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La France a honoré Charles Aznavour, dont les racines on le sait puisent en Arménie. Elle a honoré l'Iranienne Chirine Ebadi qui lutte en Iran pour le droit des femmes. Tous deux sont Commandeurs de la Légion d'Honneur. La France a honoré Enrico Macias, dont les racines on le sait aussi puisent en Algérie. Il est Officier de la Légion d'Honneur. La Légion d'Honneur représente une consécration dans la reconnaissance de l'apport d'une personnalité à la collectivité nationale. Comment alors pouvions-nous ne pas nous intéresser sur votre site - portail de portraits de la diversité à celles et ceux qui, originaires du Sud de la Méditerranée ou d'ailleurs, ont reçu, récemment ou de façon plus ancienne, cette distinction ? En janvier 2009, Yassia Boudra, notre amie de l'association Femmes debout, a eu l'honneur et le plaisir de recevoir à Dole la médaille de Chevalier. Nous avons consacré un article à Yassia et son association en mai 2008 que nous vous invitons à visiter à nouveau. Nous notons également avec satisfaction la médaille reçue par François Cheng, l'homme qui depuis si longtemps fait tant pour créer des passerelles entre les cultures de France et de Chine. De Yassia Boudra à François Cheng et tous les autres avant eux, toutes sont des personnalités de grand talent, des « persona grata ». Petit tour d'horizon, bien entendu non exhaustif. La beauté-bonté de François Cheng « De son exil, de son exploitation bouleversante des chemins de l'amour vrai, de son itinéraire entre Orient et Occident, François Cheng a conçu une oeuvre riche, profonde et délicate. Une oeuvre universelle. » C'est un extrait du propos de Jacques Chirac, alors Président de la République, lorsque François Cheng a été élu à l'Académie française. Philosophe, poète, traducteur des plus grands poètes français, calligraphe de renom, François Cheng est un sage pour notre temps. Le chef de l'Etat a ajouté : « Cette élection vient illustrer magnifiquement ce combat pour la diversité et le dialogue des cultures qui est le combat de la France ». Né le 30 août 1929, en Chine, François Cheng est issu d'une famille de lettrés et d'universitaires. Début 1948, son père a participé en tant que spécialiste des sciences de l'éducation à la fondation de l'UNESCO, grâce à laquelle il a pu venir en France. François Cheng a connu une longue période de dénuement et de solitude avant d'obtenir en 1960 un emploi stable au Centre de linguistique chinoise (devenu plus tard le Centre de recherches linguistiques sur l'Asie orientale à l'École des hautes études en sciences sociales). Parallèlement à son travail, il s'est employé à traduire les grands poètes français en chinois et les poètes chinois en français. et à rédiger sa thèse de doctorat. François Cheng sera naturalisé français en 1971. Il a été élu à l'Académie française, le 13 juin 2002 et le 1er janvier 2009 a été promu Officier de la Légion d'Honneur. Dans "Cinq méditations sur la beauté" (Albin Michel, 2006), l'écrivain s'interroge sur le thème de la beauté qui puise aux sources de la langue et de la culture chinoise, et de la culture occidentale. Ce livre est une histoire de rencontres, avec ses amis, artistes, scientifiques, philosophes, psychanalystes, écrivains, qui ont échangé avec lui sur le thème de la beauté. L'écriture est le fruit de cette histoire singulière où l'homme, François Cheng, s'est donné tout entier avec humilité. Il nous parle de la "beauté-bonté". Il nous rappelle que chaque être humain est unique. Chacun peut faire l'expérience de la beauté. Dans l'amour comme dans la beauté, tout vrai regard est un regard croisé. Pour Zao-Wou-Ki, la synthèse Orient-Occident n'est pas qu'abstraite
