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08-05-2007
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 27 octobre  2007 : Booder dans le boudoir (Théâtre du Gymnase, tous les week-ends du jeudi au dimanche à 20 h 30)

 Critique de spectateurs / Samtam (26 octobre):"Aucun mot n'est assez fort pour définir la soirée que nous avons passée. Quel débit! Quelle générosité! Un régal" Nataly (26 octobre): "Il mériterait d'aller dans une salle plus grande. Très bonne interprétation. Aucune vulgarité. Il joue beaucoup avec son physique et cela marche très bien". Mais de qui parlent-ils ?

Ne boudez pas votre plaisir d'aller rencontrer Booder au Théâtre du Gymnase. Booder (dans la vraie vie, Mohamed Benamnya) est petit mais il est vaillant. Il n'est peut-être pas un beau gosse mais sa tchatche et son humour sont sans pareil.

Si, il y a bien entendu Jamel Debbouze. Lorsqu'on le compare à lui, Booder prend cela bien entendu comme un compliment mais il réplique aussitôt: "Mais moi, j'ai ma personnalité". Booder est humoriste. Dans son one-man-show, il joue de son apparence pour étriller les beaux gosses et raconter son parcours de jeune beur d'origine marocaine en banlieue parisienne: l'ennui, l'exclusion scolaire, la galère, l'université, les flics, les diplômes qui ne servent à rien quand tu n'es pas dans la norme, beau, blanc, grand. Booder est petit et cela lui va très bien. "J'ai toujours aimé l'univers des dessins animés. Je refuse de grandir, en quelque sorte". Pourtant sur scène, Booder est grand.

 22 octobre  2007 : Nawel, alias Wallen, vous emmène en bateau ("O capitaine, mon capitaine")

Après Abd Al Malik la semaine dernière, aujourd'hui Wallen, née Nawel. A la ville, la seconde est l'épouse du premier. Sur la scène, tous les deux expriment leurs talents dans la chanson. Wallen, qui lorsqu'elle était enfant à Bobigny accompagnait parfois sa mère à "l'alphabétisation" et Abd Al Malik, l'enfant du Neuhof, ont décidé aujourd'hui de s'engager contre l'illettrisme. Ils viennent de réaliser un CD musical inédit, "O capitaine, mon capitaine", en vente à partir du 22 octobre et dont les bénéfices seront entièrement reversés à l'Association de la Fondation Etudiante pour la Ville (AFEV) et à l'Association pour favoriser une Ecole Efficace (APFEE).

                           

Wallen est une grande artiste du R&B. Elle soigne particulièrement ses paroles qu'elle écrit elle-même. Elle rend hommage à ses parents immigrés venus du Maroc. « Parle moi de Bobigny en 70 et de tes sacrifices pour tes chers filles et fils ». Elle dit son amour pour son propre enfant qu'elle emmène aujourd'hui au CP : « A mon tour maman j'ai un fils. Je lui décrirai Bobigny en 90 ». La petite Nawel est née en 1978. A huit ans, sa grande sœur l'a inscrite au Conservatoire. Elle y apprend le violon. Elle chante aussi. Et c'est le programmateur de la salle « Le divan du monde » qui l'a invitée à monter sur scène, après avoir entendu des jingles qu'elle réalisait pour la radio TSF de Bobigny. Nawel avait 17 ans. Des amis lui permettent de rencontrer des producteurs de hip-hop qui vont finir par ciseler le diamant. Aujourd'hui elle est devenue le porte-drapeau du R&B féminin français. « La lumière est sur toi. Tu joues ta saga, saga. Bouge cette vie. Suis la musique et bouge la, bouge la ».

Le CD « O capitaine, mon capitaine » est distribué dans les 71 FNAC de France. Wallen et Abd Al Malik en feront la promotion dans les FNAC de Paris-Les Halles (31 octobre), Lyon (3 novembre), Montpellier (7 novembre), Thiais (9 novembre), Marseille (10 novembre), Bordeaux (8 décembre).

