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Amel Guerraiche (Amiens), Ali Aissaoui (Reims), Abbes Benharrat (Strasbourg), Youcef Adjaj (Lille), Rachida El Gharrabi (Saint-Etienne), Chaynesse Khirouni (Nancy)... Amel Guerraïche "Si tu veux aller loin.. " En 2006, aux Etats-Unis, lorsque les latinos ont initié ces manifestations gigantesques pour mettre en garde contre les politiques répressives vis-à-vis des immigrants mexicains et sud-américains, Ali Aissaoui s'est pris à rêver. Et si nous nous inspirions de cela en France ! Quand le Collectif La Journée sans immigrés La Journée sans nous (LJSI) s'est créé, Ali a sauté le pas et comme il le dit avec enthousiasme: "Me voici engagé dans cette aventure humaine formidable comme il n'y en a pas eu depuis 1983 et la Marche pour l'Egalité". Ali Aissaoui "une aventure humaine formidable" Ali Aissaoui est urgentiste à l'hôpital de Rethel et Adjoint au Maire socialiste de Reims. L'an dernier, le journal L'Union de Reims s'était attaqué dans ses colonnes à ce militant politique et associatif, l'accusant d'antisémitisme et d'être un "médecin imaginaire". Le journal a été condamné en double diffamation le 25 février 2010. A Reims, le rassemblement du 1er mars sera festif à la Fontaine de la Solidarité, place d'Erlon. Une quinzaine de Groupes Associatifs de Pays (GAP), espaces d'échanges et de partage entre les associations locales, irriguent le territoire picard. L'équipe des cinq permanents de la CPCA, en place depuis janvier 2010, est l'outil opérationnel pour le développement de la vie associative. Amel Guerraïche en est l'assistante de direction. Elle apprécie quand le président de la CPCA cite le Pasteur Samuel Kobia: "Si tu veux marcher, marche tout seul, si tu veux aller loin, marche avec les autres !". Le 31 décembre 2009 au soir, elle a fêté le Nouvel An avec les femmes du Centre d'hébergement d'urgence d'Amiens; "J'ai eu le plaisir de donner un peu de chaleur à ces adorables femmes" dit Amel. Amel Guerraïche "donner un peu de chaleur" Pour le 1er mars, elle a appelé à une mobilisation générale pour une journée de non-activité économique dans les associations, les entreprises, les écoles, les lycées, les universités, les hôpitaux, les commerces, les industries, l'agriculture. Amel Guerraïche sera avec les Amiénois, en tant que référente locale de LJSI, devant l'Hôtel de Ville, à midi. "Je ne m'attarderai pas sur le parcours semé d'embûches de ma scolarité jusqu'à ma première expérience professionnelle" explique Rachida El Gharrabi, directrice du Centre Social Jardin des Plantes à Saint-Etienne et référente locale de LJSI. Elle témoigne: "Double tare, me disait non sociologue de prof à l'Université, issue de l'immigration et femme de surcroît !". Malgré cela, rien ne l'a arrêtée, au contraire, cela n'a fait qu'exacerber sa motivation et son acharnement... Elle le devait à ses parents qui ont tout misé sur sa scolarité et sur leur confiance aveugle à la société française. Cet investissement, elle leur dédie aujourd'hui. Eux qui n'ont fait que subir. Rachida El Gharrabi "l'éducation populaire est notre force !" Militante associative depuis de nombreuses années, Rachida a choisi d'en faire sa profession afin de mettre en oeuvre des projets orientés en direction du vivre ensemble et de la cohésion sociale. Depuis septembre 2009, elle trépignait d'impatience à l'idée de s'investir dans un collectif et une initiative porteuse d'un message fédérateur, symbolique, fraternel et apolitique. "A l'heure des divisions et des manoeuvres machiavéliques, conclut-elle, qui de mieux placés que les mouvements d'éducation populaire pour porter cette invitation au vivre ensemble que nous propose l'association La Journée Sans Immigrés 24 h sans nous !". Le 1er mars, elle sera à midi au pique-nique citoyen devant l'Hôtel de Ville et à 14 h à l'Université pour