Entre-gens arrow Entre-gens arrow Au fond des urnes
Menu Principal
Entre-gens
Qui sommes-nous ?
Index
Entre nous
revue de presse
La une de la pluralité
Correspondances
Coups de pouce
Talents à découvrir
Passions à partager
Migrants pleins d'allant
Mots pour maux
Vivre autrement
Récits de vie
Interculturel
Une ville, des talents
Initiatives citoyennes
Fenêtres sur le monde
La Lettre
Portail
Liens
Calendrier
Nous contacter
Sondages
Pour vous, la danse orientale c'est...
  
Le portrait que vous avez préféré
  
Vous aimez les rencontrer sur entre-gens. Vos préférences :
  
Populaire
Connexion
Nom d'utilisateur

Mot de passe

Se souvenir de moi
Perdu votre mot de passe ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous
Syndication
Au fond des urnes Version imprimable Suggérer par mail
18-02-2010

Nous aurions aimé ne pas écrire cet article, ne pas parler de "candidats de la diversité", ne pas parler de "diversité" du tout, puisque la diversité est partout et "existe depuis la nuit des temps tout comme les mouvements migratoires", comme l'explique très justement notre éditorialiste Meryem Kaf. Nous aurions aimé que l'on demande à un acteur métis de jouer le rôle d'Alexandre Dumas, qu'un acteur arabe joue le rôle de Jésus, que l'on puisse représenter Adam et Eve avec une peau noire. Nous aurions aimé que Modibo Diarra n'ait pas été contraint de quitter la France où il était victime de discrimination pour s'installer aux Etats-Unis où il est devenu Directeur du Mars Exploration Program Education and Public Outreach (Programme Mars) à la NASA. Nous aurions aimé que cette belle phrase de l'Emir Abd el Kader nous guide aujourd'hui: "Ne demandez jamais quelle est l'origine d'un homme; interrogez plutôt sa vie, son courage, ses qualités et vous saurez qui il est." Nous aurions aimé ne jamais entendre cet élu de la région parisienne qui, en découvrant le nom d'Ali Soumaré aux élections régionales, a déclaré: "J'ai cru lire la composition de l'équipe réserve du PSG". Nous aurions aimé ne pas avoir à distinguer ici ces candidats de tous les autres, tant il devrait être normal que la classe politique corresponde à la sociologie du pays.

 Mais voilà... nous DEVONS le faire, nous devons parler d'eux aujourd'hui pour ne plus les différencier demain.

 Alain Dolium (MoDem) encourage les talents

 "Je suis une erreur sociologique, je ne devrais pas être là", dit Alain Dolium, tête de liste du MoDem aux élections régionales en Ile-de-France. "Pour moi, la non-égalité des chances est inacceptable et je voulais avoir des leviers importants pour agir" ajoute-t-il pour expliquer son engagement en politique. Jeune chef d'entreprise à la tête d'une start-up, il est un enfant de la banlieue parisienne (Malakoff). Sa mère aide-soignante guadeloupéenne l'a élevé seule. Alain Dolium n'a jamais connu son père qui a quitté le domicile conjugal à sa naissance. Au collège, en troisième, son professeur principal voulait l'orienter en BEP. Le jeune Alain a décidé de se battre contre ces processus de sélection arbitraires. "J'ai eu, dit-il, le dynamisme de celui qui, mal parti, cherche à redresser la barre". Après le lycée puis l'IUT, il réussit le concours de Sup de Co avant d'entamer une carrière dans des entreprises multinationales tout en montant des associations de soutien scolaire.

                      

Pourquoi le MoDem ? demande-t-on à celui qui a voté Jospin en 2002. Il répond qu'il a trouvé là "des gens qui sont ce qu'ils sont, qui ne jouent pas et qui ne (lui) ont pas demandé de jouer la comédie". Alain Dolium parle sans langue de bois. Il a même le sens de la formule que n'ont pas la plupart des "professionnels" de la politique. Dans sa campagne, il se prête aisément à l'exercice du speed dating politique dans les quartiers, il fait de l'emploi sa priorité, il rencontre des maraîchers, puis des médecins, il visite la pépinière d'entreprises de Montreuil : "Les entrepreneurs ont besoin de réponses concrètes, qu'on facilite l'accès des TPE/PME à la commande publique". Il veut lancer un programme "Embauche sans crainte". "La situation des Franciliens, je la vis" déclare-t-il à la presse qui se précipite pour écouter ce sémillant et séduisant quadragénaire. Du genre idéal, titre Libération, mais en le suivant dans sa campagne, on découvre un combattant : "Mon itinéraire de vie fait que je pense être formaté pour me battre".

