Entre-gens arrow Entre-gens arrow Presse plurielle
Menu Principal
Entre-gens
Entre nous
Qui sommes-nous ?
Index
revue de presse
La une de la pluralité
Coups de pouce
Talents à découvrir
Passions à partager
Migrants pleins d'allant
Mots pour maux
Vivre autrement
Récits de vie
Interculturel
Une ville, des talents
Initiatives citoyennes
Fenêtres sur le monde
La Lettre
Liens
Portail
Calendrier
Nous contacter
Sondages
Le portrait que vous avez préféré parmi ceux-ci
  
Pour vous, la danse orientale c'est...
  
Le portrait que vous avez préféré parmi ceux-là
  
Vous aimez les rencontrer sur entre-gens. Vos préférences :
  
Populaire
Connexion
Nom d'utilisateur

Mot de passe

Se souvenir de moi
Perdu votre mot de passe ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous
Syndication
Presse plurielle Version imprimable Suggérer par mail
16-04-2009

" Ils apportent un autre regard, une autre visibilité. Mais l'enjeu de la diversité n'est pas d'avoir des médias communautaires influents, parce que la France n'est pas un pays communautaire. Nous recherchons une représentation équitable de la société française dans tous les grands médias".

 (Elisabeth Tchoungui, dans un entretien à Respect Mag, titré "Dés qu'on baisse la garde, on prend une gifle.")

Pour que les écrans de nos téléviseurs, les voix de nos radios, les colonnes de nos journaux ne soient pas monochromes, les personnalités de la presse que nous vous présentons ici exercent une influence majeure dans la France de 2009.

Christine Kelly : "il faudra se souvenir d'elle le moment venu".

Elle est entrée dans le journalisme tout à fait par hasard. Après sa licence de maths-physique, la Guadeloupéenne Christine Kelly née Tigiffon a commencé sa vie professionnelle en étant hôtesse de l'air et hôtesse sur le TGV. C'est sa mère qui lui a proposé, alors qu'elle avait 22 ans, d'envoyer son CV à la chaîne locale Archipel 4 qui cherchait une animatrice parlant anglais. Une semaine plus tard, elle était à l'antenne ! Elle est jolie, intelligente, sait poser sa voix. Elle se fait très vite sa place dans les médias des Caraïbes et c'est le Président de RFO qui va la recruter. Christine Kelly n'a alors plus qu'une ambition : devenir une vraie journaliste. Pendant ses études de journalisme à Bordeaux, elle fait des piges à France 3 Aquitaine. Puis elle participe à la création de Demain TV. Christine Kelly vise haut. Elle s'intéresse au journal de TF1 et se bat pour une présence des "minorités visibles" à l'antenne, tant et si bien que... c'est Harry Roselmack qui accède au fauteuil. La diversité est son cheval de bataille mais elle en a d'autres : le développement durable, les droits des femmes. Elle se met aussi à écrire ; trois livres en trois ans, dont les biographies remarquées de François Fillon et de William Gallas. Elle se fait tellement remarquer que le Président du Sénat la nomme au CSA en janvier 2009 et que Nicolas Sarkozy, impressionné par une conversaton avec elle en mars 2009, lâche une phrase qui a fait couler beaucoup d'encre : "Il faudra se souvenir d'elle le moment venu".

 Elisabeth Tchoungui défend la diversité au CNC.

"Longtemps les patrons de chaîne ont hésité à miser sur moi", explique Elisabeth Tchoungui, "... à cause de la couleur de ma peau". Au Centre national de la cinématographie, elle est spécialement chargée de la  promotion des "minorités visibles" dans le "paysage audiovisuel français".  Aujourd'hui encore, les observateurs avisés la considèrent comme largement "sous-employée". Cela fait tout de même douze ans qu'elle a fait son premier plateau.

