. Parallèlement, en 1987, elle est cofondatrice d'APEIS, un mouvement de chômeurs. continuité logique: "Il s'agissait de se rassembler pour faire valoir les droits auxquels ils pouvaient prétendre. A l'époque, 200 000 chômeurs ne touchaient pas l'aide qui leur était due, par manque d'information". Presque vingt ans plus tard, Malika Zediri n'a pas lâché l'APEIS et le mouvement associatif. Dernière mobilisation en date : le soutien à l'action en justice menée par des chômeurs "recalculés". Elle est toujours au PCF, siège même au Conseil national, mais ne mâche pas ses mots. La direction du parti est "coupée des réalités", elle ne porte plus "la lutte contre les inégalités et la pauvreté", estimait-elle au lendemain du premier tour de l'élection résidentielle de 2002, en cosignant avec Patrick Braouezec, le maire communiste de Saint-Denis, un appel intitulé "Il doit se passer quelque chose au PC". Son avis n'a guère changé: "Le parti s'est éloigné des couches très populaires, et il est passé à côté de la deuxième génération d'immigrés. On nous a utilisés, mais on ne nous a pas entendus, on n'a pas eu de place", assène-t-elle, de sa voix grave, un peu rauque. Armée d'un tel franc-parler, cette mère de trois enfants pourrait faire grincer des dents au Conseil régional. Mais elle est habituée à "ne pas se faire que des amis" et ne recule pas devant les conflits. D'autant qu'elle est impatiente de faire bouger les choses. "J'arrive avec cette expérience. Je veux imprégner le Conseil des urgences que j'ai u voir. Je veux avancer sur des questions concrètes : la gratuité des transports pour les chômeurs, les logements sociaux, notamment pour les mères célibataires... Je veux m'investir sur les questions sociales". Celle qui se verrait bien présider la Commission des affaires sociales sait pourquoi elle est là : "Etre l'élue des pauvres et des plus pauvres, pas à leur place, mais avec eux". Liens L'association Les Marianne de la diversité a été créée fin 2005 par Fadila Mehal pour faire rimer parité et diversité dans la République française. Parmi ses membres actives, Najat Azmy, candidate socialiste aux élections législatives dans la 10ème circonscription du Nord. Voir le blog de Najat Azmy. "Par le jour qui approche, osons un tel coup d'audace, essayons de prendre en main les affaires de l'Etat, pour pouvoir faire ainsi à l'Etat quelque bien..." Aristophane, L'assemblée des femmes. L'association Assemblée des femmes a pour objectif de promouvoir l'accès à la parité des femmes et des hommes dans les lieux de décision politique. L'association Elles aussi, fondée en 1992, réunit des associations de femmes (dont l'Union féminine civique et sociale) défendant la parité dans les instances élues. Enfin, un site officiel, le site de l'Observatoire de la parité. |