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Page 1 sur 12 26 décembre 2010: Yaman Okur, yeah man ! Pour muscler sans forcer presque toutes les parties du corps, les abdos, les bras, les épaules, les cuisses, la nuque... Rien de plus simple ! Faites le poirier sur la tête. Un tapis au sol ou un oreiller et faites l'équilibre juste sur la tête, les mains en appui de chaque côté. Pour un ventre plat et ferme, il n'y a pas de secrets, il faut travailler les abdos... Sur le dos, les pieds en l'air, mettez les mains derrière la tête et faites cinq séries de cinq pour commencer, en ramenant les coudes jusqu'aux genoux. Ce sont les conseils de Yaman Okur, finaliste de l'Incroyable talent 2010 (sur M6), franco-turc, danseur et chorégraphe à Cergy. Yaman le dit (interview de Katia Abdesselam, Femme actuelle): "Je danse tout le temps. J'écoute beaucoup de musique. Je suis toujours en mouvement. Ma pêche est mon fonds de commerce. Danser me permet de rester en forme. Depuis que je breake, je n'ai pas pris un gramme de graisse !". Et Yaman breake depuis longtemps. En 2001, il était déjà champion du monde avec son groupe Wanted. Il fait partie de la troupe de danseurs de son ami Kamel Ouali. Il a joué Le Roi Soleil. Il a dansé avec Madonna. Yaman voit son ostéopathe tous les jours. "Mon corps est mon principal outil de travail, j'en prends soin". Son quotidien, ce sont les hammams et les saunas. Yaman Okur, le Cergy-Pontain, est un habitué des plateaux de télévision. Ce 22 décembre, en finale de Incroyable Talent, il a superbement su présenter son art, son style très personnel. Yaman "Yamsonite" est un artiste sans égal, mais du côté de Cergy on dit aussi que "humainement il déchire". Un grand monsieur ! 19 décembre 2010: Sur le pont d'Avignon, l'on y tance Du côté des quartiers populaires du Vaucluse, tout le monde se souvient de Mohamed Jamjama. Avant sa mort en 2005, à l'âge de 38 ans, il avait été un juste, infatigable travailleur contre les discriminations. Son obsession: faire en sorte que la jeunesse des cités possède la culture et la conscience politique nécessaires pour faire aboutir son combat pour l'égalité et le droit. Lorsque Mohamed a rencontré Nadia, elle vivait dans le quartier de Fourchevieilles à Orange. A l'école et au collège, elle n'a jamais été une très bonne élève. A l'âge de 16 ans, elle a dû quitter le cursus scolaire, mariée par des parents qui craignaient pour l'avenir de leur fille. Mais c'est sur les conseils de Mohamed que Nadia El Bouroumi a repris des études en suivant des cours du soir pour passer le bac et s'inscrire en fac de droit en cursus normal. Elle a terminé major de sa promotion au concours d'avocat ! Nadia El Bouroumi: "Certains n'ont pas encore comprisEn mars 2008, Nadia El Bouroumi entre au conseil municipal d'Avignon dans l'opposition de gauche. Dés lors elle doit se confronter à l'arène politique. Elle s'étonne du ton cynique et méprisant avec lequel on s'adresse à elle. En décembre 2008, Mme Roig, maire d'Avignon, boucle le Conseil après vingt minutes à la suite d'une altercation avec elle. Elle parle de la jeune élue, par ailleurs mère de deux enfants, comme d'une "adolescente attardée". Février 2010, une jeune Avignonnaise voilée, Ilhem Moussaïd, figure sur la liste du NPA pour les élections régionales en PACA. Ilhem est très engagée depuis son adolescence dans son quartier pour l'aide aux devoirs dans une association locale de la jeunesse contre le racisme. La présence de la jeune musulmane sur cette liste suscite de vifs remous dans un parti qui défend une image populaire certes mais surtout féministe et laïque. Les vagues vont atteindre la France entière en plein débat sur l'identité nationale et le "voile intégral". L'avocate Nadia El Bouroumi, amie de la famille Moussaïd, prend la défense de la jeune militante. Décembre 2010, dans le hall du commissariat de police d'Avignon, Me El Bouroumi demande à assister un client gardé à vue. Les policiers le lui refusent et l'avocate bien évidemment s'en offusque. Le commandant de police signale l'incident par écrit: "Une femme particulièrement excitée s'adressait