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Azouz Begag : pourquoi je me casse... Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
30-03-2007

... la tête pour ce pays

LA LETTRE D'ENTRE-GENS (AVRIL 2007)

Azouz Begag fait son bilan. Après dix-huit mois d'action pour l'égalité des chances dans le gouvernement de Villepin, il se félicite que 3000 entreprises françaises (mais aussi depuis peu 200 entreprises allemandes) se soient engagées en signant la charte de la diversité. Il considère désormais que le mouvement est irréversible. Il n'y aura plus de gouvernement sans un ministre issu de la diversité. Rachid Arhab est au Conseil supérieur de l'audiovisuel. Même le Front National a compris la rentabilité électorale de faire figurer une jeune fille d'origine maghrébine sur ces affiches électorales ! Il faut continuer à combattre cependant les discriminations, celles dont sont victimes les jeunes au patronyme maghrébin mais aussi les seniors de plus de 50 ans. Voilà pourquoi il entend continuer à se battre pour ce pays, même si pendant ces deux années au gouvernement, il a pris tous les coups. Mais c'est normal : comme il le dit lui-même : "ce sont ceux qui ouvrent les portes qui se prennent tous les courants d'air".

 Vive la France
 
(théâtre) Vive la France, de Mohamed Rouabhi du 3 au 6 avril à Montreuil (Seine Saint-Denis)

"Le mépris pour notre histoire sera toujours un mépris pour nous même". Voici le point de départ du spectacle Vive la France qui, en plus de 3 heures, propose une déambulation artistique et intelligente à travers 150 ans d'histoire.
Sans respect de la chronologie, mais tout en échos et correspondances, Mohamed Rouabhi évoque ainsi Zyed et Bouna morts dans un transformateur à Clichy-sous-Bois, les tirailleurs qui ont combattu pour la France, le périphérique et les SDF, l'exposition coloniale de 1931, Sarkozy et Le Pen, les vagues d'immigration, la présence française en Cochinchine, les mots de Césaire et la couleur de Harry Roselmack.
"Il s'agit d'assumer et de faire partager à tous les Français cet héritage commun qui va de la colonisation à l'immigration et qui a permis à notre pays de devenir ce qu'il est aujourd'hui, avec tous ses défauts et ses qualités. Un héritage commun qui doit servir à comprendre et construire, et non pas à ignorer et punir", explique Mohamed Rouabhi.
Vive la France met en perspective les faits et les époques sans épargner personne, mais sans attiser ni haines ni rancoeurs. Elle est la première partie d'une ambitieuse trilogie. Le deuxième opus devrait porter sur l'histoire du travail et le dernier sur la colonisation et en particulier, celle de l'Algérie. (Maya Larguet, site www.alterites.org, Cité nationale de l'histoire de l'immigration)
 
Lire également sur le site : Faire société, dans Interculturel. "L'amélioration du vivre ensemble passe par le renforcement du capital social des habitants ce qui implique, au niveau des territoires, un travail social, respectueux des identités, prenant en compte la problématique communautaire."
 
Poisons d'avril
 
Le 22 avril 2007 ne doit pas ressembler au 21 avril 2002 ! C'est notre responsabilité collective. Le 22 avril 2007 doit signifier la victoire de la République ! Peut-on appeler Républicains ceux qui distillent la haine à longueur de meetings. Entendu dans cette campagne : "nous devons retrouver la fierté d'être français !", mais nous n'avons jamais perdu notre fierté d'être Français, Monsieur le Vicomte, sauf il est vrai lorsqu'un expulsé de France est assassiné dés son retour au Sri Lanka ou lorsque des parents d'élèves et enseignants sont tabassés devant les enfants à la sortie d'une école parce qu'ils ont réagi en citoyens français. Là il est vrai nous ne sommes pas très à l'aise dans nos baskets. Entendu  encore : "je vais vous raconter l'histoire d'un Arabe". Il éructe en disant le mot de façon presque jouissive et toute la salle de huer "l'Arabe". Puis l'histoire continue (vous imaginez dans quel registre) et la salle continue à huer "l'Arabe". La loi française contre le racisme ne devrait-elle pas s'appliquer pour tous ces propos répétés chaque soir de meeting de Mr Le Pen ? La loi prévoit la privation de droits civiques pendant cinq ans. Et si 500 élus de toutes les régions de France déposaient un jour leur signature au Conseil constitutionnel pour demander aux Sages d'exclure du "jeu" politique celui ou ceux qui portent atteinte à la République tous les soirs de campagne ! A moins que les salles de meetings soient des zones de non-droit ?
 
