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Page 8 sur 11 23 mai 2008 : Guem, l'homme qui fait danser ses doigts Longtemps, la percussion a été reléguée en arrière de la scène, comme un accompagnement. Guem est l'homme qui a fait de la percussion une musique à part entière, qui l'a mise sur le devant de la scène et qui en a fait l'instrument du dialogue des cultures. "Le rythme, c'est la vie et la percussion, c'est le corps", et cela est universel. Les racines mêmes de Guem sont l'histoire d'une rencontre. Né à Batna en Algérie, descendant d'esclaves nigériens, il est arrivé en France à l'âge de 16 ans dans les années 60 pour faire une carrière de footballeur professionnel au Red Star. Mais la passion de la percussion l'a rattrapé et il la transmet depuis 35 ans maintenant.  Sur scène, Guem a une présence fabuleuse. Ses doigts se mettent à danser. Ses mains d'or caressent le djembé pour lui donner vie. Il en joue comme d'un violoncelle, "avec plus de poigne dans l'approche". Son corps tout entier s'irrigue du rythme qui va crescendo. Le regard lui-même entre en transe, captant celui des spectateurs assis. Un spectateur se lève - le plus souvent une spectatrice, puis un(e) puis deux, puis toute la salle est dans le rythme, et du plus jeune au plus vieux, de l'étudiante au cadre supérieur, blancs ou noirs ou métisses, ce sont des dizaines, des centaines parfois, de corps qui fusionnent avec Guem et ses musiciens d'un soir. Ce 23 mai, Guem était avec Akacombé Duo, les percussionnistes locaux, et avec Monsif, en parrain de la soirée. Guem était à Laxou (Meurthe-et-Moselle) à l'invitation de la Ville ("la Mairie"). Une soirée inoubliable ! 17 mai 2008 : Le Cri de Nacera et Dalila Belaza Nacera Belaza a ouvert les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint-Denis avec le Cri. Enfant (arrivée en France en venant de Médéa, Algérie, à l'âge de 5 ans), Nacera s'est vue interdire la danse que la mentalité familiale assimilait à la séduction et donc à la perdition.Mais l'envie de danser était la plus forte. Autodidacte, elle a appris à explorer toutes les zones de son corps, à épurer chaque geste. Loin de la couper de la foi musulmane, la danse lui a ouvert la voie à une foi vive et ouverte sur le monde, comme un lien aux autres et à la vie. Dans Le Cri, qui est sa onzième création depuis ses débuts en 1987, elle danse avec sa soeur Dalila. Le Cri a germé en Algérie au cours de l'été 2007 et il a mûri en France en 2008. Le Cri commence par un soupir. L'âme pénètre le corps. Nacera et Dalila, ancrées dans le sol, ne bougent pas. "Le cri, c'est lorsque l'ancrage ne cède pas". Nacera Belaza, l'autodidacte de la danse contemporaine, écrit aussi, sur "le corps au Maghreb et dans l'islam". Dans sa danse, les gestes sont des mots pour dire ce rapport au corps que, depuis son enfance, Nacera Belaza interroge dans sa recherche permanente d'un "équilibre de soi". Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint-Denis, du 15 mai au 18 juin 2008 : durant trois semaines, 23 compagnies venues de 16 pays présentent leurs créations dans dix lieux différents du département pour cette 7ème édition des Rencontres 10 mai 2008: Spôjmaï Zariâb Son prénom signifie "pleine lune". Spôjmaï Zariâb vit à Paris avec son mari Rahnaward - qui l'a rejointe en exil en 1994 - et ses trois filles - la plus jeune est née en France. Elle est elle-même née en 1949 à Kaboul. C'est à son père, antiquaire, qu'elle doit son amour de la littérature. Il avait une grande fascination pour le côté héroïque de la France sous l'occupation nazie. Quand elle a eu six ans, elle a été inscrite au lycée franco-afghan de jeunes filles de Malalaï à Kaboul. Si le lycée franco-afghan de garçons de Kaboul (Esteqlal) a été créé en 1923, il a fallu attendre 1950 pour que puisse ouvrir Malalaï, le lycée de filles. Les deux lycées ont formé plusieurs générations de l'élité afghane avant d'être "défrancisés" après l'invasion soviétique. Le régime des talibans a ensuite fermé le lycée de filles et profondément "islamisé" le lycée de garçons. Les deux lycées ont été réouverts en 2002. Spôjmaï Zariâb a eu le privilège de grandir sous un régime libéral. En 1959, elle avait dix ans quand le port obligatoire du voile a été aboli. Elle fait partie de la première génération afghane qui n'a pas eu à porter la burqa. Les femmes ont obtenu le droit de vote en 1964. Elles pouvaient s'inscrire à l'Université, travailler. Spôjmaï a enseigné pendant 17 ans le français à Kaboul et travaillait comme interprète-traductrice pour l'Ambassade de France. En 1990, quand les bombardements répétés ont mis sa vie et celle de ses deux filles en danger, elles se sont installées à Montpellier. Lectrice vorace, c'est tout naturellement qu'elle a commencé elle-même à écrire. Elle a eu la chance de grandir dans une période où la littérature du monde entier était disponible à Kaboul. Elle a dévoré tous les grands auteurs français: Molière, Balzac, Lamartine, Victor Hugo, Proust, Sartre... Spôjmaï Zariâb a commencé à écrire à l'âge de 17 ans. Elle écrit principalement des nouvelles, un genre qui lui convient bien. Bien que ses nouvelles tournent autour des thèmes de la guerre, de la condition féminine, son véritable engagement est celui des valeurs de l'universel et de l'humain. Articles en lien : Le courrier de l'UNESCO, mars 2001 et Le courrier de l'UNESCO, février 2008 Lisez également toutes nos archives depuis mars 2007 3 mai 2008 : Youssoufou Abdoul Baki Il est le nouveau président de la Cé (Confédération étudiante), syndicat étudiant né en 2003 et associé à la CFDT depuis 2004. Etudiant à Limoges, Youssoufou Abdoul Baki est élu au CNESER (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche). Avoir 20 ans en 2008, c'est pour lui ne pas accepter qu'on nous dise qu'il n'y a rien à faire de plus ou de différent de ce qui a déjà été fait, "même s'il faut s'entendre dire par ceux qui ont les réseaux, la puissance des moyens: mais pour qui il (elle) se prend celui-là (celle-là)". Youssoufou n'oublie pas non plus le Niger de ses racines familiales puisqu'il est également investi dans l'action "Jeunes Solidaires contre le Désert", qui apporte un appui aux agriculteurs de la région de Guidiguir.
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