à l'adjointe de sécurité de façon extrêmement désobligeante, le verbe haut... l'accompagnant de gestes larges qui m'ont tout d'abord fait penser que cette personne était une mise en cause, sa gestuelle et son accent étant tout à fait semblables à celle des délinquants que nous avons l'habitude de côtoyer dans notre métier." Nadia El Bouroumi a été choquée mais pas étonnée par cette réaction policière : "Je crois que certains n'ont pas encore compris que l'accent des quartiers était devenu un accent au même titre que le corse et le marseillais. Ils ont du mal à comprendre que la France de la République est chantante. Mais je ne changerai pas. Simplement parce que le quartier, c'est une véritable force d'amour, de solidarité et surtout une rigolade permanente." 12 décembre 2010: Yahima Torres au coeur du racisme Il y a sept ans - elle avait alors 23 ans - la Havanaise s'installait à Paris pour un an ou deux tout au plus. Elle y est toujours. A Belleville, son quartier, elle a croisé le chemin d'Abdellatif Kechiche. "Très humain", le cinéaste, dit-elle de lui, "surtout avec les femmes". C'était en 2005. Trois ans plus tard, le réalisateur lui parle de son projet, la Vénus noire. Elle prend le rôle, une quinzaine de kilos pour pouvoir porter le personnage; elle apprend la danse tribale. Le rôle est violent et Yahima Torres l'interprète avec une force incroyable. Abdellatif Kechiche a un sixième sens pour détecter les talents. Avec lui, Yahima Torres a trouvé sa voie. Au fond d'elle-même, elle a toujours voulu être comédienne, mais un peu sans le savoir, jusqu'à cette rencontre presque improbable avec le cinéaste, assis à cette terrasse de Belleville. "Saartjie, c'était une artiste" dit Yahima à propos de la Vénus hottentote, "elle savait qu'elle pouvait faire de belles choses. Mais à cause de sa couleur, ses formes, son origine, elle n'a pas pu montrer ce qu'elle était vraiment". Après ce rôle, Yahima Torres a retrouvé ses longs cheveux bouclés, son grand sourire éclatant. La comédienne a été très marquée par cette expérience. En tant que femme, en tant que noire, "on ne sort pas indemne d'une telle histoire". Une histoire qui a plus de 200 ans, mais qui reste hélas d'actualité. Le racisme persiste encore. Malheureusement. Le film, actuellement en salle, en montre les racines profondes. 5 décembre 2010: Sihem Souid suspendue La loi du 13 juillet 1983 définit le devoir de réserve comme "l'obligation faite aux fonctionnaires à exprimer leurs opinions de façon prudente et mesurée, de manière à ce que l'extériorisation de leurs opinions, notamment politiques, soit conforme aux intérêts du service public et à la dignité des fonctions occupées". Petite question: est-ce que dénoncer le racisme dans son corps professionnel porte atteinte à celui-ci ? Depuis la publication le 14 octobre 2010 de son livre Omerta dans la police, Sihem Souid connait tous les soucis. Cette Française d'origine tunisienne, policière "par vocation", a raconté ce qu'elle rencontre chez ses collègues et supérieurs: le racisme, l'homophobie, le sexisme, la corruption. Dés le lendemain de la sortie du livre (Ed. du Cherche-Midi), elle a été convoquée au Tribunal correctionnel pour "violation du secret professionnel". En novembre, elle apprend sur un plateau de télévision que sa plainte pour discrimination déposée à la Halde a été rejetée. Le 1er décembre 2010, elle apprend sa suspension pour quatre mois des rangs de la police. La carrière policière de cette jeune femme de 29 ans, commencée par un viol, n'a jamais été un fleuve tranquille : le mépris, les agressions verbales permanentes ('Tu n'as qu'à appeler SOS journalistes !"). Elle est témoin quotidiennement du "racisme ordinaire" ("Tiens, encore un avion de nègres"), les humiliations lors des contrôles, comme cette Congolaise filmée nue dans une cellule. Son livre, Sihem Souid l'a écrit pour aider les victimes. Avant le livre, ses collègues disaient d'elle; "oui, mais toi, tu n'es pas comme les autres". Depuis sa publication, elle est redevenue une "sale arabe", une traître. A suspendre.
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