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Page 2 sur 8 31 octobre 2008 : Rost, enfant des lieux bannis "La réalité implacable nous conduirait au suicide si le rêve ne me permettait d'attendre". Le livre de Rost, "Enfant des lieux bannis", s'ouvre sur cette citation de Maupassant. On connaissait Rost le rappeur, Rost le président de l'association Banlieues actives qui porte la parole des quartiers populaires sur les plateaux de télévision, voici Rost écrivain, qui publie son autobiographie chez Robert Laffont. Togolais vivant en France depuis ses 10 ans, il se raconte. "On a toujours eu des sociologues qui venaient de je ne sais où pour nous raconter... ce sont toujours les autres qui parlent pour nous... (et pourtant) personne ne peut mieux parler de ce que tu vis toi-même". Rost, en tant qu'artiste, est sur le devant de la scène. Il profite de cette lumière pour apporter quelque chose de positif aux petits frères, leur donner du courage, leur dire que c'est possible. Son bouquin, c'est ça, le rêve plutôt que le suicide. 26 octobre 2008 : Farida Hamak et la mémoire de sa mère Derniers jours pour voir à la Galerie Regards du Sud la très belle exposition de photographies de Farida Hamak, "Ma mère, une histoire d'immigration" (jusqu'au 1er novembre 2008). Farida Hamak est née en 1950 dans la Mitidja en Algérie. Elle s'est longtemps confrontée à la guerre, en Algérie d'abord, qu'elle a quittée pour la France à l'âge de six ans (1956), puis au Liban, en Irak, en Palestine. Elle a photographié les conflits, la souffrance. En 1977, elle a commencé à photographier sa mère. "Dans notre famille, parler de soi, se donner à voir n'est pas coutumier. La photographie m'a appris à oser dire. A braver cette pudeur familière à mon éducation, tout en la respectant. Là où la parole se taisait, mes images, elles, ont choisi de me parler". Farida Hamak était étudiante à la Sorbonne au début des années 70, puis bibliothécaire jusqu'en 1982. Le retour en Algérie en 1977 a été pour elle un déclic. Lorsqu'elle a commencé à photographier sa mère, elle ne pensait pas que cela donnerait un jour un livre, puis un film... et le début d'une carrière de photographe de presse (Viva, Newsweek,...). Ses photographies sont une écriture où elle raconte ses origines, l'éclatement de sa famille, l'éclosion des nouvelles générations franco-algériennes. "Ma mère, une histoire d'immigration" est un hommage au courage et à la dignité des femmes déracinées. "Son déracinement m'a construite". 20 octobre 2008 : Farah Kartibou, envoûteuse des nuits Au pied du Mont Ventoux chantent les cigales. Au pied du Mont Ventoux, les paysages ont l'ocre de la terre, le jaune des tournesols, le bleu de la lavande, le rouge des coquelicots. L'ocre rouge est la couleur du brasier flottant, de la frénésie pétillante, de l'irritante blessure, de l'ardent hérétisme, de la poudre d'escampette, de l'insaisissable désir, de l'amour fossilisé. C'est au pied du Mont Ventoux où elle est née que Farah Kartibou peint. Farah sort de l'ombre sur son site Elle peint la passion. Elle peint les mirages. Elle met de la magie dans ses songes de catherinette. Elle peint des bustiers élégants et bizarres qui envoûtent les nuits. Elle peint la vénusté. Ses doigts aiment créer des couleurs et ses doigts aiment froisser les tissus. Peintre, Farah Kartibou est aussi styliste. Le vêtement lui permet d'exprimer sa créativité, sa multiformité. Farah est hors norme, elle rassemble Orient et Occident, elle module son palet, elle modèle son palud. Le vêtement peut se faire cow-boy (ou cow-girl) dans la country ou tailleur dans la city. Et le vêtement peut se faire jardin secret, péché mignon, charnelle fantaisie lorsqu'il est lingerie. Aujourd'hui installée à Paris, Farah présente ses créations stylistiques et picturales à la Galerie Ben Azri, 24 rue Charles Baudelaire, Paris 12ème, jusqu'au 25 octobre 2008. 