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15-12-2010
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27 juin 2010: Tsolo se lève à l'est

Hyères prépare demain. Le Festival de la Mode, qui s'est déroulé en mai à la Villa Noailles, face à l'île du Levant, a consacré en 2010 la créativité aisatique. Parmi les créatrices venues de l'Est, Tsolmandakh Munkhuu, dite Tsolo, a reçu les faveurs du public séduit par sa Magie Noire (le nom de sa collection). De ces 33 ans depuis sa naissance à Oulan-Bator, Tsolo a passé les cinq dernières à Paris, à faire du baby-sitting, être femme de chambre dans un hôtel, assurer le service à la cafétéria de l'Ecole des Arts Décoratifs, pour gagner sa vie. Aux Arts Décos, elle a regardé les étudiants dessiner et coudre sur les tables. C'est alors qu'elle a décidé de s'inscrire dans une école de mode, l'Atelier Chardon Savard. En Mongolie, sa famille la soutient, lui fait parvenir des peaux de chevreaux qu'elle va découdre, raser, recomposer. Elle récupère les bouts de tissus laissés par les étudiants, des objets de toutes sortes dans les poubelles. Ses créations seront du récup'art. Tsolo dessine depuis l'enfance et ce fut donc pour elle une décision spontanée de se lancer dans la mode à Paris. Avec la Magie Noire, elle a ensorcelé le public et les professionnels ont découvert une artiste prête à de nouveaux défis, sur les traces et en mémoire d'Alexander Mac Queen, qu'elle appréciait particulièrement.

 20 juin 2010: Azdine Ouis y était

The place to be ? Ils sont venus en bus depuis Corbeil-Essonnes, encadrés par leur éducateur, Azdine Ouis, par ailleurs conseiller municipal de la ville. Ils portaient des T-shirts rappelant un fait de légende, Villepin à l'ONU en opposant à la guerre en Irak. Ces derniers mois, Dominique de Villepin a labouré le terrain des banlieues, en rassemblant les déçus du sarkozysme.

L'ancien Premier Ministre a trouvé les mots justes pour parler à cette jeunesse révoltée par l'islamophobie des "Sarko boys", comme Azdine les appelle. A la Halle Freyssinet, Azdine Ouis était là pour la création de République solidaire, au milieu de près de 5000 personnes venues de toute la France. Il n'a pas de mots assez durs pour fustiger ces ministres "racistes" au passé d'extrême-droite. Il savoure les mots de Villepin condamnant devant les habitants du Val Fourré l'assaut par Israel de la flottille humanitaire pour Gaza. Il reprend contact avec ses réseaux d'amis footballeurs. Il salue le film Hors-la-loi "qui va permettre d'ouvrir le débat sur ces événements tragiques de notre histoire". Azdine Ouis a quitté le Rassemblement du 19 juin gonflé à bloc. Ambition 2012, et au-delà...

 13 juin 2010: le oud selon Smadj

"Ce qui m'excite, c'est non pas d'assembler des cultures, car ça ne suffit pas, mais de trouver les ponts qui permettent aux gens d'interagir entre eux". Smadj (Jean-Pierre Smadja) est français d'origine tunisienne (né à Tunis) et il vit depuis sept ans à Istanbul. Dans la ville aux deux continents, il trouve son unité. Le musicien est fasciné par "la virtuosité technique et la finesse stylistique des Turcs, capables de jouer très vite et très juste plusieurs instruments" (Libération, 5 juin 2010).  Smadj est oudiste, comme l'était son grand-père qu'il n'a jamais connu, car "il est parti avec une danseuse". Sa grand-mère était pianiste. A 11 ans, il prend la guitare et se lance passionnément dans la musique. A 15 ans, il entre dans une école parisienne de jazz. Devenu ingénieur du son, il monte plusieurs groupes multi-ethniques. A 30 ans, il découvre le oud puis s'associe au percussioniste turc Burhan Öçal. A Istanbul, la plus grande métropole d'Europe, il découvre pléthore de virtuoses. En 2002, Smadj a rencontré pour la première fois Natacha Atlas, la diva du chant arabe, qui vit aujourd'hui en France, dans le Gers. Ensemble ils vont préparer à Istanbul l'événement du Festival Métis de Seine-Saint-Denis.

