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26 septembre 2010: Jalil Cherraf pour la paix
La musique est la sève. La musique est l'émotion. Elle est un dialogue. Elle est universelle. La musique peut être entendue dans les bidonvilles de Buenos Aires, dans les montagnes de Bolivie, dans le désert du Sahel, dans les steppes kazakhes. La musique est communion. Communion avec la nature. Communion avec les hommes. La musique est humaniste. Elle est la langue des droits de l'homme. C'est le message de Miguel Angel Estrella, le pianiste argentin victime de la dictature il y a trente ans et aujourd'hui messager de paix. C'est le message de Pacerel. L'association parisienne, créée en 2008, regroupe un ensemble d'une vingtaine de musiciens professionnels, d'origines culturelles et religieuses diverses. Le violoniste Jalil Cherraf, d'origine marocaine, fondateur et directeur artistique de Pacerel, a formé un quatuor jouant auprès des publics défavorisés (prisons, hôpitaux,...) avec Alexandra Marinina, d'origine russe, Anne-Catherine Touil, d'origine algérienne et hongroise, Clémence Matthey, française. Il dirigera le jeudi 30 septembre 2010 à Saint-Malo (au Théâtre) l'Orchestre pour la Paix, sous le haut patronage de Miguel Angel Estrella. Jalil Cherraf a fait ses études musicales à Rabat et à Paris. Il s'est produit en tant que chef d'orchestre et violoniste avec de nombreuses formations orchestrales en France et à l'étranger. En 1999, il a été nommé Artiste pour la Paix par l'UNESCO. L'Orchestre pour la Paix, créé par Miguel Angel Estrella après un voyage au Moyen-Orient, réunit des musiciens musulmans, juifs et chrétiens. "Le partage est le meilleur garant de la paix" ne cesse d'affirmer le virtuose argentin. Jalil Cherraf et son orchestre l'expriment avec leur musique.
19 septembre 2010: Aïssatou Baldé en séquence émotions
A comme Autodidacte. Enfant, Aïssatou Angela Baldé dévorait les pages des magazines en quête d'images. C'est ainsi qu'elle a développé sa sensibilité et son regard. Dès qu'elle a pu obtenir son premier appareil photo, elle s'est mise à déambuler dans les rues pour capter la vie parisienne. L'image, pour cette autodidacte de la photographie, permet de "questionner les émotions, les temps suspendus, les rêves, la perte et le souvenir. C'est un mélange entre l'imaginaire et le réel".I comme Identités. Aïssatou Baldé est née aux Ulis d'un père guinéen et d'une mère vietnamienne. C'est là qu'elle a grandi, puis à Saint-Quentin-en Yvelines; elle vit aujourd'hui à Villejuif, se rapprochant de plus en plus de Paris. Elle aime la capitale et ses quartiers vivants, qu'elle parcourt à pied de long en large, les lignes de chemin de fer abandonnées, passer à travers les murs, s'asseoir sur les bancs publics. L'exposition Vibrations identitaires "raconte une histoire individuelle pour pouvoir interroger l'histoire collective, à travers des lieux, des rencontres, des imaginaires, des identités multiples parce que la quête et les sentiments qu'elle procure sont universels". S comme Save Art, l'exposition qu'elle présente cet automne (du 18 septembre au 2 octobre 2010) au June Shop. S comme Sensualité, l'exposition qu'elle a présentée ce printemps à Trappes, à l'occasion de la Journée Internationale des Droits des femmes (Festival Regards de femmes). "La sensualité est dans le mouvement:... une main sur une épaule, se brosser les cheveux, un tendre baiser entre amis, une lumière chaude arrivant sur un corps..." A comme Amour, comme Art, La photographie est "un cri d'amour pour l'art". Elle est "une déclaration d'amour à la liberté, à l'errance, aux rencontres d'ici et d'ailleurs". T comme texte. "C'est ce soir d'hiver au milieu d'un désert que je me suis arrêté de chercher, que j'ai renoncé à me posséder, que j'ai arrêté d'attendre en cessant de me regarder. C'est ce soir d'hiver, déposé au milieu de l'absence, que j'ai compris que j'étais arrivé au point de départ. Et que j'étais né loin de moi." Aïssatou aime ce texte de Karim Azem (15 septembre 2010). Elle est de la génération slam. A Trappes, pour l'exposition Sensualité, les slameurs (Miss Käely) ont mêlé leurs mots et leurs voix à ses photos. O comme Osaka. En avril 2010, Aïssatou Baldé, la "photographe sociale", a été invitée dans la 3ème ville du Japon, avec l'APEIS, l'Association pour l'Emploi, l'Information