Zao Wou-Ki est né à Pékin le 1er février 1920. L'artiste qui a déjà exposé en Chine s'installe à Paris en 1948, fréquentant alors l'Atelier d'Othon Friesz à l'académie de la Grande-Chaumière, ainsi que l'Ecole des Beaux-Arts. En 1950 le poète Henri Michaux écrit un texte sur les premières lithographies de Zao Wou-Ki. En 1962 l'artiste illustre pour La tentation de l'Occident d'André Malraux, lequel va l'aider deux ans plus tard à obtenir la nationalité française. Dans les années 1980, Zao Wou-Ki est devenu professeur de peinture murale à l'École Nationale Supérieure des arts Décoratifs, tout en donnant des cours de peinture dans son ancienne école de Hangzhou. C'est en 1984 qu'il sera distingué de la Légion d'Honneur. Puis promu Commandeur en 1993. En 1988 paraît son Autoportrait. En 1998, le peintre conçoit un panneau mural en céramique pour la station de métro "Atlantic" à Lisbonne. Depuis 1941, les expositions des œuvres de Zao Wou-Ki se succèdent à un rythme soutenu dans tous les pays du monde, et dans les plus grands musées, présentant ses multiples talents de peintre, peintre-cartonnier, graveur, lithographe, illustrateur. Zao Wou-Ki est l'un des plus illustres représentants de l'abstraction lyrique. « A travers son œuvre, il réussit la synthèse entre les moyens techniques de son héritage extrême-oriental, et l'ambition plastique et poétique de l'abstraction lyrique occidentale », peut-on lire très justement dans sa présentation Wikipédia. Mohamed Arkoun revisite notre histoire Intellectuel d'origine algérienne, né en Kabylie à Taourirt-Mimoun en 1928, Mohamed Arkoun a passé sa thèse de doctorat à la Sorbonne sur "L'Humanisme arabe au Xe siècle". Oui, clame-t-il, il y a eu une pensée humaniste arabe dans tout le Moyen Age, fondée sur la philosophie, la morale et la religion. Et de s'interroger : que s'est-il passé pour que nous ne puissions plus en parler au présent ? Qu'est devenu cet humanisme tolérant ? Ce n'est pas la faute au Coran puisqu'il n'a pas empêché le mouvement humaniste de s'exercer, de Cordoue à Téhéran. Et d'expliquer : ce qui est en jeu, c'est l'histoire économique et militaire dans l'espace méditerranéen telle qu'elle s'est déroulée à partir des XIIe et XIIIe siècles, c'est-à-dire de cette époque où l'Europe prend son essor intellectuel, scientifique, technique et devient dominante. De mimétique, la rivalité est devenue militaire en se tournant principalement autour des routes du commerce.  Il est toujours utile d'écouter Mohamed Arkoun pour tenter de comprendre les violences d'aujourd'hui. Son "islamologie appliquée" est enseignée dans diverses universités en Europe et aux Etats-Unis (Princeton, Philadelphie). Mohamed Arkoun a publié Lectures du Coran (1982), Pour une critique de la raison islamique (1984), L'islam : morale et politique (1986). il appelle à ouvrir plus franchement les pages de l'histoire des peuples méditerranéens pour trouver des réponses aux drames que nous vivons. Mohamed Arkoun est Officier de la Légion d'Honneur. Rachid Arhab a rendez-vous avec vous Né le 26 juin 1955 à Fort National (devenue Larba Nat Iraten), dans une région montagneuse kabyle du nord de l'Algérie , Rachid Arhab a vécu son enfance près de Thionville. Diplômé du CUEJ ( l'école de journalisme de Strasbourg), il a commencé sa carrière à Nancy à FR3 Lorraine. Alors à peine âgé de 30 ans, il a rejoint le service Politique intérieure d'Antenne 2 et en est devenu le chef de service en 1990. De 1992 à 1994, il assure le remplacement estival du journal télévisé de France 2, tout en continuant son travail de grand reporter pour les émissions Envoyé Spécial et Géopolis. En octobre 1997, il est nommé rédacteur en chef adjoint du journal de 