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LA LETTRE D'ENTRE-GENS (MAI 2007) Félicitons nous du renouveau citoyen constaté ce printemps avec les élections présidentielles. Les Français s'intéressent à leur avenir. Ils sont conscients que celui-ci se joue aussi dans les urnes. Pourtant ils sont encore nombreux ceux qui n'ont pas la possibilité, pour des raisons diverses, d'exprimer leurs voix : "trop jeunes", "pas le droit de vote", "oublié de s'inscrire", "même pas de quoi manger". Et pourtant ils résident, et pourtant ils participent à notre société, à la vie de notre nation. C'est à une partie de cette France résidente que l'on va s'intéresser aujourd'hui... les mamans des quartiers, les personnes en (très) grande précarité. Les mamans des quartiers Novembre 2005. Emeutes dans les quartiers. C'est à elles que l'on a demandé de calmer la rage qui allumait des feux, de trouver les mots, de faire preuve d'autorité, de garder à la maison les "petits", de faire cesser ces images de guerre civile. Mai 2007. Elections présidentielles. Elles demandent à être traitées comme des femmes, des citoyennes de la République où il n'y a pas place pour la polygamie, la répudiation, le mariage forcé, les violences sexistes. Elles demandent de lutter contre l'ethnicisation des métiers où elles subissent un harcélement au travail, de développer les transports publics qui leur permettent de sortir des ghettos, de faciliter l'accès à la culture et à l'apprentissage de la langue française, outil de leur émancipation.
Les précaires Hiver 2006 - 2007. Les Don Quichotte installaient leurs campements sur les trottoirs et les quais de nos villes. SDF, sans-papiers, "indigents",... Dans la presse locale (DNA), un médecin strasbourgeois (G.Y. Federmann) a interpellé ses collègues, les 4000 médecins libéraux de l'agglomération. " Voyez-vous les visages de cette misère ?" leur dit-il. Le médecin libéral a vite fait de considérer que ces patients ne font plus partie de son champ de compétences, en les renvoyant aux organisations caritatives. Toutes ces personnes qui vivent à nos portes sont pourtant les principales cibles et victimes des menaces sociales, psychologiques et politiques qui se traduisent par des difficultés d'accès au logement, au travail, aux soins médicaux, aux conseils juridiques, à la régularisation des titres de séjour. Leurs souffrances sont d'abord dues à l'atteinte des liens sociaux. Les médecins savent que 60 % des déterminants de la santé relèvent de facteurs d'environnement physique, social et psychologique. Après le 6 mai, quel environnement va-t-on leur proposer ? lien : www.lesenfantsdedonquichotte.com
Et en mai, n'oublions pas... 1er mai : ... celles et ceux qui ont lutté hier pour nos droits d'aujourd'hui En ce jour du 1er mai 1886, les syndicats américains demandèrent à plus de 400 000 travailleurs de descendre dans les rues pour l'obtention de la journée de huit heures de travail. Depuis lors, le 1er mai est traditionnellement la journée des revendications sociales. Voir en Liens www.histoire-immigration.fr, l'expulsion de familles de mineurs polonais accusés d'avoir fomenté des grèves en 1934 6 mai : ... qui est quoi Cette fois, nous y sommes. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy opposent leurs bilans (tous deux ont eu des responsabilités ministérielles et ont encore des responsabilités en tant qu'élus territoriaux) et surtout leurs projets. La candidate de "la France présidente" (rassemblée autour d'un pacte du changement) affronte le candidat avec qui "ensemble, tout est possible". Tout est effectivement possible aujourd'hui mais tout n'est pas pareil. De nombreux liens sur le site www.entre-gens.com avec des responsables politiques et associatifs issus de la diversité. Le dernier d'entre eux : Karim Zéridi, fondateur d'Agir pour la Citoyenneté, du Parlement des banlieues, du cabinet APC Recrutement ou quand un "sauvageon de la République" s'invite dans la campagne. Le 26 avril, il a annoncé sa candidature "Nouvelle gauche" aux élections législatives à Marseille. C'est notre article La une de la pluralité, mis à jour semaine après semaine. 