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15-09-2007

L'écriture est née il  a 5000 ans. Son art, la calligraphie est un patrimoine pour l'humanité.

 Moustapha Mebarki est natif de la Vallée de la Fensch en Moselle (voir notre article : La vallée des anges). De son terroir, il revendique les mille et un visages et les mille et une cultures, comme les couleurs du futur. Pour lui, ce futur plonge dans un passé multimillénaire. Moustapha s'est intéressé à l'aventure de l'écriture. Il a un faible pour le cunéiforme, l'alphabet d'Ougarit. En 1989, il a créé à Metz l'association Cultures 21 pour permettre la rencontre de ce patrimoine avec un large public.   Il a créé à Terville un Fonds Universel de l'Ecriture et de la Calligraphie, accessible à tous, dans cette Lorraine, carrefour de mémoires, de cultures et de populations. A Terville, Mouss a déjà invité de nombreux calligraphes.

 La présentation ci-après de cinq calligraphes est directement issue, in extenso, du site de l'association Cultures 21 que nous vous invitons bien entendu à découvrir: pour y rencontrer d'autres calligraphes, l'actualité de l'association, etc..

         (Moustapha Mebarki, en animation avec Cultures 21)

                   

  Les illustrations de calligraphie nous viennent de Toit du Monde et de Calligraphis, association pour l'enseignement et la promotion de la calligraphie et de toutes les activités culturelles gravitant autour de l'écriture et des arts plastiques, 16 rue Visconti Paris 6e, portes ouvertes les 15 et 16 septembre 2007)

                              

 Abdollah Kiaïe est né à Téhéran en 1954. Issu d'une famille de calligraphes de père en fils, il a débuté dans la calligraphie dés l'âge de cinq ans (!), avant de suivre, à dix ans, l'enseignement d'un maître. En France depuis 1987, il fonde Ductus, une association de calligraphes regroupant différents styles (arabe, latin, hébraïque, chinois, etc.). Il se consacre plus particulièrement à la calligraphie persane, mais n'hésite pas à "toucher" aussi aux calligraphies latine, chinoise et hébraïque. Abdollah Kiaie expose régulièrement ses oeuvres depuis 1988, lors des manifestations personnelles ou collectives : Bruxelles, Paris, Luxembourg... Il exerce de multiples activités professionnelles et pédagogiques : réalisations de différentes commandes de calligraphie, animations de stages de formation(notamment pour les professeurs d'art plastique), cours réguliers de calligraphie persane et arabe, démonstrations, conférences, ateliers dans divers organismes, de l'école primaire aux écoles d'art... Il est également consultant auprès des agences de communication, de l'Education nationale, de musées, d'associations et centre culturels, de la Bibliothèque nationale.

                         

                                          (calligraphie persane)

Salah Moussawy est né à Al-Najaf en Irak en 1950. Professeur, il a dirigé le Département de la calligraphie arabe et des arts décoratifs islamiques à l'Institut des Beaux-Arts à Baghdad de 1977 à 1982. Il vit aujourd'hui en France (à Saint-Etienne) où il enseigne la calligraphie arabe. Pour Salah Moussawy, la calligraphie est l'art de forger, de sculpter des formes et des symboles qui interprètent des mots, mais aussi d'une tentative personnelle d'exprimer un sens instantané, que cache le mot, et de lui donner l'occasion d'acquérir une dimension supplémentaire. Dessiner un son ou un mot, et exprimer par un signe donné, exige un ressenti, une compréhension, jusqu'à faire corps avec lui au point de transformer tous les éléments qui le composent en une "réponse". Cette réponse est une traduction des sentiments, de la volonté, du désir, de l'imagination et de l'état d'âme du calligraphe, depuis le moment où il commence à penser à son travail, jusqu'à ce qu'il entreprenne de dessiner le mot ou la phrase.

 Abdelilah Baghli est né en 1953 à Tlemcen (Algérie). Il vit et travaille actuellement à Metz, après une formation à l'Ecole des Beaux-Arts d'Alger, puis une expérience de plusieurs années en atelier. Ce peintre-calligraphe aime à conjuguer l'abstrait et le figuratif, jouant des continuelles métamorphoses de la lettre et du signe. La lettre s'avance à la rencontre du monde pictural pour retrouver pureté et équilibre. Dans sa recherche, il souhaite donner une dimension nouvelle, cherchant à déplier l'espace intérieur. Plusieurs expositions: Tlemcen, Alger, Oujda... puis en France, entre autres, lors des 2e et 3e Rencontres Internationales d'Ecritures et de Calligraphies de Metz en 1996 et 1999 en hommage à Paul Verlaine et à l'Epopée de Gilgamesh.

                            

                                          (calligraphie arabe)

Safia est une céramiste algérienne, de culture berbère. Elle vit en Bretagne. Dans leurs costumes de céramique, les personnages de Safia invitent à un voyage au pays des écritures. Les personnages de cette histoire sont des "sentinelles de la mémoire", familiers mais emplis d'éternité. "La calligraphie que je pratique m'amène tout d'abord vers les signes et les tatouages berbères. J'y découvre là une façon d'écrire l'hsitoire, autrement qu'avec des mots. Je me suis intéressée aux Phéniciens et aux autres civilisations de la Méditerranée". La nouvelle "La légende des hommes plats: les Iférawen" de Chawki Amari (Editions de la Baleine) a été déterminant pour la création de Safia. Ce que Safia pétrit, avant de mettre au four, c'est un peu des souvenirs et du patrimoine de chacun (mémoires familiales, héritages historiques...).

                              

                                        (calligraphie extrême-orientale)

Chen Dehong répond régulièrement à l'invitation de Cultures 21, pour participer à des expositions collectives ou pour animer des ateliers de calligraphies chinoises à Metz, avec scolaires ou adultes. Chen Dehong est un pur artiste chinois diplômé des Beaux-Arts de Pékin. En 1960, lorsqu'il termine sa formation, la Chine exige de ses artistes qu'ils mettent leur art au service du pays. Pas question d'abstraction ni d'autres "fantaisies", il convient de choisir uniquement des sujets imposés: grands dirigeants, ouvriers, etc... En 1982, Dehong obtient une bourse pour les Beaux-Arts de Paris. Vient alors la découverte d'un monde pictural nouveau. Ce n'est pas pourtant que notre peintre va renier ses origines. Lui-même dit: "Ma peinture trouve ses racines dans la calligraphie chinoise, l'une des plus anciennes et fascinantes créations artistiques de l'histoire". Dehong reste fidèle à la tradition chinoise. A la différence de notre peinture qui distingue les deux actions "peindre" et "dessiner" (cela au moyen de deux outils différents), la peinture chinoise ne voit qu'un seul et même acte, accompli par un seul outil; le pinceau.La moindre tache non voulue, la moindre hésitation du trait ne peut être corrigée... Dehong a une prédilection pour les êtres vivants: animaux, tels le tigre, le cheval, mais réinterprétés de telle manière que la tableau échappe au figuratif traditionnel... La poésie est présente partout, dans le choix des couleurs comme dans la souplesse du geste.     

                  

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