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La diversité agissante Version imprimable Suggérer par mail
20-05-2009

Juin 2009. Le couple Obama est en Normandie. Fatiha Boyer rencontre Michelle Obama. Entre la "première dame des USA" et la militante normande de la  diversité en politique se crèe une véritable complicité.

            

Qu'ils soient UMP, PS ou Verts ou encore "sans étiquette", il et elles font bouger en profondeur la société française dans une approche très ouverte aux nouvelles réalités du monde. Il et elles se sont engagé(e)s en militant(e)s dans les élections européennes avec la conviction que l'Europe est l'espace d'une nouvelle destinée politique, parce qu'elle exprime dans son essence même la diversité.

Ces nouveaux visages (tous inédits sur entre-gens) sont "la diversité agissante" : Fatiha Boyer, Mezhoura Nait Abdelaziz, Fatiha Benatsou, Farida Boudaoud, Auguste Senghor, Khedidja Bencherif, Malika Benlarbi ou encore Madi Seydi. Et rencontrez par ailleurs Karima Delli (La une de la pluralité, 24 mai 2009), avant son élection au Parlement euopéen le 7 juin 2009.

 Fatiha Boyer et ses réseaux sociaux

Pour Fatiha Boyer, il faut bien commencer quelque part. Elle se présente aux élections pour devenir maire virtuelle de Mont-Saint-Aignan. Sur Facebook. Elle est très active sur le site des réseaux sociaux, mais pas que dans la vie virtuelle. Avec le groupe Ni Putes Ni  Soumises de Seine-Maritime, dont elle assure la présidence, elle a organisé le 18 avril 2009 la Marche pour le Respect, pour dire "non à la dégradation constante et inadmissible que subissent les filles dans nos quartiers", pour protester contre les paroles de la chanson "sale p..." du rappeur Orelsan.

                               

Fatiha Boyer s'engage dans la lutte contre toutes les discriminations et le fait au sein du Cercle de la Diversité Républicaine dont elle est déléguée départementale et au sein de l'UMP. C'est sous l'étiquette de ce parti qu'elle s'est présentée aux dernières cantonales en Seine-Maritime. Elle multiplie les rendez-vous à Paris (au Ministère de la Ville et même à Matignon) ou dans les médias et partout où elle se rend, c'est pour défendre les droits des femmes et des enfants. Elle s'associe à la campagne contre l'excision et les violences faites aux femmes lancée par Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la Solidarité. Elle s'apprête à mener un partenariat avec l'Algérie pour créer à Alger une "école de la deuxième chance". Elle milite pour l'Europe qui "le peut quand elle le veut". Elle s'associe aux Trophées Débarquement Jeunes de Rouen. Elle adhère au Café dédié aux Echanges sur la Diversité politique et culturelle. Son parcours de vie lui a donné ses valeurs et sa volonté d'agir. Ses interventions en milieu scolaire, ses réunions, ses conférences, de plus en plus fréquentes, parlent de "laïcité", de "république", de "liberté".

 Mezhoura Nait Abdelaziz au plus proche des gens

Elle n'est pas à Paris, elle est à Charleville-Mézières et c'est son choix. Elle habite depuis plus de vingt ans à La Houillère et c'est là qu'elle agit, car elle a fait le choix d'une vie meilleure : solidaire, équitable et pour l'environnement. L'économie ? Pour elle, c'est ce qui doit permettre à un territoire d'être attractif et solidaire. L'écologie ? Pour elle, c'est ce qui doit permettre aux générations d'aujourd'hui de construire l'avenir des générations de demain. Lorsque nous avons rencontré Mezhoura Nait Abdelaziz à Charleville-Mézières, elle venait à peine de terminer l'édition 2009 de "la semaine interculturelle", une initiative dont elle est l'instigatrice. Mais Mezhoura ne tire jamais la couverture à elle, elle nous parle de son équipe, de l'Adjoint à la Culture, des associations locales. La Semaine interculturelle est l'événement printanier de Charleville et de Nouzonville, un festival de chants, de danses, d'expressions artistiques. Mais l'événement de l'année à Charleville, c'est le Festival mondial de la marionnette Un restaurateur turc de Charleville, passionné de théâtre, nous donne lors de notre passage dans la cité ardennaise quelques numéros de la publication locale Karagöz, au ton libre mais très professionnel, qui parle de théâtre et du festival de Charleville-Mézières. Les Turcs, nombreux dans la ville avec une association particulièrement rassembleuse, n'ont-ils pas comme tradition culturelle, le karagöz, le théâtre d'ombres ? Nous évoquons cela avec Mezhoura, toujours à l'écoute de toute bonne initiative interculturelle dans sa ville.