 Ali Soumaré (PS) défend son identité plurielle

Une fan du Val d'Oise a écrit sur son mur Facebook: "Ali, on te soutient. Pas seulement parce que tu as grandi à nos côtés, mais parce que tu es fédérateur, que tu sais rassembler et apaiser. Ce sont des qualités essentielles pour exercer en politique". Sur son profil elle a écrit: "Yes we can".

En 2001, lorsqu'a été diffusé à la télévision le film Fatou la Malienne, Ali Soumaré avait alors 21 ans. Il a réagi comme beaucoup de franco-maliens à l'image tronquée et négative que l'on donnait d'eux. Animateur socio-culturel à Villiers-le-Bel, il prit alors une initiative pour mettre en valeur la culture d'origine de son père, émigré du Mali dans les années 60, employé à Roissy pour ravitailler les avions, et de sa mère, femme de ménage, venue par le regroupement familial. Il crée la cellule jeunesse du Haut Conseil des Maliens de France, précurseur de l'association Deuxième génération et du Forum de la Jeunesse aux Identités Multiples et issue des migrations (FOJIM) qu'il préside aujourd'hui.

                                 

Né à Montmorency, Ali Soumaré dit avoir eu une enfance humble mais heureuse dans sa famille malienne. Certes sa scolarité a été freinée par la non-maîtrise des codes dominants par ses parents, mais la vie associative et l'éducation populaire ont compensé. Depuis toujours Ali a voulu être animateur, à la fois très investi dans son quartier et dans la communauté franco-malienne. Avec le soutien de l'INJEP il crée le Forum de la jeunesse franco-africaine. Certains responsables institutionnels ne comprennent pas la démarche: "Vous vous sentez français ou africains ?". Ali répond déjà qu'on peut tout à fait être franco-africain sans être schizophrène. Pourquoi faudrait-il se déconnecter de son pays et de sa culture d'origine pour se sentir Français ? Le Forum a instauré le Peuplier à Palabres, permettant aux jeunes de s'exprimer. Ils sont nombreux à cette occasion à souligner cette fâcheuse tendance de l'orientation scolaire à diriger les jeunes franco-africains vers des filières professionnelles sans même leur demander leur avis. Ali Soumaré portait cette parole en direction des politiques, il a toujours eu un esprit de médiateur. C'est tout naturellement qu'il a fini par s'investir lui-même en politique dans la section socialiste de Villiers-le-Bel. Lors des événements que sa ville a connus en 2007, il est devenu tout aussi naturellement le porte-parole des familles et des jeunes. Il a assumé ce rôle avec beaucoup de tact, sans jamais perdre sa cordialité et son calme. Deux ans plus tard, le PS le sollicite pour conduire la liste du Val d'Oise aux élections régionales. Certains hiérarques du parti vont chercher en vain à l'en écarter. Chez les adversaires de l'UMP, on joue plutôt la carte du mépris, à l'image du maire de Franconville qui crut faire un bon mot en disant : "En voyant son nom, j'ai d'abord cru lire la composition de l'équipe réserve du PSG". Toujours aussi calme, Ali préfère ne pas relever et évoque les véritables problèmes des Franciliens. Apaiser et fédérer...

 Abdelhak Kachouri (PS), l'autre voi(e)x

Une tour sinistre à l'entrée de Saint-Ouen. C'est là qu'Abdelhak Kachouri a grandi. Ses parents y vivent toujours. Ils ont élevé neuf enfants dans un environnement violent (chômage, trafics, suicides,...). Ses copains sont soit morts soit en tôle. Et pourtant c'est à Saint-Ouen qu'Abdelhak, 32 ans, se sent chez lui. Quand il file de marché en marché pour se présenter aux électeurs de Seine Saint-Denis, le plus souvent en scooter, il est très à l'aise, le regard déterminé mais toujours souriant.

