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Page 9 sur 12 26 avril 2009 : Anousheh Karvar contre toutes les discriminations Conservatrice en chef de bibliothèque, Anousheh Karvar est entrée en 2006 à la Commission Exécutive de la CFDT et depuis lors, elle porte avec toute la force de sa conviction la question de la lutte contre les discriminations. A la HALDE, cette dirigeante syndicale apporte son expertise, après avoir publié de nombreux travaux sur les cadres dans l'entreprise comme sur les inégalités qu'elles soient liées aux origines, au genre ou bien encore aux préférences sexuelles. Le 1er mai 2009, dans la rue avec son syndicat, elle défend le principe d'égalité dans l'entreprise. Les discriminations sont partout, et pas seulement en matière de recrutement. Anousheh Karvar a pu analyser les évolutions de carrière où les discriminations sont persistantes. Les sept entreprises qui viennent de recevoir pour la première fois le "label diversité" sont des arbres qui cachent la forêt. Pour Anousheh Karvar, la question des discriminations est un enjeu de dialogue social et les syndicats ont un rôle essentiel à exercer sur cette question de société. 19 avril 2009 : le Pr. El Mouhoub Mouhoud regrette le rendez-vous raté Ce Professeur d'Economie à l'Université de Paris Dauphine et à Sciences-Po Paris dirige le Groupement de Recherches International DREEM (Développement des Recherches Economiques Euro-méditerranéennes) du CNRS. Ses travaux actuels portent sur la mondialisation, l'intégration européenne et l'élargissement de l'Union Européenne, la localisation des activités, les délocalisations industrielles ainsi que les migrations internationales. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Mondialisation et délocalisation des entreprises, (Repères, La Découverte, 2008), et L'Europe et ses migrants. Ouverture ou repli ? (avec J. Oudinet, L'Harmattan, 2007). Il est membre du Conseil d'Orientation Scientifique de la Fondation Terra Nova et c'est tout naturellement dans le cadre des travaux de ce think tank qu'il s'est intéressé au pacte européen sur l'immigration et l'asile, adopté par le Conseil européen des 27 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE. Six mois après, il regrette toujours le rendez-vous raté. Le Pacte ne prend pas en compte la réalité des nouvelles migrations: les migrants viennent d'un plus grand nombre de pays, ils sont plus qualifiés et plus mobiles dans l'espace européen. Le Pacte est loin de définir une véritable politique européenne d'immigration: les régimes européens semblent davantage concurrents que complémentaires. Le Pacte criminalise l'immigration illégale sans mettre en place la moindre mesure concrète pour agir sur les donneurs d'ordre et sous-traitants qui emploient les migrants en situation irrégulière. Le Pacte introduit l'idée d'une sélection de l'immigration légale mais qui n'offre que des statuts précaires aux migrants, alors qu'il conviendrait d'offrir plus de stabilité. Le Pacte ignore les opportunités de l'immigration pour le co-développement, alors même que des mesures concrètes pourraient être prises pour rendre plus faciles et moins coûteux les flux de transferts de fonds. La France a-t-elle à se réjouir de ce Pacte, comme le fait bien évidemment le Ministère ? Pour le Professeur El Mouhoub Mouhoud, la France a plutôt raté un rendez-vous. 12 avril 2009 : mounir fatmi, artiste majuscule mounir fatmi ne veut pas de majuscules à son nom, une manière pour lui d'échapper à une identité qui ne serait pas la sienne. Né en 1970 à Tanger, il a grandi dans cette ville qui puise autant dans l'Europe toute proche que dans l'Afrique et ses traditions. mounir fatmi est lui-même à la croisée des cultures et à la croisée des arts. Jeune peintre reconnu au Maroc, il a voulu se déraciner, tenter les Etats-Unis et l'Europe, il a aussi choisi d'allier les arts, la vidéo et la peinture et ses expositions sont des sculptures architecturales où le visiteur peut se perdre, un parcours d'obstacles, comme la vie, comme le monde moderne. On retrouve chez mounir fatmi toutes les violences contemporaines : la domination libérale, marchande, l'embrigadement religieux, le terrorisme... Les passants ont des ceintures d'explosifs, les détenteurs d'otages parlent dans des vidéos, les intégristes du capital sont à Davos,... mounir fatmi vit avec son histoire, il pense donc il ne suit personne, pas même son ombre. Retrouvez mounir fatmi à Sélestat (Bas-Rhin) jusqu'au 17 mai 2009 au Fonds Régional d'Art Contemporain (FRAC), 2 espace Gilbert Estève. (d'après le site www.mounirfatmi.com ) 5 avril 2009 : pour Mamane, toute naissance est une "déconnade" N'est pas Français qui veut. Moustapha Mohamed Moctari en sait quelque chose, lui qui vient du pays le plus pauvre de la planète ("même pas du monde !... de la planète ! vous imaginez... plus pauvre encore que les poissons des océans"). Pendant trois ans, MMM, sans papiers, fuyait toutes les caméras de télésurveillance. Et maintenant toutes les caméras sont braquées sur lui... les caméras de télévision. MMM se fait appeler Mamane et il est devenu le plus célèbre (ou presque) des Nigériens. Il a tellement d'humour - mais "l'humour est la façon la plus intelligente de parler de la misère" - que Ruquier l'a repéré et en a fait l'un de ses chroniqueurs réguliers. Depuis trois ans, Mamane fait ses one-mamane shows. Lui, l'ancien étudiant en botanique, est passé des plantes aux planches. Lui qui est né au Niger, a grandi au Cameroun, est passé par la Côte d'Ivoire, raconte l'Afrique aux Français, attaquant des citadelles de clichés mais sans jamais blesser les gens. "Quand tu pointes le doigt, pointe-le d'abord sur toi". Mamane était passionné de BD et est toujours admiratif devant ces caricaturistes qui en quelques traits font vivre des personnages. Les personnages de Mamane l'humoriste viennent d'un pays "au sud de l'Afrique du Nord et au Nord de l'Afrique du Sud", un pays imaginaire, le Gondwana. Tous les matins sur RFI, Mamane raconte le Gondwana. C'est un pays où le pape a oublié de s'arrêter. Pourtant les Gondwanais font tout pour plaire au pape, ils luttent contre le sida, "en allant voir toujours la même prostituée". C'est un pays très très démocratique où "Président-Fondateur est réélu dés le premier tour quinze jours avant les élections". Mais Mamane sait aussi parler de la France où il vit depuis une quinzaine d'années. Son sketch sur "la langue de Descartes" est un pur régal, du vrai Devos. Mamane a connu le temps où en France tout le monde s'aimait, c'était en 1998 et la France était black-blanc-beur, "la police sortait le carnet dans le métro quand ils voyaient un noir pour lui demander un autographe". Plus de dix ans après, la France est plus que black-blanc-beur, les sans-papiers ont toutes les couleurs, mais attention quand un policier sort maintenant son carnet, c'est direct à Bamako. La France en 2009, c'est "united colors of tenez-bon !". Le 26 mars dernier, Mamane a fait son premier spectacle en terre d'Afrique, à Dakar, et de retour de Dakar, il remonte tous les soirs sur scène à la Goutte d'Or, un quartier où "tu peux voir l'Afrique sans visa et sans vaccin". (ndlr: si quelques subtilités vous échappent dans les lignes ci-dessus, y compris dans le titre, vous pouvez toujours vous référer aux plus fameux sketchs de Mamane ou venir l'écouter au Lavoir Moderne Parisien jusqu'au 25 mai 2009)
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