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Page 12 sur 12 31 janvier 2010 : Vanessa, Yannick et les autres... Dans quelques jours vont s'ouvrir à Vancouver les Jeux Olympiques d'hiver. L'équipe de France de patinage artistique en catégorie Couples y sera représentée par le premier duo dans l'histoire de ce sport où les deux partenaires sont de peau noire. Yannick Bonheur, d'origine martiniquaise, dit sa satisfaction de pouvoir démontrer que les "blacks" peuvent aussi être présents dans une discipline artistique et pas seulement dans les sports collectifs ou l'athlétisme. Vanessa James, sa partenaire, quant à elle, se réjouit d'avoir pu obtenir sa nationalité française quelques jours avant les Jeux et portera "le maillot" avec amour, comme elle le dit à tous ses fans. Patiner pour la France était son objectif depuis son arrivée à Paris il y a maintenant deux ans. Le couple a depuis lors révélé au public conquis une réelle complicité sur la glace.  Dans la catégorie Messieurs, aux côtés des "anciens" qui ont déjà connu les succès internationaux, la "surprise du chef" de la sélection olympique est le jeune Florent Amodio, qui a rendu publiques ses origines brésiliennes. Né dans une famille et un quartier pauvre de Sobral (Brésil), il a été adopté dès les premiers jours de sa vie par une famille française très sportive. Les observateurs du patinage relèvent chez Florent Amodio des "qualités naturelles" pour un sport qui allie technicité, vélocité, souplesse, puissance physique. Toute la France sportive se souvient des exploits de Surya Bonaly, elle aussi de peau noire, comme Vanessa et Yannick, et elle aussi adoptée, comme Florent. On sait aussi que d'autres pépites aux personnalités et parcours similaires ont déjà révélé leur qualité dans les patinoires de France, comme Mae-Bérénice Méité (vice-championne de France) et d'autres ensuite... Le patinage artistique est aussi aux couleurs de la France. 24 janvier 2010 : Ody Saban, pour nos graphies " Je suis beaucoup plus libre que beaucoup de ceux qui se promènent à ciel ouvert. Ceux-là sont prisonniers par la pensée. Ils sont enchaînés par leurs propriétés, par leur intérêt d'argent, par leurs tristes nécessités de vie, absorbés au point de ne pouvoir vivre en êtres humains, en êtres pensants" (Louise Michel, prison de Saint-Lazare). Ody Saban dédie son oeuvre à Louise Michel. A bientôt 57 ans, l'artiste parisienne ouvre sa boite à souvenirs: ses premières années dans le ghetto juif d'Istanbul, déjà libre dans ce monde clos, sa découverte de l'art avec son beau-père artisan turc musulman, son éducation catholique par les soeurs françaises et italiennes, son expatriation en Israël où elle épouse la cause palestinienne, son arrivée à Paris (1977), Beaubourg, "Singulières plurielles", "Art et regard des femmes", puis New-York, à l'âge de 27 ans, où sous le grand ciel de Manhattan, elle se crée sa mythologie personnelle... Ody Saban se prend pour une chamane. Elle voudrait venger Lilith, la femme maudite, parce qu'elle était l'égal de l'homme. Dans son imagination (ses halluciations ?), elle métamorphose les êtres et les objets, elle entre dans leur peau. Les oeuvres d'Ody Saban sont des tourbillons d'art brut. A Paris, elle a vécu dans les squatts artistiques à la recherche de la "mixité effective" : Art Cloche, rue d'Arcueil, un ancien dépôt de bombes ! "On appelle progrès un monde où chaque millimètre carré doit être utile sous peine de fatwa." Squatter, c'est ouvrir des espaces. Dans son rêve, elle a inventé une lettre, lui a donné cette forme , l'a appelée Kous, mot arabo-hébreu, il veut dire le sexe de la femme. Cette lettre prend son envol, remue le monde, elle se débrouille. Le rêve peut continuer... L'artiste peint des sexes, elle peint l'amour, "aucune autre jamais n'a dé-livré avec autant de liberté la libido féminine" (Michel Lequenne).  Le baiser Avec 11 autres artistes turcs, elle expose jusqu'au 21 février 2010 à la Cité Internationale des Arts à Paris, et participera au printemps à Cop'Art 2010 à Revigny-sur-Ornain (Meuse). 17 janvier 2010: les étoiles noires de Lilian Thuram Lilian est né en Guadeloupe. Il est venu en métropole à l'âge de 9 ans. A-t-il été marqué par l'absence de son père ? par les qualités exceptionnelles de sa mère ? Lilian Thuram, le footballeur, champion du monde, est aussi et d'abord un homme de coeur. Sur la tombe d'Aimé Césaire, il a pris un engagement: "Nous sommes vos fils et vos filles, nous continuerons à parler, à écrire, pour dénoncer les injustices". Il le fait aujourd'hui de façon magnifique en publiant son panthéon noir, un livre d'histoire, ou plutôt d'histoires, "Mes étoiles noires" (éditions Philippe Rey, co-écrit avec Bernard Fillaire). De Lucy à Obama, Lilian raconte, noir sur blanc, les grands hommes et femmes, de peau noire, qui font briller l'humanité. Où l'on apprend que la première déclaration des droits de l'homme a été signée en 1222 au Mali, où l'on rencontre Zingha, princesse angolaise qui résista à l'envahisseur portugais, Phillis Wheatley, esclave devenue poétesse ou Dona Béatrice, la Jeanne d'Arc du Kongo... "Le monde est dangereux non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire" a écrit Albert Einstein. Sur le site de la Fondation Lilian Thuram Education contre le racisme, le footballeur et désormais écrivain interroge: "Et vous, de quel côté êtes-vous ?" 