13 heures et chargé de magazines. De septembre 1998 à septembre 2000, en duo avec une autre Lorraine, Carole Gaessler, il assure la présentation du journal. La formule a été un énorme succès récompensé par un Sept d'or. Rachid Arhab a plus tard présenté Ecomatin sur France 5, puis Dans la lumière sur France 2, avant de concevoir et d'animer l'émission J'ai rendez-vous avec vous, dont il est également le concepteur. Tous les dimanches, en direct d'une ville française, l'animateur recueille le témoignage de téléspectateurs souhaitant faire part de leurs points de vue sur actualité.  C'est en 2006, que Rachid Arhab a été promu au grade de Chevalier de la Légion d'honneur. Depuis janvier 2007, il est membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel. Pour beaucoup de jeunes journalistes, Rachid Arhab a été un véritable pionnier qui a permis de leur ouvrir des portes. Rachid Khimoune fait parler le bitume Dans cet univers des médias, vous connaissez bien entendu Eve Ruggieri. Mais connaissez-vous celui qui, à la ville, est son mari : Rachid Khimoune. Rachid Khimoune est né à Decazeville où son père, originaire d'El Ksar en Petite Kabylie, est arrivé en 1946. Lorsque la mine a fermé en 1955, sa famille s'est installée à Aubervilliers. De 1970 à 1974, Rachid Khimoune a poursuivi ses études dans un Lycée d'art appliqué puis à l'École des Beaux-Arts de Paris. Il pratique d'abord la peinture. A ses toiles il intègre des bribes d'écriture. Mais, à partir de 1975, Rachid Khimoune se tourne vers la sculpture, il utilise les élastomères qui lui permettent de détacher les empreintes des pavés, grilles et plaques des rues, dont il recompose les moulages en reliefs et sculptures des empreintes des pavés, des grilles et plaques de rue.  En 1985, nous (l'auteur de ces lignes) avons invité Rachid Khimoune à présenter son travail à l'exposition Strasbourg Ville en Couleurs, à la suite de l'exposition « Les enfants de l'immigration » de Beaubourg (1984). En 1986, Rachid Khimoune monte « Les hommes - valises » au Centre culturel algérien, Paris, au Centre Jean Gagnant de Limoges et à l'École des Beaux-Arts de Nancy. Les expositions individuelles et collectives se succèdent jusqu'à aujourd'hui en France et dans le monde (New York, Hangzhou, Séoul, Cuernavaca, Ouagadougou, Turin, Shanghaï. Un critique d'Algérie Actualité (Tahar Djaout) a écrit sur les œuvres de Rachid Khimoune ce très beau texte : « Le bitume est un livre ouvert. On peut y lire différentes histoires - histoires de labeurs ou de rencontres, d'inventions ou de saccages. Ainsi à travers l'intérêt qu'il porte aux plaques d'égout, Rachid Khimoune essaie de restituer des itinéraires de travail (celui des émigrés maghrébins en France, par exemple) puis de constituer, avec les éléments et résidus de la voirie, des figures qui nous regardent avec des yeux, des bouches, des nombrils interrogateurs ou moqueurs, enjôleurs ou morfondus. Assemblés par Rachid Khimoune, les morceaux de plaques d'égout, et autres humbles résidus habitués à être piétinés, donnent des personnages imprévus, éclatant d'humour ou de révolte, d'espièglerie ou de désespoir. Il faut regarder, par exemple, ces inénarrables prototypes : Toufik de La Courneuve, M. et Mne Dupont la J., gardiens de HLM à La Courneuve, Ali Bobar, cette ronde fantastique et joyeuse d'enfants du monde entier. Rachid semble édifier ainsi, figure après figure, une indénombrable famille tellurique et minérale qui représente la terre entière. » Rachid Khimoune est Chevalier de la Légion d'Honneur. Rachid Bouchareb au nom de tous les siens (d'après l'article de Jacques Mandelbaum, Le Monde) Il est né en 1959 à Paris, a grandi à Bobigny aux côtés de huit frères et soeurs