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La une de la pluralité (2009) Version imprimable Suggérer par mail
15-01-2009
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La une de la pluralité (2009)
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25 octobre 2009 : Sandra Nkaké, échappée bellle

Sur scène, Sandra Nkaké est chez elle. Là est son secret. Et elle invite le public à l'y rejoindre. Dans son univers familier, on retrouve la spontanéité camerounaise et la liberté française. Sur scène, Sandra Nkaké est une pile électrique. Elle bouge sans cesse, elle disparaît, réapparaît, elle descend sa voix, puis l'élève, elle s'adresse à ses musiciens, elle s'adresse à vous. Là est son secret.

                                     

Sandra Nkaké aime la langue anglaise, parce qu'elle est la langue de la soul music. Elle voulait être prof d'anglais au départ mais à la fac, à la Sorbonne, elle passait son temps à chanter dans les couloirs, elle chantait Nina Simone et dansait Fela. Sandra Nkaké aime la langue française. Elle a grandi en France, meme si elle a passé son enfance entre Paris et Yaoundé.

Sandra Nkaké , comédienne (une quinzaine de films et téléfilms à son actif), se laisse guider par son instinct et son instinct l'a poussée à monter sur scène, alors qu'elle avait déjà plus de trente ans. Sur scène, Sandra Nkaké est elle-même. Elle chante Stay true. Là est son secret. Et c'est pour cela qu'on l'aime. Sorbiers (Loire) le 24 octobre, Massy le 28, la Cigale le 29. Ayant chanté tout l'été, Sandra ne se trouva pas dépourvue quand la bise fut venue.

18 octobre 2009 : les plaisirs charnels de Melek Karaağaç

Dans la famille, les femmes sont connues pour avoir du caractère. La grand-mère de Melek ne s'est-elle pas mariée trois fois ? Elles sont des artistes, des intellectuelles. Née à Ankara, Melek passera son enfance dans les champs de blé et les vergers du village d'Anatolie dont son grand-père paternel. grand propriétaire terrien, était le maire. Ibret, le père de Melek, policier, rêvait d'aventure. Il part en France en 1972 où il devient menuisier. Melek avait 14 ans lorsqu'elle rejoint son père en même temps que toute la famille, à Pau.

Depuis sa plus tendre enfance, Melek peint. Mais le 30 août 1987, alors que la famille Karaağaç passe de paisibles vacances en Turquie, sa mère meurt subitement d'une occlusion intestinale. Melek, meurtrie, gardera dés lors un blocage lui empêchant longtemps de pouvoir retoucher à un pinceau. A 19 ans, elle tombe amoureuse de l'homme qui deviendra son mari. Le jeune couple quelques années plus tard finit par s'installer à Paris. Elle devient interprète traductrice assermentée auprès des tribunaux. Ses amis la pressent de reprendre la peinture, lui offrent une trousse à fusains.

A 24 ans. Melek reprend donc le pinceau et renoue avec son premier amour : l'Art.
Elle prend des cours, rencontre l'artiste tunisienne Fatma Ben Osman avec qui elle va nouer une grande amitié et qui l'incitera à exposer. Dés lors, Melek propose peu à peu ses toiles à de petites salles, puis devient vite reconnue parmi les artistes peintres turcs montant. Elle fonde avec quelques amis l'association des peintres turcs et tient la salle d'exposition de Coulommiers comme secrétaire. Puis c'est Londres, Istanbul, Izmir... Parce qu'il est difficile à la fois d'être femme, mère, et artiste et qu'elle ne voit plus ses enfants grandir, Melek décide d'arrêter les expositions. se consacre à sa famille et reprend l'interprétariat. Mais quelque part au fond de son cœur, sur la palette de ses rêves s'agite incessamment le pinceau de son esprit libre. Or, chassez le naturel et il revient comme un cheval au galop. Un soir que l'une de ses peintures se brise, Melek décide de reprendre à nouveau l'exquis chemin de ses esquisses... pour notre plus grand plaisir ! Melek a aujourd'hui 3 enfants, Kamilia, Melina et Irfan qui sont à ses yeux ce que la peinture est à ses veines : son sang !
Exposition "Plaisirs charnels" du 13 au 31 octobre 2009 au Boudubar, 4 rue Blainville, Paris 5ème (texte, d'après la présentation de l'exposition)