10 janvier 2010 : Samir Abdallah, cinémétèque Il a rapporté des images de Gaza, Palestine, "ce pays qui ressemble de plus en plus à une métaphore". Il est entré dans Gaza, au lendemain de la dernière guerre, voilà un an. Il a découvert l'étendue de la "gazastrophe". Il a recueilli des dizaines de témoignages de la guerre israélienne contre Gaza. Malgré leur drame quotidien, les Gazaoui lui ont offert des poèmes, des chants et même des "nokta" (blagues ou histoires à raconter). Samir Abdallah présente avec Kheridine Mabrouk le film Gaza-strophe dont ils sont les auteurs, le 13 janvier 2010 sur France Ô. L'année d'après. Samir Abdallah est né en 1959 à Copenhague d'un père égyptien et d'une mère danoise. Il est arrivé en France à l'âge de six ans et a aujourd'hui la nationalité française. Lorqu'il avait 24 ans, en 1983, il a suivi la Marche pour l'Egalité et contre le racisme, avec son appareil photo. Avec son frère Mogniss, il a alors décidé de se lancer dans le journalisme citoyen en créant l'Agence Im'Média, spécialisée dans l'immigration et les cultures urbaines. Pendant 10 ans, Mogniss et Samir vont produire de nombreux reportages sur les banlieues, bien avant le Bondy Blog et le JT des Quartiers. Depuis 1994, Samir Abdallah anime le réseau Cinémétèque, pour faire connaître le cinéma de ces "peuples de trop" en résistance, comme le peuple de Gaza. En 2010, l'année d'après, Samir réveille les consciences, pour ne pas oublier les Gazaoui. 3 janvier 2010 : Yannick Noah, le pote préféré des Français En ce début d'année, c'est une sorte de pied de nez que les Français font aux stratèges politiques qui leur parlent d'identité nationale. Yannick Noah est leur personnalité préférée, et ce pour la septième fois et la cinquième année consécutive (sondage IFOP/JDD). Pour eux, Yannick est un pote. Né de père camerounais et de mère française dans la petite ville de Sedan, elle-même fille d'un professeur de dessin et poète, il a grandi au Cameroun et vit aujourd'hui à New-York. Il dit alors : "Peut-être on va me dire que je ne suis plus chez moi dans ce pays où je suis né", un pays dont il est fier, "de son pinard, de sa bouffe, de sa langue. Je suis toujours un ambassadeur de mon pays. J'ai beaucoup fait chanter la Marseillaise. L'identité nationale, c'est quelque chose qui se vit au quotidien". A 50 ans aujourd'hui (le 18 mai prochain), il n'aime pas voir ce que devient la France où "le petit peuple est maltraité... avec cynisme". Il précise sa pensée : "on le laisse tomber mais on essaie de placer son fils à un poste important". Yannik Noah ne cache pas qu'il est un opposant en résistance ! Il voit que les Français n'ont plus "la patate", alors qu'à New-York, "l'élection d'Obama a donné un coup d'accélérateur à cette ville" (interview Le Parisien, 5/11/09). Cet homme a une énergie, celle qui à 23 ans l'a amené aux sommets du tennis mondial, celle qui lui a permis une belle reconversion vers la musique, celle qui l'a motivé à parrainer l'association Les enfants de la terre, créée par sa mère, puis Fête le mur, pour aider les enfants des quartiers défavorisés à trouver leur place dans la société, celle qu'il transmet aux sportifs lorsqu'on lui demande ponctuellement de les "préparer mentalement". Yannick Noah est un coach. Cette énergie, il veut la transmettre à son public par son prochain album prévu au printemps et son prochain grand spectacle au Stade de France le 25 septembre 2010. Cet homme aime la vie ("Porte l'eau, porte la vie", Les lionnes), la voix des sages ("Entends la voix des sages et chante avec eux"), le métissage ("Des passés qui se rassemblent pour ne faire qu'un, des pensées qui se ressemblent", Métisse), l'action ("Donne moi une vie, un espoir, une envie", Aux arbres citoyens). En chantant, il coache ("Redonne à ta vie sa vraie valeur, redonne à ce monde toutes ses couleurs", Ose). Sa musique est un soleil ("Du soleil comme s'il en pleuvait", Mon eldorado). Ses textes sont des hymnes au monde, à cette Afrique qui lui est si proche, à ces montagnes d'Asie, d'Amérique latine. Les images de ses clips sont des hymnes aux paysages, à la danse, aux enfants qui rient. Le regard de Yannick Noah reste celui d'un enfant qui s'émerveille devant tant de couleurs (Appel des Enfants pour l'Environnement). Yannick Noah n'aime pas le mensonge ("On voit les images, on les chasse, pour que tout brille à la surface", Là). Les Français (aussi bien "ceux qui comme moi sont nés en France" que "tous les gens qui sont obligés de prouver au quotidien qu'ils sont français") comprennent que cet homme là est authentique. C'est pourquoi ils le plébiscitent.
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