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15-01-2009
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La une de la pluralité (2009)
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27 décembre 2009: Eva Joly, la femme de l'année 2009

"La société française est caricaturale dans sa dureté envers les petits et sa tolérance envers les puissants", dit Eva Joly. Mais pour la députée au Parlement de Strasbourg, le plus important, c'est l'action. Et elle agit ! En mai 2009, le ticket de la franco-norvégienne avec le franco-allemand Dany Cohn-Bendit a fait mouche auprès des Français aux élections européennes.

Six mois plus tard, elle ne s'ennuie pas dans les travées de l'Assemblée. A la Présidence de la Commission du développement, elle continue son combat contre la corruption, contre les paradis fiscaux, pour le retour du droit dans l'action publique, pour créer un Parquet européen... Là où Eva Joly agit, elle fait bouger les lignes.

Enfant, Gro Eva a grandi à Oslo dans un milieu modeste où "un seau sur le palier servait de commodités à la famille Farseth", raconte Géo (août 2009) dans son portrait d'Eva (signé Cristina L'Homme).

Le père travaillait le bois pour fabriquer un réfrigérateur, pour bâtir un chalet de vacances et le bateau qui permettait à la famille d'explorer les îles du fjord d'Oslo. Gro Eva allait à la bibliothèque municipale et se plongeait en cachette dans les livres : Voltaire, Rousseau. A l'Université française d'Oslo, elle apprend les mathématiques. A 20 ans, elle débarque à Paris comme fille au pair et tombe amoureuse du fils de la maison, Pascal Joly. La famille Joly coupe les vivres à Pascal, étudiant en médecine, en raison de cette "mésalliance". Eva multiplie les petits boulots et apprend le droit en cours du soir. A 38 ans, elle entre en magistrature à Orléans, puis Evry, et retour à Paris. Sa traque de la corruption commence et la France des magouilles tente de l'écarter. Après la mort de Pascal (2001), elle rentre en Norvège (2002) et conseille le gouvernement norvégien dans sa lutte contre la corruption et le blanchiment de l'argent sale. Ses fonctions la mènent souvent en Afrique, un continent qui la fascine. En France, elle a son petit coin de paradis sur l'île de Groix, face à l'océan. La France, Eva Joly l'aime comme le pays des droits de l'homme, son pays d'adoption. Et le débat sur l'identité nationale, qu'en pense Eva Joly ? Sa réponse est nette : "un débat inutile et dangereux". En fin d'année, il est d'usage de désigner l'homme ou "la femme de l'année". La rédaction d'Entre-Gens vous propose Eva Joly. Qu'en dîtes-vous ? 

 20 décembre 2009 : Rosie Pinhas-Delpuech en souvenir d'Istanbul

Voilà 45 ans que Rosie Pinhas-Delpuech vit en France ! Mais dans sa tête elle n'a jamais vraiment quitté Istanbul. Aujourd'hui, dans l'émission Carnet nomade sur France Culture consacré à la ville entre deux continents, elle raconte ses jeunes années, son rapport fort à la ville cosmopolite où elle aimait tant déambuler pendant son enfance. De cette époque, elle a conservé le plaisir de la marche. Rosie Pinhas-Delpuech raconte son rapport à la langue. Elle vivait à Istanbul mais n'a appris le turc que plus tard à l'école, car sa mère parlait allemand et son père parlait français. Rosie est née à Istanbul en 1946 dans une famille juive. Elle décrit son ouverture au monde à travers les langues dans Suite byzantine (éd.Bleu autour). Rosie Pinhas-Delpuech est traductrice. Elle aime la langue turque qui n'est pourtant pas sa "langue-mère". Elle savoure cette langue qui produit des mots comme yol qui veut dire "chemin" : "un mot si bref pour désigner un parcours si long et si complexe". Elle s'exprime aujourd'hui dans le cadre de la Saison de la Turquie en France pour dire son amour d'Istanbul, son amour de la Turquie de son enfance.