                                   

Abdelhak Kachouri a quitté le lycée à 16 ans mais s'est forgé sa personnalité et ses compétences dans les activités associatives. A Saint-Ouen, son dynamisme, ses interventions constructives dans les débats publics ont été vite repérés par les élus locaux. En 2004, il adhère au PS et dés l'année suivante, il est élu secrétaire de la section de Saint-Ouen. Aux élections municipales de 2008, il devient adjoint au maire en charge de la sécurité. Quand aujourd'hui son concurrent UMP propose de réserver des wagons pour femmes dans les transports en commun, il rétorque que la proposition est absurde, "la sécurité des Français ne passe pas par un enfermement de telle ou telle catégorie dans un pré carré vidéo-protégé". Il reproche au gouvernement d'avoir supprimé la police de proximité. A Saint-Ouen, le "grand frère" Abdelhak remonte souvent les bretelles aux jeunes qui font des bêtises.

Tête de liste pour les élections régionales en Seine Saint-Denis, son action est la même. Il montre aux plus jeunes qu'il n'y a pas de fatalité, que c'est possible. A 32 ans, il peut déjà témoigner d'un véritable "parcours républicain". Sur son blog, il dit ce qu'il souhaite pour la région, ce qu'il appelle un "bouclier social" face à une droite dure avec les faibles. Une tour sinistre à l'entrée de Saint-Ouen. Les habitants de Boute-en-Train se mettent à espérer.

 Jean-Paul Makengo (PS),  pour la dignité

Le 21 mars est la journée internationale de lutte contre le racisme. Le 21  mars 2008, le Conseil municipal de Toulouse a élu pour la première fois un Adjoint au Maire noir. Jean-Paul Makengo a depuis lors en charge la délégation de l'égalité et de la diversité, lui qui, natif du Congo, a rencontré si souvent le racisme ordinaire, quand en raison de sa couleur de peau il ne trouvait pas d'appartement et quand les employeurs fermaient leur porte le cantonnant aux petits boulots en dépit de ses diplômes.

                          

Né il y a 34 ans à Kinshasa, Jean-Paul Makengo débarque en France en 1991. Il achève des études universitaires de Sciences Politiques à Toulouse et adhère au Parti Socialiste. Il comprend vite le fonctionnement du parti et les mécanismes de gestion d'une ville de la dimension de "la ville rose". En vacances en RDC, son pays d'origine, il en profite pour prendre des contacts et réfléchit à des projets de coopération entre Toulouse et Kinshasa. Dans sa ville, l'Adjoint au Maire a créé un observatoire des discriminations, en partenariat avec le master "lutte contre les discriminations" de l'IEP de Toulouse; l'Observatoire est pensé comme un instrument de veille, un outil d'aide à la décision politique. En 2011, un Espace des diversités et de la laïcité regroupera l'ensemble des associations luttant contre les discriminations.

En mars 2010, Jean-Paul Makengo part à nouveau en campagne pour les régionales derrière Martin Malvy. Devant lui, sur la liste, il a laissé une place à une habitante presque anonyme du quartier de Bellefontaine, Fatima Ghelamallah; "Je suis fière d'être là, dit-elle, parlant des initiatives dans le quartier, comme l'école de la deuxième chance, qui "ont créé de l'espoir et de la dignité".

 Nadia Azoug (Europe Ecologie), pour agir

"Tout est trop lent. Il faut faire bouger cette machine bureaucratique" dit Nadia Azoug. La vie militante de la Pantinoise a réellement commencé, comme beaucoup de personnes de sa génération, avec la Marche pour l'Egalité et contre le Racisme de 1983. A Paris (11ème arrondissement) où elle a grandi, elle s'est investie très tôt dans les mouvements d'éducation populaire. Ce sont les enjeux de l'économie sociale et solidaire qui l'ont rapprochée de l'écologie. Prenant en charge la délégation de la jeunesse, l'élue verte (Adjointe au Maire de Pantin) sait de quoi elle parle. Enseignante, elle est chargée de l'apprentissage dans un IUT de Seine-et-Marne. Ouverte aux autres, elle a toujours été proche des luttes des travailleurs immigrés et des enjeux internationaux (Algérie, Palestine,...). Pour Nadia Azoug, l'engagement politique est l'aboutissement d'un acte généreux. Son maître-mot est "agir"... agir par, pour et avec tous.

                                      

Sur la liste de l'ex-communiste Stéphane Gatignon et de Nadia Azoug, on retrouve le fondateur d'AC le feu Ali Meziane mais aussi la plus jeune de la liste Kirushanti Sakhitasan, 23 ans. Cette jeune française, née au Sri Lanka, d'origine tamoule, vit à Bondy et fait des études médicales. Les Verts ont des couleurs en Seine Saint-Denis !

