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Page 4 sur 4 Tatiana Hornecker, Russie : L'épopée d'une rescapéeTatiana Hornecker, Russie : L'épopée d'une rescapéeElle s'amuse à se définir comme un pur produit géographique de l'ex-URSS. Tatiana est née au Kazaksthan d'une mère ingénieur, d'origine estonienne, et d'un père ouvrier, Ukrainien. Du fait du climat, ses trois premières années sont marquées par des pneumonies chroniques. Les parents de Tatiana partent alors pour Léningrad. Les diplômes jaunis et autres médailles ornées de la figure de Lénine attestent de son agilité de l'époque. Enfant, la jeune Russe remportait tous les concours de tir et de ski de fond de son école. En dépit de la perte de son bras droit, à l'âge de neuf ans, dans un accident de tramway. C'est à Saint-Pétersbourg que Tatiana passe son diplôme d'ingénieur en économie et obtient un poste de « manager » dans une entreprise d'importation de produits alimentaires, emploi qu'elle occupera durant sept ans. En 2001, elle rencontre Yannick. Une histoire devenue habituelle : un site spécialisé, des heures de discussions par écran interposé, avant le premier coup de téléphone.... Celle qui deviendra bientôt Mme Hornecker va connaître un grave accident de la route qui la rendra invalide à 80 %. Tatiana habite aujourd'hui un appartement de la cité-jardin du Stocfkeld. Depuis sa naturalisation en janvier 2006, aucun organisme ou administration n'a pu lui trouver un emploi. Tatiana assure pourtant fièrement pouvoir accomplir n'importe quelle tâche du quotidien. Balayer, jardiner ou lacer ses chaussures. Elle pratique le ping-pong, et bat régulièrement les amis de Yannick au billard. Tatiana ne regrette pas sa venue en France et parle d'écrire un livre sur son parcours... Portrait par Celian Macé, le 15/01/2007 (CUEJ, News d'Ill) Naïra Ghazaryan, Arménie : La voix de l'intégration  En Arménie, Noël se fête en janvier, comme dans tous les pays orthodoxes. Alors Naïra Ghazaryan est surprise de voir le marché de Noël installé à Colmar dès la fin novembre. Surprise, mais ravie de partir à la découverte d'un nouvel aspect de la culture française. Naïra vit en France depuis six ans. C'est d'ailleurs l'année de son arrivée en France, en 2000, que, dit-elle, les miracles de sa vie ont commencé. Depuis 2000, elle donne des concerts dans toute la France avec une formation baroque. Pour chanter dans une langue étrangère, elle n'a jamais eu de difficultés. S'exprimer en français dans la vie de tous les jours, c'est une autre histoire. Naïra parle l'arménien, le russe, l'italien et l'anglais mais à son arrivée en France, elle ne connaissait pas le français. C'est grâce à ses élèves, lors des cours de chant qu'elle donnait à Marignane, qu'elle l'a appris. Le soir, elle étudiait dans un livre de grammaire. En Alsace, cette jeune femme de 31 ans se sent bien, l'artiste se dit charmée par la ville de Colmar et son architecture. Naïra rêve de pouvoir travailler à l'opéra ou dans une troupe de la région. Elle a élargi sa gamme, désormais elle s'intéresse également à la musique italienne. Aujourd'hui c'est avec un grand bonheur que Naïra dévore la littérature française. Des romans d'Eric-Emmanuel Schmitt aux livres de Marek Halter, la jeune femme se réjouit de ne perdre aucune subtilité de la langue. Naïra est d'ailleurs ravie d'avoir pu relire les pièces de Molière, en français dans le texte cette fois... Portrait par Valérie-Anne Maitre (CUEJ, News d'Ill)
Nadejda Baloban, Biélorussie : Exclue par Tchernobyl En France depuis cinq ans et naturalisée depuis aoüt 2006, Nadejda Baloban se sent moins étrangère ici que dans son pays d'origine, la Biélorussie. Mais reste toujours la crainte de la maladie, conséquence de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, située près de la frontière avec la Biélorussie. Malade de la thyroïde, Nadejda a quitté la Biélorussie pour la France en décembre 2001, avec ses fils de 14 et 17 ans. Descente du bus au premier arrêt, Strasbourg. Elle ne supportait plus de vivre comme une étrangère dans son propre pays, rejetée parce qu'elle est originaire de la zone contaminée interdite. Depuis le 26 avril 1986, date de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl située à 20 km de son village, elle a peur. Dans l'un de ses poèmes, écrit en français il y a deux ans, la Biélorusse décrit le champignon dans le ciel, la destruction des maisons et la fuite. Ses fils le trouvent triste, comme la plupart des textes qu'elle rédige pour évacuer sa peur... Portrait par Jeanne Cavelier (CUEJ, News d'Ill)
Alona Joly, Ukraine : Business classe Alona enseignait l'anglais à Sébastopol. Fille d'ouvriers soviétiques devenus ukrainiens, la jeune femme affirme alors son goût pour le commerce. Une reconversion facilitée par la nouvelle donne économique du pays. Elle arrive pour la première fois en France lors d'un salon professionnel à Paris. Elle ne parle alors pas un mot de français. La société qui l'emploie, désireuse de développer ses activités en France, l'encourage à apprendre le français. Une occasion unique pour la jeune femme d'acquérir un maximum d'expérience à l'étranger. Son choix se porte alors sur Strasbourg, à la suite d'une rencontre fortuite avec l'une de ses anciennes élèves installée dans la capitale alsacienne. Preuve de son intégration dans son nouveau pays, la jeune femme vient de signer, le 12 décembre, son premier CDI en France. Désormais assistante commerciale, elle se considère intégrée au microcosme strasbourgeois dans lequel elle compte de nombreux amis, russophones ou alsaciens... Portrait par Jean-Michel Hennebert (CUEJ, News d'Ill)
Yevgeniya et Alexandre Tchen, Kazakhstan : Libres d'entreprendre Vodka, caviar et pilminis . Yevgeniya etAlexandre Tchen ont lancé un nouveau type de commerce à Strasbourg : l'alimentation « made in Russie ». A Karaganda, leur ville d'origine au Kazakhstan, elle était coiffeuse. Lui occupait un poste d'ingénieur. Depuis son ouverture le 1er juillet 2006, l'épicerie « La Russie », située dans le quartier de Neudorf, accueille de nombreux clients originaires des pays de l'Est. Arrivé en avion « par hasard » dans la cité alsacienne en juin 2002, c'est grâce à l'aide de l'association Casas (Collectif pour l'accueil des solliciteurs d'asile), qu'ils se sont adaptés peu à peu à la société française. « Ici, les gens sont accueillants, sociables. Cela n'a rien à voir avec le Kazakhstan », remarque Yevgeniya, très élégante dans son long manteau blanc et ses talons aiguilles...
Tous ces portraits sont à suivre sur http://mcsinfo.u-strasbg.fr/article.php?cPath=10&article_id=8145
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