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Burak Ozyilmaz, 15 ans, est fêté en héros dans le village de Turquie où il passe ses vacances. Découvrez pourquoi. Souad El Bouhati est passée des centres d'hébergement d'urgence aux plateaux de cinéma. Découvrez comment. Djamel Bensalah voit maintenant toutes les portes s'ouvrir. Découvrez où. Le conte de fées de Burak et ses copains-copines 
Juillet 2008, Burak Ozyilmaz, 15 ans, avec son Brevet des collèges en poche, est parti comme chaque été, sauf en 2007 et on verra pourquoi, vers le village de Turquie dont ses parents sont originaires. Il sera fêté en héros. A 15 ans, avec ses camarades de la classe de troisième, il a reçu la Palme d'Or du Festival de Cannes. A son retour dans quelques semaines, le 24 septembre 2008, le film Entre les murs sortira en salle et Burak sera au lycée avec pour objectif un Bac scientifique. Juillet 2007. Cet été ne sera pas comme les autres. Pour la première fois, Burak n'est pas parti en Turquie. Il tourne un film. Les caméras et les projecteurs ont envahi pendant tout un mois les couloirs d'un établissement scolaire parisien. Une superambiance règne entre tous et l'été 2007 restera inoubliable. Octobre 2006. Quand un écrivain, François Begaudeau, et un réalisateur, Laurent Cantet, entrent dans la salle de classe où Burak commençait sa classe de 4ème, les élèves sont un peu sceptiques sur le projet qui leur est présenté : raconter la vie au collège. On leur propose un atelier cinéma tous les mercredis après-midi. Burak s'y inscrit, puis s'y implique de plus en plus. D'autres camarades abandonnent. C'est le début d'une aventure qui finira sur les marches du festival de Cannes un an et demi plus tard. Le Bondy Blog a rencontré Burak tout juste avant son départ pour la Turquie. Il raconte son année conte de fées. Il a encore les yeux qui pétillent.  La tête sur les épaules Souad El Bouhati, réalisatrice franco-marocaine, a d'abord été éducatrice dans des centres d'hébergement d'urgence à Toulouse. La jeune femme de Colomiers s'est tournée vers le cinéma en entrant par la petite porte, d'abord en tant qu'assistante-monteuse (1992) puis monteuse (1995-1998). Elle est titulaire d'une maîtrise de cinéma qu'elle a passé à l'Université Paris VIII. Avec Salaam, un court-métrage, Souad El Bouhati racontait l'histoire d'Ali, un immigré algérien arrivé au crépuscule de sa vie et qui souhaitait finir celle-ci là où elle avait commencé. Française est son premier long-métrage et cette fois, nous suivons une adolescente (jouée par Hafsia Herzi), née en France, obligée de suivre sa famille qui a décidé de retourner dans son pays d'origine. D'un film à l'autre, Souad El Bouhati a connu un immense succès et la reconnaissance de son talent, par les critiques comme par le public, mais ce succès ne lui monte pas à la tête. Elle a côtoyé tellement de vies cahotiques lorsqu'elle était éducatrice. Elle continue à travailler... et sa petite soeur suit maintenant son chemin.  L'humour français de Djamel Bensalah Enfant, Djamel Bensalah, de Saint-Denis (93), rêvait de cinéma. Au lycée déjà, il faisait tous les castings pour être comédien, pas pour jouer la comédie mais pour apprendre, pour observer le travail sur les plateaux et devenir plus tard celui qui dit : "Action, coupez !", le réalisateur. Il passait son bac tout en réalisant un court-métrage qu'il présentait à Cannes. Il faisait le tour des producteurs. Aujourd'hui, Djamel Bensalah s'est fait un nom et à peine a-t-il écrit un scénario que déjà le film trouve son financement. Mais à 20 ans, il fallait une bonne dose de culot et de bagout pour se faire ouvrir les portes. Son truc à Djamel, c'est l'humour, un humour bien français. Son pote, c'est Jamel Debbouze ("on n'a pas besoin de se parler pour se comprendre"). Son premier film a été pas tout à fait autobiographique, mais tout de même proche de sa vie, de la banlieue où il a grandi, un film qui ne se prend pas la tête, qui positive, loin de la Haine. Djamel Bensalah a une arme qu'il maîtrise parfaitement : l'humour. Cela lui permet de tout dire: les cartes d'identité qu'il faut présenter cinq fois par jour, les relations filles - garçons, les beaufs... tout cela par la dérision. La Kalashnikov, ce n'est pas pour lui. Djamel Bensalah met en scène la jeunesse bien de chez nous, c'est à dire bigarrée et colorée et avec talent et humilité. Filmographie : Y a du foutage de gueule dans l'air (1996 : court-métrage, avec Jamel Debbouze encore inconnu), Le ciel, les oiseaux et... ta mère ! (1999, toujours avec Jamel Debbouze, cette fois connu et reconnu), Le Raid (2002), Il était une fois dans l'oued (2005), Big City (2007). ( avec l'actrice franco-italo-hispano-kabyle, disons "méditerranéenne"... Karina Testa) Djamel Bensalah préparerait un nouveau film, une histoire d'amour entre deux jeunes d'aujourd'hui, l'un badine (le garçon), l'autre patine (la fille), mais chut ! on n'en dit pas plus... Coupez ! C'est dans la boite... A lire également nos articles : Ecran couleurs et Nominées |