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Page 7 sur 12 28 juin 2009 : Nora Berra au gouvernement Question d'équilibre. Il n'était pas question pour les stratèges du marketing UMP de faire moins en 2009 qu'en 2007 sur "la diversité au gouvernement". Rachida Dati devait être remplacée. Les prétendantes étaient nombreuses : Malika Benlarbi, Fatine Layt,... C'est Nora Berra qui a été "élue", à la surprise générale. Comme elle avait été élue, à la surprise générale, le 7 juin dernier au Parlement européen de Strasbourg où finalement elle ne siégera pas. Nora Berra entre donc au gouvernement pour s'occuper des "aînés". Ce médecin généraliste lyonnais, d'origine algérienne (oranaise), porte, il est vrai, très bien le discours qu'on attend d'elle, gaulliste de père (tiraileur de 39-45) en fille, pour qui les valeurs républicaines et les valeurs européennes (l'unité dans la diversité) ont du sens. Avec Nora Berra, l'UMP conserve sa longueur d'avance sur le PS sur la question et Lyon apparaît de plus en plus comme le berceau de cette nouvelle génération politique, féminine, jeune, "issue de la diversité". 21 juin 2009 : Pape n'est pas un ange L'histoire de Pape Diouf est une évidente "success story", comme on dit en anglais, un "fabuleux destin", comme on dit en français. Lorsqu'en 1969, le jeune Sénégalais de 18 ans débarque à Marseille, il multiplie les "petits boulots" (maçon, danseur, coursier, éboueur, postier... selon les contributeurs de Wikipédia) pour subvenir à ses besoins et poursuivre ses études à l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence, où sa matière préférée est la sociologie politique. C'est par les réseaux du journalisme sportif qu'il réussit son intégration française, on devrait plutôt dire marseillaise , gravissant tous les échelons, se glissant aisément dans la fonction d'agent de joueurs (Boli, Bell, Desailly, Lama, Gallas, Coupet, Drogba, Nasri,...) jusqu'à devenir président de l'OM en 2005, le premier (et encore le seul) président noir d'un club de l'élite en Europe. Pape Diouf a sans doute assis son pouvoir sur un très gros ego et un autoritarisme sans vergogne. Ce n'est pas pour déplaire aux Marseillais qui en ont fait un héros. Pape Diouf est devenu l'arme des Olympiens contre les réseaux d'influence parisiens. Le 17 juin 2009, Pape Diouf a été débarqué (40 ans après son arrivée sur le Vieux Port) et l'histoire retiendra que celui qui avait gravi les échelons grâce à un réseau de journalistes sportifs aura été éjecté du podium par un autre réseau, celui de Dassier. Peu importe de qualifier un réseau contre l'autre (la droite "sarkoziste" de Dassier - LCI contre la gauche "ségoliste" de Diouf - La Marseillaise, ou bien encore d'autres réseaux influents ?). Pape Diouf n'était certes pas un ange, mais il n'empêche que le parcours de celui qui était entré comme claviste à La Marseillaise mérite le respect. Diouf sait de quoi il parle lorsqu'on l'interroge sur l'intégration française. Il se raconte sur le site de l'OM et nous vous proposons le lien (si la nouvelle direction ne fait pas disparaître cette page dans les prochains jours). Mais quoiqu'il en soit, la probabilité est grande que vous puissiez découvrir bientôt en librairie l'histoire peu banale de Mababa Diouf. 14 juin 2009 : Fouziya Bouzerda, la diversité en action L'avocate lyonnaise Fouziya Bouzerda a souvent fait la une de la presse rhône-alpine. En 2003, elle a pris la défense, bénévolement a-telle alors précisé, d'une jeune lycéenne, aux excellents résultats scolaires mais qui s'est trouvée interdite d'accès en classe pour avoir refusé de quitter le bandana qu'elle portait sur ses cheveux pour des raisons religieuses. En 2008, elle a porté la protestation auprès du Ministère de l'Intérieur à la suite du fichage des musulmans effectué par les services des Renseignements généraux. En 2009, elle accompagne des jeunes diplômés victimes de discriminations. Tout cela bénévolement toujours. Elle mène son action contre les discriminations au titre du Club Rhône-Alpes Diversité dont elle est l'une des deux vice-présidentes, au côté du président Ali Kismoune.  Ce 15 juin 2009 est un grand jour pour le Club qui organise avec le journal Le Progrès sa soirée "La diversité en action", à la Cité Internationale, diffusée en direct sur TLM. Les plus hautes personnalités régionales comme nationales (Rama Yade notamment) sont attendues à cet événement pour débattre de la diversité dans les entreprises et de la diversité en politique. Ce sera aussi l'occasion d'une cérémonie de remise de distinctions pour des actions exemplaires en faveur de la diversité. Un hommage sera rendu à des hommes et à des femmes " qui ont fait de la diversité une priorité à travers leur parcours, leur action, leur générosité". Pour un soir, Fouziya Bouzerda oubliera qu'elle est élue UMP (transfuge du MODEM) du 3ème arrondissement de Lyon. Car le Club Rhône-Alpes Diversité affirme fortement son indépendance de toute organisation politique ou idéologique. Le mot d'ordre est rassembleur : la diversité en action ! 7 juin 2009 : Leila Babès s'en prend aux apprentis sorciers "A l'exception des Verts, particulièrement engagés sur les questions qui touchent à l'Europe...", personne n'aura vraiment motivé les électeurs à se rendre aux urnes ce dimanche, analyse Leila Babès. Cette sociologue française d'origine algérienne (elle est née à Guelma) enseigne à l'Université catholique de Lille la sociologie des religions et "l'islamologie". Elle est l'auteur de nombreux ouvrages et articles où elle s'intéresse particulièrement au statut et à la condition de la femme dans l'islam. Mais dans son dernier message sur son blog, où Leila Babès se révèle toujours très réactive sur l'actualité, elle a observé l'apparition dans la campagne européenne de la coalition hétéroclite réunie autour de Dieudonné. Un "cocktail détonnant" pour notre observatrice qui dénonce les propos d'incitation à la haine raciale portés par cet "humoriste", métis de père camerounais, "plus connu pour son outrance que pour ses sketches".Derrière le leitmotiv du "lobby sioniste", le discours de Dieudonné présente tout l'arsenal idéologique de la droite extrême où il trouve ses principaux amis. Leila Babès conclut ainsi son billet : "L'islam n'en peut plus d'être instrumentalisé par toutes sortes d'apprentis sorciers : pouvoirs, clergés, terroristes, tueurs en série, psychopathes, dictateurs, fascistes, antisémites, délinquants, convertis de la dernière heure, opportunistes en tous genres et aventuriers politiques". Aux élections européennes, Dieudonné a réalisé un score marginal. Ouf !
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