                                

Mezhoura Nait Abdelaziz est enseignante, elle est prof d'anglais, mais comme elle est toujours décidément solidaire, elle enseigne en classe-relais. En ce jour de classe où nous l'avons rencontrée, elle a dû interrompre notre échange rapidement pour aller rejoindre ses élèves. Juste le temps tout de même  de nous raconter l'énergie que ses élèves développent. Mezhoura Naït Abdelaziz est Verte et  elle est engagée avec conviction dans la majorité municipale plurielle. En tant qu'Adjointe au Maire, elle s'intéresse particulièrement aux actions interculturelles et à la  lutte contre les discriminations. Quand nous lui parlons de la Kabylie, de Oued Aissi, à côté de Tizi-Ouzou, où nous étions quelques jours auparavant, elle s'exclame: "Mais, c'est chez moi ! Vous donnerez le bonjour à la Kabylie." On peut être carolomacérien et garder au fond de soi le pays d'origine. "Parce que je sais d'où je viens, je sais où je vais", ajoute-t-elle. Les Verts ? "Je suis depuis toujours une femme engagée. C'est assez logiquement que j'ai pris ma carte au syndicat CGT Enseignants. Les Verts sont les premiers à avoir proposé des candidats issus de l'immigration. Ils répondent à mes attentes : le respect de l'environnement mais la possibilité aussi d'être plus radicale par rapport aux sujets qui me touchent. C'est le parti où je me sens libre et où on me respecte !".

Mezhoura Nait Abdelaziz a passé à La Houillère son enfance et y habite encore. Elle a de beaux souvenirs d'enfance de ce quartier de mixité sociale. La Houillère a connu des changements au fil des années. En présidant son centre social, elle a pu voir le quartier évoluer... et agir. "Il y a eu le départ de ceux qui pouvaient acheter des maisons, puis le relogement des habitants les plus précaires. Et tout cela a créé un véritable ghetto. Mais le respect revient". Mezhoura est aussi une mère de famille avec ses trois enfants, deux garçons et une fille. Sofia, 25 ans, l'aînée, a toujours voulu être danseuse professionnelle et son rêve se concrétise. La jeune Ardennaise a rejoint en 2008 la comédie musicale Fame. Formée à l'Ecole nationale de musique et de danse de Charleville-Mézières, elle est partie à Paris en 2004, elle a rejoint l'Académie Kamel Ouali. Mais avant cela, elle a connu les contrats à trois balles, à danser entre les machines à sous dans les casinos de la côte normande, à courir les castings, à danser à Disneyland (huit shows de vingt minutes par jour, en plein air et  par tous les temps, comme à l'usine). C'est en allant de casting en casting que Sofia Nait Abdelaziz est devenue une danseuse professionnelle, ce que devant sa télé à La Houillère elle rêvait de devenir en regardant les comédies musicales. Sa maman Mezhoura lui a donné l'énergie nécessaire pour arriver, la même énergie qu'elle donne à ses élèves des classes-relais et dans son action municipale.

 Fatiha Benatsou et "le rêve de Djamila" (source : www.infosjeunes.com )

Elle se souvient du taudis insalubre où elle a vécu quatorze ans, avec ses parents, émigrés kabyles, et ses sept frères et sœurs entassés dans quinze mètres carrés. Haut fonctionnaire, membre du Conseil économique et social, conseillère technique auprès du ministère de la Défense, Fatiha Benatsou raconte le bidonville où elle a passé son enfance, dans le nord de Paris.

                         Fatiha Benatsou

Brutalisée par un mari alcoolique, enfermée dans le bidonville dont elle ne sort que pour accoucher, la grand-mère de Fatiha, Aïcha, n'imagine pas d'autre vie. Mais la mort de sa fille Djamila, à l'âge de trente-deux ans change tout : sa propre soumission et celle de Djamila lui paraissent tout à coup insupportables. Malgré les tabous, au risque de sa vie, elle quitte son mari et le bidonville...
Huit années après Aïcha, Fatiha trouve à son tour la force de dire non à la tradition, non à la soumission. À l'âge de vingt-deux ans, elle annonce à l'homme auquel elle a été mariée sa décision de faire des études et s'inscrit à des cours du soir. Le parcours sera long et difficile, parfois humiliant, parfois exaltant, mais jamais elle ne reniera ses origines. L'action sociale et politique qu'elle mène aujourd'hui, au sein des cabinets ministériels des gouvernements successifs autant que dans le milieu associatif, est indissociable de sa révolte et de celle de sa grand-mère. « Le Rêve de Djamila » est l'hommage qu'elle rend à cette femme qui a refusé de perpétuer l'asservissement de mère en fille, et dont le courage a finalement brisé l' engrenage de l'oppression.

