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Page 1 sur 7 5 septembre 2010: Elif Kayi sonde la France A voir ces enfants multicolores tous vêtus de bleu entonner la Marseillaise à l'aube d'un nouveau cycle Blanc de l'Equipe de France de football, on aurait pu croire revenu le rêve de 98. Mais voilà, une heure et demie plus tard, le cauchemar était toujours là... (98, citation EK) « Ah on était fier de cette équipe qui ne ressemblait à aucune autre, et surtout pas à celle de nos voisins européens. On méprisait les commentaires des journalistes étrangers notamment allemands qui ricanaient jalousement en parlant de l' "autre équipe africaine". On était en avance sur notre temps, on était les champions du monde de la société moderne et du discours post-assimilationniste. On en profitait pour faire table rase sur toutes ces discussions stériles autour d'une intégration ethnico-religieuse en rade et d'un ascenseur social en panne. » Elif Kayi est la jeune journaliste qui en 2009 a brillamment remporté, devant 600 autres candidats âgés de 17 à 35 ans, l'European Young Journalist Award, organisé et offert par la Commission Européenne, pour son plaidoyer "Pitié, arrêtez de nous parler de la Turquie ! ". Elle est née en France d'une famille turque, a fait des études de langues étrangères appliquées à Lyon ainsi qu'un master d'études européennes à l'Université de Hambourg et travaille comme journaliste free lance depuis 2006, en France, en Allemagne, en Roumanie, en Italie. Elle navigue aujourd'hui entre Montpellier et Istanbul. Elle est une observatrice attentive de la France, son immigration, son islam, son identité, son équipe de foot. (2010, citation EK) « 2010 sonne notre glas. La machine s'est grippée. On souffre car c'est le miroir qu'on a dessiné de notre société qui s'est brisé. Aïe aïe aïe, sept ans de malheur ! On nous ressert le thème des valeurs, de l'identité, du communautarisme. Il est même question de racisme anti-blanc dans des cités. L'origine sociale qui détermine aussi les affinités. Les joueurs venus des cités dites sensibles qui se serreraient les coudes. Et la conclusion d'Alain Finkielkraut avec "l'esprit de la cité (qui) se laisse dévorer par l'esprit des cités". Mais ce n'est pas le prétendu échec de l'intégration soi-disant incarné aujourd'hui par l'esprit de l'équipe de France qui nous dérange vraiment. Au fond, c'est notre pays, en panne, à la recherche chimérique d'une identité improbable qui nous fait si mal. » Elif ressemble aux jeunes Européens d'aujourd'hui, mobiles et curieux de ce qui se passe ailleurs. Par son écriture décalée, elle fait passer avec efficacité son message. Elle manie avec perfection l'art de l'ironie, dans la presse allemande, française, sur Mediapart où elle tient son blog Aux carrefours de l'Orient, sur cafebabel... Le Club de la Presse de Marseille Provence vient de lui attribuer le Prix de la Parole Libre pour "Tout Turc ne naît pas soldat". Pour "On ne leur pardonnera jamais !" , son article sur la France et son football, un internaute lui a adressé ce compliment "Elif, là tu touches au génial !". « Perdre dans un dédale de questionnements existentiels, en proie à toutes sortes de fantasmes pour se convaincre de son existence. Avec une équipe gagnante, on pouvait avoir trouvé un mirage identitaire auquel se raccrocher. Mais l'équipe de France n'a pas continué à jouer le jeu qu'on lui demandait. Pas le jeu sur le terrain. Mais celui qui consistait à nous faire rêver et par-là même notre vie. Le discrédit qu'on lui reproche, c'est le nôtre. Nous ne rêvons plus. Nous sommes simplement, ennuyeusement, mornement, banalement, tristement, immanquablement, froidement, cruellement, violemment, insolemment Français. » 29 août 2010: Simona Jovic, l'âme rom "Je dis mes peines en chantant car chanter c'est pleurer. Je dis mes joies en dansant car danser c'est rire." (chant traditionnel gitan) Depuis