une conférence "Interculturalité et Vivre ensemble, mythe ou réalité ?". Son absence au centre social ce jour là sera pour démontrer la nécessité de sa présence. Le principe de La Gueule de l'Emploi est simple : "Ce que tu caches est une faiblesse, ce que tu montres une force !". Le CV vidéo en ligne permet aux "compétences de la diversité" de déclencher instantanément une première rencontre visuelle avec le recruteur. L'association Symbole, à l'origine de l'initiative La Gueule de l'Emploi entend déconstruire les représentations négatives et valoriser la diversité au travers de la vidéo et du théâtre. Elle propose une autre approche du recrutement et de l'accès à l'emploi, prenant le contre-pied du CV anonyme.. "Je n'ai pas le regard d'un professionnel de l'emploi" explique Youcef Adjadj, le responsable du projet qui réalise les CV vidéos. Youcef milite pour un nouveau "rapport à l'autre", convaincu que "de la diversité naît la performance". Rue de Béthune à Lille, à 12h30, aura lieu un falsh mob freeze (une mobilisation éclair). A l'annonce du signal (sifflet), l'assistance restera figée pendant cinq minutes. Youcef sera derrière sa caméra. A 48 ans, Abbès Benharrat, originaire de la région de Nancy, issu d'une famille de huit enfants, a déjà connu dans sa vie le chômage et "les stages bidon". Mais il est aujourd'hui fonctionnaire, guichetier et comptable de La Poste, en Alsace depuis 1994. A Strasbourg, il a pris l'initiative de mobiliser pour réussir le 1er mars dans sa ville, il espère réunir un maximum de personnes sur la Place Broglie, car pour lui il est essentiel de "valoriser les acquis passés et présents de l'immigration pour notre pays, la France". Abbès Benharrat "une action d'abord citoyenne" Toujours prêt à agir pour le "vivre ensemble", il tient à souligner qu'il n'est encarté dans aucun parti politique et dans aucune association. Avant tout, la Journée sans immigrés 24 h sans nous est une action citoyenne. A Nancy, je rencontre avec Chaynesse Khirouni ce 27 février 2010 une journaliste de l'Est Républicain pour lui présenter l'action. J'ai connu Chaynesse il y a une bonne vingtaine d'années. Nous nous sommes un peu perdus de vue ces derniers temps, mais je connais son engagement d'aujourd'hui, en première ligne dans l'opposition municipale socialiste à Nancy et à la Communauté urbaine (conseillère municipale et communautaire) et je connais surtout son engagement professionnel à l'ADIE dont nous avons déjà parlé ici sur ce site. Jamais avec Chaynesse nous n'avions évoqué son enfance en Moselle, dans les cités de la sidérurgie, ce père ouvrier arrivé en France à l'âge de 20 ans. Il ne savait ni lire ni écrire mais il a toujours poussé ses enfants à bien travailler à l'école. Les parents de Chaynesse ont valorisé l'école et les enseignants : "bien travailler pour ne pas être ouvrier, avoir un bon métier, être médecin, avocat...". Mais il a fallu à l'aînée de la famille - elle a sept frères et soeurs - montrer l'exemple, résister aux conseillers d'orientation qui dirigent facilement les enfants d'immigrés vers des études courtes. Chaynesse Khirouni "ll faut absolument faire quelque chose !" Elle raconte cela à la journaliste qui l'interroge. Elle lui dit : "Je suis très fière d'être Française, fière de cette devise qui est la nôtre Liberté, Egalité, Fraternité, qui ne figure même pas sur ce fronton de l'Hôtel de Ville de Nancy !", elle m'interpelle ; " Il faudra faire quelque chose pour cela, tu ne crois pas, Guy ?", A l'intention de la journaliste, elle précise clairement : "Je suis une Arabe" et explique alors pourquoi elle se mobilise aujourd'hui. Quand un Ministre s'est amusé à dire "un Arabe, ça va, mais plusieurs...", ce fut la goutte d'eau, il fallait "faire quelque chose". Alors aujourd'hui, elle fait, et un peu partout en France, d'autres avec elle font ... Guy Didier |