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Page 9 sur 12 24 avril 2011: Fatiha Gas et les Entretiens de l'Excellence Sciences Po Paris ouvre ses portes le 30 avril 2011 aux jeunes collégiens et lycéens qui vont découvrir que les filières "d'excellence" sont aussi pour eux à condition qu'ils se mettent à croire eux-mêmes en leurs chances. Fatiha Gas est directrice du Développement et de la Recherche à l'Ecole d'ngénieur des Technologies de l'Information et de la Communication (EFREI). Ce jour-là, elle sera aux Entretiens de l'Excellence en tant que déléguée de l'événement et membre du Club du XXIème siècle. Artiste, elle pratique la peinture sur porcelaine et présente ses productions sur son site personnel. émue, touchée... confiante Dotée d'un sens relationnel fort et spécialement intéressée par le développement personnel, elle s'investit totalement malgré ses charges professionnelles importantes dans le succès des Entretiens 2011. Il lui semble en effet essentiel que la France évolue dans la prise en compte des talents de sa diversité. Elle sait ce que signifie préparer en amont un plan de carrière et elle veut faire passer le message auprès des jeunes. Des entrepreneurs, haut fonctionnaires, chercheurs, avocats, dirgeants de PME comme de grandes entreprises... seront là pour témoigner de leurs parcours et répondre aux interrogations des jeunes. Des actions de parrainage suivront. Fatiha Gas souhaite aussi créer des relations de partenariat avec le système d'orientation scolaire pour un accompagnement sur le long terme. Après Paris, les Entretiens de l'Excellence vont se décentraliser par de nouvelles étapes, à Lyon, Rouen, Marseille, Bordeaux, Reims, Strasbourg, Lille mais aussi à Fort-de-France, Pointe-à-Pitre et Saint-Denis de la Réunion. On peut aider les jeunes à emprunter l'ascenseur social, Fatiha Gas en est convaincue. 17 avril 2011: Hanane Harrath, fière et digne "Fière de voir le monde arabe revenir dans l'Histoire avec une dignité exemplaire et une détermination inébranlable. J'en rêvais depuis longtemps. J'en rêvais à chaque fois qu'un bien-pensant parlait du peuple arabe avec condescendance, jugeant qu'il se préoccupait plus de pain que de liberté ou de démocratie. J'en rêvais à chaque fois qu'un homme politique défendait les valeurs de la démocratie ou de l'humanisme tout en fermant les yeux sur ses amis dictateurs, reniant toute conscience. Toute décence. J'en rêvais chaque fois que j'en entendais ignorer le monde arabe au prétexte qu'il n'était pas assez mature, ne se battait pas pour ses droits, était soumis ou au contraire violent. Aujourd'hui je suis fière de voir le peuple arabe arracher, seul et dans la paix, sa part de justice et de liberté. Emue aussi de voir cette incroyable jeunesse se lever à Amman et au Caire, à Sana et à Tunis, pour dire d'une seule voix: assez. Emue de voir sourire, rire, danser, espérer enfin, cette jeunesse sacrifiée, étouffée, qui paie depuis bien trop longtemps le prix fort de politiques éducatives, sociales et économiques désastreuses. Quand elles existent. Cette jeunesse, personne ne pourra l'accuser de suivre, aveuglément et fanatiquement- on aime tant dire du monde arabe qu'il est aveugle et fanatique- un leader charismatique type Khomeiny. Cette jeunesse, personne ne pourra lui reprocher de ne savoir gronder et descendre dans la rue que quand il s'agit de fustiger Israël ou "l'Occident". Cette jeunesse, elle a parlé en son nom pour dire: non. Cette jeunesse, aujourd'hui, se fiche bien de la géopolitique: ce qu'elle veut, c'est la liberté et la dignité. Elle les a gagnées toutes deux. Avec le respect. Confiante, enfin. Même si les prophètes de malheur prédisent déjà des lendemains difficiles. Invoquent le spectre islamiste. Encore... Mais cette jeunesse aujourd'hui ne renoncera pas à une démocratie et à des libertés qu'elle a été prête à payer de son propre sang. Cette jeunesse a changé. Elle n'est plus, dans son immense majorité, disponible pour les discours autoritaires ou obscurantistes. Elle est vigilante et exigeante. Elle veut sa place dans le monde. Elle l'a toujours voulu. Elle y a cru. Et elle l'a eue. Cette jeunesse a fait irruption dans le monde et dans l'histoire. Quoiqu'il arrive maintenant, elle a écrit pour la première fois dans notre histoire moderne les mots démocratie, liberté, droits, justice. Et tout comme la Terreur n'a rien enlevé à l'éclat de la Révolution, les lendemains difficiles, s'il y en a, n'enlèveront rien à la lumière vive qui s'est allumée maintenant. Rien." Hanane Harrath, 32 ans, est