 13 décembre 2009 : Fatma Benbrima, du génie biologique au génie de la vie

Au début de la décennie, Fatma Benbrima s'orientait vers les métiers de la biochimie et du génie biologique. Le BTS Qualité dans les industries agro-alimentaires allait l'amener à travailler dans un laboratoire pharmaceutique. Mais pour cette jeune femme qui aimait par dessus tout la relation avec les gens, l'idée de passer sa vie derrière des pipettes n'était certes pas très réjouissant. Un bilan de compétences opportun allait confirmer ses choix. En 2004, elle passe une licence en communication journalistique et se retrouve aussitôt dans une agence de relation presse (GBC Conseil). Avec des origines familiales du côté de Sétif (Algérie), Fatma Benbrima apporte dans ses conseils aux entreprises un regard interculturel qui intéresse les dirigeants travaillant à l'international et particulièrement en direction du Maghreb.

Mais jamais Fatma Benbrima ne laissera réduire ses compétences à une assignation identitaire ou disons plutôt que son identité est aussi ailleurs. Née en France, en région parisienne, le regard porté sur les tours de la Défense, Fatma Benbrima s'est fabriquée une culture qui est celle de sa génération. Les "nouvelles technologies", les TIC, n'ont pas de secret pour elle et elle oriente son activité professionnelle vers les conseils en relations médias, tout d'abord avec l'agence Oxygen, puis avec l'agence qu'elle a fini par fonder elle-même, Shade RP. Les dirigeants d'entreprise la contactent sur des questions stratégiques sur l'image de leur entreprise: pourquoi dans mon secteur professionnel ne suis-je pas cité en exemple ? Pourquoi mon image médiatique est-elle différente de celle que je veux donner ? Pourquoi ne parle-t-on pas de ma société, de mes produits dans la presse ? Comment faire parler de moi dans les médias ? Ses réponses sont toujours très pragmatiques et les résultats visibles.Mais surtout c'est sa philosophie de l'entreprise qui conduit son action: l'entreprise doit placer l'homme au coeur de son développement économique et de sa performance. La croissance se fait PAR les entreprises mais POUR les citoyens. Pour Fatma Benbrima, l'entreprise est ouverte, intégrative, non discriminante et sensible à son environnement. C'est le message qu'elle fait passer auprès des jeunes qu'elle reçoit dans son bureau de Colombes. "L'entreprise est vivante" dit Fatma qui est passée avec succès du génie biologique au génie de la vie, du laboratoire biochimique au laboratoire sociétal.

 6 décembre 2009 : Gloria Mika, ange de la transparence

"Sur les podiums, elle est splendide", écrit d'elle Afrique Tribune. Mais ce qui étonne tous les observateurs à propos de la mannequin Gloria Mika, c'est la qualité de son engagement citoyen. Ces derniers mois, elle s'était mobilisée pour que les élections présidentielles de son pays d'origine, le Gabon, se déroulent démocratiquement, en créant à Paris l'association "Les anges gardiens de la transparence". Les résultats proclamés la rendent plus que perplexe. Aujourd'hui elle élargit son action pour la transparence électorale dans toute l'Afrique. A 29 ans, Gloria Mika Ndzila, née d'un père Gabonais et d'une mère Grecque, en a déjà passé dix dans le mannequinat. Il n'est pas courant de s'engager en politique lorsqu'on appartient au monde de la mode. Très attachée à son origine (au Gabon vit toute sa famille), Gloria a vécu en Côte d'Ivoire, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis et en Grèce, où elle s'est installée et où elle poursuit à côté de son métier de mannequin des études de communication. A Paris, capitale de la mode, elle a vécu trois ans et y séjourne encore régulièrement, pour son métier, travaillant avec les plus grands stylistes, et pour son engagement associatif. "Be the change you want to see in the world". L'association "Les Anges Gardiens" est pour elle une initiative de vigilance citoyenne. Gloria Mika Ndzali est d'une nouvelle génération, la Génération Diversité, engagée dans le monde. Il y a quelques jours, elle ajoutait son nom à la mobilisation contre les paradis fiscaux. "There is nothing that can't be done if we raise our voice as one" (Michael Jackson).


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