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Page 2 sur 4 L'espace Boniface, l'Afrique dans le quartier Gare Un petit coin d'Afrique. Entre masques traditionnels et musique zouk, l'atmosphère est chaleureuse. Des saveurs exotiques émanent de la cuisine. Le restaurant Le Gourmet d'Afrique a ouvert il y a deux ans dans la rue des Païens, à proximité de la gare. « C'est un lieu cosmopolite, affirme Appolinaire Tengo, le gérant. Les blacks viennent déguster principalement des côtes de bœuf ou du saka-saka, un plat congolais à base de feuilles de manioc pilées. Les blancs préfèrent les plats yassa d'Afrique de l'Ouest avec du poulet ou du lapin. » Sur la carte figurent également des poissons braisés ou fumés, des brochettes, des plats épicés, du mafé (bœuf à la sauce d'arachide) et d'autres spécialités africaines. Un bar ajoute à la convivialité de l'établissement. On y vient pour discuter entre copains ou pour faire de nouvelles rencontres, autour d'une bonne bière camerounaise ou d'un cocktail... Quand l'Afrique se réunit dans le quartier de la gare, c'est toute la ville qui se teint d'exotisme... Article de Nicolas Lepigeon et Yoann Terrasse (CUEJ, News d'Ill)
Dalwinder et Saideep Singh, Inde : Le sari, bleu de travail C'est Bollywood en miniature dans la Grand-rue. Depuis septembre, Dalwinder Singh, un Indien de 30 ans, vend des vêtements, des bijoux et d'autres accessoires de son pays dans un petit magasin au centre de Strasbourg. Pourtant, les Strasbourgeoises ne s'intéressent que rarement aux saris multicolores de la Punjabi Boutique. La plupart du temps, le propriétaire ne fait qu'attendre - soit des clients, soit sa femme Saideep, 27 ans, qui le rejoint souvent l'après-midi... Saideep est venue en France avec ses parents à l'âge de 13 ans. A l'époque, son père cherchait un travail bien payé, son oncle avait fait fortune comme restaurateur à Strasbourg. « Nous habitons tous à la Meinau, les uns à côté des autres », précise Saideep. Les trois familles forment une petite communauté... Le père de famille ne sait pas combien de temps il pourra continuer à travailler ainsi à son propre compte. En Inde, Dalwinder était propriétaire d'une agence de voyages, d'un magasin d'ordinateurs et d'un restaurant. Il ne doute pas une seconde de sa réussite future : « I am a business man. I want to make good business. Je sais tout faire, j'ai confiance en moi. » ... Portraits par Sebastian Drolshagen, le 15/01/2007 (CUEJ, News d'Ill)
Ahmad Iqbal, Pakistan : Paria de l'islam D'une pochette en plastique, Ahmad Iqbal* tire une feuille de papier : on peut y lire, traduite de l'ourdou, la fatwa ordonnant sa condamnation à mort. C'est elle qui a obligé ce Pakistanais à quitter son pays en 1998...Il fait partie de la communauté Ahmadiyya. Même ici, Ahmad Iqbal connaît parfois des problèmes du fait de sa religion. S'il ne veut pas donner son véritable nom, ni montrer son visage sur une photo qui date pourtant de plusieurs années, c'est que certains Pakistanais de Strasbourg l'ont rejeté, dès qu'ils ont appris qu'il appartenait à la communauté Ahmadiyya... * Son nom a été changé à sa demande. Portrait par Emilie Brotel (CUEJ, News d'Ill)
Wichai Yotma, Thaïlande : Gagner sa vie et retourner au pays Cela fait déjà cinq ans que Wichai Yotma, un jeune Thaïlandais de 24 ans vit en France loin de sa famille. Il parle très peu français, mais il connaît bien son travail. Il est employé dans un petit supermarché asiatique de Strasbourg depuis un an, après avoir quitté Lyon. Arrivé en France en 2001 avec un visa d'étudiant, le jeune Thaïlandais a pourtant vite changé d'avis : au bout de quelques mois, il décide d'abandonner ses études. Wichai travaille du mardi au samedi dans le magasin et termine à 19 heures. Le samedi soir, après avoir