8 mai : ... la Bête n'est pas morte Encore des profanations de tombes et une fois encore c'est à la mémoire des combattants coloniaux et des personnes de confession juive que les barbares néo-nazillons se sont attaqués. En ce 8 mai, commémoration du 8 mai 1945, victoire contre le nazisme, c'est à ces défunts que nous pensons d'abord avec notre profond respect. Voir dans nos Liens, les sites Droits de l'Homme et antiracisme 8 mai toujours : ... le massacre de Sétif Ce même jour du 8 mai 1945 en Algérie, alors colonie française, les forces de l'ordre françaises ouvrent le feu sur une manifestation pacifique des Algériens appelant à l'indépendance à Sétif et à Guelma. La répression va durer des semaines et prendra des proportions considérables : plusieurs dizaines de milliers d'Algériens tués. Ce n'est que le 27 février 2005 que la France par la voix de son Ambassadeur à Alger a pour la première fois reconnu sa responsabilité en qualifiant ce massacre de "tragédie inexcusable". Voir les Liens / Europe et Méditerranée le site de l'ATMF 10 mai :... l'esclavage Ce jour est pour la France métropolitaine la journée commémorative de l'abolition de l'esclavage. Cette date a été choisie car elle correspond à l'adoption définitive, en 2001, de la loi Taubira reconnaissant la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité. Le 10 mai ne se substitue pas aux dates qui existent déjà dans chaque département d'outre-mer : le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane, le 20 décembre à La Réunion et le 27 avril à Mayotte. C'est à cette occasion que le CICFM présente à Chalon-sur-Saône l'exposition « L'esclavage d'hier et d'aujourd'hui ». Vernissage le 9 mai. 15 mai : ... nos pères Trente et une femmes, dont les origines paternelles sont au Maghreb, racontent cette aventure singulière qui a fait de chacune d'elles une femme du livre, une femme libre, dans un livre qui vient de paraître : "Mon père", textes inédits recueillis par Leïla Sebbar et édités par Behja Traversac (éditions Chèvre Feuille étoilée, 2007). Le 15 mai, elles dialogueront avec leurs lecteurs C'est dans Passions à partager et sur le site www.entrevues.org
En mai, ouvrons les yeux... Un parcours à travers la filmographie du festival Les yeux ouverts du 9 au 25 mai 2007 dans l'Oise. Quelques films ci-dessous... les autres sur le site. C'est dans Vivre autrement. Ado d'ailleurs. Itinéraire de la demande d'asile d'un jeune Afghan. Il a aujourd'hui le statut de réfugié en France et travaille sur les chantiers. peut-être faudrait-il consacrer un documentaire à chaque personne... Lien : http://lesinvisibles.net/spip.php?article55 Tahar l'étudiant. Pourquoi fait-il des études ? "Parce que je veux changer de statut social, parce que je veux faire ce cadeau à ma famille qui croit en moi" dit Tahar, le regard voilé par une inquiétude. Il est un des soixante mille étudiants de Montpellier, catégorie sciences humaines, spécialité sociologie. Amina ou la confusion des sentiments. Amina Touidjine est arrivée en France en 1996 à l'âge de 8 ans. De son enfance brutalement interrompue par la violence et le terrorisme, il ne reste plus que des souvenirs mutilés. Habitant Vincennes puis Pantin avec sa famille dans une très grande précarité, elle mène cependant une scolarité brillante. En 2001, elle est retenue à l'issue d'un casting pour camper le personnage de Louison dans Le Malade imaginaire à la Comédie Française. Elle récidive en 2003 en jouant Mina enfant dans Papa doit manger. La pièce tourne dans toute la France. Amina garde au fond d'elle-même un lien avec les paysages sur lesquels elle a ouvert les yeux. Mais un jour, il faudra choisir, dit-elle. Choisr sans décevoir, choisir sans renier. C'est tout l'enjeu qui est au coeur de son premier voyage de retour sur les lieux de son enfance, cet été là, en Algérie. Portraits de Amina Touidjine sur : http://www.planet-dz.com/ACTU/2001/Janvier/amina_touidjine.htm et http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=18213 Les descendants de la nuit. Réflexion sur l'esclavage qui a duré deux siècles dans les îles des Antilles avant d'être aboli en 1848. Le film s'appuie sur la musique, la langue, les pratiques religieuses, les comportements sociaux pour appeler un devoir de mémoire. Fils de harkis. 1962 : fuir ou mourir ? Que reste-t-il aujourd'hui de l'histoire oubliée des harkis ? Que sont devenus leurs enfants et petits-enfants ? Ils sont aujourd'hui une partie de notre communauté nationale. Qui a peur des Tsiganes Roumains ? Ils vivent dans des caravanes, ils aiment leurs enfants et les "exploitent"... une histoire à la croisée des chemins. et une quinzaine d'autres films encore. Tout le programme sur www.entre-gens.com. Liens avec le site du festival www.festival-lesyeuxouverts.fr. Bientôt sur le site, les portraits croisés de Nabila Amghar et Corine Wable, les initiatrices et organisatrices du Festival.
