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La une de la pluralité (2008) Version imprimable Suggérer par mail
15-05-2008
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La une de la pluralité (2008)
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 26 avril 2008 : Adieu, "Papa" !, l'hommage de François Soudan à Elimane Fall

Elimane Fall est décédé le 25 avril 2008 à Paris, à l'âge de 53 ans, des suites d'un cancer foudroyant. (Celui que tous, à la rédaction de Jeune Afrique, L'intelligent, appelaient « Papa »...) était un professionnel comme on n'en fait plus, ou presque : amoureux des mots, attentif aux autres, paternel avec les jeunes confrères, imprégné jusqu'à la moelle de cette Afrique subsaharienne dont il sentait jour et nuit les pulsions et les soubresauts, les rumeurs du maquis et les coulisses des palais. Natif de Nioro du Rip, non loin de Kaolack, au Sénégal, au cœur de la région arachidière, le 12 février 1955, élève au lycée Gaston-Berger, Elimane Fall obtient en 1974 la bourse d'études que l'Ambassade de France à Dakar délivre aux lauréats du Concours général. Inscrit en classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand, à Paris, il se destine à l'École normale supérieure mais change d'avis au bout de trois ans. Il ne sera pas professeur de philosophie, même si de cette première tentation lui est resté un don inné de pédagogue - et une propension à la rêverie.

Diplômé du Centre de formation des journalistes de Paris, au sein d'une promotion (1981) dans laquelle figure, outre quelques noms connus du paysage médiatique français, un certain Cheikh Tidiane Gadio, actuel ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Elimane Fall commence sa carrière de journaliste par la radio. À Europe N° 1, il trie les dépêches et rédige des notes au fond du « backoffice ». Mais le démon de l'écriture, la vraie, est trop fort, tout comme la passion du continent qui est le sien.

En 1983, il entre à Jeune Afrique, dont il ne s'éloignera plus - si ce n'est pour une excursion de quelques années. Rédacteur en chef adjoint, il avait en charge la section Afrique subsaharienne de l'hebdomadaire, fonction qu'il exerçait avec compétence, minutie et dévouement. Il y a un peu plus d'un mois, lorsqu'il avait appris le cancer qui le frappait, Elimane avait confié son désarroi à son grand ami Cherif Elvalide Sèye, cofondateur du groupe Sud Communication et ancien conseiller de presse d'Abdoulaye Wade : « Ce n'est pas de mourir dont j'ai peur, puisque seul Dieu en décidera ; j'ai peur de ne plus pouvoir travailler. » Cette phrase, finalement, le décrit tout entier. À sa veuve Assita et à ses quatre fils, le groupe Jeune Afrique présente ses plus sincères condoléances. Adieu Papa wolof. Là-haut t'attendent Sennen Andriamirado, Siradiou Diallo et François Poli, auprès de qui tu as appris ce noble et dur métier de journaliste. Que la terre de tes ancêtres, là-bas du côté de Nioro où le Saloum flirte avec la Gambie, à moins que ce ne soit à Diourbel où plongent les racines de ta famille, que cette terre du Sénégal te soit légère...

 20 avril 2008 : Eva Doumbia

 

Eva Doumbia est franco-ivoirienne, c'est à dire que son père est ivoirien et sa mère française. Elle a effectué des études de Lettres et de Théâtre à l'Université de Provence avant d'intégrer l'Unité Nomade de Formation à la mise en scène. Elle a créé en 1999 à Marseille la Compagnie La Part du Pauvre. Aujourd'hui, elle mène une activité croisée en France et en Afrique : des ateliers de formation en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso, au Niger, des résidences d'artistes au Niger et au Burkina.

Eva Doumbia vient de mettre en scène Exils 4 qu'elle présente aux Rencontres de la Villette du 23 au 27 avril 2008. La pièce a été écrite par un auteur burkinabé, Aristide Tarnagda. Ce très beau texte interroge la culture métisse. La chorégraphie hip hop de Sabine Samba apporte la touche supplémentaire d'un spectacle à découvrir absolument. La mise en scène d'Eva Doumbia est simple : une chaise à barreaux, une valise à roulettes, une bassine pleine de mousse. Elle est aussi extraordinairement efficace, propre à faire vaciller les certitudes d'une France gangrénée par des décennies de propos racistes et de disqualification des émigrés.

Exils 4 nous aide à changer de regard. C'est une belle contribution pour construire enfin cette société métissée qui n'a plus rien à voir avec la France des années 60.

14 avril 2008 : Le Printemps des Poètes aves Tanella Boni

 "Métisse ta toile aux couleurs du monde ! Métisse le monde aux nuances plurielles !" (Patrick Aubert, postier du bureau de Pigalle, Paris)

 "L'Arbre est un Je autre que moi qui n'ai de jeu que dans l'émoi" (Claude Albarède)

 "Qu'importe le temps la ressemblance le sourire au fond des larmes L'étranger a toujours un ciel froissé au fond des yeux" (Tahar Ben Jelloun)

 "Etre cultivé aujourd'hui, c'est admettre jusqu'à sa propre création la culture des autres, c'est même au besoin se mêler à elle et la mêler à soi" (Jacques Lacarrière)

 Pour le Printemps des Poètes 2008, la poétesse ivoirienne Tanella Boni sera à Paris le 14 avril pour une lecture - rencontre à l'Hôtel Claret, 44 boulevard de Bercy, Paris 12ème.

  6 avril 2008 : La beauté crue de Isabel Lunkembisa

"J'apprécie la sincérité, l'ouverture d'esprit, la beauté de la diversité. Je déteste l'ignorance, le racisme". Isabel Lunkembisa, qui a quitté l'Angola lorsqu'elle était enfant, vit en Suisse. Dans Beauté crue (Cruda Belleza), une chorégraphie de Tiziana Arnaboldi, la danseuse raconte sa vie. A 32 ans aujourd'hui, elle n'a d'yeux que pour la danse qu'elle a découvert à l'âge de 4 ans. Sa danse est un langage qui lui permet de communiquer avec l'Autre. Elle pratique la danse africaine, le hip hop et depuis 2005, la danse contemporaine, en fusionnant les styles. Depuis peu, elle travaille dans le domaine de la danse thérapeutique. Elle veut démontrer que les personnes malades peuvent danser, parce que la danse touche la partie "saine" qui est en chacun de nous. (d'après Médiatropiques, voir Portail)


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