|
Sandra, Laure, Alexandra, Giovanna... sont des jeunes filles comme tout le monde. A un petit détail près. Elles ont choisi d'entrer dans le Bâtiment. ELLES sont : couvreur-zingueur, peintre en bâtiment, ébéniste, plâtrière, dessinatrice, conductrice de travaux, métreuse-économiste, tailleuse de pierre, menuisière, technicienne en bureau d'études, charpentière, maçonne, métallière, électricienne, experte en bâtiment auprès des assurances, responsable d'entreprise, architecte, technicienne-métreuse, assistante de gestion, cheffe d'équipe, topographe, technicienne bois, responsable technico-commerciale, cheffe de chantier, ingénieure en bâtiment. Elles ont pris leur décision à la fin de la classe de 3ème. Aujourd'hui, elles ne regrettent en rien leur choix, même si cela n'a pas toujours été facile. Elles nous font partager les raisons de ce choix. Une prise de décision Peser le pour et le contre, parler avec son entourage, rencontrer des personnes qui ont eu le même parcours, réfléchir...sans se laisser dévier de son choix personnel. Il faut beaucoup discuter et se poser des questions sur ce que l'on aime faire. Même si en 3ème on n'est pas sûr de son choix, il faut se lancer et en faisant on devient de plus en plus passionné. C'est un pur hasard si je fais ce métier mais je m'y suis vite sentie épanouie et heureuse de le faire et je pense aujourd'hui que finalement le hasard fait bien les choses. Un métier, c'est d'abord une passion. Plus que les garçons, les filles s'engagent dans les métiers du BTP par passion. Des intérêts, une passion... Si on a une passion, c'est bien d'essayer d'en faire son métier plus tard. Si sa passion peut devenir un métier, elle aura plus de plaisir à travailler et cela lui donnera du courage dans la vie. Exercer une profession qui plaît vraiment est beaucoup plus agréable à vivre qu'un métier qu'on a choisi pour l'image qu'on peut avoir au sein de la famille ou de la société. Les filles doivent faire ce qui leur plaît et surtout ne pas choisir par dépit car alors on perd son temps. Mon métier me plait de plus en plus et il devient de plus en plus intéressant au fil des années. Après un BTS commerce international, je me suis rendu compte que le commerce me dégoûtait. Je voulais un travail technique et manuel dans lequel je pouvais m'exprimer. Le métier tient une place importante dans la vie. Il vaut mieux faire un métier que l'on aime : ce qu'on choisit de faire plus tard sera une grande partie de notre vie. J'ai toujours plus ou moins su ce que je voulais faire plus tard : je voulais travailler le bois. J'apprends le métier de menuisier pour avoir les bases pour pouvoir ensuite m'orienter vers l'agencement intérieur ou le design, et pourquoi pas à l'étranger. Je savais depuis longtemps que je voulais faire de la menuiserie. J'ai choisi l'apprentissage parce que je pense que l'on n' apprend pas un métier dans un livre, et je voulais être rapidement une professionnelle et avoir une certaine indépendance. Autour de moi, les gens étaient plutôt contre mon choix mais leurs réactions m'ont encore plus donné envie d'y réussir. Après mon bac, j'ai fait une 1ère année d'université en histoire de l'art mais je voulais un métier qui regroupe mes intérêts : architecture, restauration de monuments, travail manuel en extérieur. La "peinture" est un métier intéressant parce qu'on peut modifier plein de choses avec ce matériau. On n'y fait jamais la même chose et je pense me spécialiser dans la décoration, qui est encore plus variée. Comment cette passion vient aux jeunes filles ? Très souvent, il y a au départ une rencontre, une personne qui a fait découvrir et aimer le métier. Des rencontres Je suis rentrée dans cette formation complètement par hasard. J'ai rencontré un tailleur de pierre ; j'ai aimé ce qu'il faisait mais pour moi il n'y avait pas assez de temps passé sur les chantiers, c'est pourquoi j'ai choisi la maçonnerie. Depuis mon enfance, on a toujours habité dans des maisons à rénover... mais ce n'était pas mon père qui bricolait mais ma mère et moi. Juste au moment de l'orientation, un artisan est venu nous aider et l'amour qu'il mettait dans son travail m'a vraiment conquise, le fait de s'occuper d'un travail comme d'une oeuvre d'art. Ensuite il a fallu convaincre mes parents. Et en formation il y a le côté créatif des arts plastiques et le côté concret de mise en forme du projet (maçonne). J'ai eu la chance de voir une intervention de professionnels travaillant dans le bâtiment, cela m'a tout de suite inspirée. C'est ma prof d'arts appliqués qui m'a parlé de cette voie et m'a conseillé un stage en 3ème. J'ai été conquise. Le BTP, des métiers pour des filles ? Certains en doutent encore. Et pourtant on peut affirmer que oui, pour de multiples raisons. Des contacts humains Les relations humaines sont extra et face aux difficultés, on se serre les coudes. Mes collègues de l'entreprise me soutiennent et me confortent tous les jours dans ce choix. J'aime mon métier qui m'apporte beaucoup au niveau des relations avec les autres personnes et de ma personnalité. Mes objectifs de vie réussie et ma force de caractère me poussent à continuer dans cette voie. C'est une formation concrète avec de nombreux contacts humains (positifs comme négatifs). Je suis fière de faire partie de la grande famille du bâtiment, de construire des ouvrages qui restent dans le temps et de continuer le travail des anciens. Des valeurs D'abord le bac, puis une école supérieure de design, domaine large, captivant, épanouissant mais... virtuel et idéaliste. Je voulais retrouver de vraies valeurs, celles des hommes au travail, celle du travail bien fait, celle de l'ouvrier face à son matériau...