Fatiha Benatsou, après avoir obtenu un master en ingénierie des affaires à l'École polytechnique féminine, a occupé différents postes à responsabilité dans l'informatique et le logement social. Nommée en 2004 au Conseil économique et social, elle a rejoint en 2005 le cabinet du ministre des Anciens combattants comme conseillère technique chargée de la mémoire. Depuis 2006, elle est chargée de mission pour l'insertion sociale et professionnelle des jeunes.

 Farida Boudaoud croit en la formation qui cimente les citoyens

Née à Lyon en 1966, elle a grandi à Décines, au sein d'une grande fratrie de huit frères et sœurs. Ses parents ont quitté la Kabylie en 1962, essentiellement pour des raisons économiques. Animée par un désir de justice sociale et des valeurs humanistes, Farida Boudaoud milite très tôt dans les organisations syndicales étudiantes. En 1986, elle participe activement au mouvement étudiant contre le projet Devaquet. Elle s'investit dans le domaine socioculturel durant près de dix ans, exerçant successivement les fonctions d'animatrice, de responsable de secteur et de directrice. Elle a longtemps été Vice-présidente du manifeste contre le Front national dans le Rhône.  Elle adhère au Parti socialiste, au lendemain de la défaite des élections législatives de 1993.

                                       

Diplômée en administration économique et sociale, titulaire d'une licence de psychologie et de science de l'éducation, Farida Boudaoud s'est engagée en politique au niveau local à Saint-Fons. Déléguée interrégionale de formation depuis 1999 et conseillère régionale depuis 2004, c'est tout naturellement sur le terrain de la formation qu'elle exprime ses valeurs altruistes : « la formation cimente les citoyens autour des valeurs fondamentales », proclame-t-elle. Pour elle, l'enseignement et la formation demeurent les principaux moyens d'intégration de l'individu au corps social et de démocratisation de la société. Elle devient, en 2007, Conseillère régionale déléguée à l'apprentissage. Ses fortes convictions, en particulier les valeurs d'égalité, constituent le fondement de son action politique. Et malgré un emploi du temps chargé, Farida Boudaoud trouve encore de l'énergie pour se détendre en pratiquant, la natation, la danse, la musculation, pour lire et pour restaurer les meubles qu'elle chine dans les brocantes.

Auguste Senghor, le neveu

Connaissez-vous un élu, né à Dakar en 1939, noir de peau, qui a réussi le tour de force de l'emporter dés le premier tour aux dernières élections municipales - alors qu'il y avait trois listes en présence - dans un village de Bretagne qui porte le doux nom de Saint-Briac-sur-Mer ? Sans doute, non, il  s'agit de Auguste Senghor, vétérinaire en retraite, en France depuis 50 ans. Celui qui est le neveu du "poète-président" est l'un des très rares élus "de la diversité" à diriger une collectivité française de moins de 5 000 habitants. Monsieur le Maire s'était qui plus est lancé dans la campagne sans préparation. Il avait certes déjà une expérience puisqu'avant d'arriver à Saint-Briac, port de plaisance et coquette station balnéaire de la côte bretonne, où il espérait passer une retraite paisible, avec sa femme native de la commune, il était déjà maire d'une petite commune du Maine-et-Loire (pendant 24 ans !). Elu "sans étiquette", Auguste Senghor gère sa commune avec les valeurs qui lui ont toujours servi de guides dans sa vie. Il met en avant les compétences, la jeunesse, la mixité. Il va toujours au devant de la vie publique locale, le conseil paroissial, les associations de parents d'élèves. Il ne s'intéresse pas aux ors de la République, n'aspire pas à devenir député ou sénateur. En ancien vétérinaire, passionné par les animaux, il sait parler aux paysans. "Les paysans, en pays sérère comme dans les campagnes françaises, sont des gens sains. Ils ne vous jugent pas à la couleur de votre peau", dit-il, "mais à vos compétences. Faire véler une vache, ça ne s'invente pas !".

