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La « tête de Turc » vient du XIXe siècle et concernait les dynamomètres des foires sur lesquels il fallait frapper le plus fort possible, et qui représentaient un visage surmonté d'un turban. Sous le turban se cache le Turc, c'est bien connu... "Moi, franchement, une tête de Turc, ça ne me déplairait pas forcément", écrit pourtant dans son blog Gilles Devers. Deux évènements marquent ce début d'année parisien : à l'Assemblée nationale le 14 janvier, les citoyens originaires de Turquie s'expriment sur les discriminations; à Marne-la-Vallée, le 19 janvier, la movida turque s'invite pour une Nuit curieuse. Turkish Délices, avec la troupe Baba Zula. Cet article est illustré par les productions de la dessinatrice Ceren Oykut qui accompagne Baba Zula dans sa scénographie. Lorsque l'on entre dans les locaux de l'Assemblée citoyenne des originaires de Turquie, à deux pas de la Gare de l'Est à Paris, on pourrait s'attendre à voir là un drapeau turc ou bien les affiches de l'une ou l'autre organisation politique de Turquie. C'est pourtant le portrait en grand de Hrant Dink, le fondateur et directeur de publication d'un grand journal arménien d'Istanbul, Agos, assassiné le 19 janvier 2007, qui est affiché là, face à la porte. Sur les murs de l'association ACORT et sur les divers rayonnages, on y parle aussi beaucoup de droits des femmes, face aux violences conjugales, aux mariages forcés, d'égalité des chances et de lutte contre les discriminations. Umit Metin, le directeur, vous accueille avec un thé, toujours prêt pour les visiteurs.  (Arc-en-Ciel, le groupe des jeunes de l'ACORT) L'ACORT n'est pas d'accord avec les inégalités des chances et des droits et le groupe des jeunes de l'association organise à l'Assemblée nationale un colloque sur les discriminations le 14 janvier 2008. Les jeunes "franco-turcs" ou "originaires de Turquie" se posent bien entendu des questions sur leur identité. Leurs racines sont entre la Turquie et la France. Elles sont entre la modernité française et la tradition turque.  A moins qu'elles ne soient entre la tradition française et la modernité turque !  Istanbul n'est pas pour ces jeunes que la ville des vacances. C'est la ville d'où émergent toutes les nouvelles expressions musicales et artistiques. C'est à Istanbul qu'est née ce que beaucoup appellent aujourd'hui la movida turque.  En 2008, à l'instar d'Istanbul ou de Berlin, Paris devient une nouvelle capitale de la movida. A Paris, on va applaudir la chanteuse franco-turque Özge qui a de nombreux admirateurs dans la capitale.  On se presse au Djam Café pour voir les photos de Günsel Nuroglu.  (Rideau de perles, photo de Günsel Nuroglu, Paris, "Rencontres photographiques du 10ème", au Djam Café) On va boire un verre et assister à un bon spectacle au Kibélé.  (le Kibélé, Paris 10ème) Et le 19 janvier prochain, on va à Noisiel à la Nuit Curieuse... La Ferme du Buisson à Noisiel (Marne-la-Vallée) accueille ce jour-là Baba Zula, un groupe de scène estampillé stambouliote. Leur spectacle Turkish Délices, Nuit Curieuse est comme la ville, la fusion de la tradition (les instruments anciens : saz, ney, darbuka) et de la modernité (l'électronique), le mélange des styles artistiques: musique, danse du ventre, costumes, poésie, théâtre, dessin. Baba Zula, c'est un son "dub oriental" proche du rock'n roll et un jeu de scène décalé et joyeux. Après une tournée au Japon au printemps 2007, ils se produisent en France en janvier.  La movida turque est bien à Paris ! |