( constructions métalliques). Je ferai carrière tant que j'aurai le plaisir de bâtir et de continuer le travail des anciens. Je ne me vois pas faire autre chose car j'aime mon métier, pouvoir réaliser des ouvrages qui rendront service aux autres, se surpasser pour créer toujours de nouvelles choses. Je suis bien intégrée, j'aime ce que je fais, je progresse... je ne vois pas ce qu'il faut de plus pour réussir. Faire carrière dans le BTP ne me fait pas peur, ce sont plutôt les patrons qui ont peur que "je tombe enceinte". J'aimerais plus tard monter ma propre entreprise de ferronnerie mais aussi finir ma carrière comme enseignante pour inspirer d'autres vocations. J'ai les capacités physiques mentales et intellectuelles pour réussir dans le BTP. Je m'épanouis pleinement dans mon travail et quand je travaille sur de grands édifices, sincèrement j'éprouve une grande fierté. Ce que les filles aiment avant tout dans le BTP, c'est qu'elles répondent à leurs aspirations concrètes, à leurs besoins de création. Les métiers du bâtiment sont des métiers de caractère. Du concret à la création Il faut se lancer sans avoir peur car ce que l'on apprend est magnifique...après on a de l'or dans les mains. Les métiers manuels, c'est l'avenir, même pour les filles. Après mon bac, j'ai voulu choisir une formation qui débouchait sur un métier manuel. La sculpture m'intéressait et je voulais un métier en rapport avec elle. J'ai découvert la pierre, son infinité de couleurs, de dureté, de texture et cela a été le déclic. J'ai toujours su que je voulais faire un métier manuel, même si j'ai d'abord passé mon bac, et la métallerie est venue d'elle-même ! Je voulais un métier concret où l'on voit les choses se réaliser. J'ai fait des stages de sculpture et des chantier de restauration : j'ai découvert la pierre qui m'a tout de suite attirée (le matériau lui-même et ce que l'on peut en faire). Un ami sculpteur qui partage ma passion a su m'expliquer la patience nécessaire à acquérir afin d'arriver à un résultat satisfaisant. J'aime travailler la pierre et cette formation me donne les bases indispensables pour ensuite me diriger vers la sculpture que j'ai découverte grâce un professionnel de la restauration d'?uvres d'art. C'est le fait d'être manuelle et adroite de mes mains qui m'at amenée à cette voie de formation. J'ai fait une semaine de stage avant de m'engager et cela m'a tout de suite convaincue. J'aime être dans un atelier et utiliser des outils que d'autres ne sont pas capables de manipuler. Je voulais une formation manuelle et j'ai découvert ce métier lors de portes ouvertes : c'est un métier d'imagination et de création. Des métiers de caractère Le métier peut être difficile et fatigant mais pas plus qu'un autre. Si elle choisit le BTP, elle rentre dans un monde actif. Le BTP est un domaine original puisque peu de filles font ce choix. Et comme les filles ne sont pas nombreuses, on a un petit côté révolutionnaire qui me plaît bien. Mon ambition, mon dynamisme et ma ténacité font que je réussirai. Même le fait que je sois la seule fille m'encourage dans cette voie. Je commence ma carrière dans le bâtiment et j'espère bien y rester parce que c'est le choix que j'ai fait pour être autonome, active, manuelle et épanouie. J'ai la volonté et la force de caractère pour rester dans le BTP et y réussir parce que là est ma place. J'ai commencé dans cette voie et j'espère bien y rester parce que je suis motivée et déterminée, même si certaines fois c'est dur. Le BTP reste un monde dur pour les filles. Mais si elle a de la volonté, du courage et de la patience et qu'elle est sûre d'elle, alors qu'elle fonce parce qu'elle se donnera les moyens de réussir et d'y être bien. J'ai choisi cette voie parce qu'elle proposait tout ce que je cherchais à travers un métier : le travail du bois, la nécessaire réflexion pour le dessin et le levage de la charpente, un grand degré de liberté et le travail en extérieur dans lequel je peux me dépenser physiquement. J'aime le monde du bâtiment et j'aime mon métier. J'ai un caractère obstiné et des qualités professionnelles (rigueur, connaissances techniques, etc.) qui vont me permettre de suivre une formation dans la conduite de travaux. Si tu penses entrer dans le BTP, vas-y, aie du caractère, affirme toi et accroche toi. La voie du bâtiment permet aux filles d'être actives, d'apprendre beaucoup sur le terrain