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15-12-2010
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La une de la pluralité (2010)
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 29 août 2010: Simona Jovic, l'âme rom

 

"Je dis mes peines en chantant car chanter c'est pleurer. Je dis mes joies en dansant car danser c'est rire." (chant traditionnel gitan) Depuis le XVème siècle en France, les Tsiganes sont pourchassés. "Ils ont emmené les Roms. Ils ont séparé les enfants des mères, les  femmes des hommes. Ils ont emmené les Roms." (chant traditionnel rom) Et en 2010 encore ! "Ils ont piétiné le violon tsigane. Il est resté de la cendre tsigane le feu la fumée montant au ciel". Dans la longue tradition rom, les femmes chantent les joies, les peines, les hommes dansent, claquant des doigts, des mains sur les jambes, des jambes sur le sol, au rythme lent puis rapide des violons. Simona Jovic est Présidente de l'Association Internationale Humanitaire et culturelle Roms du monde. Mais elle est d'abord danseuse et chanteuse.

La Tsigane a dansé tout l'été: le 21 juin, sur l'Esplanade du Trocadéro avec le groupe libanais Dabket Loubnane, le 26 juin à la Nuit d'Orient 93 avec Orfuzz (danse et musique de Turquie), le 29 juin à la Grande Comédie de Paris accompagnée à la guitare par Malik Ati et aux percussions par Karim Kasmi, le 5 juillet à l'Atelier International de danses roms à Paris... Simona Jovic  donne des cours de danse rom au Marais (Paris) et anime des stages un peu partout en France et dans le monde (en Inde, au Mexique, au Brésil, au Canada, en Italie, en Belgique,...). De père rom serbe et de mère tchèque, elle est habituée depuis toujours au mouvement, aux langues et cultures différentes, elle a commencé à chanter dés l'âge de 5 ans, elle a été la première, et peut-être la seule, à danser dans l'enceinte du Conseil de l'Europe, devant l'assemblée réunie.

Simona touche un peu à toutes les musiques et danses qui vont du Rajasthan aux Balkans en passant par l'Afghanistan et la Mer Noire. Le week-end prochain (3 et 4 septembre 2010), Simona Jovic sera à Argein dans l'Ariège. Argein, 150 habitants en temps normal, plus de 2000 personnes pendant le festival Kumpania, rencontre internationale des cultures balkaniques. Simona Jovic a passé son enfance entre le Monténégro et le Danube. Elle vit maintenant à Paris mais en vraie nomade parcourt le monde avec son art.  A Argein, elle va animer un stage de danse rom et proposer à ses élèves d'un jour de vibrer à l'âme des Balkans. Elle adore ce festival :  "à ne pas manquer, dans la nature, simple, festif, pas cher, avec une super programmation", dit l'artiste. La seule chose qui reste au peuple rom, c'est la danse.

 Relire également sur entre-gens: La une du 21 février 2010: Tony Gatlif et les oubliés de la mémoire, et La une du 14 février 2010: Rona Hartner, Tous les chemins mènent aux Roms

 

 22 aoüt 2010: Medina Koné boubouphile

 

Née à Saint-Denis (93), Medina Koné était une enfant espiègle, curieuse de tout, comique et elle n'a pas changé. Elle écoutait Fela, Youssou N'Dour aussi bien que Dorothée ou... Sheila. Fille de la banlieue parisienne, elle a tout appris de la rue. Elle était la première fille, dans le rap français, dit-elle, dans les années 90. Fille de l'Afrique, elle a tout appris de sa mère sénégalaise. Fille d'aujourd'hui, elle a fait le tour de tout ce qui bouge dans le monde des médias des années 2000, radios et télé. Mais en août 2010, c'est sur www.missboubou.com qu'on la retrouve. Lancé le 20 août, le site des fans de la mode made in Africa accueille avec elle sa première invitée. Medina Koné, l'animatrice télé (France Ô), y raconte sa maman qui avait toujours des malles et des armoires remplies de tenues de toutes sortes. "A chaque fois que (ma mère) ouvrait une malle, c'était la fête". Sa mère lui confectionnait des tenues originales avec sa machine à coudre en ajoutant toujours le petit plus qui faisait qu'elle sortait du lot. Medina se souvient de Opa, le tailleur de la famille qui cousait des tenues au Foyer Sonacotra de la porte de Paris. Opa, c'est LE roi du boubou, "le maître de la coupe qui tue, le compositeur de mes premiers émois en tenues africaines". Sur www.missboubou.com, Medina Koné vous dit tout sur la mode afro made in France ou made in Africa. Août 2010, Miss Boubou (le site) est lancé et bien lancé !

 

15 aoüt 2010 : Dobet Gnahoré, et la nature dansa

"C'est une jolie ville que Givet, propre, gracieuse, hospitalière" (Victor Hugo). "C'est une petite vile simple et accueillante. Les gens du Nord ont la chaleur dans le coeur. J'aimerais juste qu'il y ait un peu plus de rendez-vous culturels ouverts sur le monde, à l'international", dit Dobet Gnahoré, givetoise et ardennaise d'adoption.

Dobet a créé l'association Libodou, ce qui en langue bété de Côte d'Ivoire signifie "créons ensemble". Libodou propose des stages de danse et d'initiation aux percussions. Elle aime revenir à Givet entre ses tournées mondiales, car Dobet Gnahoré est (les Givetois en ont-ils conscience ?) l'une des plus grandes chanteuses, musiciennes, danseuses africaines d'aujourd'hui.