auxquels ont donné naissance des parents originaires de l'Ouest algérien (non loin de Tlemcen) et installés en France depuis 1947. Le père est manoeuvre, et Rachid, après des études techniques, entre rapidement dans la vie active, comme tourneur, puis comme dessinateur industriel. Mais "l'envie de raconter des histoires", associée "aux souvenirs éblouis des westerns de Sergio Leone découverts dans (son) enfance", ne tarde pas à le rattraper. L'opportunité d'une formation professionnelle lui permet de postuler et d'être reçu au concours d'une école de cinéma, lequel cinéma ne le quittera plus désormais. En 1985 sort le premier long métrage : Bâton rouge. En 1991, c'est Cheb. Rachid Bouchareb fait figure de pionnier dans la représentation d'une population qui n'avait guère droit de cité au cinéma jusqu'alors en France. « J'étais quand même une sorte d'ovni à l'époque », raconte celui qui va fonder sa propre société de production, 3B. Little Senegal en 2001 évoque, entre l'Afrique et les Etats-Unis, la mémoire de l'esclavage. Mais depuis tant d'années, son grand projet était Indigènes : "Ce film, c'est mon histoire », dit-il lorsque ce film, devenu culte, est sorti, « c'est là d'où je viens, c'est l'histoire de mes ancêtres, ce sont les récits que j'entendais dans mon enfance, et je me suis aperçu que cette histoire, personne ne la connaissait, qu'on ne l'apprenait pas à l'école et qu'aucun film sur la seconde guerre mondiale n'en avait vraiment parlé. C'est une histoire de fidélité à la mémoire de ces hommes qui aimaient la France, ignorés aujourd'hui aussi bien par leurs petits-enfants que par l'ensemble des Français." Rachid Bouchareb est Chevalier de la Légion d'Honneur. Arezki Idjerouidène fait décoller les relations franco-algériennes Arezki Idjerouidène est le président de groupe GOFAST, groupe spécialisé dans le tourisme, le transport et la logistique. En mai 2001, Gofast reprend la compagnie aérienne Aigle Azur. Arezki Idjerouidène est séduit par la fabuleuse histoire de la compagnie. Il va la doter des moyens nécessaires à son re-décollage. Il rajeunit la flotte, adopte un nouveau logo. L'image de la compagnie rajeunit.  Aigle Azur s'insère dans le paysage aéronautique français, opérant sur tout le bassin méditerranéen. Un département fret est créé avec des vols charters/pétroliers hebdomadaires sur Hassi-Messaoud. Pour les voyageurs, chaque jour, Aigle Azur assure ses vols avec un maximum de rationalité et de rigueur. A bord (et nous en avons été les témoins amusés), les voyageurs ont une fierté au cœur lorsqu'ils entendent les messages du personnel de bord, non seulement en français, en arabe, en anglais, mais aussi en... amazigh. Par la volonté de son Président, Arezki Idjerouidène. Joseph Mahmoud a le regard de l'ancien Joseph Mahmoud le dit : « Pour gagner, il faut savoir prendre des risques et ne jamais rien lâcher ». Joseph Mahmoud sait de quoi il parle. Le natif de Safi au Maroc (le 3 décembre 1955) a été un grand, un très grand, de l'athlétisme français, licencié à l'ES Viry-Châtillon, puis au Stade français et enfin au CMS Marignane. Ce coureur de steeple a obtenu la médaille d'argent aux Jeux Olympiques d'été de 1984. Il a fallu attendre le Rémois Mahiédine Mekhissi Benabbad en 2008 à Pékin pour que la France obtienne un résultat de ce niveau. Aujourd'hui Joseph Mahmoud enseigne son art aux plus jeunes. Il entraîne en particulier Benoit Z. (vainqueur du Marathon de Paris). Le regard et la sagesse de l'ancien. Il est Chevalier de la Légion d'Honneur.  Parmi les autres Chevaliers, Yannick Noah et des personnalités déjà visibles sur entre-gens (voir l'index) : Daouda Karaboué, Yamina Benguigui, Azouz Begag, Yazid Sabeg, Yasmina Khadra,... |