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Saïda Jawad est née à Hem au pays des corons. Dés l'âge de sept ans, son père, un immigré marocain, a décidé que la petite ferait comme Stéphanie, la fille des voisins, française. Elle devait jouer de l'accordéon, l'instrument national. « On était arabe, il ne fallait pas que ça se voit », raconte-t-elle aujourd'hui. (photothèque, www.saidajawad.com) Le piano à bretelles était plus grand qu'elle. Ce serait son huile de foie de morue, le remède pour l'intégration, la corvée qu'on lui imposait pour devenir française. Pourtant la petite y révèle très vite son talent. On l'inscrit au Conservatoire de Roubaix. Avec son accordéon, elle a joué dans les bals musette, les fêtes à la flammiche, au Maroillles et à la bière. Elle a joué la Marseillaise devant un parterre de personnalités politiques dont Pierre Mauroy, alors Premier Ministre. Mais à sa majorité, elle s'émancipe du cocon familial et de l'accordéon. Sa véritable passion, c'est le théâtre. Elle débarque à Paris pour tenter les castings. Elle y rencontre un certain racisme : elle était toujours soit trop typée, soit pas assez ! Elle habite une chambre de bonne dans le XVIème arrondissement et fait le ménage en échange du loyer. Jusqu'au jour où elle va voir Gérard Jugnot dans les coulisses du théâtre... De ses premiers rôles en 1988 au théâtre et au cinéma, jusqu'à sa première écriture en 2006, Monsieur Accordéon, où elle se raconte dans un one-woman show éblouissant, le parcours de Saïda Jawad est impressionnant. Elle dit : « Ce spectacle (Monsieur Accordéon) est une nouvelle façon de parler de l'intégration. On ne montre pas assez de personnes qui font de bonnes choses, qui y arrivent. Evidemment, ce n'est pas facile, mais ça ne l'est pour personne ! ». En juillet, Saïda Jawad est au festival off d'Avignon (Théâtre L'Alizé, 15 rue du 58ème RI, tous les soirs à 18 h). En août, elle tourne dans l'Etoile d'Alger. En septembre, elle sera à la télévision dans le téléfilm Ali Baba. Celle qui est maintenant devenue la compagne de Gérard Jugnot n'a peut-être que 1,60 m mais au théâtre, elle est déjà une très, très grande. A lire aussi sur entre-gens, dans la Revue de presse, l'article du journal El Watan, édition du 12 juillet 2007, où le journaliste Walid Mebarek chemine de spectacle en spectacle, au festival d'Avignon, à la découverte des artistes de la diversité et du monde arabe. El Watan nous invite à découvrir les deux spectacles de Rachid Akbal : "Ma mère l'Algérie", d'une part, et "Baba la France", d'autre part. Metteur en scène et comédien, Rachid Akbal imagine un pays d'origine, l'Algérie, à travers les larmes de sa mère, puis cherche le souvenir de son père, disparu en France pendant la guerre d'Algérie. Pas de quartier Des jeunes tirailleurs sénégalais du début du XXème siècle aux jeunes artistes hip-hop d'aujourd'hui, c'est une autre histoire de France. Des images d'archives projetées, slam et danses urbaines, graff et beat boxing composent un spectacle d'une rare énergie sur le thème de la mixité et de l'échange des cultures. Pas de quartier, d'Éric Checco, chorégraphié par Abibou Kebe, est présenté en Avignon du 6 au 28 juillet 2007 à la chapelle du Verbe-Incarné, tous les jours à 20 h 40 (relâche le mardi).  « Le thème de ce spectacle est la mixité, sociale, culturelle, artistique, ethnique née des attaches profondes qui lient nos sociétés occidentales à l'Afrique noire, et aux ghettos américains, points de départ culturel du Hip Hop. La jeunesse française porte en elle aujourd'hui une grande diversité mondiale, qu'elle a su mettre au service du mouvement artistique urbain. » (Eric Checco). « Quand on parle de Hip Hop, des images et des pensées toutes faites viennent à l'esprit. On associe trop souvent ce mouvement artistique à une banlieue appauvrie, à une jeunesse désœuvrée, voire délinquante. Je veux que les gens qui ne la connaissent pas, découvrent une autre image de la danse urbaine que celle transmise par les clichés. Je veux montrer, par la chorégraphie, toute la créativité de cette jeunesse française venue de toute part. » (Abibou Kebe) Des bêtises de rien du tout "Mme Meunier vit dans un modeste pavillon de banlieue avec son petit chien et son mari. Son enfer, c'est les autres... Elle vit cruellement la différence de cultures et se sent envahie par ces étrangers, dans sa maison, son jardin public, son pays. Son attention est focalisée sur la fille de ses voisins, d'origine algérienne, à laquelle elle voue une haine farouche et qui le lui rend bien. Toutes deux se confrontent sans relâche dans leur quotidien. Mme Meunier, dans son désarroi, est touchante, attachante et drôle. malgré toute la volonté qu'elle met à ne pas dire, elle devient le porte-parole d'une pensée commune et raciste qui la submerge". (Les Trois Coups, journal du spectacle vivant en France) Telle est l'histoire, recueillie par Abdelmalek Sayad, publiée dans La Misère du Monde de Pierre Bourdieu, mise en scène depuis lors par Stella Serfaty et qui, ainsi théâtralisée, sera présentée aux festivaliers off d'Avignon du 12 au 22 juillet. Représentations au 10, rue du Rateau, quartier des Teinturiers, par le Théâtre des Turbulences. |