fini son travail, il file dans un restaurant thaïlandais où il sert les clients jusqu'à minuit. Wichai est le cadet d'une famille paysanne thaïlandaise habitant la province Phychit, située à 400 km de Bangkok. Il a deux grands frères et deux grandes sœurs. Wichai a prévu de rendre visite à sa famille qu'il n'a pas vue depuis six ans, lors de ses prochaines vacances. Il souhaite retourner dans son pays. Le jeune homme a déjà un projet précis en tête : construire et louer des logements pour étudiants. Sa famille habite juste à côté d'une université... Portrait par Dina Ros (CUEJ, News d'Ill)
Rui Chen, Chine : Self-made cuistot A 26 ans, Rui Chen, natif de la ville de Changchun, dans la province de Jilin, au nord de Pékin, se lance dans les affaires. Entouré de cartons et de piles de vêtements dans son appartement strasbourgeois, Rui Chen reçoit en plein déménagement. Ce jeune Chinois de 26 ans quitte Strasbourg pour emménager dans le restaurant qu'il vient d'acquérir à Schirmeck. Rebaptisé Le Jasmin, le restaurant ouvre ses portes en janvier. Pour autant, le jeune Chinois sait qu'il ne sera pas cuisinier toute sa vie. Il rêve de créer son entreprise pour importer des produits de décoration de Chine vers la France. Rui Chen ne pense pas non plus finir sa vie en France, ni demander la nationalité française. Pourquoi pas, un jour, retourner s'installer dans son pays auprès de ses parents qu'il n'a pas revus depuis trois ans et demi ?... Portrait par Victor Roux-Goeken (CUEJ, News d'Ill)
Zhao Yu Ping, Chine : Des rizières au monde des affaires Zhao Yu Ping, 33 ans, est le seul Chinois parmi les employés de l'entreprise Steelcase. Arrivé en France en 2002, il travaille depuis deux ans à Strasbourg dans cette entreprise américaine de fournitures de bureaux haut de gamme. Il est chargé de l'importation de matériel en provenance d'Asie. Dans les années 1970, son père était instituteur à Xinzhou, dans le centre de la Chine, le reste de la famille travaillait dans les champs. Zhao Yu Ping poursuit sa scolarité. Après son baccalauréat en 1991, il est retenu par l'université de Canton. Aujourd'hui, dans son appartement de l'Esplanade à Strasbourg, Zhao Yu Ping profite de sa nouvelle vie. Il est bien intégré dans son travail, où il s'est fait plusieurs amis français qu'il retrouve toutes les semaines pour jouer au tennis. Il n'est retourné qu'une fois en Chine et n'envisage pas dans l'immédiat de retourner dans son pays... Portrait par Agnès Verry (CUEJ, News d'Ill)
Des mots pour trouver ses marques Dix-huit heures, dans une salle de la maison de l'enfance à Hautepierre. Cours de français pour adultes organisé par l'association Contact et promotion. Martine Wollenburger est coordinatrice et enseigne aux primo-arrivants. Ce soir, exercice pratique, les élèves vont déambuler dans la pièce, s'arrêter à son signal et répéter « je suis devant, derrière, à côté ». Ils sont une dizaine, hommes et femmes de tous âges et ne parlant pas français. Tugo, Nicole, Ellen, Bislan et Mayengo viennent du Vietnam, du Libéria, de Tchétchénie ou du Sri Lanka. « On a une petite géographie des endroits où ça va mal dans le monde », résume Martine Wollenburger. Le français, une langue assez difficile à apprendre, admet Tugo. La jeune femme est en France depuis 18 mois et a encore du mal à prononcer certains mots. Bislan est arrivé depuis un mois, mais pour lui « le français, c'est plutôt facile ». Le niveau de français des élèves est très variable. Pour ceux qui ont le plus de mal, le professeur de français a recours à l'allemand ou à l'anglais... Article de Valérie-Anne Maitre (CUEJ, News d'Ill)
Tous ces portraits sont à suivre sur : http://mcsinfo.u-strasbg.fr/article.php?cPath=10&article_id=8157
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