                             

                             (source photo : Respect Mag)

Née en 1974 d'un père camerounais (diplomate) et d'une mère française (enseignante), elle a obtenu son Bac C à l'âge de 16 ans à Yaoundé. C'est à l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille qu'elle a poursuivi ses études tout en collaborant déjà à la presse écrite (Elite Madame, Nord-Eclair). A 21 ans, elle entre au service politique de TF1 où la confrontation avec les poids lourds de la chaîne n'a pas toujours été facile. Elle quitte, fait des piges pour M6 et La Cinquième et répond à une annonce de... Canal J. Elle a été passionnée par cette expérience où il fallait vulgariser l'actu, la faire comprendre aux enfants. Sa peau colorée était alors plutôt vécue comme un atout. Malheureusement, la chaîne des enfants arrête le journal quotidien. Les offres affluent vers elle mais toutes concernent des magazines pour enfants. Elisabeth Tchoungui craint l'enfermement. Elle refuse les offres. La Cinquième puis TV5 la relancent sur des émissions à caractère culturel. La directrice de TV5 Monde aura été la bonne fée qui s'est penchée sur la jeune franco-camerounaise. La dimension africaine de la chaîne a particulièrement attiré la journaliste qui a poursuivi pendant 5 ans  cette aventure. Nous arrivons en aôut 2006 : c'est la nouvelle chaîne France 24 qui constitue sa rédaction. Elisabeth Tchoungui y a naturellement sa place. Patrick de Carolis croit beaucoup en elle. Et pour sortir un peu du format audio-visuel et de l'information, la journaliste écrit des romans, un premier en 2006, et un deuxième en 2009 (sortie en septembre). Enfin, pourrait-on dire, Elisabeth Tchoungui a imposé son talent. (merci à Jeune Afrique pour la qualité de ses "Parcours. Ils viennent d'Afrique, ils ont réussi ailleurs" qui a été pour nous, et donc pour vous, la source de ce micro-portrait et de quelques autres, ndlr)

 Samira Ibrahim dans la famille des gens

Elle a attrapé le virus du journalisme en effectuant des stages au cours de ses études en radio et à Canal Plus Horizons. "Je suis très curieuse de nature et j'ai toujours eu envie d'apprendre à travers des gens leurs histoires", explique Samira Ibrahim, dans un superbe entretien accordé à Télésphère. Que ce soit sur France Ô (émission Business Africa) ou sur Demain TV (émission Talents), elle met d'entrée à l'aise ses invités. "Talents, les rendez-vous de la diversité" donnent la parole à toutes celles et ceux qui se battent pour faire une place aux minorités. Grandes patronnes, grands patrons, femmes ou hommes d'affaires, personnalités politiques ou simples citoyens, ils expliquent leurs choix et leurs solutions pour en finir avec les discriminations dans le monde du travail. Ce magazine hebdomadaire de 30 mn sur Demain TV est présentée - avec talent ! - par Samira Ibrahim.

                                  

Cette Française d'origine égypto- (par sa mère) soudanaise (par son père, un Nubien) est née à Beyrouth. Elle est arrivée en France à l'âge de cinq ans. Elle porte en elle la civilisation millénaire de la vallée du Nil. Après des études en langues orientales et un Master d'Etudes Juridiques, elle s'est lancée dans le journalisme, y exprimant pleinement son ouverture sur le monde et son attachement à la diversité. Son émission sur Demain TV met en valeur les parcours des talents français de toutes les origines. Samira Ibrahim est également productrice pour l'agence de presse Reuters et elle anime le journal des bonnes nouvelles sur Monte-Carlo Doualiya (RFI). Ce qu'apprécie Samira dans son métier: la diversité des diversités, ce qu'elle est elle-même.

 Fadwa Miadi et la blogosphère maghrébine

On ne peut parler de la presse plurielle en France, en général, et de la presse franco-maghrébine, en particulier, sans citer Fadwa Miadi, qui le mois dernier nous a guidé vers quelques portraits de nos "fleurs de mars". Elle est impliquée dans tant d'initiatives, et pas seulement journalistiques, qui permettent au lectorat francophone de mieux connaître et comprendre de l'intérieur la société arabo-musulmane et l'immigration française qui en est issue. Morceau choisi d'un reportage de Fadwa Miadi dans la blogosphère maghrébine : "Des voix retentissent, jusqu'alors condamnées au silence, d'un bout à l'autre de la cyberplanète. Certaines gémissent, hurlent et poussent de longues plaintes déchirantes, qui parfois se cachent pudiquement sous la morsure cinglante d'un humour ravageur. Lequel humour produit un rire qui se teinte de jaune..." Belle écriture, non ? et belle entrée en profondeur dans la sensibilité des gens.

