Ils arrivent sur entre-gens ! Ces trois jeunes entrepreneurs se sont tout d'abord rencontrés en 2008 à l'IUT d'Evry où ils étudiaient en DUT Techniques de Commercialisation. C'est ensuite par le plus grand des hasards qu'ils se sont retrouvés à Telecom Ecole de Management. Cela fait des années qu'ils s'intéressent tous trois à leur "identité numérique": comment être présent positivement sur Internet ? Nabila Moumen, avec qui nous échangeons depuis septembre 2011, pour se présenter nous a tout d'abord dit: "le plus puissant de tous les leviers est la volonté", une citation de Lamennais qui est sa devise et qui l'accompagne au quotidien, dans sa formation, dans ses projets personnels, dans ses engagements associatifs, dans son parcours professionnel. Jeune femme très curieuse et "native digital", elle se passionne pour le marketing numérique et la e-reputation. Ce qu'elle entreprend, elle le mène à fond et surtout à terme.
Son amie, Mounira Hamdi, quant à elle, se définirait plutôt par sa nature autonome qui l'a amenée à découvrir des univers professionnels de la PME à la grande entreprise, en y acquérant de solides connaissances qu'elle investit aujourd'hui dans le monde du Web 2.0 Anthony Babkine est ravi de ces belles rencontres, lui qui aime plus que tout partager et échanger. Anthony est un créatif, déjà expérimenté dans la communication événementielle. Cet entrepreneur enthousiaste aime les projets ambitieux et innovants. Ecrire un livre à 3, sur le sujet de leur passion, leur est apparu comme une évidence. "Bien gérer sa réputation sur Internet" (Dunod, 4e trimestre 2011) est le résultat de leur fructueuse collaboration. L'ouvrage donne des clés sur les règles de base pour gérer son image sur Internet. Leur cible privilégié: les jeunes diplômés. Pour écrire ce livre, le trio a rencontré de nombreux professionnels. Ils ont souvent fait le constat que le jeune âge pouvait susciter beaucoup de doutes auprès des recruteurs. En même temps que la sortie du livre, Nabila Moumen, Mounira Hamdi et Anthony Babkine ont mis en ligne le site www.ma-ereputation.com et comme l'écrit le 20 décembre 2011 le conseiller en recrutement Jean-Christophe Anna (job2-0.com): "Pour bien gérer votre image, faites vous coacher par 3 experts !"
18 décembre 2011: Inna Modja, la voix de coco
Coco Choco Chanel and Chocolat. Un air nous trotte dans la tête: French Cancan (Monsieur Sainte Nitouche). A l'heure des rétrospectives, le monde de la musique ne cesse plus de citer Inna Modja, parmi les révélations de l'année. Née à Bamako, Inna a toujours été une enfant hyperactive. C'est pourquoi sa mère l'a surnommée Modja, ce qui en peul veut dire quelque chose comme "l'enfant terrible". Elle avait tellement d'énergie que ses parents l'ont inscrite à un maximum d'activités: la peinture, le karaté, la danse, la chorale... Jamais fatiguée ! A l'âge de 16 ans, elle rend visite à son voisin, le grand Salif Keita, un peu surpris mais qui, loin d'être indifférent, intègre cette énergie débordante dans ses choeurs. Inna ne se bat pas pour se faire voir ou se faire entendre. Elle est là, tout simplement, et on la remarque, avec sa beauté longiligne qui l'a menée d'abord vers le mannequinat. C'est ainsi qu'elle a commencé sa carrière française, égérie de L'Oréal. Mais "elle n'est pas que...", ses mélodies légères que l'on n'oublie pas racontent des histoires qui portent des messages. Inna Modja défend sa différence, avec sa coiffure afro qui fait partie du personnage, son combat contre l'excision dont elle a été victime à l'âge de 4 ans. Inna Bocoum (son vrai nom) a depuis toujours une grande faculté d'adaptation parce que son père et ses frères et soeurs aînés lui faisaient écouter des musiques très variées, de la soul au heavy metal. A la Fête de la Musique, elle est arrivée avec son French Cancan qui a fait danser la France en été. Forte de ce succès, elle a sorti en novembre 2011 son album Love Revolution qui pourrait la propulser aux NRJ Awards et plus loin encore... A Martigues cette semaine (Maritima Music Tour, 15 décembre 2011), elle a reçu un accueil incroyable. Chauds les gens du Sud !
