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12-09-2009

"Ouf ! On y est, chères lectrices... ", annonce la directrice de la rédaction de New African Woman, Fériel Berraies Guigny, pour son édito du n°2 du magazine, paru au coeur de l'été, " Au menu, voici quelques unes de nos femmes les plus remarquables, le nec plus ultra en termes d'engagement et de popularité. L'Afrique, les Antilles, le monde arabe s'entremêlent dans un joyeux brassage des coeurs. Femmes de talent pour un engagement sans frontières". A peine Fériel avait-elle une nouvelle fois posé ses valises à Paris de retour de Tunisie que nous l'avons rencontrée pour vous.            

              

   Fériel Berraies Guigny (Crédit photo : Rim Temimi )

Elle nous a parlé de "son" magazine, le Naw (pour les intimes), avec la passion qui la caractérise, mais aussi d'elle-même, fille de ses parents adorés, épouse, maman, et de ses ambitions, pour elle-même et pour la femme africaine. Et en parcourant avec elle le n°2 du magazine, on peut croiser le chemin de Karine Le Marchand ou de Gladys Aîassa, et de bien d'autres femmes de talent, mais aussi d'hommes qui, à Paris font briller les femmes, comme les Turcs Muratt Atik et Cengiz Abazoglu. Vivement le prochain numéro !

(interview par Guy Didier pour Entre-gens)

GD : Le panafricanisme est une valeur montante. Comment expliquez-vous cela ?

FBG : C'est avant tout une valeur historique donc elle ne peut être « montante » ou « descendante » dans l'absolu. car on ne peut la figer en soi, disons qu'elle est fluctuante, qu'elle a eu ses espoirs, ses contrariétés, ses impasses, ses moments d'apogée et de périgée. Actuellement, c'est une valeur qui fluctue au gré des conjonctures politiques et économiques et je dirai même au gré des « modes ». Mais ce qu'il faut avant tout retenir, c'est que cela reste une valeur universelle, elle doit en tout cas le rester, car elle est unificatrice, pacificatrice, elle panse les blessures historiques et certains legs douloureux du colonialisme. Le panafricanisme c'est avant tout le pardon, le respect, la fraternité, une meilleure acceptation du partage et du rapprochement entre Africains.

GD : En même temps, on voit bien qu'il faut commencer par la culture, avant que cela ne devienne une réalité politique.

FBG : Les disparités économiques et sociales sont là, d'une Afrique à l'autre il n'y a pas les mêmes chances, ni les mêmes destins Ce qui nous rapproche alors ? C'est justement la culture, car c'est une valeur immuable qui n'a aucune couleur ou langue propre, elle parle à tous, elle amène la richesse de la diversité,

                                   

Du Nord au Sud, ou du Sud au Sud, c'est le lien entre les peuples d'un même continent. L'Afrique est plurielle et sa diversité culturelle est justement vécue comme un facteur de fierté.

GD : Comme on vient de le voir à Alger avec le Panaf.

La culture est la meilleure arme contre l'intolérance, le mépris ou la méconnaissance.  Que ce soit le FESMAN ou le Festival Panafricain d'Alger, le message d'humanité est le même «  soutenons nous dans ce monde qui va nous fondre dans l'anonymat capitaliste »,  «  apprenons de l'autre et de sa différence »,  « enrichissons nous au contact de cet autre si semblable» Oui, la Culture est une « arme » efficace à celui qui sait bien l'utiliser ! (sourires)

GD ; Est-ce que ce  sont les femmes qui vont faire l'Afrique de demain ? Vous le dites d'ailleurs dans votre édito.