Lire également sur le site : A la mémoire de ..., dans Mots pour maux. "Qu'aurions-nous fait nous-mêmes si nous avions été médecins en 1933 en Allemagne ? Comment rendre hommage et honorer la Mémoire des victimes ? Comment essayer de comprendre sans l'excuser le crime des bourreaux ?"
 
Immigration et identité nationale
 
Dans nos activités, nous rencontrons tous les jours des "primo-arrivants" (c'est le terme que nous utilisons dans notre jargon pour parler des migrants nouvellement arrivés). Que nous disent-ils ? Fierté d'être résidents en France : "Elle est belle, la Marseillaise, elle nous donne des frissons." (Metz, le 31 mars). Surprises : "Je ne crois pas que les femmes devaient il y a quarante ans encore demander l'autorisation au mari pour travailler. Ce n'est pas possible ! Pas en France !" (Nancy, le 17 mars). A la question posée : "Qui veut devenir Français ?", la réponse fuse de toutes parts : "Tous bien entendu !". Tous veulent devenir Français, non pas par intérêt personnel mais vraiment par attachement, par affinité avec l'identité française.
 
Lire également sur le site : Désirs de France, dans Migrants pleins d'allant. "D. s'est mariée le 14 juillet et son mari avec humour lui a fait croire que c'était pour elle tous les feux d'artifice. Elle en rit encore ! Tous observent la vie politique française avec beaucoup d'intérêt. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont premiers à l'indice de notoriété. "
 
Laissez-nous grandir ici
 
Dans les écoles, les collèges et les lycées, un grand mouvement de solidarité entoure les enfants d'hommes et de femmes sans-papiers menacés d'expulsion. 
Des cinéastes se sont engagés en parrainant et en protégeant ces familles en difficulté et en danger. La décision de faire un film collectif s'est vite imposée à eux. Pour réaliser ce film, ils se sont adressés au Réseau Éducation Sans Frontière (RESF) et à des enseignants, qui leur ont présenté certains de leurs élèves, des enfants de ceux qu'on appelle « sans-papiers ». Avec l'accord de leurs parents, ils ont travaillé avec eux en ateliers d'écriture. Les enfants ont raconté leurs situations, confronté leurs expériences. De ces échanges est né un texte (ci-dessous) et de ce texte est né un film. Leur film. Une forme simple qui porte leur parole et leur histoire. Une histoire de peur et de souffrance. Les enfants ont participé à ce travail avec leur passion et leurs espoirs. Espoir de voir cesser l'arbitraire, qui fait toujours d'eux des enfants de « sans-papiers », des enfants de déboutés. Espoir de vivre sans la peur quotidienne d'être expulsés. Passion d'apprendre et de grandir dans un pays qui est le leur comme il est le nôtre. Le film Laissez les grandir ici ! est projeté dans les salles de cinéma depuis le mercredi 7 mars 2007 (salles d'Art et Essais, réseau MK2...). Des DVD sont également disponibles auprès des Resf locaux.


Est-ce que c'est normal d'avoir peur quand on va à l'école ?
Un sans-papier, c'est quelqu'un qui n'a pas de carte de séjour même s'il est en France depuis longtemps.
Comme beaucoup d'entre vous, nos parents sont venus d'ailleurs.
Ils ont fui la violence, la misère.
Ils sont venus pour travailler et nous donner une vie meilleure
Certains d'entre nous sont nés ici.
Avec ou sans papiers la France est notre pays.
On vit dans des hôtels meublés, des appartements, des chambres où on s'entasse.
Tous les jours on a peur.
On a peur que nos parents soient arrêtés par la police quand ils vont au travail, quand ils prennent le métro.
On a peur qu'on les mette en prison, que nos familles soient séparées et qu'ils nous renvoient dans des pays qu'on ne connaît pas.
On y pense tout le temps.
A l'école aussi.
Est ce que c'est normal d'avoir peur quand on va à l'école ?
L'été dernier nos parents et nous, on a eu l'espoir d'avoir enfin des papiers.
On a fait des dossiers, on a passé des jours et des nuits à faire la queue devant des préfectures.
On s'est inscrit dans des bureaux.
On a cru qu'on serait régularisés, que le cauchemar serait terminé.
On remplissait tous les critères, mais on nous a dit : non.
Nous sommes venus à visage découvert avec nos noms, nos adresses.
Ceux qui ont eu leurs papiers avaient le même dossier que nous. Et pourtant on nous a dit : non.
Arbitrairement.
Maintenant on est en danger et on doit se cacher.
Pourquoi cette injustice ?
Nous ne voulons plus vivre dans la peur.
Nous voulons que la France nous adopte.
Nous voulons être régularisés. 
                                                Laissez nous grandir ici.