Le 17 juin 2010, à Saint-Denis. Smadj et Natacha Atlas présenteront une création originale, véritable célébration du oud, avec 15 musiciens, dont Cem Yildiz, chanteur et joueur de saz et balama : prélude baroque de oud, chants soufis, cavalcades jazzy, chansons composées pour Natacha Atlas, improvisations... La musique n'aura pes de frontières le 17 juin dans la basilique des rois.

 6 juin 2010: la plume inspirée de Rhavia Tahardji (portrait par Valérie Croy)

 

"L'homme est l'enfant de son milieu mais avec la connaissance on devient incontestablement un homme universel" (Ibn Khaldoun). Toute la philosophie de Rhavia, la reine du slam, qui a pour seule attache la liberté - celle d'Aimer et de Donner - est là ! Rhavia est invitée de l'Autre Canal à Nancy, le 24 juin 2010.  Valérie Croy, "coach de vie", a brossé d'elle un portrait tout en finesse, que nous avons voulu partager.

"Née pour écrire, mais sans le savoir, Rhavia est une enfant issue de l'immigration algérienne. En 1948, son père arrive en France pour subvenir aux besoins de sa famille laissée en Algérie. Elevée à Behren-lès-Forbach, elle devra se battre entre une adolescence déchirée et une scolarité à réussir. Issue d'une fratrie de 11 frères et soeurs, révolutionnaire née dans l'âme, elle quitte le domicile familial avec pour seul compagnon de route, un sac à dos, un stylo et quelques feuilles. Durant ses pérégrinations, elle rencontre Roger Bichelberger, qui l'encourage à écrire son premier roman. La poésie l'obsède. Elle cède à la tentation, et écrit avec une démesure inégalée plusieurs recueils inédits. Parallèlement, elle anime des ateliers d'écriture et de poésie dans des quartiers dits sensibles, avec un succès inattendu. Pourtant le décès de ses parents en 1998 la plonge dans une dépression profonde. Elle quitte la France en 2000, se réfugie en Syrie puis en Jordanie pendant une longue année, en quête d'un amour spirituel et fascinée par la langue arabe et le pays de Cham. Son retour en 2001 sonne le glas.

L'apocalypse est proche : sérénité, renaissance, éveil de conscience, Rhavia parvient désormais à transformer sa colère en une créativité exigeante, plus aboutie et structurée, et toujours plus proche de ses engagements. Sa rencontre avec Paolo Coelho sera déterminante : coup de foudre philosophique et spirituel, qui l'anime à agir toujours avec plus de ferveur, de justesse, de droiture, et lui donne la conviction que l'on puisse réussir un jour à réaliser son rêve de vie. Elle reprend ses ateliers d'écriture, à la grande joie de ses élèves, tant le monde la réclame. Son énergie talentueuse et poétique fait l'unanimité, elle fonde alors l'association SLAM ATTITUDE et répand le slam dans tout le bassin lorrain. Son secret : elle donne la parole à ceux qui ne l'ont pas, à ceux qui ne l'ont jamais prise, à ceux à qui on ne l'a Jamais donnée ! Nancy continue à la soutenir et la reconnaît comme « la Reine du Slam ». Entre BRAHMS et MOZART, FERRE et BREL, BARBARA et FERRAT, elle recrée son univers, fustige les conventions, s'aliène dans une fougue sans limite où l'écriture s'inscrit comme son seul exutoire. Sa rencontre avec Alain Bashung ou Richard Bohringer est décisive quant à sa carrière, car Rhavia ne s'arrête pas là, et va jusqu'au bout de ses rêves en accouchant de l'album « CALAME » fin 2009 : « seule une plume inspirée de l'encrier divin a la faculté de nourrir les âmes assoiffées de connaissance et d'amour » soulignera le grand BASHUNG ! Un album phare lucide et explosif, une originalité universelle à fleur de peau où l'amour est scandé inlassablement à l'unisson d'une allégresse orientale maîtrisée. Le reste est dit dans l'album dans un crescendo de souffle poétique époustouflant. L'interprète ici se fait l'auteure de la vaste tragédie humaine dénoncée dans une vision kaléidoscopique aux mille visages. De la pierre brute jaillit un diamant, celui de la vie bien sur et bien au delà des mots et d'elle même dans une évanescence lyrique et spirituelle elle s'évanouit afin de laisser place au silence et à son écho sacré. Rhavia TAHARDJI est résolument une grande dame, doux euphémisme ... "


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