le XVème siècle en France, les Tsiganes sont pourchassés. "Ils ont emmené les Roms. Ils ont séparé les enfants des mères, les femmes des hommes. Ils ont emmené les Roms." (chant traditionnel rom) Et en 2010 encore ! "Ils ont piétiné le violon tsigane. Il est resté de la cendre tsigane le feu la fumée montant au ciel". Dans la longue tradition rom, les femmes chantent les joies, les peines, les hommes dansent, claquant des doigts, des mains sur les jambes, des jambes sur le sol, au rythme lent puis rapide des violons. Simona Jovic est Présidente de l'Association Internationale Humanitaire et culturelle Roms du monde. Mais elle est d'abord danseuse et chanteuse. La Tsigane a dansé tout l'été: le 21 juin, sur l'Esplanade du Trocadéro avec le groupe libanais Dabket Loubnane, le 26 juin à la Nuit d'Orient 93 avec Orfuzz (danse et musique de Turquie), le 29 juin à la Grande Comédie de Paris accompagnée à la guitare par Malik Ati et aux percussions par Karim Kasmi, le 5 juillet à l'Atelier International de danses roms à Paris... Simona Jovic donne des cours de danse rom au Marais (Paris) et anime des stages un peu partout en France et dans le monde (en Inde, au Mexique, au Brésil, au Canada, en Italie, en Belgique,...). De père rom serbe et de mère tchèque, elle est habituée depuis toujours au mouvement, aux langues et cultures différentes, elle a commencé à chanter dés l'âge de 5 ans, elle a été la première, et peut-être la seule, à danser dans l'enceinte du Conseil de l'Europe, devant l'assemblée réunie. Simona touche un peu à toutes les musiques et danses qui vont du Rajasthan aux Balkans en passant par l'Afghanistan et la Mer Noire. Le week-end prochain (3 et 4 septembre 2010), Simona Jovic sera à Argein dans l'Ariège. Argein, 150 habitants en temps normal, plus de 2000 personnes pendant le festival Kumpania, rencontre internationale des cultures balkaniques. Simona Jovic a passé son enfance entre le Monténégro et le Danube. Elle vit maintenant à Paris mais en vraie nomade parcourt le monde avec son art. A Argein, elle va animer un stage de danse rom et proposer à ses élèves d'un jour de vibrer à l'âme des Balkans. Elle adore ce festival : "à ne pas manquer, dans la nature, simple, festif, pas cher, avec une super programmation", dit l'artiste. La seule chose qui reste au peuple rom, c'est la danse. Relire également sur entre-gens: La une du 21 février 2010: Tony Gatlif et les oubliés de la mémoire, et La une du 14 février 2010: Rona Hartner, Tous les chemins mènent aux Roms 22 aoüt 2010: Medina Koné boubouphile Née à Saint-Denis (93), Medina Koné était une enfant espiègle, curieuse de tout, comique et elle n'a pas changé. Elle écoutait Fela, Youssou N'Dour aussi bien que Dorothée ou... Sheila. Fille de la banlieue parisienne, elle a tout appris de la rue. Elle était la première fille, dans le rap français, dit-elle, dans les années 90. Fille de l'Afrique, elle a tout appris de sa mère sénégalaise. Fille d'aujourd'hui, elle a fait le tour de tout ce qui bouge dans le monde des médias des années 2000, radios et télé. Mais en août 2010, c'est sur www.missboubou.com qu'on la retrouve. Lancé le 20 août, le site des fans de la mode made in Africa accueille avec elle sa première invitée. Medina Koné, l'animatrice télé (France Ô), y raconte sa maman qui avait toujours des malles et des armoires remplies de tenues de toutes sortes. "A chaque fois que (ma mère) ouvrait une malle, c'était la fête". Sa mère lui confectionnait des tenues originales avec sa machine à coudre en ajoutant toujours le petit plus qui faisait qu'elle sortait du lot. Medina se souvient de Opa, le tailleur de la famille qui cousait des tenues au Foyer Sonacotra de la porte de Paris. Opa, c'est LE roi du boubou, "le maître de la coupe qui tue, le compositeur de mes premiers émois en tenues africaines". Sur www.missboubou.com, Medina Koné vous dit tout sur la mode afro made in France ou made in Africa. Août 2010, Miss Boubou (le site) est lancé et bien lancé ! 