et la Solidarité des chômeurs et des précaires. Dans cette ville industrielle, dans le quartier de Kamagasaki, les travailleurs sont journaliers, pauvres. Avec la récession, les précaires sont devenus sans-abri. Les bidonvilles se sont installés dans les parcs publics. La ville met des grilles ou même des barbelés pour empêcher cette occupation illégale. A l'entrée des baraques, les habitants déposent leurs chaussures. "La coutume perdure même dans la précarité", constate Aïssatou. "C'est peu de choses, mais je suppose que plus que jamais au Japon, la tradition leur donne une lueur d'espoir". Elle fixe cela sur la pellicule. A Tokyo, elle photographie la manifestation des précaires et le ballet répressif de la police. U comme Une ville la nuit. "J'ai toujours été attirée par l'atmosphère qui se dégage d'une ville la nuit. Je sens une intimité avec les mouvements de la ville, mes sens sont en éveil et chaque odeur, chaque pas, chaque rue renferme un mystère à la nuit tombée". Aïssatou aime que la photographie raconte, renvoie le spectateur à son expérience, un sentiment, son enfance, une douleur, une joie... La photo est une émotion. La vie d'une photographe indépendante ? "C'est très étrange. Le frigo vide ne sert que d'objet de décoration, il remplit l'espace. Oublier le ciné, les terrasses." Tout sacrifier pour exercer sa passion. (les citations d'Aïssatou A. Baldé sont extraites du blog www.aabalde.com)
12 septembre 2010: Belya Dogan en attendant la suite "Il est plus important d'être soi-même plutôt que n'importe qui d'autre." (George Sand) En prenant sa plume, Belya entend bien suivre ce principe philosophique qui la guide dans sa vie comme dans son écriture, car Belya Dogan est journaliste en même temps que scénariste de bande dessinée. Qui est-elle ? " Le mystère des naissances, le hasard des pérégrinations de nos parents nous ont permis de naître ou de vivre dans un pays qui nous garantit dans une certaine mesure liberté et égalité. " écrit la jeune femme, française (de Perpignan) née d'une famille d'origine kurde de Turquie. Cette chance la rend solidaire des femmes, comme Sakineh l'Iranienne, dont le mystère en a décidé autrement, "ces femmes qui pourraient être nous, nos mères, nos filles, nos soeurs,..." Belya, journaliste, écrit de beaux portraits (comme ceux de la styliste Dice Kayek, du pianiste virtuose Fazil Say ou de la chanteuse Melike Tarhan) mais elle dit ressentir "une difficulté particulière à être soi-même mise en lumière", sauf peut-être sur Entre-gens, dont "les portraits sont des traits d'union entre le visible et l'intime", apprécie-t-elle. Belya, citoyenne, n'affiche pas ostensiblement ses idées politiques mais elle sait s'indigner lorsque l'humour français est mis en liberté surveillée ou lorsqu'il est question de déchéance de la nationalité française, des sujets qui la touchent, comme l'image de la Turquie. Alors elle prend la plume "la Turquie racontée aux enfants", "les musiques traditionnelles anatoliennes", "Turquie et modernité" ou bien encore "Réussir ses vacances en Turquie"... Belya Dogan est un des rédacteurs les plus prolixes de suite101, avec des sujets très divers, de société, de vie quotidienne. Ses premiers articles portaient sur "Les demandes en mariage jouent l'originalité" et sur "La Saint Valentin et l'homosexualité". Les plus récents sont sur "Les chaussures d'enfant: troc et échange, mode d'emploi". La journaliste écrit ce qu'elle vit en tant que mère, en tant que femme. Elle écrit ses coups de coeur, comme Fluide Glamour, magazine féminin, sexy et impertinent. Elle s'intéresse aux gens: "Parents solo", à l'histoire concrète: "Les origines de la carte nationale d'identité". Elle observe la rue: "Le scooter au féminin". Belya Dogan ne fait pas son âge, mais disons qu'elle est de la Génération Goldorak. Le 9e art est sa grande passion. Son envie d'écrire, de raconter des histoires, Belya Dogan l'exerce en tant que scénariste de BD. Elle a crèé avec son ami Philippe Bringel. dessinateur, la série Jed-Kan, en même temps que la maison d'édition Philya. Le tome 1 de Jed-Kan a été très apprècié des connaisseurs avec son humour, "ses héros sympathiques et attachants", "ses créatures bizarres", "cette histoire construite autour d'une mission" (critique de Francoise Bachelet, Livredumonde). Le tome 2 est attendu prochainement. Belya a écrit une Petite histoire de la BD de l'antiquité à nos jours. Elle suit l'actu BD sur le web (wwww.opalebd.com), l'émission Un Monde de Bulles, la seule émission du PAF entièrement consacrée à la BD (sur Public Senat), s'intéresse à l'avenir de la BD numérique, recense "Les expressions BD célèbres à l'assaut de la langue francaise", monte à Paris pour voir "La ville dessinée" actuellement au Palais de Chaillot, rentre tout juste du Festival BD de Fabrègues (4 et 5 septembre). Belya suit son chemin de journaliste, scénariste, éditrice dans ce qui la passionne et fait "L'éloge de la patience". 