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05-11-2009

Dites le autour de vous. Un nouveau cinéma est né en 2009. Il met en scène, dans un langage de vérité, la jeunesse qu'il y a longtemps, dans les années 80, on appelait "beur(e)". Ce ne sont pas des films à message ou des documentaires misérabilistes ou pour faire peur, sur la banlieue. Ce sont des comédies (ou plus généralement des fictions) que l'on pourrait dire totalement françaises (ou belges, comme on le verra), c'est à dire de culture française (ou de culture belge), de la culture de 2009, qui parle  de la jeunesse d'aujourd'hui. Trois films plus que d'autres auront ainsi cette année retenu notre attention : Neuilly sa mère !, sorti début août, Le prophète, sorti fin août, et Les barons, sorti en novembre en Belgique. Dans chacun de ces films, un comédien crève l'écran : Sami Seghir (Neuilly...), Tahar Rahim (Le prophète), Nader Boussandel (Les barons). Et ça déchire, comme ils disent. Faites tourner ! D'ailleurs dans les cités, on ne parle plus maintenant des tournantes, on parle des tournages. Samy Seghir interprète cet adolescent maghrébin de Chalon-sur-Saône qui débarque à Neuilly-sur-Seine. Il y a deux ans, il avait déjà joué aux côtés de Gérard Depardieu et Nathalie Baye. Mais dans la cour de récréation, Sami est resté le même, avec ses meilleurs potes Hani, Alaissene, Bilal, D'Jims. Il a juste beaucoup plus d'amis sur Facebook et des jeunes filles de toute la France lui envoient des poèmes d'amour. (d'après l'article de Amélie de Menou, pour Gala)

 Sami, d'Auber à Neuilly

Au Lycée Le Corbusier, à Aubervilliers, un élève de seconde garde un souvenir magique de son dîner avec Eric Cantona, qui lui a été présenté par son épouse Rachida Brakni. Rachida est "d'origine algérienne", comme Sami (ou Samy). La comédienne a entouré l'adolescent de toute son affection maternelle pour lui expliquer le métier et le mettre en garde contre tous les risques. Le premier risque est de prendre la grosse tête.Sami Seghir n'a donc pas pris la grosse tête. Il est pourtant le héros du film (réalisé par Djamel Bensalah) Neuilly sa mère !  Samy Seghir interprète cet adolescent maghrébin de Chalon-sur-Saône qui débarque à Neuilly-sur-Seine.

                                          

Il y a deux ans, il avait déjà joué aux côtés de Gérard Depardieu et Nathalie Baye. Mais dans la cour de récréation, Sami est resté le même, avec ses meilleurs potes Hani, Alaissene, Bilal, D'Jims. Il a juste beaucoup plus d'amis sur Facebook et des jeunes filles de toute la France lui envoient des poèmes d'amour. (d'après l'article de Amélie de Menou, pour Gala).

 Tahar, de Belfort à Cannes

"C'est toi le nouveau ?". Ainsi commence l'histoire de Malik, qui débarque en prison. Malik, ce n'est pas un voyou fini, mais un type  qui  n'a pas eu le choix. Il entre en prison avec une idée en tête, en sortir moins con que lorsqu'il est rentré. La prison, c'est un combat permanent pour se faire respecter. "Tu parles avec les barbus, tu parles avec les Corses. Tu fais le grand écart, toi !". Malik parle avec tout le monde. C'est le personnage du film Le prophète, de Jacques Audiard, sorti en août 2009 sur les écrans français.

                              

"C'est toi le nouveau ?". Ainsi commence l'histoire de Tahar Rahim, qui débarque à Cannes. Tahar est venu, a vu, et est reparti aussi vite. Le Festival, c'est un monde extradimensionnel pour le jeune homme de 28 ans, né à Belfort dans une famille nombreuse d'origine algérienne. A 14 ans, à Belfort, Tahar allait au cinéma trois fois par semaine. Il dévorait les films américains. Le cinéma, c'est sa passion, en même temps que la natation, l'informatique. Le Belfortain est descendu dans le Sud, à Montpellier, pour suivre des études de cinéma. L'histoire est racontée dans Tahar, l'étudiant, son premier film. Après plusieurs expériences de comédien, il se retrouve sur le plateau de La Commune (série de Canal Plus). C'est là qu'en décembre 2007, il rencontre Jacques Audiard. Suit un casting, contre une quarantaine d'autres candidats. Tahar esr retenu. Il y voit une intervention divine, tellement le rôle qu'on lui propose est "génial" et avec "Jacques", le réalisateur préféré du jeune comédien ! Mais Dieu aide ceux qui travaillent, Tahar est un bosseur, il bosse son rôle comme personne ne peut l'imaginer. Tahar Rahim maîtrisera à la perfection le personnage de Malik  et les festivaliers de Cannes le reconnaîtront unanimement. Le nouveau est entré dans le monde des grands du cinéma.

 Nader, de Paris à Bruxelles

"Pour réussir, il faut quitter le quartier, mais on ne quitte pas le quartier, on s'en évade. Et pour s'évader, il faut courir. Et quand on court, on n'est plus un baron". Dans l'argot des quartiers de Bruxelles, le baron, c'est celui qui a une philosophie :  être le moins actif possible, "parce que chaque être humain naît avec un crédit de pas et chaque pas te rapproche de la mort". Pourtant, pour réussir, Nabil Ben Yadir n'a pas quitté son quartier. Le réalisateur du film  Les barons, trente ans, ex électro-mécanicien qui n'a jamais vraiment exercé, a simplement ouvert sa fenêtre et il a filmé sa rue. Il a fait un casting avec ses meilleurs potes. Il a engagé Nader qui a débarqué de Paris.

                                 

 Nader Boussandel a joué comme les autres presque son propre rôle, un baron qui a de l'ambition. Qui parle ? le comédien ou le personnage du film ? "Mon rêve c'est de faire rire les gens et d'en faire mon metier. Mais "blagueur", pour mon père, ce n'est pas un métier, ce n'est pas comme chauffeur de bus, un vrai métier, un métier avec des fiches de paie. En plus, monter sur scène, faire rire les gens en parlant de ta famille et de tes potes, ça se fait pas chez nous. Surtout aux yeux de Mounir, le vrai baron, le plus âgé d'entre nous, ma principale source d'inspiration, et aussi , le frère de la sublime Malika; chez nous, tu touche pas à la soeur de tes potes parce que c'est comme tes potes avec des cheveux longs". C'est du Jacques Brel version 2009, avec Malika interprétée par la délicieuse Amel (Amelle) Chahbi. Qu'est-ce qu'un bon film sinon celui d'une rencontre voulue par le destin entre un réalisateur, Nabil Ben Yadir, un comédien, Nader Boussandel, une comédienne Amel Chahbi, quelques potes, et un sujet qui parle aux gens, qui dit vrai, toute une jeunesse qui se reconnait derrière Les barons, et qui depuis le 4 novembre 2009 affluent dans les salles belges. Un film finalement 100 % belge, un film qui représente bien ce nouveau cinéma. Faites tourner !

                                                                                     GD

Et si vous voulez en savoir plus, Les barons sont sur Facebook, Amelle Chahbi est bien évidemment sur Entre-gens (la une de la pluralité, 18 septembre 2008), Rachida Brakni est bien entendu sur Entre-gens (les fleurs de mars, 26 mars 2009), Djamel Bensalah est forcément sur Entre-gens (Action !, juillet 2008), votre portail de portraits de la diversité.

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