14 octobre 2008 : Lââm, respect ! Elle a eu des bas et des hauts, elle a dû trier le vrai du faux, imposer son avis, détruire les a priori, prendre sa vie entre ses mains, construire elle-même son chemin, mériter le respect et ne jamais lâcher. C'est le prix de la liberté. Elle a dû faire des compromis, des choix importants dans sa vie, faire pencher la balance, briser des silences, pousser des coups de gueule, balayer les soucis. C'est le prix de la liberté. Lââm vient d'en dessous, de la rue, du métro. Née le 1er septembre 1971 à Paris d'une famille tunisienne, Lamia (c'est son prénom) aura tout connu, le foyer de Ménilmontant, la passion de la chanson qui l'a empêchée de plonger, de belles rencontres, de dures déceptions, et pour cette soirée du 14 octobre 2008 où tu chantais la Marseillaise au Stade de France... avec courage, avec dignité... et tant pis pour les imbéciles... elle était belle ta Marseillaise, Lamia ! Bravo ! Merci ! Respect !  8 octobre 2008 : Saadi Younis Bahri et l'enfant de l'île sauvage Un enfant vit seul dans une forêt sur une île déserte. Cet enfant sera-t-il dévoré par les bêtes sauvages ? Vivra-t-il ? Qui pourra le "sauver" ? Quittera-t-il son petit paradis pour la "civilisation" ? C'est Lire en fête ce week-end des 10-11-12 octobre 2008, avec des milliers de manifestations un peu partout en France, et maintenant dans plus de 150 pays. A Paris, la libraire Najet Miled, de la Librairie Averroes, 7 boulevard Saint-Germain, reçoit samedi et dimanche à 17 h le grand comédien franco-irakien Saadi Younis Bahri. Il racontera aux enfants la belle histoire de "L'enfant de l'île sauvage". Saadi Bahri a passé son enfance à Mossoul puis à Baghdad. Sa mère comédienne lui a transmis la passion de la scène. A l'âge de sept ans, il a fait sa première expérience à la radio irakienne. L'Irak a une longue tradition théâtrale. Sous l'empire ottoman, on jouait des karagöz dans les villages. Dans les années 20, les pionniers du théâtre moderne, comme Al-Shibli, sont venus étudier les arts dramatiques en France et en Italie. La mère de Saadi Bahri a joué le rôle de Roxana dans Cyrano de Bergerac, traduit en arabe. Saadi, lui, arrivé à Paris en 1981, puise son inspiration dans ses racines lointaines, l'épopée de Gilgamesh - le mythe de l'homme qui voulait être un dieu, la quête de l'immortalité, la femme sacrée qui enseigne à l'homme, le Déluge, l'Arche de Noe...-. les mythes fondateurs du monde méditerranéen. Tous les Irakiens ont dans leurs rêves une histoire multimillénaire. Saadi Bahri met ces rêves en scène, pour les enfants comme pour les adultes. Et ces sources d'inspiration vont bien au-delà, de Baghdad au Sénégal, du Nil à la Mongolie. Conteur, musicien, comédien, Saadi Bahri a plus de soixante-dix pièces à son actif. Après une brillante carrière à Baghdad jusqu'en 1980, c'est en France désormais qu'il fait partager avec son public la culture arabe qui est la sienne, et qu'il vous attend, vous et vos enfants, pour un Lire en fête insolite. Que va-til donc arriver à l'enfant de l'île sauvage ? 1er octobre 2008 : Leila Kilani en quête de vérité "Les femmes ont une position particulière et un regard particulier dans cette région du monde (Méditerranée). Elles font des films souvent de résistantes aux idées reçues, au sort qui leur est réservé, au système économique qui ne leur laisse pas de place" explique la directrice du festival Films Femmes Méditerranée, du 30 septembre au 7 octobre à Marseille. Leila Kilani peut témoigner de cela. Elle le fera à Strasbourg où elle est l'invitée de la Quinzaine du cinéma marocain, du 1er au 15 octobre 2008. Née en 1970 à Casablanca, elle a suivi des études supérieures en économie avant de se consacrer à l'histoire. Elle est titulaire d'un DEA d'Histoire et de Civilisation de la Méditerranée. Mais, journaliste indépendante, c'est par la réalisation de films documentaires qu'elle s'exprime vraiment. Son premier film, "Tanger, le rêve des brûleurs", décrit la situation des candidats à l'exil. Dans "Lieux interdits", elle a suivi quatre familles en quête de vérité sur le sort des leurs qui ont "disparu", pendant ces années de plomb entre 1956 et 1999 (où les opposants politiques emprisonnés étaient officiellement disparus). Après le Festival du film documentaire de Marseille en juillet puis Lussas en août, Leila Kilani témoignera à Strasbourg de cette force du cinéma documentaire féminin au Maghreb.
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