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Esber et filles Version imprimable Suggérer par mail
08-05-2013
 Ninar, la fille: Comment pourrais-tu décrire ta relation à la langue arabe ?
 Adonis, le père: Une amie m'a dit un jour après avoir entendu ma poésie: "Tu n'as pas besoin d'une femme, tu fais l'amour avec la langue !". Elle avait raison. La langue arabe m'habite, à un point qu'elle est jalouse de toute autre langue.

                                            

 Ninar: Quelle relation me conseilles-tu d'avoir avec elle ? Je sens que je dois la maîtriser pour mieux te connaître et pour garder mon identité arabe.
 Adonis: Une langue, on ne peut pas la posséder totalement. La langue est comme un horizon sans fin vers lequel on avance. Toi, en tant que créatrice et artiste, tu peux choisir la langue française. Il y aura toujours une barrière entre nous, une barrière poétique, mais cela ne doit pas être une source d'angoisse pour toi.
 Ninar: La langue arabe brille entre tes mains, dans ta bouche surtout. Elle est à la fois ta femme, ta soeur et ta fille. Elle me rend véritablement jalouse, car elle est vraiment belle, forte, amoureuse, brillante, pétillante, enflammée, passionnée, assassine, subtile, elle est sophistiquée et elle est merveilleuse, ensorceleuse. Dans ta bouche, sous ton palais, sous ta langue et au fond de ta gorge... Les mots boivent ta salive. Ils sont humides, chauds...
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La une de la pluralité (2013) Version imprimable Suggérer par mail
24-04-2013
 
 19 mai 2013: Kenizé Mourad, la princesse forte

Son prénom, Kenizé, est la forme turquisée de l'arabe kenza (trésor) à laquelle une mauvaise retranscription française a ajouté la lettre i. C'est le prénom  que lui a donné Selma, sa mère, petite-fille du sultan Mourad V. De son arrière-grand-père, Kenizé a pris le nom pour publier en 1987, De la part de la princesse morte, qui fut un immense best-seller, traduit en 34 langues. Kenizé Mourad était récemment l'invitée de l'émission Politika sur les ondes de Radio Made in Turkey. Pendant une heure quarante, elle a apporté un témoignage émouvant sur son histoire hors du commun, ses héritages culturels, son regard sur les derniers temps de l'empire ottoman, la révolution kémaliste, la Turquie d'aujourd'hui.

                    

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Des villes, des visages Version imprimable Suggérer par mail
10-04-2013
"Je m'appelle Kellie et je ne suis pas blonde. Ma mère est américaine, mais je ne suis pas bilingue. Mon père s'appelle Dubois et il n'est pas blanc. Je suis née au Cameroun, je ne connais pas ce pays, je suis de nationalité française. Je suis dyslexique et directrice de publication d'un magazine..." Ainsi se présente Kellie Dubois, créatrice du magazine Esprit Métis.
                  
                         Kellie Dubois
                 (photographiée par Anthony Rojo)

Son truc à elle n'est pas l'orthographe mais les idées biscornues et l'action. Timide, elle gère une équipe de plus de 50  personnes. Elle rit au nez des préjugés en les remerciant car sans eux Esprit Métis n'aurait jamais vu le jour.
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Confluences Version imprimable Suggérer par mail
25-03-2013
Avec le printemps viennent les idées nouvelles: demander à une personnalité française ses coups de coeur interculturels. Pour inaugurer cette série, nous nous sommes adressés à Pascal Fleury-Coeroli, fondateur de l'Espritcom (que nous appellerons l'agence). Les noms qu'il nous a donnés sont de belles découvertes.

 Pascal Fleury-Coeroli, le beur à l'envers

Lorsque Pascal Fleury arrive en France, il a vingt ans, il vient rejoindre ses parents - un père normand et une mère d'origine corse, née à Tunis. Il arrive avec cette étrange impression d'être un étranger. Il faut dire que, bien que né dans le 13ème arrondissement de Paris, il a vécu les vingt premières années de sa vie en Tunisie où il avait débarqué 10 jours après sa naissance.

                                            
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Enfances tsiganes Version imprimable Suggérer par mail
12-03-2013
"Quand demain dans la rue vous croiserez une dame au dos courbé, une affichette en carton sur les genoux, avec assise à ses côtés une petite fille aux longs cheveux noirs, ne la jugez pas, ne l'insultez pas, ne la frappez pas. J'ai connu cela, j'en suis marquée à vie. Mais aujourd'hui, c'est la porte de la Sorbonne qui s'ouvre devant moi."

                                        

C'est ainsi qu'Anina Ciuciu, 23 ans, (ci-dessus en photo avec sa mère et sa soeur), très brillante étudiante en Master Justice et Procès à la Sorbonne, conclut son livre Je suis Tzigane et je le reste (City éditions, mars 2013).
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