FBG : Les femmes sont la relève de l'Afrique, leurs enfants aussi (cad les hommes), cher confrère nuance ! (sourires) il ne faudrait pas là m'accuser de féminisme exacerbé !
 Mais oui j'ajouterai  en effet qu'il existe toute une génération féminine qui fait et défait certains stéréotypes négatifs sur l'Afrique ; Oui, la femme africaine est loin de n'être qu'une victime de son histoire, c'est aussi une femme battante, une femme gagnante et ce depuis la nuit des temps. Les plus grandes reines de l'Antiquité  ont été africaines, de Cléopâtre à Saba à Elyssa, mais l'histoire contemporaine il est vrai, a été moins clémente à notre égard. Les religions nous ont quelque peu desservies, heureusement qu'il y a eu de grands hommes visionnaires qui ont su prévoir et  prévenir et nous comprendre,  comprendre que la Femme est avec un grand F : un véritable pilier de sa société, un socle inébranlable pour la famille mais aussi pour le progrès et le développement de sa société. Oui l'Afrique est femme et forte !

            
Mais ne nous cachons pas pour autant certaines vérités, il est vrai aussi, qu'il y a beaucoup de choses à faire en Afrique subsaharienne et même au Maghreb, l'égalité des sexes, les droits des femmes, la parité sont des variables encore « sauvages ». Il faut beaucoup de courage, de militantisme pour briser les tabous et la langue de bois, car même s'il y a dans certains pays des dispositifs juridiques garantissant certains de nos droits, de facto rien n'a changé.  Avec New AFrican Woman, justement on essaie de briser les tabous, de parler de ces sujets, de ces femmes admirables qui ont le courage de faire bouger les choses, d'affronter le regard et le choc des mentalités ! D'affronter certains systèmes politiques et sociétaux qui tentent de les faire taire.
Et c'est véritablement, ces femmes là qui font la nouvelle  Afrique !!!! Et j'en fais partie ! (sourires)

GD : Quel peut-être le rôle d'un magazine comme New African Woman ? Pour le moment, vous équilibrez habilement la politique (femmes d'influence) et le glamour. mais ne risquez-vous pas de vous essouffler assez vite, car après avoir cité Aminata Traoré, Wangari Maathai, ou même Louisa Hanoune en Algérie, qui restera-t-il ?

FBG : Entendons nous bien, mon magazine n'est pas un best seller des success stories africaines ! Non, loin de là! Et c'est pour cela que  je ne serai jamais ni à court d'idées, ni de personnalités féminines, même la petite vendeuse au marché qui fait du développement durable ou du recyclage de déchets et qui finance des microprojets pour sa communauté, et bien elle fera partie de nos rubriques ! On parlera également des femmes qui ont eu la chance d'accéder à des postes « plus visibles » mais ce qu'il ne faut pas oublier c'est que nous sommes le porte voix de toutes ces femmes admirables et pourtant invisibles, soit parce qu'elles ne s'expriment pas ou pas bien, soit parce qu'on choisit de les faire taire, ou qu'elles n'ont pas eu l'occasion de le faire, car nous n'existions pas auparavant. Oui là est notre vocation.

                  

 New African Woman, plus que d'être un magazine d'information général, est un panafricain féminin passionné et engagé, il sera là pour conseiller, écouter non pour donner des leçons, car nous avons l'humilité d'apprendre tous les jours, au contact de ces femmes.

GD: Où recrutez-vous vos collaboratrices ? Quels profils ? Plutôt afro-descendantes ?

FBG : Mes collaboratrices, c'est avant tout une histoire de coup de cœur et passion et d'engagement, c'est le premier test que je leur fais passer outre bien sûr le côté pro, elles ont toutes travaillé dans de grands groupes de presse, elles aiment l'Afrique et y ont soit vécu, ou y voyagent souvent. C'est important de connaître cette terre avant d'en parler, de comprendre son peuple, la Mama Africa sait reconnaitre ses enfants, quelle que soit la couleur, oui afrodescendantes et aussi afro aficionados !

GD : Qui êtes-vous, Fériel ? Je veux dire, vraiment, si on faisait un portrait intimiste de vous. Le petit portrait que nous avons fait de vous en octobre 2007 est toujours en ligne. Est-il toujours exact ? Comment expliquez-vous votre parcours qui aboutit à ce que vous faites aujourd'hui ? Est-ce un aboutissement justement ou avez-vous des ambitions supérieures ?