                                    

 Gülsen Yildirim (PS), d'un combat pour soi au combat pour les autres

Dans les années 60, afin de répondre à la demande de la filière bois, le Limousin s'est tourné vers les travailleurs turcs. C'est ainsi qu'une importante communauté s'est structurée dans cette région. Gülsen Yildirim est arrivée d'Anatolie à l'âge de deux ans, avec sa mère, son frère et sa soeur. Pour la petite fille, l'enfance a été plutôt douloureuse. Le père interdisait aux enfants de parler le français à la maison. A l'école, la fillette se trouvait seule aux récréations. Quand elle est devenue une jeune fille, les interdits traditionnels et l'emprise paternelle se sont encore renforcés: l'interdiction de sortir, de porter des jupes courtes. L'adolescente devait utiliser des subterfuges pour pouvoir sortir malgré tout. Avant le bac, le père a voulu la marier avec un cousin, comme sa soeur aînée. Il ne voulait pas qu'elle fasse des études alors que les profs lui conseillaient de s'inscrire en prépa. La jeune fille réussissait parfaitement ses études malgré les travaux qu'il fallait faire à la maison pour gagner un peu d'argent, comme trier les cerneaux de noix dans l'appartement familial. L'année du bac, Gülsen a refusé de partir au pays en été. Cela l'a sauvée d'un mariage forcé. Elle s'inscrit en fac à l'encontre de ses parents et est chaque année major de sa promotion. Elle soutient sa thèse avec les félicitations du jury. Jamais ses parents n'ont assisté à aucune cérémonie. Jamais ils n'ont témoigné de soutien ni de reconnaissance. Ce n'est qu'aujourd'hui, alors qu'elle est trentenaire, mère d'un petit garçon, maître de conférences à l'Université de Limoges, élue locale, reçue avec les honneurs au Consulat de Turquie, que ses parents lui disent enfin qu'ils sont fiers d'elle.

                                          

Ce qui pendant longtemps a été pour Gülsen Yildirim un fardeau, son origine et sa culture turques, elle le vit désormais comme une richesse, elle a appris deux langues, deux cultures, elle jongle entre les deux, elle a appris à se battre, à utiliser l'école comme ascenseur social. Elle a eu un parcours militant dans toute sa vie - contre l'autorité, contre les déterminismes. Elle a aujourd'hui un parcours militant avec le Parti Socialiste. Lorsqu'elle était enfant, elle suivait déjà à la télévision les débats politiques. A la maison, elle traduisait les discours de François Mitterrand. En 2005, elle a été nommée secrétaire fédérale à la citoyenneté et aux questions de société. Elle qui enseigne chaque jour le droit défend les valeurs républicaines : "la responsabilité vis-à-vis des autres et la solidarité que l'on peut attendre de la société". Ce sont ces valeurs qui la guident et pour lesquelles elle s'est engagée sur la liste socialiste de Haute-Vienne aux élections régionales.

 Safia Lebdi (Europe Ecologie), l'insoumise

L'une gouverne l'autre pas. L'une serait carriériste l'autre pas. Mais la réalité est sans doute un peu plus complexe. Fadela et Safia sont des compagnonnes de lutte depuis très longtemps, depuis leur jeunesse à Clermont-Ferrand. Elles ont ensemble fondé le mouvement Ni putes ni soumises. Ensemble elles ont organisé en 2003 la Marche des Femmes contre les ghettos et pour l'égalité, traversant la France de quartier en quartier. Ensemble elles ont écouté les paroles libérées des jeunes filles qui leur écrivaient ou venaient leur parler à la permanence. Ensemble elles ont rédigé le livre Respect. Safia en a été la plume qui mettait en forme la parole des filles et des garçons des cités.

                         

Et puis en 2007, Fadela Amara a dit oui à l'appel de Sarkozy. Safia ne l'a jamais accepté. Elle a quitté le mouvement NPNS et a créé les Insoumises.