journaliste, habite à Paris. de l'InElle est de la promotion 2001 de Sciences Po Rennes et 2002 de Sciences Po Paris. Elle travaille actuellement à une enquête sur les aumôniers musulmans dans les prisons (à paraître chez Fayard) et dirige "Histoire, Dictionnaire et Anthologie des femmes musulmanes" (chez Robert Laffont). Sa philosophie personnelle: Deviens ce que tu es. Fais ce que toi seul peux faire (Nietzsche). Sa philosophie citoyenne: Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le bonheur de tous, c'est le bonheur de chacun. (Boris Vian) 10 avril 2011: Mona Khazindar, nouvelle directrice générale de l'Institut du Monde Arabe à Paris De nationalité et de parents saoudiens, Mona Khazindar est née aux Etats-Unis. Elle poursuit des études supérieures en France, à l'Université américaine de Paris, puis à la Sorbonne. Mona Khazindar est parfaitement trilingue (anglais-arabe-français), ce qui, particulièrement dans le domaine dans lequel elle s'est spécialisée "les arts plastiques modernes et contemporains", lui permet d'établir des liens solides et privilégiés tant avec les artistes qu'avec les conservateurs, collectionneurs et critiques d'art du monde entier, souligne-t-on à l'IMA. Pendant sa carrière, menée à l'IMA depuis 1986, Mme Khazindar a participé à la mise en place d'une centaine d'expositions. Elle est également responsable de la collection permanente d'art moderne et d'art contemporain du Musée de l'IMA, laquelle comprend quelque 400 œuvres. Mona Khazindar dirige également la publication des catalogues et des livres d'art liés à ces expositions, comme elle est l'auteur de différents ouvrages et de nombreux articles consacrés à l'art et aux artistes arabes, modernes et contemporains. 3 avril 2011: Camélia Jordana, aux âmes et lettera Au printemos 2009 à Marseille, une jeune fille de 16 ans, venue de La-Londe-les-Maures (Var), avec un look d'un autre temps, se présente à l'audition du télé-crochet de M6, la Nouvelle Star. Elle se met à entonner What a wonderful world. André Manoukian, membre du jury, était là. Il raconte: "Hallucinant ! je n'ai jamais entendu ça. Elle a tout pigé, la jazz-attitude à mort". "Vous avez mangé quoi, enfant ?" il lui demande. "Du couscous, j'ai mangé beaucoup de couscous, c'est peut-être ça". C'est vrai que son père, entrepreneur de transport de béton, comme sa mère, thérapeute en développement personnel, sont tous deux d'origine algérienne. Chez les Aliouane, on a toujours écouté de la musique. Zelikha, la mère, a appris le chant lyrique au conservatoire. Vous avez mangé quoi, mademoiselle ? De la musique, du jazz, du blues. "A la maison, on écoutait Gainsbourg et la Callas". Et devant sa glace, avec une brosse à cheveux en guise de micro, Camélia chantait, de la voix rauque et cassée qui a toujours été la sienne. A la naissance déjà, elle pleurait rauque. Adolescente, elle trouvait les autres filles chiantes et ne rêvait que d'une chose, faire de la chanson son métier. Ses goûts puisaient dans un répertoire éclectique, d'hier à aujourd'hui, de Patti Smith à Lili Allen. Sa sélection à la Nouvelle Star 2009 et surtout son élimination aux demi-finales font le buzz. Un disque sort en mars 2010 avec son nom d'artiste, Camélia Jordana. Rauque et drôle, Camélia. Une vraie personnalité ! Quand elle rit, on adore. Quand on rit, elle adore. Elle est adoubée par la presse culturelle, de Télérama à Libération. Elle passe chez Ruquier où se trouve ce jour-là Jean-François Copé, déjà à parler de l'islam. Elle n'a alors que 17 ans. Elle l'interpelle. "J'étais là, il m'a énervée, j'ai dit ce que je pensais." Déjà toute petite, dit sa mère, "elle avait une grande conscience de ce qui se passait autour d'elle et lorsqu'elle assénait de grandes vérités, c'était sidérant." Elle passe chez Roselmack, y décroche quelques piques sur la xénophobie de la droite et de l'extrême-droite, se dit fière de ses origines, rit aux éclats. Camélia a des valeurs, elle a de la culture, et pas seulement musicale. "Je suis une personne, pas une pute qui sourit tout le temps, et chante Non, non, non sur commande." Son entourage professionnel exulte: "Elle est comme une éponge, elle écoute une fois et digère illico." Les sons et les textes de ses chansons, elle se les approprie pour les porter auprès de son public conquis par son charisme naturel. Elle lui donne rendez-vous le 6 avril 2011 au Trianon (Paris 18ème) et un peu partout en France pour sa tournée de printemps. (d'après le portrait dans Next, Libération, 7 mars 2011)
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