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Page 1 sur 2 4 juillet 2008 : l'attente de Najet Ghaouti  (photo éditeur) L'attente. C'est le titre du prochain roman de Najet Ghaouti chez Plon (2009). L'auteure de Nour, son premier roman en 2005, publié chez Jean-Claude Lattés, attendait elle aussi. Ayant reçu en février une "obligation à quitter le territoire français", il lui a a fallu attendre la décision de régularisation accordée le 2 juillet par le tribunal administratif de Paris. Mais elle a dû pour cela multiplier les messages de soutien, particulièrement dans les milieux de l'édition. "Ce serait dommage de se priver d'un auteur qui peut beaucoup pour les lettres en France, elle a vraiment une voix, un talent" a ainsi écrit son éditeur chez Plon, ajoutant: "Son approche du français fait avancer la langue. Elle la change, la modernise, la développe". Najet Ghaouti a 23 ans. Elle est née en Algérie et a grandi au Maroc. Elle est arrivée à Paris à l'âge de 17 ans. Elève au Cours Florent, elle a multiplié dans le même temps les expériences d'assistante sur les plateaux de tournage de cinéma et au théâtre. Les soutiens de metteurs en scène, d'éditeurs, de profs de fac ont sauvé Najet de l'expulsion, elle qui se dit "clairement française" pourra continuer à faire bénéficier la France de son immense talent à multiples facettes. Ouf ! 1er juillet 2008 : Farida Belghoul, la marche à suivre Cette semaine, ils seraient 150 000 jeunes à quitter l'école sans qualification, maîtrisant mal la lecture, l'écriture, le calcul. Ils vont maintenant "errer" dans les quartiers. Farida Belghoul, qui fut en 1984 la porte-parole de Convergence, la seconde marche pour l'égalité, et en 1986 l'auteur primé (Prix Hermés) du roman "Georgette !" a décidé d'agir. Elle lance le REID, une association et un dispositif de "remédiation éducative indiviudelle à domicile". Elle, qui enseigne en lycée professionnel à Bezons, propose aux jeunes dés la rentrée, si elle trouve les quelques fonds nécessaires, une alternative à la rue : le matin, des instructeurs iraient chez les jeunes pendant deux heures pour travailler le français, les mathématiques, l'histoire de France et l'après-midi, REID proposerait des activités culturelles et sportives. A suivre... 22 juin 2008 : Yassine Belattar, fan de Coluche Il est né en 1982 à Conflans Sainte-Honorine. Il a grandi à L'Etang-la-Ville, banlieue "chic". Mohamed Belattar, son père, chauffeur de taxi, est arrivé du Maroc dans les années 70 pour entrer chez Simca à Conflans dans les années 70, tenait à ce que ses enfants grandissent au milieu des Français : "Si tu veux voir des Marocains, tu vas au bled". Yassine Belattar, le fils, est aujourd'hui le porte-voix de ces mêmes cités. Yassine est entré tout petit à la radio. A dix ans, il causait déjà dans le poste sur une petite antenne locale. A vingt ans, il envoie des cassettes à des radios parisiennes et, à force d'insister, il finit par entrer à Générations 88.2. Il y est toujours. En novembre 2005, il accueille les auditeurs en disant : "Emeutier, émeutière, pense à ta mère". Aujourd'hui, son jingle est : "Cartes d'identité, cartes de séjour, bonjour !". Cent mille auditeurs l'écoutent tous les matins. Il n'est pas seulement écouté, mais il est respecté. Son humour est une arme. En 2003, il en a fait un spectacle : "Cécilia XXL". En 2008, Yassine Belattar prépare un documentaire sur les émeutes de Villiers-le-Bel : "Souriez, vous êtes Villiers !". Lorsqu'on lui demande qui il est, il parle de son grand-père, l'épicier raconteur d'histoires sur la place Djamaa-el-Fna à Marrakech, qui a combattu dix-sept ans dans l'armée française, de son grand-oncle tué par les Allemands, d'un autre qui a été fait prisonnier. Yassine Belattar a la certitude d'être français. (d'après l'article de Luc Bronner, Le Monde du 19 juin 2008, et surtout l'original, le portrait par Stéphanie Binet, dans Libération du 12 août 2006) 15 juin 2008 : Assia Djebar, porte-plume des femmes d'Algérie Le Centre Culturel International de Cerisy accueille du 23 au 30 juin 2008 un colloque consacré à l'écrivaine algérienne Assia Djebar, avec la participation de l'auteur de Nulle part dans la maison de mon père (Fayard). De son Algérie natale à New-York où elle enseigne aujourd'hui, Fatma-Zohra Imalhayene - son nom de naisance (en 1936 à Cherchel) - a construit une brillante carrière d'écrivain de langue française, entamée en 1957 avec La Soif. Assia Djebar, dans son oeuvre, a raconté la présence des femmes dans la guerre d'indépendance. C'est à Paris qu'elle était installée lorsqu'elle a publié Femmes d'Alger dans leur appartement. C'est à Montpellier qu'elle a obtenu son Doctorat de Lettres. L'Académie Française l'a accueillie en son sein en 2005. Elle est la cinquième femme à y siéger depuis l'élection de Marguerité Yourcenar en 1981 et la seconde personnalité africaine après Léopold Sedar Senghor en 1983. 