Lire également sur le site : Des enfants comme les nôtres, dans Migrants pleins d'allant. "Juan Antonio parle français, l'écrit, joue au foot avec ses camarades du groupe scolaire Pyrénées où il est scolarisé. Pourra-t-il rentrer en 6ème au Collège Doisneau à la rentrée ? Juan Antonio ne savait pas que sa mère était en situation irrégulière - celle-ci ne voulait pas l'inquiéter. Maintenant il sait."


La une de la pluralité
 
A la une de la pluralité ce mois-ci sur le site, rencontrez Kheira Drissi, candidate PS aux élections législatives à Saint-Dizier (Haute-Marne), souvenez-vous de Lucie Aubrac, décédée le 14 mars (pour nous, elle entre dans le panthéon de la diversité pour tous ses combats), vivez l'enthousiasme de Najat Belkacem, porte-parole de Ségolène Royal et de Sami Bouajila, acteur du film "Les témoins" sorti sur les écrans le 7 mars. A Paris, la styliste Saliha Achourane a fait l'actualité le 26 mars en présentant sa ligne 2008 à Montmartre.
 
Visitez les liens de l'altérité sur entre-gens : le Festival Les yeux ouverts (du 9 au 25 mai 2007 en Picardie), le festival de cinéma préféré d'entre-gens (Liens/Mémoire), et toujours Babelmed (Liens Europe et Méditerranée), sans oublier  le site de référence Altérités (Liens/Diversité).
 
Découvrez ou redécouvrez nos articles anciens
: les portraits de Cléo, "à coeur ouvert" (Récits de vie), Zoubida, "Zou est d'avenir" (Vivre autrement), Samira, "les fées-miroir" (Talents à découvrir), Meryem, "la première de l'Atlas" (Passions à partager), Aïcha, "la clé des gens" (Migrants pleins d'allant), Özlem, "sa méthode assimile" (Interculturel)...
 
Le moi(s) de l'autre
 
Le 30 mars,
pour la troisième année consécutive, la Région Alsace et le Rectorat de Strasbourg ont clos le Mois de l'autre. Lancé le 13 février avec les jeunes du Lycée Rostand, le Mois de l'autre aura touché cette année 20 000 jeunes dans toute l'Alsace. Les initiatives proposées par les associations visaient toutes à développer l'éducation et la sensibilisation des jeunes à la tolérance, au respect et à les faire réfléchir sur ce qui les unit, par-delà leurs différences sociales, culturelles, religieuses, ethniques et sexuelles. Il était impossible cette année de rester à l'écart du Mois de l'Autre, tant la mobilisation a été soutenue de Wissembourg à Altkirch. Le  final s'est tenu le 30 mars au Palais des Musiques et des Congrès à Strasbourg.
 
Le 31 mars,
sept associations nancéiennes (l'Association culturelle berbère, A ta Turquie, l'Association culturelle juive, Amitiés Tsiganes, Amnesty International, la LICRA, les Bien Nées) ont créé le MIEL, un Mouvement Interassociatif pour l'Egalité en Lorraine, un MIEL pour adoucir les relations entre les gens. Elles ont proposé à l'Espace Saint Jean une soirée contre le racisme et l'antisémitisme avec des sketches (Discrimin'Actions) mettant en relief des scènes et des situations de discriminations et la présentation de clips "pour que le racisme sorte des stades".  Lors de la table-ronde organisée autour des responsables des sept associations et avec le public, en présence de quelques élus, Patrick Perroto de l'Est Républicain, modérateur du débat, a fait le lien avec le thème de campagne aux élections présidentielles sur "l'identité nationale". Une certitude pour tous, c'est autour des valeurs républicaines partagées et le désir de vivre ensemble dans une société de fait métissée que se construit cette identité et surtout pas autour du repli ethnique sur une "pureté" fantasmée et aux odeurs nauséabondes. La soirée s'est terminée aux rythmes des musiques manouche, rom et turque. Voir Partenaires / Doux comme le MIEL.

 
Une histoire d'avenir
 
L'Europe, ensemble depuis 1957 (http://europa.eu/50/index_fr.htm). Le 25 mars était commémoré le cinquantième anniversaire de la signature du Traité de Rome, texte originel de notre Union européenne d'aujourd'hui.  Le 25 mars 1957 en effet, forts de la réussite du traité sur le charbon et l'acier, six pays ( l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas) signent ce traité qui crée la Communauté économique européenne (CEE) dont l'objectif est la libre circulation des personnes, des marchandises et des services entre les États membres.
 