15 aoüt 2010 : Dobet Gnahoré, et la nature dansa "C'est une jolie ville que Givet, propre, gracieuse, hospitalière" (Victor Hugo). "C'est une petite vile simple et accueillante. Les gens du Nord ont la chaleur dans le coeur. J'aimerais juste qu'il y ait un peu plus de rendez-vous culturels ouverts sur le monde, à l'international", dit Dobet Gnahoré, givetoise et ardennaise d'adoption. Dobet a créé l'association Libodou, ce qui en langue bété de Côte d'Ivoire signifie "créons ensemble". Libodou propose des stages de danse et d'initiation aux percussions. Elle aime revenir à Givet entre ses tournées mondiales, car Dobet Gnahoré est (les Givetois en ont-ils conscience ?) l'une des plus grandes chanteuses, musiciennes, danseuses africaines d'aujourd'hui. Dobet n'a que 27 ans mais déjà 100 vies de femme. Elle porte en elle tous les hommes, toutes les femmes, les enfants, les arbres, les animaux, toutes les langues, tous les rythmes, toutes les joies, toutes les peines et toutes les senteurs de l'Afrique, des Afriques qu'elle unit dans un même élan, une même énergie. Sur scène, Dobet Gnahoré danse à couper le souffle, chante à vous donner des frissons par la caresse de sa voix. Sur scène, Dobet invoque le ciel, appelle la lune et les étoiles. Elle chante pour les enfants d'Afrique qui sont l'avenir du continent. Son dernier album s'appelle Djekpa La You (Les enfants du monde), en hommage aux enfants des rues. Il a été composé sur les routes en Inde, en Afrique, avec Colin Laroche de Féline, son mari, guitariste. Colin est arrivé un jour avec son sac à dos en Côte d'Ivoire et s'est naturellement retrouvé au village d'artistes Ki-Yi de la Riviera 2 à Abidjan. Il y est resté trois ans et a épousé Dobet, la fille du fondateur de la communauté artistique. Depuis lors, ils "crèent ensemble". A l'âge de 12 ans, Dobet a demandé à son père de quitter l'école pour apprendre à Ki-Yi les arts de la scène et depuis 15 ans, elle joue, elle chante, elle danse. Elle suit la trace de son idole, Miriam Makeba. Miriam est partie en beauté en 2008. Dobet invoque le ciel et appelle son étoile. Elle rentre tout juste des Nuits d'Afrique à Montréal, passe par Paris pour faire quelques radios avant de partir pour l'Italie. Dobet Gnahoré est une fleur noire. Elle apporte de la joie. Quand elle passe, la nature danse. 8 août 2010: Myriam Soumaré dans la magie A Villiers-le-Bel, il y a cette cité au nom bizarre de Derrière les Murs de Monseigneur (DLM). Pour les habitants, DLM ça veut dire plutôt "dans la misère" pour ne pas employer d'autres mots vulgaires. Pour la police, DLM c'est une cible où le 18 février 2008, plus de 1000 agents ont investi à six heures du matin les appartements pour une opération d'une ampleur inégalée avec couverture médiatique. Mais depuis le 31 juillet 2010, DLM est dans la magie de Myriam, l'enfant du quartier, l'aide-puéricultrice. On savait à peine que depuis quatre ans, Myriam allait s'entraîner l'après-midi à Garges-Sarcelles, parce qu'à Villiers, on n'a même pas de club d'athlétisme. Myriam est rentrée de Barcelone avec un collier de bronze, d'argent et d'or.  Myriam Soumaré est championne d'Europe, la reine du sprint, le nouveau porte-drapeau de la France qui gagne, qui explose de joie, qui danse sur le podium. Myriam a épaté les Français par sa simplicité, sa spontanéité, son rire après avoir bluffé tout le monde par sa magistrale pointe de vitesse. Les médias viennent maintenant à Villiers-le-Bel pour Myriam. On entre dans l'appartement de cette belle famille d'origine mauritanienne désormais sans effraction. On découvre des gens ordinaires dans la vie et soudainement extraordinaires, par la magie d'un coach de Sarcelles, Olivier Darnal, ancien surveillant de collège à Villiers, et par celle d'un DTN, Ghani Yalouz, d'origine marocaine, ancien médaillé