                                

Auguste Senghor est arrivé en France le 28 septembre 1958, le jour du référendum sur la création de la Vème République. Le jeune homme de l'époqué ne voulait pas continuer ses études de "sciences expérimentales" à Dakar, où l'université était trop souvent en grève. Il a choisi la France. Au Lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur des Fossés, puis à l'Ecole Vétérinaire de Maisons-Alfort toute proche, il a appris le métier qu'il exercera toute sa vie professionnelle en Pays de Loire. Français au moment de quitter le Sénégal pas encore indépendant, il l'est toujours resté. Monsieur le Maire garde bien sûr quelques attaches au Sénégal, mais il est tellement heureux à Saint-Briac qu'il partage tous  les jours son enthousiasme avec ses concitoyens qui le lui rendent bien... en l'élisant dés le premier tour ! (d'après Jeune Afrique)

 Madi Seydi, la jeune pop'

Elle dit qu'elle construit sa crédibilité. Elle ne voudrait pas que l'on puisse dire que les fonctions qu'elle occupe ou qu'elle entend un jour exercer tiennent à de la discrimination positive, à ses origines, à la couleur de sa peau, et non pas à son engagement, à ses compétences. D'aucuns le pensent déjà depuis que les Jeunes Pops, les jeunes UMP, l'ont désignée comme porte-parole et la mettent en avant, de réunion en réunion.

                                     

 Madi Seydi est née à Paris, elle avait 25 ans à peine lorsqu'elle a fait son entrée dans le monde de la politique en 2005 en intégrant le cabinet d"Azouz Begag, recommandée par un ami. Elle est d'abord préposée aux discours avant de s'occuper des questions parlementaires. Mais qui est donc et d'où vient cette Madi Seydi qui court aujourd'hui de fédération en fédération, où elle n'hésite pas à s'affronter souvent au "caractère moutonnier" de beaucoup de cadres de l'UMP ? Elle a grandi à la Rose des Vents, une cité d'Aulnay-sous-Bois, au milieu de ses huit frères et soeurs et de leurs parents originaires du Sénégal. A 14 ans, elle est partie à Dakar et c'est au Sénégal qu'elle a passé son bac, tout en militant déjà en politique dans le parti d'Abdoulaye Wade, alors dans l'opposition. Elle revient en France pour ses études à la Sorbonne qu'elle parvient à mener de front avec les petits boulots pour vivre, dans les Mac Do ou les supermarchés. Elle entre à l'UMP en 2004 quand Sarkozy devient président du parti. Elle y retrouve une façon d'agir, "le militantisme de l'intérieur", qu'elle avait expérimentée au Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Et pourtant, elle y rencontre l'adversité, ceux qui veulent placer leurs amis et qui l'empêchent de présenter sa liste aux municipales à Saint-Ouen en 2008, elle n'aime pas "le discours de Dakar", mais la voilà désormais placée dans le sillage de Christian Demuynck. Le sénateur-maire de Neuilly-Plaisance la recrute comme attachée parlementaire. Elle travaille dans une annexe de la mairie où elle partage un bureau avec son fiancé. Ils partagent tout, même le double jeûne du Ramadan (elle est musulmane) et du Kippour (il est juif), et bien sûr l'engagement politique.

Madi Seydi est déjà prête pour de nouveaux défis et saisir les opportunités, qu'elle qu'en soit l'échelle, devenir maire, puis sénatrice ("des Français de l'étranger", se met-elle à rêver), représenter l'Afrique dans une organisation internationale. Madi Seydi aime bien être porte-parole, alors pourquoi  pas être "porte-parole du continent" ? (d'après Jeune Afrique n° 2515)

 Malika Benlarbi avance les pions

En octobre 2008 se tenaient à l'Assemblée nationale les premières Assises de l'enseignement de la langue et de la culture arabes en France. Le discours du chef de l'Etat, qui indiquait avoir lancé l'idée en décembre 2007 à Constantine, lors de son voyage d'Etat, était lu par Malika Benlarbi. L'Association française des arabisants (AFDA), qui a une "légitimité historique" sur le sujet, a apprécié l'engagement politique, pris par deux Ministres, dont le Ministre de l'Education nationale, mais elle s'est cependant trouvée quelque peu marginalisée, pour ne pas dire écartée, dans cette initiative. En mars 2009, le conseiller spécial du Président de la République, Henri Guaino, appuie l'idée d'une rencontre des "musulmans laïcs" de France qui, avec le soutien plus ou moins affiché du Qatar, devait préparer la création d'une nouvelle organisation représentative de l'islam de France et s'inscrire dans une volonté de dialogue interreligieux. Le Conseil français du culte musulman (CFCM), écarté du projet, a bien évidemment réagi fortement et l'initiative a avorté dans l'oeuf. Et c'est encore une fois Malika Benlarbi qui avait été envoyée en "éclaireur", en bonne "serviteur de l'Etat"  qu'elle est, pour organiser cette rencontre. Fondatrice de l'association Convergence méditerranéeenne, membre du bureau politique de l'UMP (où elle est la seule non élue mais où elle représente le mouvement Dialogue et diversité), Malika Benlarbi, 38 ans, a été repérée depuis longtemps par son "aptitude à l'action".