 13 octobre  2007 : Abd Al Malik bénit la France

                     

Abd Al Malik est aujourd'hui une star. Mais le jeune Régis, son nom de baptême, d'origine congolaise mais né à Paris (14 mars 1975) et qui a grandi dans la cité du Neuhof à Strasbourg, a tout connu avant de vivre sa célébrité d'aujourd'hui : le divorce des parents, la rébellion, la délinquance, la drogue, puis la conversion à l'islam, le flirt avec l'activisme islamiste. A deux doigts de franchir la ligne rouge, l'étudiant en philo qu'il est devenu découvre le soufisme : il devient alors un militant de la paix. Et puis il s'exprime par le slam et la musique et il obtient très vite la consécration. Sur son site, il écrit : « La forme de récit qui me touche le plus souvent est autobiographique... nos histoires de vie sont singulières mais elles se ressemblent en cela : le partage d'une même humanité. Longtemps, j'ai voulu fuir cette évidence, nous la fuyons tous... » Régis Fayette-Mikano, dit Abd Al Malik, a raconté son histoire dans un livre autobiographique publié chez Albin Michel, « Qu'Allah bénisse la France ». Il sera la tête d'affiche de Cité Rap à Saint-Brieuc du 27 octobre au 3 novembre (avant-première avec de la danse hip hop le 20 octobre au Collinée). Son portrait par RFI.

 8 octobre  2007 : Liwen Dong, solidaire

A Wenzhou (une agglomération de sept millions d'habitants à 400 kms au sud de Shangaï), on a depuis toujours la « bosse du commerce » et depuis un siècle des liens privilégiés avec la France, depuis que 140 000 travailleurs de la province du Zhejiang ont été « importés » en France pour faire tourner les arsenaux de la Première Guerre Mondiale.

 Xian Nan, littéralement la « fée du Sud », était un village. Absorbé par la métropole voisine, c'est aujourd'hui un faubourg de Wenzhou. C'est là qu'a grandi Liwen Dong, connaissant tout de la France par la télévision : la Tour Eiffel, les Champs-Elysées, la tombe du soldat inconnu. C'est à Paris qu'est depuis toujours le rêve familial. Trois enfants Dong vivent aujourd'hui en France. La fille aînée est devenue française ; elle est mère de trois enfants nés français ; elle est propriétaire de son logement à Paris. Liwen est le dernier arrivé, en 1999, à l'âge de 25 ans. Sa famille a payé 130000 yuans (16000 euros) aux « têtes de serpents » (les passeurs). Il est arrivé via la Grèce et l'Italie. Il a travaillé comme tant d'autres dans la confection puis la restauration. Aujourd'hui, il parle français et dirige l'association Hui Ji (Ji comme « chance », Hui comme « réunir ») : réunir pour réussir.

 Samedi 6 octobre, il a organisé à Paris une manifestation silencieuse en hommage à Chulan Liu, décédée pour s'être défenestrée le 20 septembre par peur de la police. Chulan, 51 ans, ne venait pas du Zhejiang (le Sud) mais du Dong Bei (le Nord), région sinistrée de la Chine. Mais tous les Chinois étaient rassemblés, sortant de leur réserve habituelle. Tous voulaient agir. Les pancartes disaient : « elle est morte à cause des quotas » ou « les expulsions tuent ». Sur le boulevard passe une limousine de mariés chinois. Gao, huit ans, né en France de parents sans papiers, fond en larmes : « J'ai peur que la police prenne ma famille » (AFP). Liwen Dong prend la parole : « Les Chinois en ont marre d'être persécutés, d'être raflés, de vivre dans la terreur ». Avant pour les Chinois, être courageux voulait dire être travailleurs ; maintenant cela veut dire être solidaires.

 2 octobre 2007 : le message positif de Ryadh Sallem

Ryadh Sallem est basketteur handisport de haut niveau (triple champion d'Europe). Il est le créateur du Défistival, "marche festive contre l'indifférence" qui vient de se dérouler pour la cinquième année consécutive au Champ de Mars à Paris les 21 et 22 septembre derniers. Il est également le fondateur de l'association CAPSAAA (Cap Sport Art Aventure Amitiés) dont l'objectif est d'intervenir dans les écoles (programme Capclasse). Par ces deux initiatives, Ryadh fait passer un message positif sur le handicap. "Chacun peut avoir des problèmes, chacun peut aussi avoir des solutions", aime-t-il à dire, ajoutant que "l'humain face à la difficulté a des ressources incroyables". La devise du Défistival est: "Venez avec vos différences, repartez avec vos ressemblances". Ryadh Sallem est aujourd'hui consultant Gaz de France. Dans les entreprises, il porte ce message: "Faire de l'argent, c'est important. Faire de la richesse l'est encore plus".


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