olympique de lutte. Les coachs ont su donner à Myriam et à toute l'équipe l'esprit et l'énergie de la gagne pour collecter au total un record de médailles (18 dont 8 en or). Et quelle équipe ! La diversité face à l'adversité. "Nos" banlieues ont des jambes en or. Nos banlieues ont surtout des valeurs. Derrière les murs de Monseigneur, il y a des enfants venus d'ailleurs ou bien nés ici, comme Myriam, née à Paris. Derrière les murs de Monseigneur, il y a le couloir n°8, le couloir de la victoire. Enveloppée de bleu, de blanc, de rouge, Myriam croque sa médaille en or. 1er août 2010: Féfé en fusion "Je ne veux pas que le fait d'être Noir ou de venir de banlieue me condamne à une fomre d'expression." Samuel Adebiyi, alias Feniksi, alias Féfé (son nom d'artiste), ou tout simplement Fé (pour les intimes), a changé de direction musicale en devenant trentenaire. On l'avait connu rappeur rebelle avec les Saïan Supa Crew. On le connaît aujourd'hui ouvert à toutes les influences: Fela par son père nigérian, Nougaro par sa terre, la France (il a grandi à Noisy-le-Sec), Ray Charles par respect, reggae sans frontière... Reconversion réussie pour le mitrailleur des mots qui a appris la mélodie en découvrant la guitare et a appris la vie en devenant père, la vraie vie, c'est-à-dire pas celle de l'ado qui proclame sa révolte en habitant chez ses parents, celle de l'homme qui se met à nu pour dire son bonheur d'être là, fusion de tous ceux qui l'ont précédé; "Toujours s'approprier ce que les autres accomplissent". Féfé sera sur scène samedi 7 aoüt 2010 au Festival Musiques Noires de Saint-Nazaire. http://www.musiquesdumonde.fr/Nouvel-article,1965 25 juillet 2010: Octave Klaba propose d'héberger la France Vous allez voir ce que vous allez voir ! annonçait le gouvernement. Le 14 juillet, la France allait enfin communiquer sur internet une belle image dans le monde avec son portail France.fr. Mais le feu d'artifice a fini en pétard mouillé. Le serveur d'hébergement a totalement planté dés les premiers instants. La France est momentanément indisponible ! En 1989, Octave Klaba a 14 ans lorsqu'il arrive en France, avec ses parents et toute la famille dans une vieille Trabant chargée de bagages. Il a beau avoir une nationalité française héritée de son grand-père, mineur de Bruay-en-Artois retourné en Pologne à la fin de la seconde guerre mondiale, il ne parle pas un mot de français et les premiers mois dans son collège de Flines-lez-Râches sont difficiles pour un garçon très doué en mathématiques mais relégué par sa méconnaissance de la langue. Octave est passionné d'informatique. Un parcours sans faute le mène à l'ICAM, l'Ecole d'ingénieurs de Lille. Tous ses loisirs, il les consacre à un site internet et crèe lui-même un serveur pour ne pas avoir à payer d'hébergement. En 1999, il crée OVH, ce qui pourrait vouloir dire "on vous héberge" ou bien "Oles Van Herman" (son pseudo sur les forums) ou bien encore "online virtual hosting" et propose un hébergement aux internautes. OVH est une entreprise familiale créée par Octave Klaba avec son père Henryk et son frère Miroslaw. Dix ans plus tard, OVH est leader en France et peut-être même en Europe avec 80000 serveurs, installés à Paris XIXème et dans une friche industrielle de Roubaix, dans 2200 baies réfroidies par échanges avec la nappé phréatique. L'entreprise s'est désormais élargie à une équipe de techniciens et ingénieurs, a créé des filiales dans plusieurs pays d'Europe, dont la Pologne. Octave aime à dire que chez OVH, "il y a toutes les nationalités, toutes les religions, toutes les couleurs". L'entreprise sponsorise le perchiste français Romain Mesnil, lâché par un grand équipementier sportif et en 2010... Octave Klaba entend parler de la débâcle de France.fr. OVH ne s'était pas positionnée sur l'appel d'offres de 1,6 million d'euros, peut-être un peu tétanisée par la peur de ce que cela pourrait engendrer, comme