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Page 2 sur 5 Serge Letchimy, le 7 février 2012 à l'Assemblée nationale
« Nous savions que pour M. Guéant la
distance entre immigration et invasion est totalement inexistante et qu'il peut
savamment entretenir la confusion entre civilisation et régime politique. Ca
n'est pas un dérapage, c'est une constante parfaitement volontaire. En clair,
c'est un état d'esprit et c'est presque une croisade. M. Guéant vous déclarez du
fond de votre abîme, sans remord ni regret, que toutes les civilisations ne se
valent pas. Que certaines seraient plus avancées voire supérieures.
Non
M. Guéant, ce n'est pas "du bon sens", c'est simplement une injure qui est faite
à l'Homme. C'est une négation de la richesse des aventures humaines. C'est un
attentat contre le concert des peuples, des cultures et des civilisations.
Aucune civilisation ne détient l'apanage des ténèbres ou de l'auguste éclat.
Aucun peuple n'a le monopole de la beauté, de la science du progrès ou de
l'intelligence.
Montaigne disait "chaque homme porte la forme entière
d'une humaine condition". J'y souscris. Mais vous, monsieur Guéant, vous
privilégiez l'ombre. Vous nous ramenez jour après jour à des idéologies
européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long
chapelet esclavagiste et coloniale.
Le régime nazi, si soucieux de
purification, était-ce une civilisation ? La barbarie de l'esclavage et de la
colonisation, était-ce une mission civilisatrice ? Il existe, M. le Premier
ministre, une France obscure qui cultive la nostalgie de cette époque, que vous
tentez de récupérer sur les terres du FN. (NDLR : Fillon se lève et part, suivi
du gouvernement)
C'est un jeu dangereux et démagogique qui est
inacceptable. Il existe une autre (NDLR : France), celle de Montaigne, de
Condorcet, de Voltaire, de Césaire ou d'autres encore. Une France qui nous
invite à la reconnaissance, que chaque homme...» (discours interrompu) Lettre ouverte de Serge Letchimy à Claude Guéant
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