10 juin 2008 : Serge Aimé Coulibaly, le chti burkinabé Babemba Traoré était le dernier grand roi mandingue avant la colonisation de ce qui est aujourd'hui le Mali. Quand les troupes coloniales françaises se sont emparées du pays, Babemba s'est suicidé en disant que la mort vaut mieux que la honte. Babemba est le nom d'une création chorégraphique qui sera présentée au Tarmac à la Villette du 27 juin au 19 juillet 2008. Son auteur : Serge Aimé Coulibaly. La danse de S.A. Coulibaly, chorégraphe d'origine burkinabé né en 1972 à Bobo Dioulasso, révèle une Afrique en mouvement.  La scénographie convoque quatre grandes figures de l'Afrique contemporaine : Patrice Lumumba, "qui a voulu le bien de son peuple, ce qui a causé sa perte", Thomas Sankara, "personnage controversé, mais capable d'enflammer les jeunes", Nelson Mandela, "un modèle d'humilité et de pardon", Kwame Nkrumah, "l'unificateur qui avait une vision pour l'Afrique", quatre icônes pour porter une autre parole, un autre regard, sur un continent "mal représenté" en Europe (d'après La Terrasse, les expressions entre guillemets sont de Serge Aimé Coulibaly). 1er juin 2008 : Mina Oualdlhadj Le père de Mina Oualdlhadj, pêcheur marocain, est parti travailler en Belgique en 1972. Mina est arrivée à Bruxelles trois ans plus tard en 1975 à l'âge de onze ans et a acquis la nationalité belge quelques années plus tard. Après une licence de langue et littérature françaises, elle travaille comme médiatrice scolaire et coordinatrice de projets dans les quartiers "sensibles". Elle dirige aujourd'hui le service des crèches de la commune de Schaerbeek.  Mina Oualdlhadj a toujours eu le goût de l'écriture. Son premier roman vient de paraître, avec ce titre frais et truculent: "Ti t'appelles Aïcha, pas Jouzifine!". Aïcha et Mimi sont deux amies, de la "seconde génération". Aïcha a eu une enfance heureuse au Maroc, Mimi est née en Belgique. Toutes deux sont confrontées à la double culture. Aïcha a trouvé un certain équilibre, elle se bat. Mimi le cherche toujours, elle baisse la tête. Ce roman n'est pas (tout à fait) autobiographique, mais un peu tout de même. Mina l'écrivain est un peu Mimi, mais plus encore Aïcha. Ce roman bourré d'anecdotes et plein d'humour parle donc de ce rapport difficile entre des parents qui croient bien faire et des filles qui s'émancipent. Paru aux éditions Clepsydre, 160 pages, 16 euros (www.clepsydre.be/jouzifine) 23 mai 2008 : Guem, l'homme qui fait danser ses doigts Longtemps, la percussion a été reléguée en arrière de la scène, comme un accompagnement. Guem est l'homme qui a fait de la percussion une musique à part entière, qui l'a mise sur le devant de la scène et qui en a fait l'instrument du dialogue des cultures. "Le rythme, c'est la vie et la percussion, c'est le corps", et cela est universel. Les racines mêmes de Guem sont l'histoire d'une rencontre. Né à Batna en Algérie, descendant d'esclaves nigériens, il est arrivé en France à l'âge de 16 ans dans les années 60 pour faire une carrière de footballeur professionnel au Red Star. Mais la passion de la percussion l'a rattrapé et il la transmet depuis 35 ans maintenant.  Sur scène, Guem a une présence fabuleuse. Ses doigts se mettent à danser. Ses mains d'or caressent le djembé pour lui donner vie. Il en joue comme d'un violoncelle, "avec plus de poigne dans l'approche". Son corps tout entier s'irrigue du rythme qui va crescendo. Le regard lui-même entre en transe, captant celui des spectateurs assis. Un spectateur se lève - le plus souvent une spectatrice, puis un(e) puis deux, puis toute la salle est dans le rythme, et du plus jeune au plus vieux, de l'étudiante au cadre supérieur, blancs ou noirs ou métisses, ce sont des dizaines, des centaines parfois, de corps qui fusionnent avec Guem et ses musiciens d'un soir. Ce 23 mai, Guem était avec Akacombé Duo, les percussionnistes locaux, et avec Monsif, en parrain de la soirée. Guem était à Laxou (Meurthe-et-Moselle) à l'invitation de la Ville ("la Mairie"). Une soirée inoubliable ! 