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2 juillet 2008 : Ingrid Betancourt, franco-colombienne, libre ! Née à Bogota le 25 décembre 1961, elle a passé une partie de son enfance à Paris où son père était ambassadeur de Colombie à l'UNESCO. Après des études au Lycée français de Bogota, elle a poursuivi ses études à Sciences Po Paris où elle a rencontré Fabrice Delloye, le père de ses deux enfants, Mélanie et Lorenzo. Elue députée de Colombie en 1994, en faisant campagne contre la corruption et les narco-traficants, puis sénatrice en 1998, elle était candidate à l'élection présidentielle en février 2002 au moment de son enlèvement par les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes (FARC). Elle tentait alors de rejoindre la ville de San Vicente del Caguàn, au coeur d'un territoire conquis par les FARC, en soutien au maire de cette ville, membre de son parti Oxygeno Verde. Le 2 juillet 2008, elle a été libérée à la suite d'une opération réussie menée par les forces armées colombiennes. 20 juin 2008 : La "directive retour" visant à "harmoniser les règles d'expulsion des sans-papiers" a été adoptée le 18 juin par le Parlement européen. - 400 personnes en "cercle de silence" devant le Parlement à Strasbourg, et tous les 30 du mois sur la Place Kléber comme dans la plupart des grandes villes françaises. - les réactions - un tollé en Amérique latine - la révolte des sans-papiers de Vincennes Dans la presse également, le plan banlieue - un coaching pour les jeunes - les réactions 14 juin 2008 : "L'identité est une histoire personnelle", entretien des Dernières Nouvelles d'Alsace (Elodie Bécu) avec Maryse Condé. Extraits... Comment est né votre dernier livre « Les belles ténébreuses » ? - A l'université de Columbia, à New York, j'avais un étudiant libanais qui s'appelait Kassem Ramzi. Il me racontait les tourments qu'il rencontrait au quotidien en tant qu'arabe sur le territoire américain : on le fouillait pour prendre l'avion, le retenant des heures dans les bureaux de la sécurité, car on le suspectait d'être terroriste ; il a également eu beaucoup de mal à trouver un travail d'avocat... Le personnage de Kassem est né de cette rencontre, mais le livre est aussi parti d'une réflexion que nous avons eue avec des amis écrivains. Nous nous demandions de quoi parler aujourd'hui, que dire à un lecteur de 2008 pour qu'il ait envie de continuer à lire. La réalité produit tellement d'événements bouleversants : attentats, cyclones, coups d'État. Qu'est-ce que l'écrivain peut trouver à dire qui va retenir l'attention d'un lecteur ? «Des livres qui épousent le dynamisme de l'actualité» La conclusion a été qu'il faut écrire des livres non pas pareils à la réalité - nous ne sommes pas des journalistes - mais qui épousent le dynamisme de l'actualité. Les livres ont besoin de plus de punch qu'auparavant. Avant, les sujets étaient plus psychologiques : identité, retour aux origines, comment vivre à l'aise dans un monde qui ne nous fait pas beaucoup de place. Actuellement, le monde est en folie. Il faut trouver quelque chose qui correspond à la folie qui nous entoure. - La question des origines hante tout de même un peu Kassem... - Le malheureux Kassem a une notion de l'identité un peu périmée. Avant, on croyait que l'identité était comme une sorte de vêtement que chaque individu appartenant à une société devait enfiler de gré ou de force. On voulait faire coïncider l'identité avec le lieu d'origine, de naissance. A présent, il n'y a plus de modèle unique. L'identité est une histoire personnelle. Tout le monde vit avec tout le monde dans un monde composite, pluriel, et doit essayer de vivre avec l'autre, et un peu comme l'autre. - Cette réflexion sur l'identité est nourrie par votre parcours personnel. Vous êtes née en Guadeloupe, avez vécu à Paris puis en Afrique avant de vous installer à New York. Pourquoi avez-vous fait le choix de vivre ailleurs que dans votre pays d'origine ? - Je n'ai pas choisi de vivre aux États-Unis, ce sont les Américains qui m'ont invitée à venir enseigner à Berkeley en 1985. Au départ, ce n'était pas un choix personnel. Mais c'est une décision qui a élargi mon horizon. Cependant je ne suis pas tout à fait moderne. Je continue à penser que je suis née en Guadeloupe, de parents guadeloupéens, et que c'est là ma terre. - Dans votre quête d'identité, après un passage à Paris où vous avez été confrontée au racisme, vous avez éprouvé le besoin, à la fin des années 1960, de partir en Afrique... - C'est une réaction que je n'aurais plus aujourd'hui. Quand j'avais 16 ans, il est évident que ce qui m'intéressait c'était le regard de l'autre, comment j'étais perçue, acceptée. Aujourd'hui, ce qui m'intéresse est plus intérieur et personnel. Le racisme ne m'intéresse plus du tout. Je pense que si les gens ne sont pas satisfaits de ma couleur, de ce que je suis, c'est leur affaire. Ce qui m'intéresse moi, Maryse, c'est de me sentir relativement à l'aise dans le monde. Savoir pourquoi je suis là, pourquoi j'écris des livres, qui me lira, si j'ai quelque chose à dire au gens... (la suite dans l'édition du 14 juin 2008 des DNA, archive payante) |