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08-05-2007
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26 mai 2007 : Abla Djouama, le casting se métisse

Le 5 mai dernier, Djamila Benabdelhafid, la dynamique Présidente de l'association Inter-Cultures créée à La Castellane (vous savez, le quartier de Zidane) organisait au Palais des Congrès de Marseille le Concours Miss Beauté du Maghreb. Le jury était présidé par Samia Ghali, vice-présidente du Conseil régional. 350 candidates s'y sont présentées, venant de toute la France. La lauréate est Abla Djouama, jeune Marseillaise de 17 ans. Elle rencontre aujourd'hui Mme de Fontenay, Présidente du Comité Miss France, laquelle dit rêver d'une « beurette » Miss France.

                         

                       (photo Le Parisien, 23/5/07)

 

Il faut dire qu'Abla a tous les atouts : la taille (1m77), le sourire, la tête (une bonne scolarité), les jambes (double championne de France minimes de taekwondo),... Non, Entre-gens ne fait pas maintenant dans le people, même si tout le monde le fait désormais, à la manière de la nouvelle communication élyséenne. Mais dans notre société de l'image, il est impossible de ne pas s'intéresser à tous les signaux d'ouverture vers une meilleure représentation de la diversité. L'agence de mannequinat Elite a organisé le 23 mai un casting géant au Centre commercial Bel Epine, à côté de la Cité des Grands Champs, à Thiais (Val de Marne). Des centaines de candidates de banlieue s'y sont précipitées, dont Ilhame, très motivée pour tenter sa chance. A Bobigny, la styliste Sakina M'Sa préfère pour ses créations colorées les modèles métissé(e)s de banlieue. L'agence de communication TBWA s'implante dans les quartiers pour susciter les vocations. Le Jamel Comedy Club détecte les futurs comiques dans les cités. Luc Besson transpose le Festival de Cannes en banlieue. Suivez tous nos liens si vous voulez en savoir plus.

20 mai 2007 : Rama Yade annonce la couleur

« La République, c'est comme les discothèques. On fait d'abord entrer les habitués ».  

Rama Yade a conscience d'incarner tout ce que les hommes politiques ne sont pas : elle est femme, jeune, noire et musulmane. On peut ajouter qu'elle est mariée à un socialiste. Elle milite à l'UMP où elle est secrétaire nationale à la francophonie.

                             

Née à Dakar il y a trente ans, elle a passé au Sénégal les huit premières années de sa vie, élevée par ses deux grands-mères. Elles lui ont appris la grande histoire de l'Afrique. Sa mère lui a donné le goût de la politique et transmis les valeurs de l'effort et du travail. Arrivée à Colombes en 1983 dans un quartier populaire, elle brille dans ses études.

Diplômée de Sciences Po, spécialiste de littérature allemande, elle anime aujourd'hui le Club XXIème siècle qui milite pour la reconnaissance de la diversité dans la société française. Elle travaille pour Public Sénat. En mars, en pleine campagne électorale où elle est invitée dans de nombreuses villes de France par les Jeunes Populaires, elle publie Noirs de France (éd. Calmann-Lévy). Quand Rama parle dans les meetings de l'UMP, les jeunes boivent du petit lait, eux qui en ont marre qu'on les traite de fachos, les vieux marmonnent, le ciel leur est tombé sur la tête

13 mai 2007 : Amina Touidjine crève l'écran

A 8 ans, à son arrivée en France avec ses parents réfugiés algériens, elle ne parlait pas un mot de français. A 13 ans, elle interprétait Molière à l'Académie Française et le 16 juin 2001, elle lisait à l'Assemblée nationale l'Appel de Paris pour le droit d'asile à l'occasion du  50ème anniversaire de la Convention de Genève.  A 19 ans aujourd'hui, Amina mène de front ses études en même temps qu'une brillante carrière au théâtre et même au cinéma (le téléfilm Les Thibaut). Le Festival Les yeux ouverts lui rend hommage en présentant le film Amina ou la confusion des sentiments.

