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Sur sa moto en plein coeur de Paris, Gad Weil part maintenant vers les Champs-Elysées avec Laurence Medioni, sa scénographe. Les 23 et 24 mai 2010, avec Nature Capitale, ils ont couvert la belle avenue de 150 espèces végétales et fait l'évènement du week-end de la Pentecôte.. "La terre est un jardin" (Laurence Medioni) Oeuvre artistique, seulement éphémère ? Pas tout à fait. Lorsque les "essaimeurs", c'est-à-dire vous peut-être, aurez acquis un fragment ou un éclat de Nature Capitale, que vous l'aurez emporté chez vous, l'éphémère deviendra pérenne et le rêve de Gad sera devenu réalité. Offrez vous un brin de Nature Capitale, et demain vos enfants, vos petits-enfants, se souviendront qu'en 2010 un inventeur d'évènements assurément fou, Gad Weil, avait ensemencé le pavé des Champs-Elysées. A près de 50 ans aujourd'hui, Gad Weil le Nancéien peut se souvenir avec une certaine fierté d'un parcours déjà exceptionnel. (Article rédigé en avril 2010, plus d'un mois avant l'évènement) A 20 ans, Gad Weil était de l'aventure du Festival de Théâtre de Nancy avec Jack Lang. A 30 ans, il moissonnait déjà les Champs (1990, la Grande Moisson sur les Champs-Elysées). En 2000, il avait 40 ans : l'incroyable grand pique-nique du 14 juillet, c'était encore lui, dans 337 villes de France sur le même méridien. En 2020, que fera Gad Weil ? La cérémonie des Jeux Olympiques à Paris, Istanbul, Casablanca ou Hiroshima, villes pour la paix dans le monde ? Après tout, Gad n'aura que 60 ans, une nouvelle jeunesse, un nouveau printemps ...  Fleurs de printemps, photo Öznur Küçüker "Rien n'est impossible. Les gens doivent oser rêver, imaginer et tenter de concrétiser le tout" dit-il tous les jours à ses collaborateurs. Toute sa vie, il faut savoir rester un enfant. Lorsqu'il avait huit ans, il a vu le film sino-français Le cerf-volant au bout du monde où un cerf-volant atterrit à la Cité interdite. Devenu adulte, il s'en est souvenu et a eu l'idée d'un pique-nique sur la Grande Muraille. A l'âge où d'autres entraient en fac, lui est devenu artiste de rue. "Pour moi, c'est une chance de ne pas avoir connu une éducation de niveau supérieur. cela ne signifie pas que l'éducation n'est pas une bonne chose, mais parfois elle freine l'imagination des gens" expliquait-il à la presse chinoise à l'occasion de l'Année de la France en Chine en 2004-2005. L'équipe de Nature Capitale a un credo en quatre mots. Enthousiasme: à Saclay, les jeunes agriculteurs veillent tous les matins aux pousses sur leurs palettes qui bientôt seront amenées au coeur de Paris. Opportunité: parce que 2010 est l'Année de la Biodiversité et que le 22 mai en est la Journée mondiale, c'est le bon moment au bon endroit. Optimisme: le débat sur l'avenir de la planète est anxiogène mais si on le rendait plutôt jubilatoire, comme un hymne à la vie, à la création ! Urgence néanmoins : car les chiffres sont parlants; cette dernière année, plusieurs dizaines de milliers d'espèces ont disparu de la planète et, à ce rythme, en 2030, elle aura perdu un cinquième de la richesse de sa flore et de sa faune.  Laurence Medioni, metteur en fête des paysages La chargée de communication de Nature Capitale, Öznur Küçüker, redit à qui veut l'entendre ce beau mot de Gilles Ménage : "Rien n'est si doux que la diversité". Öznur, depuis sept ans (et elle n'en a que 25) partage son temps entre Paris et sa ville natale d'Istanbul. Dans l'un de ses éditoriaux pour Nature Capitale, qu'elle a magnifiquement intitulé La belle diversité, elle écrit : "La diversité est un mot-clé de notre époque. Diversité culturelle, diversité végétale, diversité animale... De cette interaction fructueuse entre différentes cultures tout comme entre les espèces, naît notre patrimoine culturel et naturel que chacun de nous est responsable de protéger." La diversité des cultures (sociodiversité) et la diversité des espèces (biodiversité) n'ont pas qu'un lien symbolique, elles sont capitales à la vie. C'est ce que Öznur voudrait démontrer en ce mois de mai à travers des conférences-débats sur la biodiversité .  Öznur Küçüker, chargée de communication de Nature Capitale La diversité, c'est aussi la complémentarité des villes et des campagnes. Enfant de la ville, Gad Weil a un grand respect pour les paysans qui nourrissent l'humanité et qui inventent sans cesse le développement durable. Dans les oasis marocaines, ce sont les femmes qui cultivent les agrumes et la luzerne, qui transforment le henné et le safran, qui élèvent les enfants et font vivre la communauté lorsque les hommes ont émigré. En Haute-Saône, Céline Lacroix, jeune agricultrice de 25 ans, produit à Angirey du lait et des céréales biologiques. Avec ses 75 vaches, elle est une vraie nutritionniste. Chaque jour elle regarde vivre chacune d'elles et sait déjà, par sa peau, par ses yeux, par sa bouse, si elle est en bonne santé.  Céline Lacroix, la jeunesse version biologique Début avril, Öznur avait un peu mal à la tête. La vie à Paris est souvent stressante. Elle est entrée dans une herboristerie. Mille odeurs enivrantes ont caressé ses narines. Et déjà elle se sentait mieux ! Guy Didier, le 19 avril 2010 Nature Capitale, le site, le blog, sur Facebook, (après l'événement) Près de 2 millions de personnes sur les Champs-Elysées végétalisés ! Mission réussie. Öznur tire un premier bilan sur le blog de Nature Capitale (lien vidéo) |