En mai, fais ce qu'il te plait, mais dans le respect d'autrui. 19 et 20 mai : Conférence à Paris du réseau FARE (Football against Racism in Europe) Mai, c'est le temps des finales (européennes et nationales) de football : on distribue les coupes, on explose de joie ou on pleure les points perdus, mais toujours on respecte "l'adversaire". Voir Calendrier pendant tout le mois et tout l'été jusqu'en octobre C'est parti depuis le 27 avril pour l'exposition Retour de Babel à Dudelange (Luxembourg). Proche du quartier "Petite Italie", l'aciérie de Dudelange a, pendant plus de 100 ans, embauché des milliers de travailleurs venus du Sud de l'Europe. Dudelange, cité des migrations, véritable creuset d'idées et de culture, est aujourd'hui une autre ville où s'ouvre de nouveaux dialogues socio-culturels. C'est dans l'Aciérie qu'est présentée l'exposition Retour de Babel. Voir dans Fenêtres sur le monde
Dess(e)ins d'enfants Depuis que nous avons fait sa connaissance fin 2006, Meryem Kaf, dont Entre-gens a réalisé le portrait le 19 novembre dernier, n'a pas cessé d'agir, loin s'en faut. En témoignent ici ses dernières news, qu'elle vient tout juste de nous faire parvenir. Meryem Kaf (portrait du 19 novembre 2006 : La première de l'Atlas, Passions à partager) « J'ai enchaîné les projets (depuis le début de cette année). J'ai travaillé dans l'organisation du IIIème Congrès mondial contre la peine de mort qui a eu lieu à Paris du 1er au 3 février comme responsable communication et monde arabe. Tout de suite après, je suis rentrée au Maroc pour continuer une opération de lobbying politique entamée dans le sens de l'abolition de la peine de mort. Puis je me suis envolée pour un long voyage dans le Moyen-Orient dans le cadre de Follow the women, une initiative de femmes du monde entier qui utilisent le vélo comme vecteur de paix dans la région. Nous avons parcouru la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Palestine. A certains moments, c'était très dur à encaisser. Il faut arrêter un massacre. J'ai galéré aux frontières israéliennes. Avant de partir, j'avais décidé de tenir un carnet de bord pour moi, ma famille, mes amis, vu que j'étais dans l'impossibilité de leur donner des news tous les jours. Mais là, je me suis décidée à le rédiger et à l'éditer. Si j'arrive à réaliser ce projet d'édition, les bénéfices iront à une petite garderie sans moyens ni infrastructures à Jéricho. D'ailleurs je suis en train de monter un projet avec les enfants autour de dessins sur la paix. Je n'ai pas pu récupérer les dessins avant mon départ, mais je vais trouver une autre solution. Je suis rentrée le 19 avril. Voilà pour les dernières nouvelles. » (Meryem Kaf, le 24 avril) Dans son message, Meryem écrivait "desseins", joli lapsus !
Et puis enfin merci à vous qui nous témoignez votre sympathie. A propos du site www.entre-gens.com Najat Vallaud Belkacem (Lyon) : "Je viens de découvrir votre très beau site. Bravo !" Samia Ghali (Marseille, vice-présidente du Conseil régional PACA) : "J'ai parcouru votre site et je tenais à vous féliciter pour la qualité des articles et le discours républicain que vous portez en mettant à l'honneur les Françaises et les Français qui le méritent. Bravo !" Sophie Clerc (Amiens) : " Félicitations pour ce site ! J'ai pris le temps de le parcourir et j'avoue que je trouve ça remarquable !" Marion Garnier (Strasbourg) : "Entre-gens est toujours aussi riche. Bravo !" Melek Kocabicak (Toulouse) nous apporte son témoignage : "C'est par un hasard bien heureux que je suis tombée sur votre site. Je l'ai parcouru avec une curiosité sans pareil, j'ai lu certains portraits aussi troublants que réconfortants, tant ils sont porteurs d'humanisme. Je tenais simplement à vous adresser mes encouragements les plus sincères pour la suite ! Je ne manquerai pas d'informer mes contacts, c'est une action qui mérite d'être valorisée." ndlr : Retrouvez Najat Belkacem et Samia Ghali dans Vivre autrement / La marche des soeurs. Retrouvez Melek Kocabicak dans Talents à découvrir / Méli Melek |