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17-09-2006
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Des enfants comme les nôtres
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Page 3

Rentrée des classes
Ela (9 ans) et Mona (11 ans) de l'école de la Veuë à Saint-Etienne ont vu leur caravane écrasée par un bulldozer fin juillet. Depuis lors, leur famille (des Roms originaires de Roumanie) squatte en attendant un vrai logement. Mais leur père doit être expulsé ces jours-ci. La police met la pression sur l'école pour expulser toute la famille.

Valera (17 ans) ne sait plus quoi penser de la bourse nationale du mérite qu'on lui avait accordée.

Dominique (13 ans), Diana (8 ans), qui n'a été scolarisée qu'en France, et Valera, viennent d'être arrêtés (menottés) avec leurs parents malgaches. La famille, qui vit à Amiens, remplit pourtant tous les critères de la circulaire du 13 juin.

Youssouf venait de quitter son lycée (Saint-Pierre de Lébisey) à Caen, mardi 12 septembre. Il a été arrêté alors qu'il attendait le tram avec ses amis. Majeur, et malgré le parrainage de la Vice-Présidente de la Région Basse-Normandie, il attend son expulsion imminente. 

 Chances, malchances

On le voit. Selon les Préfectures, même des familles qui remplissaient tous les critères de régularisation, se trouvent aujourd'hui expulsées ou sous la menace d'une expulsion. Quant aux personnes qui ont la malchance de ne pas répondre à l'un ou l'autre des critères, leur demande de régularisation a été, dans presque tous les cas, refusée.

Ce sont les enfants scolarisés ayant atteint 18 ans et qui ont eu la malchance d'arriver en France après l'âge de 13 ans. Plusieurs expulsions ont eu lieu dés cet été, dont plusieurs ont été médiatisées. 
Ce sont les  jeunes étrangers âgés de 18 ans, qui ont été confiés aux services de l'aide sociale à l'enfance après l'âge de 15 ans. Trop tard ! Trop âgés !

Entre 16 et 18 ans, ils sont pourtant la majorité de ceux que l'on appelle les « mineurs étrangers isolés ».
Ce sont les jeunes devenus majeurs, arrivés durant leur minorité avec leurs parents demandeurs d'asile mais dont la demande d'asile a été refusée. Ceux-ci ont à subir doublement les parcours de vie de leurs parents.
Ce sont aussi ceux que les parents n'ont pas pu ou pas su faire à temps les démarches nécessaires auprès de l'administration française, ou ceux envers qui l'administration a appliqué aveuglément des lois comme un absolu.

Ils sont ainsi encore des milliers d'enfants dans toute la France, retournés en classe à la rentrée, et confrontés à des situations dont ils ne sont en rien responsables, alors même que, comme l'attestent tous les témoignages, leur vie et leurs rêves sont dans notre pays. Regards sur quelques situations, rencontrées au cours de l'été 2006,  où des enfants se sont trouvés pris dans une tourmente qu'ils sont souvent très loin de pouvoir comprendre. Dans certains cas seulement, l'histoire aura peut-être bien fini, au terme de cette période de régularisation ("au cas par cas"). 

Page 2 : une vingtaine de situations relatées ici, parmi quelques centaines d'autres dans les seules écoles parisiennes, quelques milliers sur le territoire national.

                                   

Page 3 : le point de vue d'un Préfet, Claude Balland (Préfet de Meurthe-et-Moselle) sur la question des élèves sans papiers.

Permis de rester

Au printemps 2003, Elmira, Ruslan et leur petite fille Kamila quittent le Daghestan pour des raisons politiques. Arrivés à Marseille contre 3000 euros, le couple et l'enfant âgé de deux ans sont envoyés au bout de quelques mois au centre d'accueil des demandeurs d'asile de Volgelsheim. La famille s'agrandit avec la naissance de deux autres enfants, Shamil et Adilgerei. Les parents n'ont pas le droit de travailler et leurs multiples démarches pour obtenir l'asile politique sont toutes déboutées. Il ne leur restait qu'un mince espoir qui s'est transformé en réalité le 31 juillet, quand un courrier de la Préfecture leur annonce qu'ils remplissent les conditions fixées dans la circulaire du ministre de l'intérieur et bénéficient donc d'un permis de séjour temporaire. Ruslan, autrefois professeur de sport, et son épouse, comptable, attendent désormais d'obtenir des permis de travail.

(source : France 3 Alsace - 7 août 2006)

Expulsé

Abdellah, jeune habitant du 20e, était arrivé légalement en France en 2002 à l'âge de 14 ans pour rejoindre son père originaire du Maroc qui réside en France depuis 1964 avec une carte de séjour et a travaillé en France pendant 42 ans. Il a été expulsé le 7 juillet 2006.

(source : RESF)

Un ballet d'enfants

Dans cette école parisienne, début juillet, c'est un ballet incessant d'enfants qui vont et viennent dans un local associatif, en plein quartier de Belleville, à Paris. Leurs parents sont venus s'informer sur la circulaire de « Monsieur Sarkozy » après avoir vu l'affichette placardée sur les murs des écoles du quartier. Une douzaine de cas ont été recensés, dans ce seul établissement, la maternelle Piver

(source : le Monde, Catherine Rollot, 2 juillet 2006)

Lili et ses études


Née en Azerbaïdjan d'un père paysan azéri et d'une mère arménienne, Lili, 15 ans, a eu la douleur de perdre son papa « tué, parce qu'il vivait avec une Arménienne », explique-t-elle. Après ce meurtre, elle se réfugie avec sa mère à Petigorsk en Russie. Mais un jugement du Tribunal prononce l'expulsion de Lili et de sa maman. « Nous sommes venus en France car c'est un pays des libertés, un pays humanitaire. Et puis, je suis bien ici maintenant pour les études », ajoute-t-elle. A Nancy, un oncle est déjà installé. Lui-même a subi des menaces dans son pays car il avait épousé une Arménienne.
Lili est donc arrivée en août 2004 et, après les démarches administratives habituelles, a été accueillie au mois de novembre suivant au collège Alfred-Mézières de Nancy dans une classe pour primo arrivants. Elle a appris rapidement le français et a pu être intégrée progressivement au cursus scolaire normal.
Dans l'année scolaire 2005/2006, la jeune fille était première de sa classe de 3e. Elle s'est fait des copines au collège et ses professeurs ne tarissent pas d'éloge sur cette élève attentive et douée. Elle aime les mathématiques et veut s'orienter vers les métiers de la comptabilité ou vers la traduction. Lili parle cinq langues : le russe, l'arménien, l'anglais, l'espagnol et le français, auxquelles s'ajoutent des connaissances en ukrainien. Elle veut poursuivre ses études au lycée l'année prochaine en seconde générale.
Mais la demande d'asile déposée par la maman de Lili a été rejetée car insuffisamment étayée par des témoignages établissant la réalité des menaces ou du danger à retourner dans le pays d'origine. La Préfecture a notifié à la famille une « invitation à quitter le territoire ». A la suite d'une forte mobilisation associative et citoyenne, cette décision préfectorale a été finalement annulée fin juin 2006. Lili sera normalement là pour la rentrée des classes en septembre dans son lycée.

(source : Est républicain, François Moulin).

Histoires de sans papiers

Les histoires qui suivent se passent à Paris en juillet 2006. La Fédération des conseils de parents d'élèves apporte son soutien à ces familles ainsi qu'à plusieurs centaines d'autres.


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