 Sarah Ben Ammar, une portraitiste comme nous les aimons

Sarah Ben Ammar; de la rédaction de Gazelle et collaboratrice de Babelmed, est une fine analyste de la société française. Elle observe l'exception française de la condition féminine où la femme est égale dans la loi, mais pas dans la société (l'entreprise, la politique,...). Elle observe l'Obamania d'une France qui n'a jamais fait sa place à la diversité. Et Sarah Ben Ammar a, dans sa jeune carrière de journaliste, signé de nombreux portraits, comme ceux de Malika Bellaribi Le Moal qui explique comment "la musique (l') a réconciliée avec (ses) deux cultures", de Faiza Guène, porte-parole d'une génération sans voix, de Soukaïna Oufkir qui raconte son père, "suicidé" de cinq balles dans le dos, de Marie Ciosi, née à Alger de parents corses, d'Amaria Sedrini, créatrice de lingerie à Tourcoing, de Morjana Alaoui, la plus française des comédiennes marocaines, de Kochka, qui met son coeur dans ses pages, de Mo Bachir, le cordon bleu toulousain, de Nadia Khouri Dagher, que les amis d'entre-gens connaissent bien. Sarah Ben Ammar est une portraitiste comme nous les aimons à entre-gens.

 Eugénie Diecky se lève avec vous tous les matins

Elle se réveille chaque matin avec la même passion, vous ! Tous les matins sur Africa 1, la radio panafricaine, "Les matins d'Eugénie" réveillent les endormis. Eugénie Diecky en est l'animatrice-vedette, en même temps que la directrice des programmes d'une radio pourtant très masculine. Elle fait de la radio depuis 20 ans. Elle écrit aussi, et c'est d'ailleurs par le livre qu'elle a commencé la radio, en racontant des histoires à la Pierre Bellemare. Le livre et le dire. Et surtout le vivre. Eugénie Diecky est bouillonnante. Féministe, elle est partie à la recherche des voix des femmes. Elle a fait des reportages à travers l'Afrique, parlant de sujets tabous comme le droit au plaisir de la femme, le refus de l'excision. Elle a fini par s'imposer par la séduction radiophonique. Partie de Libreville au Gabon, elle a appris à avoir une vision à long terme, à se fixer des objectifs, ce qui n'est pas évident dans la culture africaine. Elle a aussi appris cela à ses enfants, à être forts, ambitieux. Elle aime que les femmes réussissent. Elles donnent de la lumière. Le 31 mars 2009, Eugénie Diecky recevait le Ministre Eric Besson pour un débat public organisé par le CRAN et Africa 1. Elle n'hésite pas à prendre le ministre de front: les tests ADN, les test de langue. Eric Besson parle de régulation. Elle parle des gens. Dialogue de sourds.

 Albert Tjamag, beau et différent

 Beau  & différent, c'est le nom d'un magazine bimestriel, "mixte et bilingue" (français - anglais) qui s'inscrit dans la différence. "Beau compte inspirer une nouvelle grille de lecture et d'analyse en traitant de culture, d'environnement, de design, de mode d'art et de technologie, avec un regard décalé. La revue construit la Beauté, revendique l'Exclusivité, appelle l'Avant-Garde, fonde et vise l'Universalité". C'est ainsi que son fondateur, Albert Tjamag, présente son magazine.

Le rappeur français d'origine camerounaise, plus connu sous le nom de MNLK, Ménélik, ancien compagnon de route de MC Solaar, a donné un nouveau tournant à sa vie en créant ce nouveau magazine : Beau & différent. Sous ses airs légers de magazine de mode, la publication offre un contenu fouillé qui parle des différences, de la diversité. Les articles sont traduits en anglais pour permettre à un large public de lire le magazine. Mais le rapper n'est jamais très loin. Albert Tjamag sélectionne des chansons pour chaque article, "pour ne pas perdre le lien avec mon métier, la musique". Le magazine est diffusé dans les spa, les hôtels, les aéroports, Le fondateur du magazine explique sa philosophie : "La beauté est partout, elle est dans la complexité et la diversité des individus. On doit lutter pour qu'elle transparaisse. Il faut dépasser les stéréotypes qu'on a sur les Noirs". Albert Tjamag veut montrer que le rap n'est pas une musique d'écervelé. Ménélik se met à rêver : "L'élection d'Obama va permettre au monde d'ouvrir les yeux sur des compétences ignorées. Si Obama peut briguer la présidence, d'autres personnes issues de l'immigration pourront accéder à des postes clés en France. Si le premier pays du monde peut le faire, tous les autres aussi !".