Et puis en 2009, Safia Lebdi a dit oui à l'appel des Verts pour la campagne des régionales dans le Val d'Oise. La liste a été présentée à l'Institut du Monde Arabe. La campagne a été lancée par une visite du domaine de Villarceaux, la plus importante exploitation d'agriculture biologique du Val d'Oise. Il y a sept ans, Safia Lebdi disait: "Mon père était ouvrier, ma mère était femme de ménage. J'ai grandi dans un quartier d'immigrés à Clermont-Ferrand et pourtant je me sens complètement française. Ce sont les valeurs de la République qui me permettent de vivre librement, qui font qu'en ce moment je n'ai pas peur de dire ce que je dis." En 2010 elle affute ses arguments contre le gouvernement de son ex-amie Fadela. "Le gouvernement a depuis son entrée en fonction fait une politique allant à l'opposé de la lutte contre les discriminations raciales, sexuelles et territoriales." Elle considère que Dati, Yade, Amara sont "les alibis de couleur", s'indigne de "la terrible illusion". Elle sait que pour Europe Ecologie, elle est un symbole, "candidate enfin représentative de la richesse de notre pays". Elle dit "La secrétaire d'Etat ne pèse plus rien dans le gouvernement". Elle, par contre, pense peser aux prochaines élections régionales.

 Hamida Rezeg (UMP), la rescapée

Parler de Hamida Rezeg, c'est presque parler d'une rescapée tant ces derniers mois ont marqué le retour d'une vieille droite se disant "décomplexée", c'est-à-dire autorisée à tenir des propos xénophobes, et que décrit parfaitement bien une élue parisienne UMP que nos lecteurs connaissent déjà bien (notre article La marche des soeurs de février 2007). Voici ce qu'écrit Lynda Asmani en février 2010, après son éviction de la liste UMP de Paris aux élections régionales : "Les élections régionales étaient mon rendez-vous avec la République et la reconnaissance de ma famille politique. Mais...on ne fait pas partie de cette famille politique si l'on n'est pas bien né ou parrainé". Elle ajoute : "Quelle est donc cette injustice moderne et assumée par notre droite décomplexée qui, au moment du grand débat sur l'identité nationale, repousse sans vergogne ceux-là même qui ont fait sa crédibilité sur ces sujets?". Et pour ceux qui n'auraient pas bien compris, elle conclut sur la nécessité de "déringardiser cette vieille droite héritière pour une partie d'entre elle de certains atavismes de la France de Pétain" avec ses "conservatismes... qui n'acceptent pas la richesse de la diversité culturelle ". Elle se reproche à elle-même d'avoir eu "la naïveté de croire à la méritocratie réelle, celle de l'égalité des chances, celle de l'effort, du travail, de la constance et de la loyauté".

Pour les bien nés, les élections sont une formalité, il suffit d'être présentés devant des électeurs gagnés d'avance; pour les autres, les parrainés, il faut aller au front chercher un nouvel électorat et quand les ailes sont grillées, l'oiseau est abandonné.

                                     

Dans ce contexte, Hamida Rezeg a donc été très bien parrainée. C'est le maire de Meaux, Jean-François Copé, qui a demandé à son Adjointe (en charge de la petite enfance, de la famille et du secteur périscolaire) de "sauter dans le grand bain régional". Elle est même à la 2ème place de la liste UMP de Seine-et-Marne derrière Yves Jego, le maire de Montereau-Fault-Yonne. "C'est la première fois que je m'engage dans un scrutin de cette ampleur" confie l'enseignante de 37 ans et, dit-on, son mentor meldois suit sa campagne de très près. Au Quartier Beauval-Colbert à Meaux, on suit aussi de près la progression de celle qui, dans le sillage de Génération France, fait son apprentissage en politique. Le 10 décembre 2009, le Club présidé par Copé organisait un débat sur le thème "Identité et diversité", avec plus de 1200 participants. On y a avancé l'idée d'un "Grenelle de l'égalité et de la diversité". Hamida Rezeg a fait part de son expérience de jeune femme noire impliquée dans la politique locale et sollicitée d'abord par ses compétences.

Au fond des urnes il y a de l'espoir mais aussi de l'amertume.

Lire également nos articles La marche des soeurs (février 2007),  Zou est d'avenir (février 2007), L'aminatttitude (juin 2007), La fête des pairs (juin 2007), Les candidats de la diversité (juin 2007), Liste d'attente (aoüt 2007), Madame sans gène (octobre 2007), Fiers de Fily (juin 2008), Osez la diversité ! (février 2008),  La diversité agissante (mai 2009), Discriminations (janvier 2010) ainsi que de nombreux portraits politiques dans La une de la pluralité (actualisation hebdomadaire depuis mars 2007).

< Précédent   Suivant >
Designed by Dolmenhir - Dessiné par Dolmenhir - Powered by Mambo - Motorisé par Mambo - Get Firefox