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09-11-2008

Version Fémina, le magazine qui accompagne les quotidiens régionaux du week-end, propose l'élection de la femme qui fait bouger les choses. Parmi les nombreuses candidates à travers toute la France, nous avons choisi de vous présenter Aïcha Ramdani à Vaulx-en-Velin, Isabelle Mananga à Evreux, Anca Midoux Papa-Radu à Grasse et Ouafa Mockbel à Chalon-sur-Saône.

 mise à jour janvier 2009 : les lauréates 2009 "Les Femmes Version Fémina" sont Aïcha Ramdani, 2ème prix, et Ouafa Mockbel, 3ème prix, que nous vous invitions dés novembre à rencontrer (et à soutenir).

 Ouafa Mockbel : Open Café

"Choquée". C'est le terme qu'emploie Ouafa Mockbel pour décrire son état d'esprit quand, en 1999, alors qu'elle commence à travailler dans le milieu associatif de Chalon-sur-Saône, elle découvre "la précarité des gens sans ressources". Ce n'était pas vraiment une surprise pourtant. Parce que la précarité, Ouafa connaît. Née à Alger en 1970, la jeune fille suit une scolarité studieuse, obtient une licence en sciences financières et prépare une formation pour devenir expert-comptable... quand elle rencontre Karim, chef de service à la télévision algérienne.  Tout aurait pu se dérouler sous les meilleurs auspices pour le jeune couple. Mais en 1994, suite aux "évènements", Karim craint pour sa vie. Né de mère française, il décide de rejoindre la France pour sa sécurité. Commencent alors pour Ouafa et Karim de longues années difficiles: "A Alger, on vivait bien, on avait tout ce qu'il faut. Nous sommes arrivés à Chalon avec deux valises et une seule préoccupation : trouver du boulot pour avoir un salaire". Au début, le couple habite chez les parents de Karim, puis trouve un studio. Le jeune homme enchaîne les petits boulots, des boulots qui n'ont rien à voir avec les responsabilités qui étaient les siennes à Alger. Repartir de zéro.

Peu à peu la situation du couple s'améliore. Au début, le couple habite chez les parents de Karim, puis trouve un studio. Le jeune homme enchaîne les petits boulots, des boulots qui n'ont rien à voir avec les responsabilités qui étaient les siennes à Alger. Repartir de zéro. Peu à peu la situation du couple s'améliore. 

Peu à peu la situation du couple s'améliore. Au début, le couple habite chez les parents de Karim, puis trouve un studio. Le jeune homme enchaîne les petits boulots, des boulots qui n'ont rien à voir avec les responsabilités qui étaient les siennes à Alger. Repartir de zéro. Peu à peu la situation du couple s'améliore. 
Au début, le couple habite chez les parents de Karim, puis trouve un studio. Le jeune homme enchaîne les petits boulots, des boulots qui n'ont rien à voir avec les responsabilités qui étaient les siennes à Alger. Repartir de zéro. Peu à peu la situation du couple s'améliore. 

  "je veux créer des liens entre les gens"

Trois enfants voient le jour, mais Ouafa n'oublie rien. Elle est d'ailleurs confrontée à la population des quartiers, d'abord en travaillant chez un pédiatre, puis au sein d'une association. De là naît sa révolte: "Je ne m'attendais pas à ce que des gens, habitant en France depuis 30 ou 40 ans, n'aient pas droit à une vie paisible. Ils ont construit la France, travaillé dans le bâtiment, ont été anciens combattants pour la France et ils touchent le minimum, sont isolés, n'ont plus de famille et finissent parfois dans la fosse commune par absence de reconnaissance". La situation des femmes des "quartiers" interpelle également Ouafa. "Elles sont en détresse, ne savent pas qu'elles peuvent apprendre gratuitement le français par exemple. Elles ne parviennent pas à éduquer leurs enfants, elles pensent que l'école doit tout faire. Les parents sont restés avec leurs idées d'avant, celles qu'ils avaient dans leur pays avant d'en partir et n'ont pas du tout évolué alors que leur pays d'origine, lui, a évolué". Dur constat. Mais comme rien ne doit rester sans espoir, Ouafa, avec d'autres, tous bénévoles, décide de se retrousser les manches. Elle fonde Open Café, et fourmille de projets pour faire avancer ces familles, pour les ancrer dans la vie d'aujourd'hui et créer un "lien social intergénérationnel". Ateliers, animations, visites à l'hôpital, repas pris en commun, cours d'alphabétisation, exposition... "Ma plus belle récompense ? C'est par exemple comme lorsque nous avons organisé un barbecue avec des résidents de l'ex-foyer Sonacotra. L'un d'entre eux m'a avoué que c'était sa première sortie en 35 ans. Il y a ces femmes aussi que l'on aide à sortir de leur dépression en leur montrant qu'elles peuvent encore être utiles, qu'elles font partie de Chalon et qu'elles sont des citoyennes à part entière". C'est peut-être cela la solution de l'intégration.

Association Open Café, 06.34.59.17.98, open-cafe.asso-entraide@hotmail.fr

  Aicha  Ramdani : Frameto

Présidente de l'association Frameto, Aïcha Ramdani favorise les échanges entre les générations au travers de nombreux projets sociaux. Enfant du quartier Voltaire de Vaulx-en-Velin, elle a longtemps observé ses petits frères "rouiller" en bas des immeubles, faute de mieux. Son vécu la pousse à prendre bénévolement les rênes de l'association Frameto et depuis 10 ans elle manie l'anti rouille à la perfection. Elle a fait de l'accompagnement scolaire et des échanges entre habitants du quartier son cheval de bataille. "S'il y a échec scolaire il n'y a pas d'évolution possible dans l'échelle sociale. L'association fait appel à des étudiants de l'Ecole nationale de travaux publics pour aider les collégiens en difficulté. C'est aussi une façon pour les jeunes du quartier de s'extérioriser en découvrant l'autre". La trentaine dynamique, elle est à l'écoute des besoins de la population locale et cherche à l'impliquer au travers de nouveaux projets afin que "lesgens soient acteurs à part entière et pas seulement consommateurs". Elle ajoute : "Des sorties culturelles familiales, des camps de vacances ou des cours de sport entre mères et filles sont des instants de partage et de dialogue dans les familles". La jeune femme a également réussi le pari de mettre en place un groupe de parole pour adolescents, animé par un psychiatre. Prochain défi : impliquer davantage les pères dans leur relation avec leurs enfants.