17 mai 2008 : Le Cri de Nacera et Dalila Belaza Nacera Belaza a ouvert les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint-Denis avec le Cri. Enfant (arrivée en France en venant de Médéa, Algérie, à l'âge de 5 ans), Nacera s'est vue interdire la danse que la mentalité familiale assimilait à la séduction et donc à la perdition.Mais l'envie de danser était la plus forte. Autodidacte, elle a appris à explorer toutes les zones de son corps, à épurer chaque geste. Loin de la couper de la foi musulmane, la danse lui a ouvert la voie à une foi vive et ouverte sur le monde, comme un lien aux autres et à la vie. Dans Le Cri, qui est sa onzième création depuis ses débuts en 1987, elle danse avec sa soeur Dalila. Le Cri a germé en Algérie au cours de l'été 2007 et il a mûri en France en 2008. Le Cri commence par un soupir. L'âme pénètre le corps. Nacera et Dalila, ancrées dans le sol, ne bougent pas. "Le cri, c'est lorsque l'ancrage ne cède pas". Nacera Belaza, l'autodidacte de la danse contemporaine, écrit aussi, sur "le corps au Maghreb et dans l'islam". Dans sa danse, les gestes sont des mots pour dire ce rapport au corps que, depuis son enfance, Nacera Belaza interroge dans sa recherche permanente d'un "équilibre de soi". Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint-Denis, du 15 mai au 18 juin 2008 : durant trois semaines, 23 compagnies venues de 16 pays présentent leurs créations dans dix lieux différents du département pour cette 7ème édition des Rencontres 10 mai 2008: Spôjmaï Zariâb Son prénom signifie "pleine lune". Spôjmaï Zariâb vit à Paris avec son mari Rahnaward - qui l'a rejointe en exil en 1994 - et ses trois filles - la plus jeune est née en France. Elle est elle-même née en 1949 à Kaboul. C'est à son père, antiquaire, qu'elle doit son amour de la littérature. Il avait une grande fascination pour le côté héroïque de la France sous l'occupation nazie. Quand elle a eu six ans, elle a été inscrite au lycée franco-afghan de jeunes filles de Malalaï à Kaboul. Si le lycée franco-afghan de garçons de Kaboul (Esteqlal) a été créé en 1923, il a fallu attendre 1950 pour que puisse ouvrir Malalaï, le lycée de filles. Les deux lycées ont formé plusieurs générations de l'élité afghane avant d'être "défrancisés" après l'invasion soviétique. Le régime des talibans a ensuite fermé le lycée de filles et profondément "islamisé" le lycée de garçons. Les deux lycées ont été réouverts en 2002. Spôjmaï Zariâb a eu le privilège de grandir sous un régime libéral. En 1959, elle avait dix ans quand le port obligatoire du voile a été aboli. Elle fait partie de la première génération afghane qui n'a pas eu à porter la burqa. Les femmes ont obtenu le droit de vote en 1964. Elles pouvaient s'inscrire à l'Université, travailler. Spôjmaï a enseigné pendant 17 ans le français à Kaboul et travaillait comme interprète-traductrice pour l'Ambassade de France. En 1990, quand les bombardements répétés ont mis sa vie et celle de ses deux filles en danger, elles se sont installées à Montpellier. Lectrice vorace, c'est tout naturellement qu'elle a commencé elle-même à écrire. Elle a eu la chance de grandir dans une période où la littérature du monde entier était disponible à Kaboul. Elle a dévoré tous les grands auteurs français: Molière, Balzac, Lamartine, Victor Hugo, Proust, Sartre... Spôjmaï Zariâb a commencé à écrire à l'âge de 17 ans. Elle écrit principalement des nouvelles, un genre qui lui convient bien. Bien que ses nouvelles tournent autour des thèmes de la guerre, de la condition féminine, son véritable engagement est celui des valeurs de l'universel et de l'humain. Articles en lien : Le courrier de l'UNESCO, mars 2001 et Le courrier de l'UNESCO, février 2008 Lisez également toutes nos archives depuis mars 2007 3 mai 2008 : Youssoufou Abdoul Baki Il est le nouveau président de la Cé (Confédération étudiante), syndicat étudiant né en 2003 et associé à la CFDT depuis 2004. Etudiant à Limoges, Youssoufou Abdoul Baki est élu au CNESER (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche). Avoir 20 ans en 2008, c'est pour lui ne pas accepter qu'on nous dise qu'il n'y a rien à faire de plus ou de différent de ce qui a déjà été fait, "même s'il faut s'entendre dire par ceux qui ont les réseaux, la puissance des moyens: mais pour qui il (elle) se prend celui-là (celle-là)". Youssoufou n'oublie pas non plus le Niger de ses racines familiales puisqu'il est également investi dans l'action "Jeunes Solidaires contre le Désert", qui apporte un appui aux agriculteurs de la région de Guidiguir. 