 Dalila Kerchouche, le journalisme de témoignage

Elle est née en 1973 dans un camp de harkis et s'est racontée dans un roman autobiographique Mon père, ce harki, à la base du scénario du téléfilm Harkis, d'Alain Tasma. Le père de Dalila Kerchouche était un paysan des montagnes de Chlef. Elle est la "petite dernière" d'une fratrie de onze.

                          

 Le 18 mai 1956, le père de Dalila s'est engagé dans l'armée française et depuis lors la famille n'a cessé de porter ce "passé honteux". Le livre Destins de harkis, réalisé avec le photographe Stéphan Gladieu, a été la deuxième contribution de Dalila Kerchouche, pour sauver l'honneur de sa famille. Par son métier de journaliste (L'Express, Le Figaro), Dalila Kerchouche a le sentiment d'accomplir un devoir en même temps que son destin. Elle brise des silences.Parler de sa famille aura été sans conteste son reportage le plus éprouvant mais un reportage fondateur. Comment dire son frère aîné Mohamed qui s'est pendu, en 1996, à l'âge de 35 ans ? Comment dire ses frères et ses soeurs  Kheida, Kader, Fatima, Djill et les autres qui, comme elle, ont grandi dans les camps cerclés de barbelés du sud de la France, comme des milliers d'enfants de harkis. La famiille Kerchouche a vécu dans le froid, la misère, la promiscuité pendant douze ans dans les camps de Bourg-Lastic, Rivesaltes, La Loubière, Roussillon-en-Morvan, Mouans-Sartoux, Bias... Ses livres sont des témoignages poignants. Les enfants et les femmes du silence retrouvent enfin une dignité, forcent le respect, sous la plume de la journaliste.

Dalila Kerchouche a foulé pour la première fois la terre algérienne en juillet 2002, quarante après le départ des parents. Elle a raconté alors qu'elle faisait une quête "harkéologique". Elle croit à un journalisme de témoignage. Pour ses derniers reportages, elle a suivi les traces de Shahla Sherkat à Téhéran, qui a fondé le magazine féministe interdit Zanan (Femmes), et de retour à Paris, elle a réalisé pour le Figaro Madame le dossier "La diversité s'accorde-t-elle au féminin ?", portrait de cinq femmes "issues de la diversité française" et engagées en faveur de l'égalité des chances en politique et dans l'entreprise.

 Zakya Daoud, une vie d'exception

Est-elle Marocaine, de son nom d'écrivain, Zakya Daoud ? Est-elle Française, de son nom d'état-civil, Jacqueline Loghlam ? Elle est des deux rives, et depuis longtemps. Lorsqu'elle a quitté Bernay en Normandie pour entrer dans une école de journalisme à Paris en 1956, elle ne s'imaginait pas le destin qui allait être le sien. 19 ans: sa rencontre avec Mohamed Loghlam, Français d'origine marocaine. 21 ans: son arrivée au Maroc. 22 ans: elle obtient la nationalité marocaine sans l'avoir demandée. Elle travaille alors à la RTM à Rabat et crée le journal L'Avant-Garde. 27 ans: elle est correspondante de Jeune Afrique au Maroc et signe pour la première fois Zakya Daoud. 29 ans: elle crée le magazine Lamalif, qui devient une référence intellectuelle, que "pour draguer, il fallait toujours avoir sous le bras" mais sans cesse menacé par la censure. L'aventure Lamalif a duré 22 ans. En 1988, le magazine se saborde. Zakya Daoud revient à Paris. Le retour est difficile: le vol de son journal intime de 2000 pages, le chômage, puis quelques piges.

C'est par sa deuxième carrière, celle d'écrivain, que Zakya Daoud sort la tête de l'eau. Elle écrit "Féminisme et politique au Maghreb", puis de nombreuses biographies. Elle a le don d'humaniser les hommes exceptionnels dont elle décrit les trajectoires de vie: Ferhat Abbas, Ben Barka, Abdelkrim. Avec Zaynab, reine de Marrakech, la biographie se romance. 72 ans: Zakya Daoud écrit: "On ne nait pas impunément arrière-petit-enfant de la grande Zaynab, fondatrice de la Perle du Sud, cette ville rouge qui nous fait toujours rêver; à chacun le destin promet une vie d'exception".

Lire également notre article Focus

< Précédent   Suivant >
Designed by Dolmenhir - Dessiné par Dolmenhir - Powered by Mambo - Motorisé par Mambo - Get Firefox