elle n'a pas suivi les offres de grandes entreprises. La philosophie d'OVH est plutôt d'offrir le meilleur prix au plus grand nombre d'internautes. Mais aujourd'hui, dit Octave Klaba, "il est important que France.fr soit hébergé en France par une entreprise française". Alors il vient de proposer un hébergement gratuit pendant un an et estime qu'ensuite, sans connaître précisément le cahier des charges, pour 10 000 euros par mois, il devrait être possible de gérer l'hébergement d'un tel portail "sans plantage". En 1989, c'était un adolescent qui était blessé par l'accueil méprisant du "petit Polonais" dans son collège du Nord. En 2010, c'est le chef d'entreprise qui propose d'héberger la France. La parabole est belle, non ? 18 juillet 2010: Mounia El Gharbouj découvreuse de talents Qu'est-ce qu'une ville nouvelle ? Une ville sans monument aux morts. Val-de-Reuil est la plus jeune ville de France. Son premier maire, Bernard Ansallem, a néanmoins tenu à ce que les habitants aient un lieu de mémoire et il a fait ériger, à l'entrée de la commune, le monument de la Paix, remarquable par sa qualité architecturale et paysagère entre ciel et terre. Bernard Ansallem est aujourd'hui président de la Fédération Française d'Athlétisme et sa concitoyenne Mounia El Gharbouj a un profond respect pour ce "maire fabuleux qui a toujours tenté d'élever les gens vers le haut", en permettant à la jeunesse locale d'accéder à la culture et au sport. "élever les gens vers le haut" Mounia est née dans un village marocain proche de Taza et est arrivée en Normandie à l'âge de deux ans. Elle remercie ses parents presque analphabètes et son maire de lui avoir ouvert le chemin de la connaissance. Grâce à eux, elle a pu découvrir la littérature française (Molière, Marivaux,..) mais aussi s'ouvrir à la culture arabo-musulmane (Averroès,...), si élevée, si humaniste mais si ignorée. "Comment peut-on, s'insurge-t-elle, nous réduire au rap et au football, nous qui sommes les héritiers d'une telle civilisation ?". Mounia a quitté Val-de-Reuil pour le Val-Fourré à Mantes-la-Jolie et elle travaille à Paris pour une société de production audiovisuelle. Dans son quartier, elle voit cette relégation, "comme si nous étions des Français de seconde zone". Alors elle s'est décidée à agir, à révéler les talents qu'elle voit autour d'elle, à montrer le véritable visage de cette "diversité" et elle a créé Melartistic, sans rechercher le moindre but lucratif, avec une visée totalement humaniste. Elle a conforté cette idée en rencontrant Saïd Bahij, "un homme tellement généreux et talentueux !", et surtout Mariame Bajjou, dont le talent l'a bluffée. L'artiste rennaise, originaire de Fés, peint de splendides tableaux, avec un sens infini du détail, pour représenter la magnifique architecture de la civilisation arabo-musulmane, des oeuvres colorées absolument superbes, mais ignorées par le public. "Serait-ce parce que l'artiste porte le hijab?" s'interroge Mounia, "je suis moi-même croyante et je respecte sa foi, mais j'aimerais que l'on juge son oeuvre pour elle-même et non sur l'apparence de l'artiste." Mounia espère que le site qu'elle a créé (www.melartistic.net), où elle présente le travail de Mariame Bajjou accueillera bientôt d'autres créateurs. Pour le moment, elle multiplie les contacts, élargit son carnet d'adresses, cherche des mécènes,... Mel sait pourquoi elle agit, pour que cette population issue de l'immigration ne soit plus "une génération sacrifiée, à qui on menace même de retirer la nationalité". Elle se souvient comment elle s'est construite et aimerait que les enfants du Val Fourré ou d'ailleurs puissent avoir cette même chance. Mounia est toujours positive, recherche l'excellence, voit l'homme dans son voisin, la femme dans sa voisine. Elle a lu "La domination masculine" de Bourdieu et elle pense que la femme détient la clé d'un avenir plus radieux. 