11 décembre 2011: Amel Mathlouthi, la voix libre

C'était il y a bientôt un an. La rue tunisienne s'est soudain emplie d'une rumeur démocratique, s'amplifiant de jour en jour jusqu'à la libération. Les jeunes gens s'armaient de bâtons. Elle, s'est armée d'une guitare et de sa voix. Une voix qui a la fragilité de sa jeunesse mais la force de son coeur, la fluidité de l'air mais l'enracinement de sa terre. Lorsque sa voix libre s'est élevée au milieu des clameurs des manifestants, tout un peuple s'est mis à l'écouter, à se laisser porter, à l'adopter, comme le cri paisible de sa révolution. Elle, c'est Emel ou Amel, appelez-la comme vous voulez, c'est Mathlouthi. Expatriée à Paris, elle a pris l'avion pendant la Révolution pour retrouver sa famille et son peuple à Tunis. Depuis des années, elle hurlait cette envie de liberté.
En juillet 2007, place de la Bastille, elle chantait Kelmti Horra (Ma parole est libre). "Nous sommes des hommes libres qui n'ont pas peur. Nous sommes des secrets qui jamais ne meurent. Et de ceux qui résistent nous sommes la voix. Dans le chaos nous sommes l'éclat. Nous sommes libres et notre parole est libre, mais elle n'oublie pas ceux qui sèment les sanglots et trahissent nos fois." Pour Bouazizi, le martyr et déclencheur, elle a repris "Here's to you" de Joan Baez. La chanteuse tunisienne mêle son chant arabe à des influences folk et rock. Tout au long de cette année, elle a parcouru le monde, de Carthage (juillet 2011) à Montréal (novembre 2011). Elle était hier (10 décembre 2011) l'invitée d'honneur du Festival TGV GenériQ à Dijon. Chaque année en décembre, la rédaction d'entre-gens désigne "sa" personnalité de l'année. 2011 est l'année du peuple tunisien et de la femme tunisienne. Amel Mathlouthi, pour le symbole qu'elle représente, a été désignée la personnalité de l'année 2011 pour Entre gens.
4 décembre 2011: Mina Agossi, la voix nomade
"Le jazz unit les peuples et les cultures". Mina Agossi rêvait depuis si longtemps de venir jouer et chanter à Saint-Louis au Sénégal, ville "organique", tout comme elle dont la voix est à la fois braise et velours, ville métisse, tout comme elle, dont la mère est bretonne et le père béninois. Mina Agossi était hier soir (3 décembre 2011) en concert aux Guingois à Montluçon, pour déchirer le brouillard, pour chanter le vent, pour reconstruire le monde. Le monde de Mina Agossi est grand ouvert. Elle a grandi à Besançon. Elle avait 20 ans quand, à Dijon, elle a fait son premier concert dans un restaurant alors qu'elle n'avait jamais chanté. Ce soir là, sa vie est soudain devenue une évidence et elle a arrêté la fac. Elle qui ne connaissait guère que le rock découvre le jazz et mûrit son style dans des boites à strip tease et partout où on l'engage, jusque dans les prisons. Elle rencontre Vincent Guérin et mélange sa voix avec la contrebasse dans des impros tonitruantes. Elle part collecter des sons autour du monde, de Damas à New York. Sa voix s'élève comme un larsen de Hendrix. En 2010, elle rompt avec la formule voix / contrebasse / batterie pour explorer de nouveaux sons. Avec "Just like a lady", Mina Agossi transgresse tous les genres, de reprises décalées en compositions personnelles. On en a la chair de poule. On entre dans son univers pour se laisser brûler à la lampe de minuit. Et tout finit en éclat de rire. Mina Agossi n'est pas qu'une voix, elle est une présence, sauvage et libre, nomade.