11 octobre 2009 : Laurence Lascary, des courts métrages pour un développement durable

"Les entreprises d'avenir sont celles capables de générer un nouveau type de croissance fondé sur l'efficacité et la responsabilité, l'équité et la durabilité". L'entreprise peut-elle placer l'Homme, l'environnement et le vivre ensemble au coeur de ses préoccupations, participant ainsi au développement durable ? Laurence Lascary en est persuadée. Elle a fondé en 2008 une société qu'elle a appelée De l'autre côté du périph' (DACP), une société de production audio-visuelle basée à Montreuil. Les films qu'elle produit mettent l'accent sur les valeurs des entreprises, en particulier celles qui font de la diversité dans leur personnel un atout pour leur développement. DACP est l'une des 200 "entreprises d'avenir" référencées en France. Au lycée, Laurence Lascary était attirée par le journalisme, son prof d'histoire voulait qu'elle fasse Sciences Po. Mais ses origines sociales n'ont pas favorisé les études longues et c'est vers le marketing qu'elle s'est dirigée. Il a fallu "se décomplexer" pour oser. Dans son master à la Sorbonne, elle était la seule noire de la promo. Petit à petit, elle a compris que cela pouvait "être possible". A chaque étape il fallait mettre la barre un peu plus haut. Les stages en Angleterre et aux Etats-Unis l'ont totalement lancée. Aux USA, tout le monde est entrepreneur, il n'y a pas de barrières. Aujourd'hui Laurence Lascary dit qu'au lieu de parler de diversité, on devrait parler d'égalité professionnelle dans le monde du travail. C'est d'abord dans la confiance en soi qu'il y a des inégalités. Laurence Lascary a produit le film "L'école des ambassadeurs". Il montre des jeunes "ordinaires" qui s'engagent. Laurence Lascary, elle aussi, s'engage : avec Alter Egaux elle organise des interventions dans les lycées de ZEP autour de l'orientation professionnelle, avec l'AFIP elle va au contact des entreprises, avec les Indivisibles elle lutte contre les préjugés, avec DACP elle promeut un nouveau modèle pour l'entreprise et la société.

4 octobre 2009 : les istanbulles de Ramize Erer

Ramize se souvient lorsqu'elle était petite. Sur sa balançoire, à Kirklareli, ville de sa naissance et berceau de sa famille, où elle passait tous les étés, elle rêvait. A Istanbul, ville de son enfance où, de sa fenêtre, elle regardait les films projetés sur l'écran du cinéma en plein air voisin, sans entendre les voix, elle rêvait. Ramize Erer était une petite fille silencieuse. Déjà dans sa tête, elle dessinait. Ramize Erer détestait ces femmes qui autour d'un thé passaient des heures à se lamenter. Déjà dans sa tête, elle caricaturait. Aujourd'hui, depuis deux ans à Paris, entourée de son fils, 12 ans, et de sa fille, 5 ans, rejointe une fois par mois par son mari, Tuncay Akgün, resté à Istanbul, Ramize Erer grimpe les escaliers de Montmartre sous la pluie. Le 15 octobre 2009, elle sera à Marseille pour la rencontre Cartooning for peace, organisée par Plantu. Ramize Erer est devenue une dessinatrice et caricaturiste célèbre, avec ses personnages féminins délurées, ses "mauvaises filles" qui parlent de sexe à longueur de bulles. C'est par le dessin que la silencieuse Ramize exprime sa liberté. Même Rozental trouve parfois un peu "choquants" les dessins de sa consoeur. Cela fait dix ans maintenant que Ramize Erer dessine ses mauvaises filles. "Les gentilles filles vont au paradis, les mauvaises filles peuvent aller partout". A Marseille, ses dessins sont présentés tout au long du mois d'octobre 2009 à l'exposition collective Dessine moi la Méditerranée, aux côtés de Dilem (Algérie), de Baha Boukhari (Palestine) ou de Kichka (Israel). A Istanbul, les lecteurs su quotidien Radikal attendent avec impatience les dessins sans tabou de Ramize. A Paris, Ramize Erer, qui tente de bafouiller quelques mots en français, reste pourtant dans sa bulle, comme la petite fille timide à la balançoire de Kirklareli. (d'après le très beau portrait de Catherine Simon, Le Monde du 24/09/2009)


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