FBG : Je n'aime pas trop parler de moi  et je suis en retrait, même si dans le passé j'ai fait des métiers qui m'ont mise sur le devant de la scène ; qui je suis ? c'est difficile à dire, on continue d'être car l'on est en continuel changement et évolution, je suis touche à tout, je suis une passionnée, une grande idéaliste, un peu décalée pour mon temps, je suis une humaniste et une universaliste dans l'âme et j'essaye de rester fidèle à cette identité que j'ai construite à travers ma vie en suivant un papa diplomate.

             "je suis une grande idéaliste"

Aujourd'hui, je suis maman, je suis mariée et j'ai choisi dans mon union le métissage du cœur et celui de la géographie. Je crois beaucoup qu'il faut construire ces ponts entre les cultures et les religions, c'est le meilleur moyen de créer un monde uni dans sa diversité.

GD : Quel est votre rapport à Paris où vous vivez, à Hammamet, d'où vous venez je crois ? Votre rapport à vos parents, à la famille que vous avez fondée, à vos amis ?

FBG : Aïe c'est vraiment personnel ce genre de questions (rires) mais je n'ai rien à cacher, je suis une femme entière et transparente.
La France est mon dernier pays d'adoption je crois.  J'y vis depuis cinq ans. C'est vrai que l'on ne m'a pas fait de cadeau et j'ai fait mon parcours toute seule. J'ai dû me reconstruire sur le tard, perdre tous mes acquis et ce fut douloureux, mais c'était le prix à payer pour le choix du Cœur. J'ai oui, encore beaucoup d'ambition, j'aimerais qui sait un jour faire du journalisme télé, parler de tout ce que je sais, de tout ce que j'ai acquis au travers de mes différentes fonctions. Faire partager un peu tout ce que j'ai appris de toutes ces cultures.
J'appartiens à une nouvelle génération de « français » mais je ne veux pas être renvoyée à une communauté ou a une religion. Avant de venir en France, j'étais déjà  universelle, mélangée dans mon cœur et dans mes gènes, aujourd'hui je ne veux pas répondre à une statistique de la diversité.
Je suis Fériel, tunisienne et française, j'ai les deux nationalités dans le papier mais dans mon cœur, j'en suis plein d'autres. Je fais donc le lien entre la France et la Tunisie, et non, je suis de la capitale, je suis tunisoise, native de Tourbet el Bey la Medine.

GD : Vos parents ?

Mes parents ? Nous avons un rapport très fusionnel. Toutes ces années j'ai beaucoup suivi mon papa, je voulais suivre ses traces, ma carrière diplomatique a été interrompue mais je ne regrette pas, je commençais à ne plus respirer dans le fonctionnariat. Je suis un être entier et je ne pouvais supporter la hiérarchie, trop meneuse anti conventionnelle  et forte tête ( sourires)

         " que mes enfants n'oublient jamais d'où je viens"

Mes parents me manquent beaucoup, mais l'éloignement est le prix à payer pour conquérir ses rêves, j'essaye d'être présente et faire en sorte que mes enfants n'oublient jamais d'où leur maman vient, qu'ils aient cette double culture qui font leur richesse justement et qu'ils en soient fiers, cet été ils ont appris phonétiquement à compter en arabe jusqu'à dix et ils n'ont que deux ans et demi, c'était magique ! mais je regrette que mes parents ne les voient pas grandir, heureusement qu'on a trouvé la solution virtuelle de skype !!! géniale invention (sourires)

GD : Un message pour conclure ?

Oui, Guy, vous m'avez parlé de mes ambitions.  J'aspire à plus, je sais que j'ai tellement encore à apprendre mais aussi à donner !

(New African Woman est une publication du Groupe ic-publications.)