7 mai 2007 : SheinB, gymnaste littéraire, au Musée Dapper

La télé endort les masses, SheinB les réveille. De sa vie, elle est l'auteur et l'interprète. Originaire de Valenciennes, elle a découvert avec passion la gymnastique jusqu'à ce que son rêve d'enfant de devenir championne olympique se brise par une tumeur au cerveau. Après quatre ans de combat contre la maladie, elle arrive dans la région parisienne et se reconstruit par le slam. Elle rebondit, saute, jongle avec les mots. Elle écrit sur les murs de la vie. En mars 2007, SheinB a animé un atelier d'écriture avec les élèves du lycée Jean Lurçat (Paris 13ème). Les artistes en herbe ont interrogé le passé : la colonisation, l'esclavage.

                                  

                                                  (SheinB)

Le 20 mai à 15 h (spectacle unique), ils investiront le musée Dapper, accompagnés de musiciens, pour un moment de partage inoubliable. C'est "Des mots pour le dire" dans le cadre de Mémoire partagée (2 au 20 mai 2007). En organisant chaque année Mémoire partagée, le musée Dapper est LE lieu de rencontres et de dialogues autour de cette histoire qui nous est commune : la traite négrière, l'esclavage puis leur abolition hier, les nouvelles identités créoles, les discriminations aujourd'hui.

Slam de fond : le slam au féminin, la planète slam, la poésie démocratisée, un flot d'encre venu du 93, ivoirien et iditou ...

le slam, une véritable lame de fond dans la société française de 2007.

1er mai 2007 : M. Ekotatebaz aime et écoute l'Alsace

Le 9 mai, Maïgari Ekotatebaz alias Lord Fifty, son nom de scène, sort dans les bacs son album "Le lion et la cigogne". Le lion, c'est le Cameroun qui lui a offert des racines (par sa mère, car lui est né en Allemagne). La cigogne, c'est l'Alsace qui lui a offert sa jeunesse : le lycée de Barr, les copains de Schweighouse et surtout... sa ville de Strasbourg. Sur sa poitrine, il a tatoué 67. Tous ses textes disent sa passion pour l'Alsace : Africain - Alsacien, Fier d'être du 67, 67 Party, Jetzt geht's los et puis Pour une fille d'Alsace où sur un air de valse, il dit à sa mère comment il a craqué pour une blonde aux yeux bleus. Tout est pourtant improbable chez Lord Fifty, l'enfant du vignoble qui fait du hip hop, le rapper diplômé de HEC, l'étudiant en commerce qui a oublié ses papiers.

Ce même jour du 9 mai, Lord Fifty est auditionné au  Tribunal Administratif, sa dernière chance avant l'expulsion vers un Cameroun qu'il n'a jamais connu. Passionné par la vie, le musicien n'a jamais pris garde à sa situation administrative. Mais la Préfecture ne l'a pas entendu de cette oreille. « Je dois être fou de penser ça, nous dit Lord Fifty, mais je suis persuadé qu'il s'agit d'une erreur d'appréciation. Quand je dis aux gens que je ne suis pas de nationalité française, ils ne me croient même pas, et pourtant... Pour moi, être français commence par aimer la France et à ce niveau, je suis bien plus français qu'un bon nombre de personnes qui résident en France. J'ai le sentiment qu'une injustice est en train d'avoir lieu. J'ai du mal à concevoir que la France veuille m'expulser alors que je souhaite participer à son développement, et ce durablement ». Car Lord Fifty a des valeurs. « Je suis conscient des problèmes qu'il y a dans notre société mais je pense que pour avancer, il ne faut pas se focaliser dessus [...] avec le lot quotidien de discriminations de toutes sortes, on se communautarise trop, moi ma musique est un pas vers mon prochain ". Le rap de Lord Fifty est une musique de métissage, une musique qui adoucit les mœurs. Même son refrain sur Sarkozy qui ouvre désormais son site n'a aucune agressivité. Maïgari, la France il l'aime. Comment pourrait-il la quitter ? Décision du Tribunal, début juin 2007.


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