Aujourd'hui. 2007 est l'année européenne pour l'égalité des chances (voir le site http://ec.europa.eu/employment_social/eyeq/index.cfm?language=FR). Depuis le 1er mars, l'EUMC (European Monitoring Centre on Racism and Xenophobia) est devenu (la) FRA (Agency for Fundamental Rights). (La) FRA est désormais l'instrument opérationnel de l'Europe en matière de défense des droits de l'homme et de lutte contre le racisme.Le 25 avril, le Commissaire européen Spidla et le Président du Parlement européen, Hans-Gert Göttering lanceront à Strasbourg le Tour européen 2007. Le 1er mai, le siège du Parlement européen de Strasbourg est ouvert au public.
 
Demain.
Si elle veut réussir à relever les défis qui l'attendent dans les cinquante prochaines années, l'Union européenne devra rétablir la relation avec les citoyens et leur donner davantage voix au chapitre. L'un des enjeux pour demain sera sans aucun doute pour l'Europe d'adapter sa politique d'immigration pour tenir compte du vieillissement de la population et des risques de pénuries de main d'oeuvre à l'intérieur de ses frontières.
 
Visitez les liens européens d'entre-gens : Roumanie européenne, Bulgarie européenne, mais aussi... Turquie européenne (Liens)
 
La France doit signer la Convention des Nations-Unies sur les droits des travailleurs migrants (et les membres de leur famille).
Pétition en ligne sur www.migrantpasesclave.org
 
Visitez les liens solidaires d'entre-gens :
RESF, ANAFE, CIMADE, GISTI, MRAP, LICRA, LDH ... (Liens)
 
 
L'actu (alité) de l'intercu (lturalité)
 
Talents des Cités : l'édition 2007 est lancée !
Les inscriptions au concours 2007 de Talents des Cités sont ouvertes depuis le 15 mars et jusqu'au 31 mai. Ce concours co-organisé par le Sénat et le Ministère de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement  en lien avec de nombreux partenaires a pour but d'encourager la création d'entreprise. Le concours est ouvert aux moins de 40 ans.
 
De nouveaux Liens
 
La banque de programmes radiophoniques : plusieurs centaines de programmes sur l'intégration des populations issues de l'immigration et la lutte contre les discriminations.  Le site de l'EPRA, 47 rue de la Chapelle 75018 Paris, dans Liens / centres de ressources
 
Le centre de ressources consacré à la question des mineurs étrangers isolés : le site Infomie, dans Liens / centres de ressources
 
Un nouveau site partenaire : Ressources interculturelles
 
Un nouveau site (créé avec la complicité d'entre-gens et encore en construction) vient d'être mis en ligne : www.ressources-interculturelles.com par nos amis du Centre interculturel franco-maghrébin (CICFM) de Chalon-sur-Saône (association à vocation départementale pour la Saône-et-Loire). On peut y entendre (vidéo) René Naba expliquer l'histoire du mot "bougnoul", y découvrir les supports de formation civique pour les migrants primo-arrivants, y retrouver les initiatives culturelles de l'association bourguignonne (exposition sur les Tsiganes actuellement en itinérance dans le département).
A découvrir dans Partenaires
 
Tout savoir sur le premier avril :
 
Est-ce un hasard si dans toute l'Europe, le Nouvel An a été pendant très longtemps fêté le 1er avril ? Le 1er avril, on se rend visite, on va voir les amis. Pourquoi donc un beau matin, le roi Charles IX décida-t-il que désormais le Jour de l'An serait le 1er janvier ? Jusqu'à aujourd'hui, on continue à s'opposer gentiment à ce changement en fêtant le 1er avril en s'amusant. Les Français font ce jour là des poissons d'avril, c'est à dire jouent des farces. Les Anglais en font de même ce matin là. Les Ecossais, plus fantasques, en rient pendant deux jours, avec les coucous d'avril le premier jour et le Taily Day le lendemain (gare à vos fesses ce jour là!). Les Allemands se font des farces depuis l'année 1631. Au Québec, on court les poissons d'avril. Aux Etats-Unis, on est aussi de la fête. Au Mexique, si ce jour là, vous perdez un objet, sans doute vous êtes-vous faits avoir. En Inde, on fête le Huli le 31 mars.
 
Pour en savoir plus, cliquer ici
Vive le printemps ! Vive la nouvelle année !

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