Portraits croisés sur New African Woman 2


 Karine Le Marchand, femme de son temps

Animatrice télé (TV5, France 2, France 3), compagne de Lilian Thuram, Karine Le Marchand est l'auteur de « Devenir heureux. Ces épreuves qui font notre force » (Calmann-Lévy, mai 2009)
Née à Nancy le 16 août 1968, d'un père burundais et d'une mère française, Karine Le Marchand fréquente le Conservatoire de la ville et pratique assidûment la flûte traversière et la harpe. A 18 ans, la jolie métisse, Bac C en poche, décide de monter à Paris. « Je suis arrivée à 17 ans et demi pour suivre des études de musique au Conservatoire, mais le hasard s'en est mêlé », explique-t-elle. Venue accompagner son petit ami de l'époque à un casting de l'agence Elite, elle est repérée par les responsables de l'agence. La voici donc mannequin sans l'avoir vraiment cherché. Lassée de la superficialité ambiante, elle revient vite à sa première passion, la musique.   

                                       

 « Mon rêve était de chanter, d'évoluer dans un univers musical. Pour gagner ma vie, je me suis mise à faire des voix off pour des publicités, des documentaires. Cette expérience m'a ensuite donné l'envie de faire de la radio. J'ai donc envoyé une maquette à RMC. De là, on m'a proposé de travailler pour TMC. C'est comme ça que je me suis retrouvé à la télé », explique-t-elle. (Article à suivre sur New African Woman 2)

 Gladys au pays des merveilles

Repérée à 16 ans dans le métro, Gladys Aïassa connaît le monde de la mode par cœur. Après plus de dix ans passés à arpenter les podiums pour des marques prestigieuses, elle fonde en 1995 sa propre agence de mannequins, Glady's Fashion, qu'elle rebaptise ensuite Models. En 1998, elle crée la première agence de relooking de l'agglomération lyonnaise. En 2000, elle développe l'agence de comédiens DGLP (Des gens pour la pub) et fournit des comédiens pour Louis la Brocante, Plus belle la vie... Mais Gladys n'en reste pas là.

                     

            (Gladys Aïassa et son associé Pascal Liennaz, source : lyonpeople.com)

En 2002, elle souhaite donner l'opportunité à certains mannequins d'avoir une expérience internationale, crée une agence à Lyon, implantée dans le 6ème arrondissement et composée d'une équipe  jeune et dynamique, puis à Villeurbanne, et enfin à Paris, autour de quatre secteurs d'activités : photos, enfants, défilés et people (Article à suivre sur New African Woman 2)


 Muratt Atik, l'homme de la nuit

Bachelier à 16 ans, Muratt Atik, jeune Turc, mène de front études de comédie au Conservatoire et jobs de nuit pour financer ses cours. Il commence comme serveur pour devenir 20 ans plus tard un businessman hors pair. Muratt impose son nom dans le monde du spectacle, un milieu où il  est difficile de se hisser au sommet. (2003 : producteur de spectacles glamour au Pink Paradise, avec 40 danseuses venues des quatre coins du monde ; 2006 : ouverture de la Pink School, qui accueille plus de 700 élèves par mois ; 2007 : ouverture du Byblos, à Porec, en Croatie, avec une capacité d'accueil de 10 000 personnes par nuit ; 2008 : Byblos Beach, puis rachat de l'Opéra de Zagreb pour en faire The Best, l'un des clubs les plus courus d'Europe).

                                                         

L'alchimiste de l'art et du spectacle a été élu en France personnalité de l'année 2007. (Article à suivre sur New African Woman 2)


 Cengiz Abazoglu, le créateur de la femme moderne et voyageuse


Le créateur turc Cengiz Abazoglu a inauguré les podiums parisiens en présentant la première collection Printemps / Eté 2010 dans la capitale mondiale du luxe. Une collection dédiée à une femme moderne, chic, voyageuse. La mer, source de son inspiration, décline ses eaux bleues, profondes, intenses, qui changent de nuances, au gré du temps ou de ses humeurs.

                                                   

Cengiz Abazoglu travaille les volumes et le mystère des formes. Les matières sont toujours précieuses et s'enroulent autour du corps, fluides comme l'eau. L'organza s'effeuille, le crêpe se drape, les soies se plissent, les mousselines s'impriment pour devenir optiques ou sauvages et les shantungs s'amusent en entrelacs tourmentés et jeux de rubans. Cocktails, grands soirs... tout est lumière de cristal et de verre. Un créateur qui promet... (Article à suivre sur New African Woman 2)

Septembre 2009

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