et de s'épanouir socialement et professionnellement, de s'enrichir sur tous les plans. Si c'est ce qu'elle veut, elle doit foncer. Elle rencontrera des obstacles, comme dans toute orientation. De plus, c'est un bon moyen de se forger le caractère. Il faut être motivée et avoir du caractère. .Les femmes motivées et affirmées sont de plus en plus nombreuses dans ce secteur et les moeurs évoluent. Pourtant le BTP reste un monde d'hommes. N'est-ce pas difficile de travailler dans un monde d'hommes ? Travailler dans un monde d'hommes J'ai choisi cette formation pour avoir un métier manuel et travailler dans un monde d'hommes. Et tout le monde m'encourage dans cette voie car une femme dans le BTP, ce n'est pas tous les jours. Bien sûr, il y a les garçons, mais ils nous font avancer dans le métier et en leur montrant qu'on est aussi capable de réussir qu'eux, on leur apprend à respecter les filles. Et à se fréquenter toute la journée, on mûrit et ils ne se prennent plus la tête ; il y a une bonne ambiance qu'on vit bien. Quand je suis allée en stage la première fois, j'ai failli tout arrêter à cause de la réaction des garçons mais ma mère m'a poussée à continuer et, maintenant je la remercie parce que j'adore ce que je fais. Par contre, il faut avoir de l'humour pour accepter certaines remarques qui relèvent plus de la maladresse que de la méchanceté. Car les hommes doivent aussi trouver leurs repères par rapport à l'entrée des femmes dans un domaine essentiellement masculin jusqu'à maintenant. Il est inutile de nier que nous sommes différents, alors autant positiver cette différence et utiliser notre complémentarité dans le travail. Ne pas se laisser avoir par la phrase qui tue : c'est pas un métier de femme, ça. Elle saura ne pas entendre les critiques machistes qui ne voient pas les femmes hors de leur cuisine. Mais les traditions changent. Je voudrais raconter une anecdote. Le premier jour de mon apprentissage, un couvreur est venu me dire que les femmes n'avaient rien à faire dans le BTP...Lors de mon pot de réussite au CAP, c'est lui qui a fait le discours pour dire tout le bien qu'il pensait de moi et il avait presque la larme à l'oeil de me voir partir. Il est devenu un ami , comme quoi les idées reçues disparaissent et les mentalités évoluent. C'est un milieu qui est en pleine évolution de par les nouvelles demandes et les nouvelles méthodes de construction. Les femmes ont beaucoup à apporter au BTP, elles peuvent en donner une meilleure image et plus de finesse. Je réussirai dans mon domaine pour les mêmes raisons qu'un garçon : je connais mes faiblesses et j'essaie de les corriger, j'exploite mes qualités. Et je veux être satisfaite du travail que j'exécute. Mes qualités de fille m'aideront à réussir : la minutie, la délicatesse, la patience, une vision peut-être plus artistique. Mais j'ai aussi du caractère et de l'ambition. Elles sont décidées à réussir dans leur métier. Motivées, elles s'engagent résolument dans une filière qu'elles considèrent comme porteuse. Des métiers pour aujourd'hui et pour demain C'est un domaine très varié qui propose beaucoup de métiers. Je souhaite faire carrière dans le BTP car c'est un milieu très diversifié, intéressant et où il y a toujours une évolution possible. C'est un milieu très riche sur le plan humain et plein de découvertes (nouvelles équipes, nouvelles ambiances, nouveaux voyages, nouvelles techniques). Mes qualités d'adaptation, mon sens artistique, mon côté sportif sont des atouts certains pour réussir dans mon métier. Je ferai carrière parce que le BTP recrute. Je me rends compte que les presque retraités du secteur qui m'enseignent le métier sont contents de trouver des jeunes motivés, que ce soient des filles ou des garçons, pour leur transmettre leur savoir-faire. Le BTP offre des possibilités d'évolution de carrière qui font qu'on n'est pas figée dans un travail pour toute la vie si on ne le souhaite pas. Le BTP donne la possibilité de faire carrière tout en manipulant différents matériaux et... de découvrir la France et ses techniques. Je souhaite faire carrière dans le BTP car cela peut m'apporter beaucoup de satisfactions et mon savoir-faire me permettra d'avoir une bonne situation et de bien vivre. Je pense avoir l'ambition, l'énergie mais aussi le courage et la patience pour y réussir. Je souhaite passer encore des diplômes puis m'installer à mon compte si possible. J'en ai la volonté et le niveau de formation nécessaire. Et ces métiers sont porteurs pour l'avenir. Et si vous aussi, vous leur faisiez confiance. Les jeunes filles exprimant ici leurs motivations sont toutes scolarisées au Lycée du Bâtiment (Le Corbusier) d'Illkirch-Graffenstaden, au sud de Strasbourg. Les propos ont été recueillis dans le cadre des actions menées par le CLEE (comité local école-entreprise) du Bâtiment. Cette action a bénéficié au cours de l'année scolaire 2005 - 2006 de l'appui du Clapest et de l'ORIV dans le cadre d'un programme européen Equal mené en partenariat avec le Rectorat de l'Académie de Strasbourg. |