5 septembre 2010: Elif Kayi sonde la France A voir ces enfants multicolores tous vêtus de bleu entonner la Marseillaise à l'aube d'un nouveau cycle Blanc de l'Equipe de France de football, on aurait pu croire revenu le rêve de 98. Mais voilà, une heure et demie plus tard, le cauchemar était toujours là... (98, citation EK) « Ah on était fier de cette équipe qui ne ressemblait à aucune autre, et surtout pas à celle de nos voisins européens. On méprisait les commentaires des journalistes étrangers notamment allemands qui ricanaient jalousement en parlant de l' "autre équipe africaine". On était en avance sur notre temps, on était les champions du monde de la société moderne et du discours post-assimilationniste. On en profitait pour faire table rase sur toutes ces discussions stériles autour d'une intégration ethnico-religieuse en rade et d'un ascenseur social en panne. » Elif Kayi est la jeune journaliste qui en 2009 a brillamment remporté, devant 600 autres candidats âgés de 17 à 35 ans, l'European Young Journalist Award, organisé et offert par la Commission Européenne, pour son plaidoyer "Pitié, arrêtez de nous parler de la Turquie ! ". Elle est née en France d'une famille turque, a fait des études de langues étrangères appliquées à Lyon ainsi qu'un master d'études européennes à l'Université de Hambourg et travaille comme journaliste free lance depuis 2006, en France, en Allemagne, en Roumanie, en Italie. Elle navigue aujourd'hui entre Montpellier et Istanbul. Elle est une observatrice attentive de la France, son immigration, son islam, son identité, son équipe de foot. (2010, citation EK) « 2010 sonne notre glas. La machine s'est grippée. On souffre car c'est le miroir qu'on a dessiné de notre société qui s'est brisé. Aïe aïe aïe, sept ans de malheur ! On nous ressert le thème des valeurs, de l'identité, du communautarisme. Il est même question de racisme anti-blanc dans des cités. L'origine sociale qui détermine aussi les affinités. Les joueurs venus des cités dites sensibles qui se serreraient les coudes. Et la conclusion d'Alain Finkielkraut avec "l'esprit de la cité (qui) se laisse dévorer par l'esprit des cités". Mais ce n'est pas le prétendu échec de l'intégration soi-disant incarné aujourd'hui par l'esprit de l'équipe de France qui nous dérange vraiment. Au fond, c'est notre pays, en panne, à la recherche chimérique d'une identité improbable qui nous fait si mal. » Elif ressemble aux jeunes Européens d'aujourd'hui, mobiles et curieux de ce qui se passe ailleurs. Par son écriture décalée, elle fait passer avec efficacité son message. Elle manie avec perfection l'art de l'ironie, dans la presse allemande, française, sur Mediapart où elle tient son blog Aux carrefours de l'Orient, sur cafebabel... Le Club de la Presse de Marseille Provence vient de lui attribuer le Prix de la Parole Libre pour "Tout Turc ne naît pas soldat". Pour "On ne leur pardonnera jamais !" , son article sur la France et son football, un internaute lui a adressé ce compliment "Elif, là tu touches au génial !". « Perdre dans un dédale de questionnements existentiels, en proie à toutes sortes de fantasmes pour se convaincre de son existence. Avec une équipe gagnante, on pouvait avoir trouvé un mirage identitaire auquel se raccrocher. Mais l'équipe de France n'a pas continué à jouer le jeu qu'on lui demandait. Pas le jeu sur le terrain. Mais celui qui consistait à nous faire rêver et par-là même notre vie. Le discrédit qu'on lui reproche, c'est le nôtre. Nous ne rêvons plus. Nous sommes simplement, ennuyeusement, mornement, banalement, tristement, immanquablement, froidement, cruellement, violemment, insolemment Français. »
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