Dobet n'a que 27 ans mais déjà 100 vies de femme. Elle porte en elle tous les hommes, toutes les femmes, les enfants, les arbres, les animaux, toutes les langues, tous les rythmes, toutes les joies, toutes les peines et toutes les senteurs de l'Afrique, des Afriques qu'elle unit dans un même élan, une même  énergie. Sur scène, Dobet Gnahoré danse à couper le souffle, chante à vous donner des frissons par la caresse de sa voix. Sur scène, Dobet invoque le ciel, appelle la lune et les étoiles. Elle chante pour les enfants d'Afrique qui sont l'avenir du continent. Son dernier album s'appelle Djekpa La You (Les enfants du monde), en hommage aux enfants des rues. Il a été composé sur les routes en Inde, en Afrique, avec Colin Laroche de Féline, son mari, guitariste. Colin est arrivé un jour avec son sac à dos en Côte d'Ivoire  et s'est naturellement retrouvé au village d'artistes Ki-Yi de la Riviera 2 à Abidjan. Il y est resté trois ans et a épousé Dobet, la fille du fondateur de la communauté artistique. Depuis lors, ils "crèent ensemble".

A l'âge de 12 ans, Dobet a demandé à son père de quitter l'école pour apprendre à Ki-Yi les arts de la scène et depuis 15 ans, elle joue, elle chante, elle danse. Elle suit la trace de son idole, Miriam Makeba. Miriam est partie en beauté en 2008. Dobet invoque le ciel et appelle son étoile. Elle rentre tout juste des Nuits d'Afrique à Montréal, passe par Paris pour faire quelques radios avant de partir pour l'Italie. Dobet Gnahoré est une fleur noire. Elle apporte de la joie. Quand elle passe, la nature danse.

  8 août 2010: Myriam Soumaré dans la magie

A Villiers-le-Bel, il y a cette cité au nom bizarre de Derrière les Murs de Monseigneur (DLM). Pour les habitants, DLM ça veut dire plutôt "dans la misère" pour ne pas employer d'autres mots vulgaires. Pour la police, DLM c'est une cible où le 18 février 2008, plus de 1000 agents ont investi à six heures du matin les appartements pour une opération d'une ampleur inégalée avec couverture médiatique. Mais depuis le 31 juillet 2010, DLM est dans la magie de Myriam, l'enfant du quartier, l'aide-puéricultrice. On savait à peine que depuis quatre ans, Myriam allait s'entraîner l'après-midi à Garges-Sarcelles, parce qu'à Villiers, on n'a même pas de club d'athlétisme. Myriam est rentrée de Barcelone avec un collier de bronze, d'argent et d'or.

   

Myriam Soumaré est championne d'Europe, la reine du sprint, le nouveau porte-drapeau de la France qui gagne, qui  explose de joie, qui danse sur le podium. Myriam a épaté les Français par sa simplicité, sa spontanéité, son rire après avoir bluffé tout le monde par sa magistrale pointe de vitesse. Les médias viennent maintenant à Villiers-le-Bel pour Myriam. On entre dans l'appartement de cette belle famille d'origine mauritanienne désormais sans effraction. On découvre des gens ordinaires dans la vie et soudainement extraordinaires, par la magie d'un coach de Sarcelles, Olivier Darnal, ancien surveillant de collège à Villiers, et par celle d'un DTN, Ghani Yalouz, d'origine marocaine, ancien médaillé olympique de lutte. Les coachs ont su donner à Myriam et à toute l'équipe l'esprit et l'énergie de la gagne pour collecter au total un record de médailles (18 dont 8 en or). Et quelle équipe ! La diversité face à l'adversité. "Nos" banlieues ont des jambes en or. Nos banlieues ont surtout des valeurs. Derrière les murs de Monseigneur, il y a des enfants venus d'ailleurs ou bien nés ici, comme Myriam, née à Paris. Derrière les murs de Monseigneur, il y a le couloir n°8, le couloir de la victoire. Enveloppée de bleu, de blanc, de rouge, Myriam croque sa médaille en or.

 1er août 2010: Féfé en fusion

 

"Je ne veux pas que le fait d'être Noir ou de venir de banlieue me condamne à une fomre d'expression." Samuel Adebiyi, alias Feniksi, alias Féfé (son nom d'artiste), ou tout simplement Fé (pour les intimes), a changé de direction musicale en devenant trentenaire. On l'avait connu rappeur rebelle avec les Saïan Supa Crew. On le connaît aujourd'hui ouvert à toutes les influences: Fela par son père nigérian, Nougaro par sa terre, la France (il a grandi à Noisy-le-Sec), Ray Charles par respect, reggae sans frontière... Reconversion réussie pour le mitrailleur des mots qui a appris la mélodie en découvrant la guitare et a appris la vie en devenant père, la vraie vie, c'est-à-dire pas celle de l'ado qui proclame sa révolte en habitant chez ses parents, celle de l'homme qui se met à nu pour dire son bonheur d'être là, fusion de tous ceux qui l'ont précédé; "Toujours s'approprier ce que les autres accomplissent". Féfé sera sur scène samedi 7 aoüt 2010 au Festival Musiques Noires de Saint-Nazaire. http://www.musiquesdumonde.fr/Nouvel-article,1965


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