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Les nouveaux visages Version imprimable Suggérer par mail
19-01-2007
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Les nouveaux visages
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Gholamali Bandali, Afghanistan : Voyage au bout de l'exil

Il a l'air discret, presque timide. Les sacs, tentures et autres bibelots de toutes les couleurs qui s'accumulent sur son stand attirent davantage le regard que lui. Gholamali Bandali est un jeune homme calme qui prend sa tâche - s'occuper du stand de l'Association franco-iranienne d'Alsace - au sérieux.
Rien dans son apparence ne laisse supposer que le chemin qui l'a mené là, au marché de Noël de Haguenau, a été long et périlleux...
Né en 1973 à Mazar-e-Sharif dans le Nord de l'Afghanistan, Gholamali Bandali a compris très jeune le sens du mot « exil ». Lorsqu'il avait six ans, sa famille a dû se réfugier une première fois en Iran fuyant l'invasion des troupes soviétiques.
Vingt ans plus tard, en 1999, c'est l'intolérance religieuse des Talibans, fondamentalistes sunnites, qui ne laisse d'autre choix à la famille chiite de Gholamali que de quitter une nouvelle fois son pays. Il se rend dans une ville frontalière de la Turquie et paie les services d'un passeur. Il franchit la frontière grecque de nuit, sur un bateau gonflable. Puis un ferry pour l'Italie, à bord d'un camion, au milieu de copeaux de bois. A chaque franchissement de frontières, de nombreuses tentatives infructueuses avant la réussite. Il arrive à Strasbourg en septembre 2000.
Cette persévérance est récompensée en 2005 par un passeport français qui le rapproche un peu plus de ses deux rêves : ouvrir un magasin de tapis et rendre visite à sa famille en Afghanistan...
Portrait par Silke Koltrowitz, le 15/01/2007 (CUEJ, News d'Ill)

Tarek, Liban : Diamants au Zaïre, pois chiches à Strasbourg

A en croire Tarek*, debout derrière le comptoir de son épicerie, aucun Libanais du quartier ne peut survivre plus de deux semaines sans venir faire ses courses chez lui.
Cageots de fruits et légumes à l'extérieur, produits directement importés du Liban à l'intérieur, le commerce, ouvert il y a deux ans, a ses habitués.
Mais qu'ils s'avisent de parler politique au propriétaire, et Tarek leur répondra farine de pois chiches ou variétés d'olives, selon l'humeur...
Pour ce chiite de Baalbeck, le souvenir du mois de juillet, au cours duquel le Hezbollah a affronté l'armée israélienne, est encore trop vif.
* Le prénom a été changé...
Portrait par Cordélia Bonal (CUEJ, News d'Ill)

Ahmed Rifaie, Liban : Rêve en plusieurs rounds

Quand ce Libanais de 26 ans arrive à Strasbourg en 2004, il ne connaît personne et parle très mal le français. Ce qui ne l'empêche pas de s'inscrire à des cours de boxe. Le jeune homme prend une licence amateur et participe à quelques combats. Peu à peu, l'idée d'aller plus loin fait son chemin. La boxe a surtout été pour lui l'occasion de se faire des amis, tout comme les cours de salsa où il s'est inscrit. Avec eux, il a rapidement appris le français, sans suivre aucun cours.
Aujourd'hui décidé à rester en France, Ahmed a demandé la nationalité française au début de cette année. Pour lui, la démarche est naturelle.
Mais Ahmed, qui garde les pieds sur terre, a aussi d'autres projets : il pense à ouvrir son restaurant...
Portrait par Emilie Brotel (CUEJ, News d'Ill)

Irfan Saleh, Irak : Damné de Saddam

Posée sur la table du salon, parmi les tasses fumantes de thé iranien, une carte d'identité : Irfan Saleh, né le 19 avril 1966, nationalité française. Dans son appartement de l'avenue de la Forêt Noire, à Strasbourg, Irfan, confortablement installé dans son canapé de cuir rouge, peut enfin sourire. Depuis quatre mois, il est citoyen français.
Cette carte plastifiée, c'est le sésame d'une vie paisible. Un luxe pour ce Kurde d'origine irakienne qui a trop longtemps connu les souffrances de la guerre et de l'exil.
Irfan est originaire d'Halabjah, ville frontalière avec l'Iran, au nord de l'Irak. Mais en mars 1988, c'est l'apocalypse qui s'abat sur la ville d'Halabjah : l'armée de Saddam Hussein attaque à l'arme chimique. 8000 victimes, sans compter ceux qui mourront peu à peu, de cancers ou d'autres maladies. Irfan, ce jour-là, perd son père et beaucoup de ses amis. Il fuit avec sa mère vers les camps installés en Iran...
Tourner la page, sans l'effacer. Irfan a écrit un livre pour raconter sa vie, la guerre, l'errance et la sécurité retrouvée. Reste à trouver un éditeur...
Portrait par Adelise Foucault (CUEJ, News d'Ill)

Le sacré coup de main des pentecôtistes

Achot et Narine viennent d'Arménie. Orthodoxes non pratiquants, ils se sont convertis au pentecôtisme en France après avoir reçu l'aide de l'Eglise pentecôtiste internationale de Strasbourg (EPIS). Achot est arrivé en France en 2003, et affirme : « J'ai dormi dans la rue pendant un an et demi, aucune association ne m'a vraiment aidé. Ici, quand je suis entré, des gens sont venus me demander si j'avais besoin de quelque chose. »
Le mouvement protestant évangélique est connu pour son prosélytisme. Ses membres espèrent trouver dans les immigrés, de plus en plus nombreux à bénéficier de leur aide, de nouveaux fidèles...
Article de Jeanne Cavelier et Julie Chabanas (CUEJ, News d'Ill)

Tous ces portraits sont à suivre sur :

http://mcsinfo.u-strasbg.fr/article.php?cPath=10&article_id=8149


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