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15-05-2008
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La une de la pluralité (2008)
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 28 décembre 2008 : Les hommes de Malika Mokeddem

Dans son lycée en Algérie, elle était la seule fille de la classe de 5ème à la classe de terminale. Plus tard, elle était la seule pionne d'internat à côté de surveillants tous masculins. En fac de médecine à Oran, elle a dû se battre avec les garçons pour être aimée pour elle-même et garder sa liberté.

       

Née en 1949 à Kenadsa (Sahara algérien), Malika Mokeddem a terminé ses études de médecine à Paris puis à Montpellier. Elle épousera finalement un Français et s'installera en tant que néphrologue à Montpellier en 1989. Six ans plus tard, elle quitte le monde de la médecine pour se consacrer à la littérature. Dans ses livres (de 1990 "Les hommes qui marchent" à 2005, "Mes hommes"), elle peut enfin parler "des hommes", pour cicatriser ses blessures d'enfance, élevée dans une culture où "un homme vaut quatre femmes". Dans son dernier livre, "Je dois tout à ton oubli" (Grasset, 2008), l'écrivaine règle ses comptes avec les mères matrones et complices de l'ordre masculin. Malika Mokeddem réveille le passé pour apaiser le présent.

 21 décembre 2008 : les mascarades de Lyes Salem

"Maskhara" (en arabe) comme "mascarade", comme le titre du film de Lyes Salem, sorti le 10 décembre 2008 dans les salles en France et en Algérie. Le film avait été primé en novembre au festival du Caire (prix du meilleur film arabe) puis au festival du film de Dubaï (Muhr d'or) en décembre. Tournée entièrement dans un village algérien, cette comédie raconte avec subtilité les mascarades algériennes où "on se la joue" en permanence. Lyes Salem dénonce par l'humour l'absurdité du jeu social dans le microcosme du bled.

Né en 1973 à Alger, ce comédien - réalisateur qui tout petit déjà se mettait en scène devant le public familial a le virus du théâtre et du cinéma. Lyes Salem a fait des études de Lettres Modernes à la Sorbonne puis une formation à l'Ecole de Théâtre National de Chaillot, enfin au Conservatoire National d'Art Dramatique. D'abord comédien, il est passé de l'autre côté de la caméra. Avec Cousines, un court-métrage de 32 mn en 2003, il décrivait déjà avec justesse l'Algérie d'aujourd'hui et la place particulière des jeunes étudiantes d'Alger, tiraillées entre leur soif d'émancipation et les traditions familiales. Avec Mascarades, ce jeune réalisateur, qui vit en France depuis 20 ans, affirme son algérianité pour mieux la sortir de la victimisation. C'est par l'humour que Lyes Salem peut passer un message fort qui dépasse de loin les frontières algériennes.

 14 décembre 2008 : Sidi Larbi Cherkaoui entre les mondes

Larbi danse. Sa danse est pure, souple, fluide. Il danse comme Nijinski. Larbi a une particule devant son nom, Sidi, qui le rattache à la sagesse de ses ancêtres. Larbi a un nom, Cherkaoui, qui le rattache à l'Orient, peut-être même au Prophète. Sidi Larbi Cherkaoui est né à Anvers, en 1977, une identité flamande qui le rattache à sa mère, Monique. Monique est une femme pleine d'énergie et pleine d'humanité. Elle a rencontré Mohamed, un Marocain de Tanger. Sidi Larbi Cherkaoui est l'enfant de cette union. Sa danse est une union, une fusion même. La Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration (CNHI) lui donne carte blanche les 18 et 19 décembre 2008, dans ce Forum du Palais de la Porte Dorée, où il sera en duo avec la danseuse Maria Pages, entre danse contemporaine et flamenco. Entre Anvers et Tanger, entre ici et ailleurs, Sidi Larbi Cherkaoui est toujours dans l'entre-deux. A découvrir absolument. 

 7 décembre 2008 : Chloé Mortaud, yes we miss

Avec les Miss France, c'est chaque année la même chose. A peine est-elle "sacrée" que le lendemain enfle déjà la polémique. Est-elle vraiment la plus belle ? Son élection n'a-t-elle pas été truquée ? Avec Chloé Mortaud, le clin d'oeil de la production n'est-il pas en direction de l'Amérique - effet Obama ? Elle est franco-américaine, d'une Amérique métissée et d'une France profonde. La nouvelle Miss France 2009 est d'abord de Bénac, dans l'Ariège. C'est le message qu'elle veut faire passer : "Je ne suis pas le symbole du métissage". Elle veut être le symbole de la France, d'une France du terroir qui s'exporte - elle est étudiante en commerce international. Mais dans sa région (Albigeois Midi-Pyrénées), une concurrente malheureuse  lui conteste déjà sa couronne. Avec les Miss France, c'est chaque année la même chose, c'est la polémique et la polémique est plus forte encore lorsque la lauréate exprime une certaine diversité française.


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