26 avril 2008 : Adieu, "Papa" !, l'hommage de François Soudan à Elimane Fall Elimane Fall est décédé le 25 avril 2008 à Paris, à l'âge de 53 ans, des suites d'un cancer foudroyant. (Celui que tous, à la rédaction de Jeune Afrique, L'intelligent, appelaient « Papa »...) était un professionnel comme on n'en fait plus, ou presque : amoureux des mots, attentif aux autres, paternel avec les jeunes confrères, imprégné jusqu'à la moelle de cette Afrique subsaharienne dont il sentait jour et nuit les pulsions et les soubresauts, les rumeurs du maquis et les coulisses des palais. Natif de Nioro du Rip, non loin de Kaolack, au Sénégal, au cœur de la région arachidière, le 12 février 1955, élève au lycée Gaston-Berger, Elimane Fall obtient en 1974 la bourse d'études que l'Ambassade de France à Dakar délivre aux lauréats du Concours général. Inscrit en classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand, à Paris, il se destine à l'École normale supérieure mais change d'avis au bout de trois ans. Il ne sera pas professeur de philosophie, même si de cette première tentation lui est resté un don inné de pédagogue - et une propension à la rêverie. Diplômé du Centre de formation des journalistes de Paris, au sein d'une promotion (1981) dans laquelle figure, outre quelques noms connus du paysage médiatique français, un certain Cheikh Tidiane Gadio, actuel ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Elimane Fall commence sa carrière de journaliste par la radio. À Europe N° 1, il trie les dépêches et rédige des notes au fond du « backoffice ». Mais le démon de l'écriture, la vraie, est trop fort, tout comme la passion du continent qui est le sien.
En 1983, il entre à Jeune Afrique, dont il ne s'éloignera plus - si ce n'est pour une excursion de quelques années. Rédacteur en chef adjoint, il avait en charge la section Afrique subsaharienne de l'hebdomadaire, fonction qu'il exerçait avec compétence, minutie et dévouement. Il y a un peu plus d'un mois, lorsqu'il avait appris le cancer qui le frappait, Elimane avait confié son désarroi à son grand ami Cherif Elvalide Sèye, cofondateur du groupe Sud Communication et ancien conseiller de presse d'Abdoulaye Wade : « Ce n'est pas de mourir dont j'ai peur, puisque seul Dieu en décidera ; j'ai peur de ne plus pouvoir travailler. » Cette phrase, finalement, le décrit tout entier. À sa veuve Assita et à ses quatre fils, le groupe Jeune Afrique présente ses plus sincères condoléances. Adieu Papa wolof. Là-haut t'attendent Sennen Andriamirado, Siradiou Diallo et François Poli, auprès de qui tu as appris ce noble et dur métier de journaliste. Que la terre de tes ancêtres, là-bas du côté de Nioro où le Saloum flirte avec la Gambie, à moins que ce ne soit à Diourbel où plongent les racines de ta famille, que cette terre du Sénégal te soit légère... 20 avril 2008 : Eva Doumbia  Eva Doumbia est franco-ivoirienne, c'est à dire que son père est ivoirien et sa mère française. Elle a effectué des études de Lettres et de Théâtre à l'Université de Provence avant d'intégrer l'Unité Nomade de Formation à la mise en scène. Elle a créé en 1999 à Marseille la Compagnie La Part du Pauvre. Aujourd'hui, elle mène une activité croisée en France et en Afrique : des ateliers de formation en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso, au Niger, des résidences d'artistes au Niger et au Burkina. Eva Doumbia vient de mettre en scène Exils 4 qu'elle présente aux Rencontres de la Villette du 23 au 27 avril 2008. La pièce a été écrite par un auteur burkinabé, Aristide Tarnagda. Ce très beau texte interroge la culture métisse. La chorégraphie hip hop de Sabine Samba apporte la touche supplémentaire d'un spectacle à découvrir absolument. La mise en scène d'Eva Doumbia est simple : une chaise à barreaux, une valise à roulettes, une bassine pleine de mousse. Elle est aussi extraordinairement efficace, propre à faire vaciller les certitudes d'une France gangrénée par des décennies de propos racistes et de disqualification des émigrés. Exils 4 nous aide à changer de regard. C'est une belle contribution pour construire enfin cette société métissée qui n'a plus rien à voir avec la France des années 60.
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