                               

Malika Benlarbi est née à Aulnay-sous-Bois, dans une famille algérienne de sept enfants, d'un père machiniste à la RATP et d'une mère femme de ménage. A 19 ans, alors qu'elle est étudiante en communication, elle adhère au RPR. Elle y côtoie Jean-François Lamour, Eric Raoult, Brice Hortefeux et déjà... Henri Guaino, des très proches de l'actuel Président. Jean-François Lamour, d'abord conseiller technique de Jacques Chirac puis Ministre de la Jeunesse et des Sports, appelle Malika Benlarbi à son cabinet. C'est pour la jeune femme, mère de trois enfants, le début d'une carrière dans les cabinets ministériels. Jamais élue, ni même candidate elle-même, elle est cependant souvent appelée dans les circonscriptions pour appuyer des candidatures UMP. Mais pour elle, c'est vers la "préfectorale" qu'elle se dirige et en septembre 2007, elle est devenue la première femme sous-préfète "issue de...", comme on dit aujourd'hui (on pourrait compléter par "issue des quartiers de Seine Saint-Denis") et, pour cette première expérience, c'est dans le Cher qu'elle exerce son activité en tant que directrice de cabinet du Préfet. Malika Benlarbi avance ses pions, mais ne veut pas en être un elle-même. A bon entendeur.

Khedidja Bencherif dans le village de la diversité

"A une époque où en quelques heures d'avion, de train ou même de clics derrière son ordinateur, on peut passer de la neige au soleil, des plaines aux montagnes, comment peut-on ne pas être européen ? Comment en effet peut-on ne pas avoir conscience de l'étendue de notre planète et de la nécessité d'exister à une échelle un peu plus large que l'échelle hexagonale ? L'Europe est une réalité. Aux prismes de l'économie mondiale et des crises politiques, c'est évidemment une nécessité". C'est ce qu'affirme Les Nouvelles Parisiennes, un club de femmes habitant le Grand Paris (75, 92, 93 et 94). Elles se sont décidées à intervenir dans le débat public à l'approche des élections européennes.

                             

Parmi elles, Khedidja Bencherif n'en est pas à sa première sortie médiatique. En novembre 2008, en tant que présidente de l'association "Le village de la diversité", elle lançait avec Yazid Sabeg et avec "Les Marianne de la Diversité" le Manifeste pour l'égalité réelle en France. Khedidja Bencherif a participé activement l'automne dernier à l'obamania française en initiant un groupe de soutien parisien. Dans le XVIIème arrondissement de Paris où elle est élue (conseillère d'arrondissement UMP), elle prend depuis des années des initiatives visant à favoriser les relations de voisinage, comme la Fête des Voisins, tout en portant son regard au loin. Son engagement avec les Nouvelles Parisiennes allait de soi. Car comme elles, elle franchit naturellement le périphérique et, comme elles, elle n'aime rien tant que l'unité dans la diversité. Justement, est-ce que ce ne serait pas la devise de l'Europe ?

Pour toutes les personnalités que nous avons eu le plaisir de vous présenter ici, l'engagement politique est une résultante de l'engagement citoyen et associatif. Une génération nouvelle, nourrie et enrichie par sa diversité, est en marche, et ce qui est un fait intéressant, elle s'exprime dans le spectre large des partis politiques français.

                                                                                                  GD

On peut lire aussi sur entre-gens dans Vivre autrement les articles Osez la diversité !, Liste d'attente, La marche des soeurs, ainsi que les portraits de Fily Keita (Fiers de Fily), élue à Champigny-sur-Marne, et de Zoubida Naili (Zou est d'avenir), élue à Bischheim. On pourra aussi consulter les articles La fête des pairs et Les candidats de la diversité.

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