11 juillet 2010 : Myriam Chetouane organise des soirées originales "Coupe du monde 2010... Anelka insulte Domenech, ou du moins on rapporte ses propos... "Va te faire enc..., fils de p... !" Qui veut sa peau? Qui est le traître de cette Coupe du monde ??? Serait-ce une invention créée de toutes pièces par Raymond Domenech, évincé de l'équipe de France ? Ne voulait-il pas partir en disant merde à tout le monde, et en mettant en scène un départ où il ne serait pas le seul lésé ? Peut-être est-ce la sulfureuse Zahia, pour se venger de cet acharnement médiatique, peut-être a t-elle voulu semer le trouble chez les Bleus ? Ribery ? Qui a eu tellement honte à cause de cette fameuse Zahia, il ne voulait pas avoir honte tout seul... Gourcuff? Qui a toujours voulu "pécho la meuf" à Anelka... Sarkozy? En baisse radicale dans les sondages qui veut trouver un bouc émissaire, se faire oublier... Et trouver pire que son "Casses toi pauvre con!". Roselyne Bachelot ? Pour faire oublier tous les vaccins qu'elle a achetés pour rien ! Zidane ? Parce qu'il veut toujours être le meilleur de tous les temps. Et surtout il voulait faire oublier son coup de boule. Evra ? Parce qu'il était pressé de rentrer chez lui, il faisait trop moche en Afrique du sud. Thierry Henry ? Car il était pas titulaire et faut pas charrier quand même, c'est grâce à sa main qu'ils avaient gagné ! Ben Arfa ? Parce qu'il y avait pas d'arabes dans la sélection..." (Myriam Chetouane)  "Qui est le traître ?" (photo Joel Reyrolle) Qui est le traître ? Myriam Chetouane invite à une murder party, dans un restaurant de Saint-Germain-des-Prés, le New Bagdad, le bar à chicha de Djamel Bouras, pour répondre à cette question qui angoisse tant les Français en ce début d'été. Cela se passera le 13 juillet 2010. Les 40 chanceux premiers inscrits (via son mur Facebook) recevront, autour d'un repas sympathique, des indices remis par la rusée et imaginative animatrice de la soirée et tenteront de découvrir le fameux coupable ! Myriam Chetouane n'en est pas à son coup d'essai. Elle sévit tous les mois dans un restaurant parisien, réunissant des personnes de tous horizons, de toutes origines et de tous les sexes. A 29 ans, l'originaire de Clichy-sous-Bois qui puise ses racines du côté de l'Algérie du grand-père a fait de la comédie son métier : elle a déjà interprété Juliette Greco et c'est vrai que son physique comme son tempérament ont quelque chose de la grande artiste germanopratine. Chaque matin quand elle se lève, Myriam s'invente de nouveaux scenarii. Sa carte de visite de scénariste commence à faire le tour de Paris. Ce qui l'inspire ? L'actu, les faits de société, les gens, "les filles et les garçons", vous et moi. Retenez bien ce nom : Myriam Chetouane. 4 juillet 2010: Sarah Nemtanu la sublime Deux millions de Français ont écouté avec émotion le Concerto opus 35 de Tchaïkovski. Beaucoup ont découvert cette oeuvre en ce jour dans une salle de cinéma, alors que l'écran déroulait le générique du film Le Concert. Ils ont cherché à savoir qui, au-delà de la comédienne Mélanie Laurent, pouvait bien en être la sublime interprète et ils ont pu découvrir Sarah Nemtanu.  Sarah, 29 ans, est d'origine roumaine. Dans sa famille, tout le monde joue au violon et son père, Vladimir, peut être fier du parcours déjà exemplaire de Sarah, aujourd'hui soliste de l'Orchestre National de France. Sarah Mentanu a quitté Bordeaux pour "monter à Paris" à l'âge de 15 ans et rejoindre le Conservatoire national supérieur de musique. Sarah donne de la fraîcheur à la musique classique qu'elle sait rendre populaire. En juin 2010, elle a sorti son premier album Gypsic, où la Franco-Roumaine met toute l'âme tsigane dans son violon. Cet été, elle se produit dans les festivals. Le 9 juillet 2010, on la retrouve au Festival Un été dans l'Allier, à Randan, dans le cadre bucolique de nos villages de France.
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