 Isabelle   Mananga : Label beauté noire

Un peu partout fleurissent ces commerces "ethniques" et les femmes noires y accourent à la recherche de produits qui éclaircissent la peau. Isabelle Mananga est consultante en communication marketing interculturel dans les secteurs de la beauté et de l'alimentation. A Evreux où elle habite, des femmes lui ont parlé des accidents de santé que ces produits avaient pu provoquer : brûlures de peau, eczémas, diabète, insuffisances rénales ou même cancers. Aujourd'hui, elle alerte : " Pour vos produits cosmétiques, allez en pharmacie, surtout n'achetez pas dans le ghetto". Ses interventions répétées auprès de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes n'aboutissaient pas. Impossible d'agir en tant qu'individu. Elle a donc créé une association, Label beauté noire, avec les victimes de ces produits dangereux et elle l'a basée au quartier de la Madeleine à Evreux. L'association agit d'abord en prévention. Ses sessions d'information rencontrent partout un énorme succès. Elle est sollicitée dans toute la France, à Marseille, à Toulouse, à Paris,... mais elle tient à ce que l'association reste domiciliée dans ce quartier dit "sensible" d'Evreux où elle est née en 2004. La présence de Label beauté noire à la Madeleine apporte aux habitants du quartier une fierté lorsque les équipes de télévision ou les journaux nationaux débarquent.

 Label beauté noire travaille avec des professionnels de la santé, des médecins, des pharmaciens. Ensemble ils ont mis en place une charte de qualité qui devra permettre une traçabilité et une certification des cosmétiques dédiés aux peaux de couleur. Le lancement de cette charte est prévu pour mars 2009 à l'occasion d'une journée d'information organisée à l'UNESCO. L'association a développé des partenariats avec le service dermatologique de l'Hôpital Saint-Louis ou de l'Hôpital Bichat à Paris, avec l'Agence Française de sécurité sanitaire des produits de santé. Les pharmacies qui adhèrent à la démarche distribuent désormais des crèmes de soins, maquillage, adaptés aux peaux métissées et noires. Dés que Label beauté noire aura reçu l'agrément national en tant qu'association de consommateurs, elle pourra engager des recours.

Aux femmes noires qui se disent discriminées par la couleur de leur peau, Isabelle Mananga démontre par sa seule présence fière et digne que l'on peut réussir et vivre sereinement en assumant son identité. Elle n'hésite pas à dire : "Pour toutes ces femmes. la meilleure des thérapies est de me voir". Isabelle Mananga n'a pas une seule fois de sa vie eu l'idée de se blanchir la peau. Fière et digne !

Label beauté noire, 06.32.27.72.19, manangaisabelle@yahoo.fr

   Anca Midoux Papa-Radu :  l'Académie Anca-Sonia

Avoir un axe et s'y tenir. Aucune devise ne caractérise mieux Anca-Sonia, de son vrai nom Anca Madoux Papa-Radu, que celle-ci. Voilà quinze ans que cette Roumaine d'origine, et grassoise d'adoption, a réalisé son rêve d'enfance : fonder sa propre Académie des beaux-Arts. Un espace de création où chacun exprime librement sa réalité, au sein d'une structure établie. "C'était mon souhait depuis l'âge de 9 ans", avoue-t-elle. Loin d'un art rigide et étri de contraintes qu'on luie enseignait petite fille aux Beaux-Arts de Bucarest, l'artiste peintre ambitionne de "tirer les gens vers le haut en les amenant à comprendre le sens de leur art, sans les juger". Arrivée à Grasse en 1992 pour suivre son mari, la jeune femme de 23 ans ne possède alors ni argent ni connaissance de la langue française. Elle mobilisera pourtant toute son énergie pour concrétiser son projet de toujours : démarches entreprises auprès de la mairie, organisation d'un premier atelier de dessin dans un garage de 10 m2... A peine un an plus tard, elle inaugure l'Académie Anca-Sonia, de son nom d'artiste. Aujourd'hui, plus d'une centaine d'élèves de 16 à 60 ans suivent des cours de dessin, de peinture, de modelage ou d'histoire de l'art dans une ancienne parfumerie de 500 m2, aux odeurs douceâtres de vieux bois. Depuis deux ans, Anca-Sonia a réussi l'exploit de créer une école primaire, agréée par l'Education Nationale. Dans son établissement, 11 élèves de 5 à 11ans suivent un cours unique, entre cours traditionnels le matin et cours d'art l'après-midi. A 40 ans, cette maman de deux enfants de 13 et 6 ans, aujourd'hui remariée, n'a pas pour autant délaissé sa vie d'artiste. Elle peint toujours autant, la nuit le plus souvent. "Heureusement, je récupère vite", confie-t-elle en souriant. Son prochain rêve ? Ouvrir une grande école, avec collège et lycée. Nul doute qu'elle trouve les moyens d'y parvenir.

 (d'après http://www.femina.fr/leprixlesfemmesversionfemina/8e-edition/ avec le concours des quotidiens régionaux)

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