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Page 7 sur 11 22 juin 2008 : Yassine Belattar, fan de Coluche Il est né en 1982 à Conflans Sainte-Honorine. Il a grandi à L'Etang-la-Ville, banlieue "chic". Mohamed Belattar, son père, chauffeur de taxi, est arrivé du Maroc dans les années 70 pour entrer chez Simca à Conflans dans les années 70, tenait à ce que ses enfants grandissent au milieu des Français : "Si tu veux voir des Marocains, tu vas au bled". Yassine Belattar, le fils, est aujourd'hui le porte-voix de ces mêmes cités. Yassine est entré tout petit à la radio. A dix ans, il causait déjà dans le poste sur une petite antenne locale. A vingt ans, il envoie des cassettes à des radios parisiennes et, à force d'insister, il finit par entrer à Générations 88.2. Il y est toujours. En novembre 2005, il accueille les auditeurs en disant : "Emeutier, émeutière, pense à ta mère". Aujourd'hui, son jingle est : "Cartes d'identité, cartes de séjour, bonjour !". Cent mille auditeurs l'écoutent tous les matins. Il n'est pas seulement écouté, mais il est respecté. Son humour est une arme. En 2003, il en a fait un spectacle : "Cécilia XXL". En 2008, Yassine Belattar prépare un documentaire sur les émeutes de Villiers-le-Bel : "Souriez, vous êtes Villiers !". Lorsqu'on lui demande qui il est, il parle de son grand-père, l'épicier raconteur d'histoires sur la place Djamaa-el-Fna à Marrakech, qui a combattu dix-sept ans dans l'armée française, de son grand-oncle tué par les Allemands, d'un autre qui a été fait prisonnier. Yassine Belattar a la certitude d'être français. (d'après l'article de Luc Bronner, Le Monde du 19 juin 2008, et surtout l'original, le portrait par Stéphanie Binet, dans Libération du 12 août 2006) 15 juin 2008 : Assia Djebar, porte-plume des femmes d'Algérie Le Centre Culturel International de Cerisy accueille du 23 au 30 juin 2008 un colloque consacré à l'écrivaine algérienne Assia Djebar, avec la participation de l'auteur de Nulle part dans la maison de mon père (Fayard). De son Algérie natale à New-York où elle enseigne aujourd'hui, Fatma-Zohra Imalhayene - son nom de naisance (en 1936 à Cherchel) - a construit une brillante carrière d'écrivain de langue française, entamée en 1957 avec La Soif. Assia Djebar, dans son oeuvre, a raconté la présence des femmes dans la guerre d'indépendance. C'est à Paris qu'elle était installée lorsqu'elle a publié Femmes d'Alger dans leur appartement. C'est à Montpellier qu'elle a obtenu son Doctorat de Lettres. L'Académie Française l'a accueillie en son sein en 2005. Elle est la cinquième femme à y siéger depuis l'élection de Marguerité Yourcenar en 1981 et la seconde personnalité africaine après Léopold Sedar Senghor en 1983. 10 juin 2008 : Serge Aimé Coulibaly, le chti burkinabé Babemba Traoré était le dernier grand roi mandingue avant la colonisation de ce qui est aujourd'hui le Mali. Quand les troupes coloniales françaises se sont emparées du pays, Babemba s'est suicidé en disant que la mort vaut mieux que la honte. Babemba est le nom d'une création chorégraphique qui sera présentée au Tarmac à la Villette du 27 juin au 19 juillet 2008. Son auteur : Serge Aimé Coulibaly. La danse de S.A. Coulibaly, chorégraphe d'origine burkinabé né en 1972 à Bobo Dioulasso, révèle une Afrique en mouvement.  La scénographie convoque quatre grandes figures de l'Afrique contemporaine : Patrice Lumumba, "qui a voulu le bien de son peuple, ce qui a causé sa perte", Thomas Sankara, "personnage controversé, mais capable d'enflammer les jeunes", Nelson Mandela, "un modèle d'humilité et de pardon", Kwame Nkrumah, "l'unificateur qui avait une vision pour l'Afrique", quatre icônes pour porter une autre parole, un autre regard, sur un continent "mal représenté" en Europe (d'après La Terrasse, les expressions entre guillemets sont de Serge Aimé Coulibaly). 1er juin 2008 : Mina Oualdlhadj Le père de Mina Oualdlhadj, pêcheur marocain, est parti travailler en Belgique en 1972. Mina est arrivée à Bruxelles trois ans plus tard en 1975 à l'âge de onze ans et a acquis la nationalité belge quelques années plus tard. Après une licence de langue et littérature françaises, elle travaille comme médiatrice scolaire et coordinatrice de projets dans les quartiers "sensibles". Elle dirige aujourd'hui le service des crèches de la commune de Schaerbeek.  Mina Oualdlhadj a toujours eu le goût de l'écriture. Son premier roman vient de paraître, avec ce titre frais et truculent: "Ti t'appelles Aïcha, pas Jouzifine!". Aïcha et Mimi sont deux amies, de la "seconde génération". Aïcha a eu une enfance heureuse au Maroc, Mimi est née en Belgique. Toutes deux sont confrontées à la double culture. Aïcha a trouvé un certain équilibre, elle se bat. Mimi le cherche toujours, elle baisse la tête. Ce roman n'est pas (tout à fait) autobiographique, mais un peu tout de même. Mina l'écrivain est un peu Mimi, mais plus encore Aïcha. Ce roman bourré d'anecdotes et plein d'humour parle donc de ce rapport difficile entre des parents qui croient bien faire et des filles qui s'émancipent. Paru aux éditions Clepsydre, 160 pages, 16 euros (www.clepsydre.be/jouzifine)
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